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Indicateurs scientifiques et technologiques | |||||
Diversité, convergence, cohésion | |||||
Dans le passé, constatent les auteurs du rapport REIST, les responsables politiques estimaient que les variations régionales sur le plan du développement technologique avaient un impact significatif sur l'intensification des disparités économiques entre les régions d'Europe." La conception linéaire - soutenue par ceux qui considèrent que tout investissement dans la recherche se traduit automatiquement en développements concrets, en commercialisation et en création d'emplois - s'est imposée dans les années 1980. Elle est aujourd'hui largement remise en question. L'argent investi dans les régions peu développées sur le plan technologique génère rarement de bénéfice économique local. "De plus, ajoute le rapport, "ces petites entreprises de haute technologie [résultant des investissements en S&T] ne représentent qu'une faible proportion de l'ensemble des PME." Selon les auteurs, "la politique moderne de développement technologique régional devrait donc prévoir la mise en place de structures répondant aux besoins des PME locales en matière d'adoption de technologies et d'innovation de produits". Pour que cette mesure porte ses fruits, il est nécessaire de comprendre les variations régionales sur le plan des capacités en S&T - et les raisons de ces différences. Disparités régionales en Europe L'Europe souffre d'un manque de cohésion en S&T. Ce fossé de cohésion peut se calculer en comparant la valeur du financement des activités de S&T en pourcentage du PIB*. Ainsi, comme l'indique le Rapport, la Suède a consacré le plus haut pourcentage du PIB (3,04%) aux activités de R&D en 1993 alors que la Grèce occupait la dernière place avec 0,66%.
L'existence de situations aussi contrastées a conduit les auteurs à observer l'évolution de ce fossé et à développer la notion de paradoxe de cohésion. En d'autres mots, est-il possible pour une région de rattraper son retard? Ou encore, "les régions plus pauvres peuvent-elles rattraper les plus riches; les régions moins développées sur le plan technologique peuvent-elles devenir des régions de haute technologie, reproduire la situation des regroupements industriels traditionnels en Europe, et l'Europe évoluera-t-elle vers un espace homogène en termes économiques et technologiques?" Les dernières statistiques (1993) permettent aux auteurs de conclure que, de 1989 à 1993, les disparités technologiques entre les régions s'étaient quelque peu réduites. Le fossé n'en reste pas moins considérable. Selon certains chercheurs, l'explication de ce phénomène pourrait résider dans la théorie des sommets jumeaux avancée par certains chercheurs et "selon laquelle le groupe des régions riches et le groupe des régions pauvres constituent deux clubs de convergence." Selon cette hypothèse, une région pauvre est susceptible d'atteindre le sommet du second groupe, mais il ne lui sera jamais possible d'accéder au premier. Les auteurs ne constatent pas, par ailleurs, de corrélation évidente entre les progrès réalisés par une région et le montant du financement octroyé par l'UE. Ils en concluent que "l'Europe joue sans doute un rôle important d'organisateur pour favoriser la cohésion, mais que sa politique ne peut être efficace qu'à condition d'être complétée par l'action des Etats membres." Les lois de la diffusion Deux facteurs importants apparaissent lorsqu'on analyse la performance des régions du second groupe, qui ont bien progressé. "Ces régions sont situées dans des pays dont le système d'innovation est déjà bien structuré", peut-on lire dans le Rapport. "Et chacune d'elles est géographiquement proche des régions les plus développées." La S&T, semble-t-il, dépend des lois de la diffusion. Les auteurs font cependant remarquer que les statistiques ne sont pas toujours comparables. Ainsi, une région qui multiplie par deux, puis par quatre, le nombre de brevets émis en quelques années consécutives, ne doit pas être considérée comme plus performante qu'une région dont le taux de croissance est plus faible, mais qui peut se targuer d'avoir produit un beaucoup plus grand nombre d'applications couronnées de succès. On observe toutefois quelques exemples de progrès. "Les nouveaux Länder [allemands] en sont le modèle le plus frappant. Les autres exemples sont notamment l'Irlande et l'Algarve, l'Alentejo et le Centro (P)." Les niveaux de performance A l'aide d'une technique d'analyse statistique connue sous le nom d'échantillonnage en grappes, et basée sur des indicateurs soigneusement définis, les auteurs ont identifié quatre niveaux distincts de performance régionale en S&T (voir encadré). Dans cette technique d'échantillonnage, les regroupements ne sont pas prédéfinis, mais les classifications apparaissent à la suite de l'analyse statistique, qui permet de leur attribuer un caractère distinctif spécifique. Les quatre groupes recouvrent la plupart des régions d'Europe. La dernière question importante est de savoir dans quelle mesure les programmes-cadres de l'Union transforment le paysage de la S&T européen. Les auteurs constatent qu'ils "ne contribuent que pour une fraction de l'ensemble des dépenses en RDT et que leur impact direct sur la création de technologies ne devrait pas être surestimé". D'autre part, "les programmes-cadres, contrairement aux actions de politique technologique nationale, se concentrent sur le transfert [international] de technologies sous la forme de collaboration en RDT." Enfin, les auteurs se penchent sur les actions nécessaires pour que la collaboration en RDT stimule efficacement l'activité économique, et proposent l'adoption rapide de politiques intégrées visant à améliorer la capacité d'absorption. Cela nécessite la mise en oeuvre de politiques économiques, sociales et éducatives coordonnées pour créer un environnement permettant à l'industrie locale de bénéficier des activités de RDT.
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