AVIS JURIDIQUE IMPORTANT - Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non-responsabilité et sont protégées par un copyright.
| | |
| |
![]() ![]() | |||
Deuxième Rencontre Jeunes de l'UE | |||
Questions de principes | |||
|
Les jeunes chercheurs européens ont confiance dans la science et la technologie. Ils croient en la liberté de la recherche. Ils estiment que ce n'est pas l'acquisition de connaissances, mais bien leur application, qui peut s'opposer à la morale. Mais comment définir les limites de l'éthique? Idéalisme et jeunesse se conjuguent encore. C'est ce qu'a pu constater Edith Cresson, membre de la Commission, lors de la deuxième Rencontre Jeunes de l'UE qu'elle avait organisée à Bruxelles, en novembre dernier. La première édition (octobre 1997) avait pour thème l'organisation des programmes "jeunes" de l'UE. Cette deuxième Rencontre, réunissant une centaine de participants issus de 24 pays, a adopté une approche plus thématique. Près de la moitié d'entre eux a choisi de prendre part à l'atelier "Science et éthique".(1)
Recherche sans limites? La majorité des participants ont insisté sur les motivations altruistes - apporter quelque chose à la société - entrant en ligne de compte dans le choix de leur carrière de chercheur. Nombre d'entre eux reconnaissent une dimension spirituelle à la science. Mais la question des limites que lui impose l'éthique semblait plus complexe. Comment respecter les valeurs morales sans infléchir l'approfondissement du savoir? De l'avis des jeunes chercheurs - avis qu'ils reconnaissent être fondé sur leur propre intérêt -, les scientifiques devraient pouvoir effectuer leurs investigations en toute liberté et les limites, pour autant qu'elles soient nécessaires, ne devraient concerner que l'application des découvertes. D'un côté, ils reconnaissent que les implications pratiques et sociales de la science et de la technologie font peser de plus grandes responsabilités sur les scientifiques. D'autre part, bien peu admettent l'idée selon laquelle ces scientifiques devraient avoir à répondre des effets négatifs de leur usage. Tous soutiennent une approche internationale des questions d'éthique scientifique. Mais qui devrait décider en cette matière? Un comité d'experts? Les parlements? Un référendum? Peut-on se fier aux experts, ou ceux-ci sont-ils à la fois juge et partie? Communication et justification La Suisse, bastion de la démocratie directe, a soumis la question du génie génétique à un référendum en juin dernier. Les sondages d'opinion ont prédit le vote d'une loi interdisant la création d'animaux transgéniques, le brevet d'organismes transgéniques et la dissémination d'organismes génétiquement modifiés en milieu naturel. Finalement, le décret a été contré par une majorité de deux tiers, probablement suite aux nombreuses campagnes d'information qui ont eu lieu. Ethique et communication - voire manipulation - sont donc intimement liées. Les jeunes ont estimé que, si les scientifiques amélioraient, en réalité, la communication de leurs travaux vers le public, cette démarche pourrait renforcer le contrôle éthique de la science. Comme l'a mis en évidence un des participants, trop de personnes considèrent aujourd'hui la science comme une "spécialité" plutôt que comme un domaine culturel - et se sentent dès lors libres d'ignorer les questions d'éthiques qui y sont liées, par le simple fait qu'ils n'en maîtrisent pas les tenants et les aboutissants. Une des conclusions de cet atelier fut de recommander que l'éthique et les techniques de communication fassent désormais partie de l'enseignement donné aux futurs chercheurs. Et, la démocratie étant une affaire de débat autant que de suffrage, un forum d'éthique sera bientôt créé sur le nouveau site web de la Rencontre Jeunes. Le recrutement de douze experts appelés à former le Comité d'éthique de l'UE, créé sous la présidence de Jacques Delors pour conseiller les institutions européennes, n'a pas été pour déplaire aux participants. Dirigé par Noëlle Lenoir, qui préside également le Comité international de bioéthique de l'UNESCO, il n'est pas constitué uniquement de scientifiques, mais aussi d'avocats, de médecins, de théologiens, et d'autres spécialistes habitués à s'interroger sur des questions d'éthique. Et les participants d'évoquer l'invitation de membres de ce comité à la Rencontre Jeunes 1999. (1) L'atelier était animé par Michel Claessens, de la DG XII, Mary Sharpe, du CCR et Michel Lefranc, de la DG XXII. Le rapport de cette session a été présenté par Christiane Böhner, du département de gestion de l'environnement du CCR (Ispra). | |||