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RDT info logoMagazine de la recherche européenne N° 44 - Février 2005   
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 Les “Nobel” en équipe de l’Europe
 Coup de pouce aux jeunes pousses
 Quel est le propre de l'homme?
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POLOGNE
Title  Une tradition millénaire

56 000 chercheurs, 31 000 étudiants en doctorat, et une tradition d’excellence en mathématique, en astronomie et en sciences de l’ingénieur... La recherche polonaise est une puissance qui compte dans l’Espace européen de la recherche. Les universités s'y sont considérablement développées depuis la transition démocratique. Seule faiblesse persistante : la recherche industrielle privée, alors que ce pays, paradoxalement, forme d'excellents ingénieurs et en forme beaucoup…

Le laser bleu, réalisé à partir de la synthèse de monocristaux de nitrate de gallium à très haute pression, permet de quadrupler la quantité d’information gravée sur un disque optique. Cette technologie est due à l’Institut des Hautes Pressions de l’APS.
Le laser bleu, réalisé à partir de la synthèse de monocristaux de nitrate de gallium à très haute pression, permet de quadrupler la quantité d’information gravée sur un disque optique. Cette technologie est due à l’Institut des Hautes Pressions de l’APS.
Si l’on en croit le palmarès des prix Nobel, créés en 1901, la Pologne, sixième pays de l’Union par sa population (38 millions d’habitants), ne serait qu’une puissance scientifique mineure. Mais cette carence a une double explication. Tout d'abord, ce pays, sept fois partagé entre ses puissants voisins russe, allemand et autrichien depuis 1772, n’est réapparu sur la carte européenne qu’après la Première Guerre mondiale. Symbole s’il en est de ces scientifiques contraints à l’exil, Marie Sklodowska, plus connue sous son nom de mariage – Marie Curie –, obtint ses deux prix Nobel (physique en 1903 et chimie en 1911) alors qu'elle résidait à Paris. Ensuite, la science polonaise s’illustre principalement dans des domaines que ne récompense pas l’Académie Nobel: les mathématiques, avec l’école de Lvov-Varsovie dans l’entre-deux-guerres, l’analyse fonctionnelle et les statistiques ; les sciences de l’ingénieur, notamment en aéronautique et en construction mécanique ; ou encore l’agronomie ou l’astronomie. 

Des mathématiques à l'astronomie
High research pressure institute
High research pressure institute
Des exemples ? Le Centre Mathématique International Stefan Banach, créé en 1972 à l’Institut de mathématique de l’Académie polonaise des sciences (APS) de Varsovie pour promouvoir la coopération entre Est et Ouest. Les travaux de Zenon Mróz à l’Institut de Recherche Technologique Fondamentale de l’APS à Varsovie sur les processus de déformation des matériaux, qui sont aujourd’hui utilisés par General Motors pour calculer la fatigue de pièces d’automobile. Les recherches de Sylwester Prowski, de l’Institut des Hautes Pressions de l’APS, qui a mis au point une technologie de production du laser bleu à partir de la synthèse de monocristaux de nitrate de gallium à très haute pression qui permet de quadrupler la quantité d’information gravée sur un disque optique. Ou encore le projet OGLE (Optical Gravitational Lensing Experiment) mené par les chercheurs de l’Observatoire astronomique de l’université de Varsovie, qui sont dans le peloton de tête de la course mondiale à l’identification des planètes extrasolaires.

A l’exception de l’Observatoire astronomique, dont les activités ne relèvent pas des programmes-cadres européens, tous ces laboratoires sont devenus des Centres d’excellence de l’Union. Plus généralement, la participation polonaise au cinquième programme-cadre a été d’un niveau élevé : 13 899 projets impliquant des chercheurs de ce pays ont été financés (dont 192 coordonnés par un laboratoire polonais), sur 46 460 dossiers déposés, soit un taux de succès de 30% et un financement total de 152,2 millions €. En 2003, les équipes polonaises ont également participé à 73 projets Eureka et à 108 actions Cost.

Le poids des nouveaux instruments
Faut-il pour autant en conclure que la Pologne a pleinement réussi son intégration dans l’Espace européen de la recherche ? Dans leur bureau du Point de Contact National, à Varsovie, Zbigniew Turek, responsable des dossiers nanotechnologie, sciences de l’ingénieur et aéronautique, et Anna Pytko, chargée des biotechnologies et de la recherche médicale, ne cachent pas un certain scepticisme. “Voulez-vous parler de l’Espace européen occidental de la recherche”, plaisante Anna Pytko. La cible de sa pique : le poids à son avis excessif des “nouveaux instruments” de la politique européenne de la recherche que sont les réseaux d'excellence et les projets intégrés. A ce jour, toutes disciplines confondues, un seul réseau d'excellence est coordonné par une équipe polonaise.  "Les nouveaux instruments conviennent mieux à des laboratoires habitués à gérer des budgets importants, ou à un tissu très dense de PME, ce que nous n’avons pas encore ici”, déplore Zbigniew Turek. Et tous deux de noter une diminution de la participation aux journées d’information qu’organise le Point de Contact National. “A voir les taux de réussite peu encourageants dans les premiers appels à propositions du sixième programme-cadre, de nombreux chercheurs se demandent pourquoi passer autant de temps à remplir des dossiers si c’est pour n’avoir presque aucune chance d’être financé…"

Le Southern African Large Telescope, auquel la Pologne participe activement.
Le Southern African Large Telescope, auquel la Pologne participe activement.


Pour relever le défi de son intégration dans l’Espace européen de la recherche, la Pologne entend maintenant faire bon usage des Fonds Structurels auxquels elle a accès depuis son adhésion à l’Union. Le gouvernement a annoncé son intention d'en consacrer 500 millions €, sur la période 2004-2006, à des investissements d’infrastructures en recherche et développement, notamment des plates-formes technologiques dans le domaine des recherches appliquées en transport, en énergie et en construction.


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  Une tradition millénaire
  La physique dans tous ses états
  Dans les coulisses du développement technologique
  La nouvelle renaissance de l’Institut Nencki
  Transfert et mobilité

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  Etat des lieux de la R&D

Après les destructions dramatiques de la Seconde Guerre mondiale, la recherche polonaise a été reconstruite principalement autour de l’Académie polonaise des sciences (APS), fondée en 1953, qui gérait plusieurs dizaines d’Instituts dans tout le pays. Les universités ...
 
  Les héritiers de Copernic

“En astronomie, la compétition est presque impossible à cause du coût des équipements et la collaboration internationale est une nécessité absolue”, explique Pawel Haensel, du Centre astronomique Nicolas Copernic de l’Académie polonaise des sciences ...
 

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Quelques points forts de la recherche polonaise

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      Etat des lieux de la R&D

    Après les destructions dramatiques de la Seconde Guerre mondiale, la recherche polonaise a été reconstruite principalement autour de l’Académie polonaise des sciences (APS), fondée en 1953, qui gérait plusieurs dizaines d’Instituts dans tout le pays. Les universités jouaient alors un rôle de second plan, bien que certaines d’entre elles, en particulier l’université de Varsovie et l’université Jagellion de Cracovie, aient une riche tradition de recherche.

    Depuis la transition démocratique de 1989/1990, la politique du gouvernement polonais a été de rééquilibrer le poids de ces deux acteurs. L’APS, dont la dissolution avait été envisagée à un certain moment, a vu ses prérogatives diminuer. Les 4 449 personnes qui travaillent dans ses 81 instituts représentent cependant encore l’élite de la science polonaise. A l’inverse, les universités se sont considérablement développées. Le pays compte à présent 1,8 million d’étudiants, contre 410 000 en 1991, et le nombre de doctorats soutenus a plus que triplé durant la même période.

    Reste un gros point faible : la recherche industrielle privée, qui n’employait en 2002 que 3 010 personnes, soit à peine 5% du personnel scientifique polonais. Un paradoxe dans un pays connu pour l’excellence de sa recherche technologique, et qui compte la plus forte proportion d’étudiants ingénieurs de toute l’Union.

      Les héritiers de Copernic

    “En astronomie, la compétition est presque impossible à cause du coût des équipements et la collaboration internationale est une nécessité absolue”, explique Pawel Haensel, du Centre astronomique Nicolas Copernic de l’Académie polonaise des sciences à Varsovie. L’histoire du centre, qui compte aujourd’hui 45 astronomes et une vingtaine d’étudiants, en offre une belle illustration. Inauguré en 1978, il a été construit et équipé en partie par un financement de la National Academy of Science américaine, qui souhaitait célébrer le cinq centième anniversaire de la naissance de Copernic, le plus célèbre, avec Marie Curie, des savants polonais. “Le Centre se voulait déjà, à l’époque, un pont entre l’Est et l’Ouest », se souvient Haensel, spécialiste mondialement connu des étoiles à neutrons (pulsars). Cet objectif reste d’actualité.” De nombreuses collaborations sont établies, avec l’Université de Saint-Petersbourg, mais aussi avec les programmes de l’Agence spatiale européenne, comme le télescope spatial infrarouge First (Far Infrared and Sub-millimetre Telescope), qui devra apporter des informations nouvelles sur la formation des galaxies, ou Integral (International Gamma-Ray Astrophysics Laboratory) sans oublier les programmes internationaux comme le Southern African Large Telescope, dont la Pologne finance une partie.

    Spécialisé dans la cosmologie, le Centre est également associé au programme Planets, soutenu par l'Union et coordonné par l’Institut d’Astronomie d’Heidelberg, qui favorise la mobilité entre laboratoires allemands, anglais, français, suédois, suisses et polonais.

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