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TERRE ET ESPACE
Title  Le GEO, réponse à une nécessité universelle

Assumant l'une des quatre co-présidences du Groupe pour l'Observation de la Terre (GEO), l'Union européenne s'implique très activement dans cette initiative mondiale déterminante pour l'avenir environnemental de la planète. Entretien avec son porte-parole, Achilleas Mitsos, Directeur général de la Recherche au sein de la Commission européenne.

Le "Groupe pour l'Observation de la Terre"(1) a été lancé en juillet 2003 et il en est à son troisième sommet mondial en moins de deux ans. C'est une initiative qui a le vent en poupe…

Achilleas Mitsos: "Il n'est pas question de concevoir un nouveau super système, pesant et onéreux, dirigé par une machine internationale coûteuse, qui prétendrait dépasser ou supplanter la diversité des systèmes existants ou en projet…."
Achilleas Mitsos: "Il n'est pas question de concevoir un nouveau super système, pesant et onéreux, dirigé par une machine internationale coûteuse, qui prétendrait dépasser ou supplanter la diversité des systèmes existants ou en projet…."
Achilleas Mitsos – Absolument. Et j'ajouterais que c'est un cas de coopération internationale remarquable et exemplaire. Le GEO répond à une nécessité universelle qui concerne un bien partagé, à savoir l'état de santé de la planète sur laquelle nous habitons et dont notre façon de vivre modifie et risque de modifier en profondeur les équilibres écosystémiques. Grâce à l'observation satellitaire et aérienne, mais aussi par la multiplication des points "intelligents" d'observation in situ quadrillant par centaines de milliers les terres et les océans, la science et la technologie nous proposent aujourd'hui une auscultation extraordinairement enrichie de notre environnement. L'utilisation de ce précieux outil est devenue essentielle pour établir des diagnostics, comprendre et prévoir les évolutions de la dynamique terrestre et prendre des mesures de sauvegarde, de remédiation et de sécurisation partout où se profilent des déséquilibres.

Les pays en développement sont parmi ceux qui ont le plus à gagner des progrès de l'observation de la Terre.
Les pays en développement sont parmi ceux qui ont le plus à gagner des progrès de l'observation de la Terre.
L'initiative du GEO revient aux Etats-Unis, qui ont proposé la création d'une sorte de club, ouvert à tous les Etats désireux d'en faire partie. L'objectif est d'impulser, au niveau mondial, le développement de cet instrument désormais primordial pour une politique internationale concertée de l'environnement(2). Venant de l'administration Bush qui s'était, dans d'autres cas, montrée assez rétive sur les questions environnementales mondiales – tel son refus d'appliquer le protocole de Kyoto –, cette invitation était très positive. L'Europe, comme le Japon, ainsi qu'un nombre important d'autres nations, y ont immédiatement répondu de manière favorable.

Le premier sommet EOS s'est tenu avec succès à Washington en juillet 2003. Les participants sont allés droit au but en fixant les objectifs à atteindre, les modalités réalistes pour les mettre en œuvre et un calendrier serré pour rendre tout cela opérationnel au plus vite. La seconde rencontre mondiale s'est tenue au Japon dès avril 2004. Tout est désormais prêt pour que les décisions concrètes de démarrage de cette vaste coopération mondiale sur l'Observation de la Terre soient prises, lors de ce troisième Sommet EOS organisé sous l'égide de l'Union européenne.

Techniquement, l'objectif du GEO est de créer un "système de systèmes" répondant à l'acronyme GEOSS(3). Il s'agit là d'un énoncé assez obscur…

Grâce à l'observation satellitaire et aérienne, mais aussi par la multiplication des points "intelligents" d'observation in situ quadrillant par centaines de milliers les terres et les océans, la science et la technologie nous proposent aujourd'hui une auscultation extraordinairement enrichie de notre environnement. © ESA
Grâce à l'observation satellitaire et aérienne, mais aussi par la multiplication des points "intelligents" d'observation in situ quadrillant par centaines de milliers les terres et les océans, la science et la technologie nous proposent aujourd'hui une auscultation extraordinairement enrichie de notre environnement.
© ESA
Peut-être, mais c'est pourtant un concept des plus pragmatiques. L'observation de la Terre est réalisée aujourd'hui à partir d'un gigantesque puzzle de systèmes de visualisation satellitaire et d'enregistrement de mesures en tous genres à la surface du globe. Conçus dans l'effervescence technologique des dernières décennies, ces dispositifs d'observation ont été créés un peu partout sur la planète, dans le désordre et sans coordination. On en est donc arrivé – et c'est la raison d'être du GEO – au constat d'un sous-emploi de ces outils, pourtant de plus en plus nécessaires, en raison du manque d'interrelations entre eux.

Il serait impensable de vouloir faire marche arrière et d'élaborer un nouveau dispositif global – et cette fois rationnel – d'observation. La seule voie sensée, c'est de faire progresser notre vision de la Terre en cherchant à ce que les pièces du puzzle s'ajustent les unes aux autres pour donner des images et des informations plus riches.

Il n'est donc pas question de concevoir un nouveau super système, pesant et onéreux, dirigé par une machine internationale coûteuse, qui prétendrait dépasser ou supplanter la diversité des systèmes existants ou en projet. C'est pourquoi on a opté pour ce concept de "système de systèmes", destiné à faire communiquer ces derniers entre eux et à optimiser les synergies d'interprétation et d'utilisation des données qu'ils produisent. C'est un travail long et complexe – le plan de mise en oeuvre très concret que nous souhaitons voir adopté à ce Sommet de Bruxelles doit courir sur une période de dix ans – mais il est techniquement réaliste si tous les acteurs politiques, scientifiques et techniques jouent le jeu.

Quel rôle joue l'Europe dans l'initiative GEO ?

La Semaine Terre & Espace est aussi l'occasion d'une exposition ouverte au grand public, à Bruxelles - Autoworld du Cinquantenaire12-20 février 10-18h.
La Semaine Terre & Espace est aussi l'occasion d'une exposition ouverte au grand public, à Bruxelles - Autoworld du Cinquantenaire 12-20 février 10-18h.
L'Europe s'est fortement investie dans ce projet qui la concerne au premier plan, puisque son expertise en matière d'observation de la Terre compte parmi les plus poussées au monde. Dans ce domaine, les Etats membres de l'ESA ont fortement soutenu les développements des activités spatiales, complétées par les progrès de toutes les infrastructures terrestres et océaniques qui alimentent en informations de nombreux réseaux scientifiques.

Mais, outre l'implication active de plusieurs Etats et de l'ESA dans l'avancement des travaux du GEO, l'Union européenne, représentée par la Commission, est, par ailleurs, une partie prenante de premier plan dans cette vaste collaboration. Elle assume, avec les Etats-Unis, le Japon et l'Afrique du Sud, une fonction de co-présidence du Groupe. Ce rôle moteur correspond, en particulier, au poids très important que doit jouer le développement en cours de l'initiative communautaire d'observation de la Terre GMES (Global Monitoring for Environment and Security). Au plan international, cet ambitieux projet européen est évidemment appelé à constituer une pièce maîtresse dans l'architecture globale de l'objectif GEOSS.

Une influence très active de l'Union réside dans la promotion de la dimension internationale des accomplissements du GEO. Celui-ci constitue véritablement une plate-forme, que je comparerais à une sorte de "service public mondialisé", destinée à donner à tous les Etats de la planète, riches, moins riches ou pauvres, la possibilité d'accéder aux connaissances et aux outils offerts par l'observation de la Terre. Les défis environnementaux doivent être relevés par l'humanité tout entière et nous souhaitons particulièrement que le monde en développement soit un utilisateur complètement associé à l'initiative. De même, le GEO intègre aussi dans ses rangs les principales agences internationales – notamment onusiennes – impliquées dans la gouvernance environnementale, ainsi que les programmes scientifiques mondiaux qui étudient les risques liés au changement global de l'écosystème planétaire.

(1) Group on Earth Observations.
(2) La proposition américaine se présentait, en particulier, comme une réponse aux résolutions prises au Sommet de Johannesburg en 2002 ainsi qu'aux recommandations pressantes en matière de développement durable adoptées dans le cadre des résolutions du G8 d'Evian (2003).
(3) Global Earth Observation System of Systems.


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    Le GEO compte actuellement 55 Etats membres représentant les cinq continents. On y retrouve tous les "poids lourds" économiques : USA, Japon, Europe (15 Etats plus la Commission européenne), Canada, Australie, Russie pour les pays industrialisés et Chine, Inde, Indonésie, Brésil, Mexique pour les grands pays émergents. Un fait marquant est la présence de quelque 12 Etats africains. L'Afrique du Sud, qui assure l'une des quatre co-présidences du GEO en la personne de Rob Adam, haut responsable de la science et de la technologie dans ce pays, se veut en quelque sorte le porte-drapeau du monde en développement. "Nos pays sont parmi ceux qui ont le plus à gagner des progrès de l'observation de la Terre. Sans cela, il leur sera terriblement difficile de relever les challenges économiques, environnementaux et humanitaires qu'ils doivent affronter."

    Par ailleurs, une trentaine d'agences internationales scientifiques et environnementales participent activement à l'initiative.

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