Avis juridique important
   
Contact   |   Recherche   
RDT info logoMagazine de la recherche européenne N° 42 - Août 2004   
Top
 ACCUEIL
 SOMMAIRE
 EDITORIAL
 Terra cognita
 Sus aux mycotoxines
 Petit pays, haut niveau
 Des chercheurs combatifs
 Parcours d'un Hollandais volant
 Les scélérates des mers
 COMMUNIQUER LA SCIENCE
 OPINION
 PUBLICATIONS
 AGENDA
 APPELS A PROPOSITIONS

Télécharger le pdf de en fr
BREVES Version imprimable


Recherche en Europe : brain storming du futur

Philippe Busquin, Commissaire européen en charge de la recherche
Philippe Busquin, Commissaire européen en charge de la recherche
"La recherche scientifique et le développement technologique sont les clés de l’avenir européen, parce qu’ils génèrent plus de la moitié de la croissance économique et parce qu’ils conditionnent le poids politique de l’Europe sur la scène internationale. En pariant sur une Europe plus innovante, nous parions sur le bien-être des générations futures." C'est par ces propos que le Commissaire Philippe Busquin a présenté le plan ambitieux visant, dans le cadre du budget de l'Union prévu pour la période de 2007-2013, à porter à 10 milliards d’euros par an en moyenne l’effort financier communautaire en faveur de la recherche, soit le double d’aujourd’hui. Six grandes orientations sont proposées grâce à cette mobilisation financière accrue : le renforcement de pôles d'excellence européens, les initiatives technologiques dans des secteurs industriels porteurs, la stimulation de la recherche fondamentale, le soutien apporté à l'attraction des meilleurs chercheurs, le développement des infrastructures scientifiques et technologiques, la coordination des politiques nationales de recherche. De façon générale, les thématiques les plus ciblées correspondront aux grands chantiers prioritaires de l'Union. Parmi ces domaines, les deux nouveaux champs de recherche de l'Espace et de la politique de sécurité sont déjà mis en avant.


Bullet En savoir plus


Mobilité : le nouveau service ERA-MORE

Le Portail européen de la mobilité des chercheurs, développé dans le cadre des Actions Marie Curie, offrait déjà aux candidats postulants de déposer leur dossier en ligne et aux organismes et institutions hôtes de faire connaître leurs offres de postes à pourvoir. Mais cet indispensable "bourse européenne de l'emploi dans la recherche", si elle permet une rencontre entre l'offre et la demande de matière grise, ne suffit pas à aider ceux qui sont tentés par l'expatriation à prendre les décisions complexes et matérielles posées par un départ à l'étranger.

Comment un doctorant ou un chercheur, totalement ignorant aux réalités administratives et quotidiennes du pays où il envisage de jeter l'ancre, peut-il organiser les problèmes terre à terre de son projet de transhumance ? Quel visa ou permis de travail doit-il obtenir ? Quel sera son régime de salaire, d'impôt, de sécurité sociale ? Quels logement, crèche ou école peut-il trouver pour sa famille ?

Autant de questions qu'il pourra désormais poser au nouveau service ERA-MORE (European Network of Mobility Centres). A l'initiative de la Commission, quelque 200 institutions et organismes, répartis dans 33 pays participant aux programmes européens de promotion de la mobilité, ont ainsi décidé de se fédérer pour apporter des réponses "sur mesure à ces aspects fondamentaux.
Bullet En savoir plus


Tests génétiques et éthique

Conférence Human genetic testing : what implications? organisée par la Commission, à Bruxelles, en mai dernier.
Conférence Human genetic testing : what implications? organisée par la Commission, à Bruxelles, en mai dernier.
Les gènes peuvent être à l'origine de certaines maladies. Les tests génétiques sont un puissant moyen de les prévenir ou de les soigner de façon adaptée, mais cette approche implique des considérations éthiques de première importance. Lors de la conférence qui s'est réunie sur ce thème, en mai dernier à Bruxelles, quelque 300 participants ont analysé point par point un rapport de recommandations préparé à la demande de la Commission par un groupe d'experts comprenant des scientifiques, des juristes, des industriels, des organisations internationales telles que l'OMS, des philosophes, des représentants des patients.

Les aspects couverts par ces recommandations concernent la qualité et la fiabilité des tests; la place accordée aux maladies rares; l'interdiction de toute extrapolation des informations génétiques en vue de stigmatiser des traits liés à un groupe ethnique; le droit d'information du patient; le caractère privé et la protection de la confidentialité sur les résultats des tests en dehors de l'usage strictement médical; les implications au niveau socio-économique.

Un site Internet spécifique est dédié à l'exposé des recommandations et aux comptes-rendus de la conférence de mai. Les débats sur ces questions éthiques sont loin d'être clos et la Commission, soucieuse de recueillir les contributions de tous ceux qui veulent s'exprimer sur ces thèmes, a ouvert un Forum sur cette page.
Bullet En savoir plus
Bullet Contact à la DG Recherche


L'Europe contre le prion

Protéine du prion – 1. PrPc (normale) – 2. PrPsc (pathologique)
Protéine du prion –
au-dessus: PrPc (normale) –
en-dessous: PrPsc (pathologique)
Le 28 mai dernier, à Paris, a été lancé le réseau d'excellence NeuroPrion. Fort de 52 laboratoires d'une vingtaine de pays, il rassemble 90% des équipes du continent travaillant sur l'ensemble des maladies à prions : l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine ou "maladie de la vache folle"), la vCJD (nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob pour l'homme), la scrapie ou tremblante du mouton, ainsi que d'autres formes de ce mal.

Pluridisciplinaires, ces équipes sont composées de chercheurs fondamentaux, de cliniciens et de vétérinaires. Une enveloppe de 14,4 millions d'euros, sur cinq ans, a été dégagée par l'Union pour soutenir leurs efforts. Coordonné par le groupe "prions" du CEA (Centre de l'Energie Atomique - FR), le programme de recherche de ce nouveau réseau est structuré autour de quatre axes : la prévention qui repose à la fois sur la mise en œuvre de tests de diagnostic ante mortem et la validation de nouvelles techniques de décontamination des animaux; le contrôle impliquant notamment une standardisation des techniques de diagnostic; le traitement (développement de nouvelles molécules susceptibles d'inhiber la formation de la protéine anormale du prion PrPsc et nouvelles approches thérapeutiques); l'analyse du risque lié aux maladies à prions.

Cet effort de recherche s'inscrit dans la suite d'une stratégie menée par la Commission depuis la grande crise de 1996. Dès cette époque, l'Union a compris la gravité de la question et a déjà dégagé 50 millions d'euros pour soutenir les travaux des 120 laboratoires impliqués dans la lutte contre cette zoonose.
Bullet En savoir plus 


Europe à 25 : plus de femmes diplômées, mais plus d'emplois S&T pour les hommes…

Ce graphique montre l'importance et l'accroissement de l'emploi des femmes diplômées à des postes de niveau technicien supérieur (à gauche) par rapport aux proportions constatées dans l'ensemble de la population employée et son évolution (au milieu). Par contre l'emploi des hommes à des postes de scientifiques et d'ingénieurs continue à croître de façon plus élevée que celui des femmes, qui représente moins d'un tiers des effectifs (à droite).





Source : Eurostat


Sur le front des plates-formes

Vers la chimie durable

Avec un chiffre d'affaires de 42 milliards € en 2002 (contre 14 milliards en 1990) et 25 000 entreprises employant 1,6 million de personnes, la chimie européenne est leader mondial de ce secteur et s'attribue 28% de parts de marché. Pourtant, cette proportion a chuté de 4 points au cours des dix dernières années alors que, sur le seul le marché de l'Union, la demande est passée de 14 milliards € en 1990 à 42 milliards € en 2002.

La recherche, moteur de l'innovation et de la croissance dans cette industrie, est insuffisante : les entreprises européennes y consacrent 1,9% de leur chiffre d'affaires, les américaines 2,5% et les japonaises 3%. La relance de l'effort de matière grise passe, en particulier, par l'impulsion d'un partenariat public/privé capable de mobiliser les investissements. C'est chose faite, depuis juillet dernier, avec la Plate-forme technologique pour une chimie durable lancée conjointement par les deux groupements d'entreprises CEFIC (Conseil européen de la chimie) et EuropaBio (Association européenne pour les bio-industries), avec le concours de la Commission. Trois  champs de recherche sont inscrits au menu de cette initiative : la biotechnologie industrielle, les matériaux, ainsi que la conception des réactions et procédés. Transversalement seront pris en compte les questions environnementales, la sécurité, l'éducation et la formation, les infrastructures et l'accès au capital-risque.
Bullet En savoir plus PDF icon


Plantes d'avenir 

Tel est le titre du mémorandum réalisé par un groupe de réflexion sur les perspectives des biotechnologies végétales, mis sur pied par l'Association européenne pour les bio-industries (EuropaBio) et l'European Plant Science Organisation (EPSO) en coopération avec la Commission européenne. Alors que l'Europe a été à l'avant-garde dans ce domaine, elle perd cette excellence en raison de l'hostilité suscitée par ce secteur de recherche dans l'opinion publique. Pourtant, estiment les avocats de cette filière, celle-ci offre un potentiel certain pour permettre une agronomie et une sylviculture plus durables, consommant moins de fertilisants, de pesticides et d'eau. Elle intéresse non seulement l'avenir d'une alimentation de qualité à l'échelle mondiale, mais aussi de matériaux bio-écologiques, notamment comme source d'énergie.

Le mémorandum plaide pour la création d'une plate-forme européenne chargée d'impulser les recherches stratégiques couvrant la génomique, la physiologie, l'agronomie et l'écologie végétales.

(1) Pour rappel, la Commission a présenté une vision stratégique des sciences du vivant et de la biotechnologie jusqu'en 2010, proposant en particulier les moyens d'aborder les questions éthiques.


Bullet En savoir plus



« La nano-électronique, pétrole du futur »

Telle est la comparaison utilisée par Philippe Busquin, le 29 juin dernier, à l'occasion du lancement de l'ENIAC (European Nano-electronics Inititiative Advisory Council), le groupement d'industriels européens chargé de mettre en œuvre une nouvelle plate-forme technologique ciblée sur cette prochaine mutation essentielle des technologies de l'information et de la communication à l'horizon 2020. Alors que la micro-électronique a profondément imprégné toutes les structures de la société à l'heure actuelle, le passage à la nano-électronique signifie l'avènement d'une nouvelle génération informatique – ordinateurs quantiques, électronique moléculaire, spin électronique(1)  – représentant un saut quantitatif et qualitatif considérable des performances de l'intelligence artificielle. Pour le Commissaire en charge de la recherche, "l'Europe ne peut se permettre de manquer cet enjeu qui marquera toutes les évolutions technologiques, socio-économiques et culturelles"(2).

(1) Basée sur la cinétique de rotation des électrons à l'échelle atomique.
(2) Voir aussi l'information "Facteur trois pour les nanotechnologies"
Bullet En savoir plus


Facteur trois pour les nanotechnologies

Les stratégies européennes sur le terrain des nanotechnologies se renforcent. En mai dernier, la Commission a publié une importante communication sur leur devenir. L'Europe a de solides bases de connaissances dans cette discipline intimement liée aux structures fondamentales de la matière. Elle manque néanmoins de concrétisations technologiques innovantes intéressant les processus industriels à venir. Passant en revue les enjeux de ce secteur, ce document recommande, à l'horizon 2010, de multiplier par un facteur trois les efforts actuels. Outre l'accroissement des budgets de R&D et les investissements dans les infrastructures, les priorités dégagées concernent la formation des chercheurs et l'accroissement des transferts technologiques. Un aspect important est également la prise en compte de la dimension sociétale et des impacts environnementaux potentiels des innovations issues de ce secteur(1).

(1) Voir également en encadré l'information sur la nouvelle plate-forme technologique Nano-électronique.
Bullet En savoir plus


L'avenir des océans

Chercheurs de l'Ireland's Marine Institute mesurant des échantillons de poissons à bord du navire scientifique Celtic Explorer.
Chercheurs de l'Ireland's Marine Institute mesurant des échantillons de poissons à bord du navire scientifique Celtic Explorer.
Les mers n'ont pas de frontières. Depuis deux décennies, s'il est un domaine où la coopération scientifique européenne fait ses preuves, c'est bien celui des recherches marines. Une démonstration en a été donnée lors de la conférence Eurocean 2004 qui s'est tenue à Galway (IRL), en mai dernier. Plus de 130 projets y ont été présentés devant un parterre  impressionnant de participants.

Le nombre et la diversité de ces recherches sont à l'aune des questions que pose la gestion du patrimoine maritime européen et mondial. Comment protéger la biodiversité marine? Comment concevoir un développement durable de la pêche ? Comment comprendre les mutations des écosystèmes animaux et végétaux ? Comment protéger les fonds des océans ? Comment, également, jeter des ponts entre les résultats de la recherche et les secteurs ancrés dans le réel, comme la pêche et le tourisme. C'est un des objectifs du nouveau réseau d'excellence Marbef, qui a été présenté à Galway. Constitué de scientifiques spécialistes de l'océan, Marbef veut mettre sur pied un "institut virtuel européen" travaillant sur des recherches à long terme mais possédant, en même temps, des relations avec le secteur privé et le grand public. Le réseau mettra sur pied des formations diverses touchant à la mer (écologie et biogéochimie marines, biologie halieutique, taxonomie, sciences socio-économiques en relation avec les problèmes marins, etc. ) et collaborera avec les secteurs concernés par une exploitation durable de l'océan (tourisme, pêche, aquaculture, etc.).

Un autre réseau d'excellence, Marine Genomics, étudiera tout spécialement le fonctionnement des écosystèmes et la biologie des organismes marins. Une meilleure connaissance de l'évolution et de la diversité des schémas de répartition de la vie dans les océans (des micro-organismes aux poissons en passant par les algues, mollusques, etc.) doit permettre une meilleure prévision des changements touchant les populations marines, la conservation de la biodiversité, la gestion de la pêche, ainsi que le perfectionnement des espèces destinées à l'aquaculture.

D'autre part, 15 organismes de financement de la recherche réunis dans le réseau Ecord participent au programme international Integrated Ocean Drilling Programme (IODP). Les forages en eau profonde fournissent, en effet, d’abondantes informations sur les écosystèmes marins dans l’optique d’une gestion durable des ressources marines. Plusieurs programmes nationaux de recherche, regroupés dans le cadre d'une initiative européenne de coordination ERA-Net sont associés au réseau Ecord.
Bullet En savoir plus
Top

POUR EN SAVOIR PLUS

CONTACTS