En bref

L'air du temps

La tête dans les nuages de Titan

Nuage imagé par VIMS le 26 mars 2007 lors d’un survol de Titan par Cassini (on observe encore l’activité nuageuse au pôle Sud alors que l’on s’attendrait à la voir disparaître). © NASA/JPL/University of Arizona
Nuage imagé par VIMS le 26 mars 2007 lors d’un survol de Titan par Cassini (on observe encore l’activité nuageuse au pôle Sud alors que l’on s’attendrait à la voir disparaître).
© NASA/JPL/University of Arizona

Titan, le plus gros satellite de Saturne – et le seul satellite du système solaire à posséder une atmosphère dense – a dévoilé sa couverture nuageuse. Son atmosphère est le siège d’une météorologie très active qui connaît des cycles saisonniers marqués, du fait de la forte inclinaison de l’axe de rotation du satellite. Étant dix fois plus éloigné du Soleil que la Terre, Titan met 29 ans pour faire le tour de notre étoile, et la durée de ses saisons est d’environ 7 ans.La formation de nuages dans l’atmosphère de ce satellite résulte non pas de la condensation d’eau mais de méthane et d’éthane.

Lancée en 1997, la mission internationale Cassini-Huygens est destinée à l’étude de la planète Saturne et de son environnement. L’étude de son satellite Titan représente l’un des buts majeurs de cette mission. Les observations effectuées grâce à l’instrument scientifique VIMS (Visible and Infrared Mapping Spectrometer) entre juillet 2004 et décembre 2007 ont permis d’éditer la première carte des nuages de Titan à partir de plus de 200 nuages recensés au cours de cette période. La répartition spatiale des nuages révélée par cette étude, publiée dans Nature, donne des indications précises sur l’atmosphère de Titan et notamment sur les mécanismes qui régissent sa couverture nuageuse. Les nuages sont répartis dans les deux régions polaires et sur une bande de latitude centrée autour de 40° S, confirmant le rôle prépondérant de la circulation atmosphérique sur la répartition des nuages, comme le prédisent les modèles de climat pour ce satellite.

En revanche, l’évolution de la couverture nuageuse au fil des saisons est moins bien comprise.Il reste donc du pain sur la planche pour la mission Cassini-Huygens que les «météorologues transplanétaires» espèrent prolonger jusqu’en 2017.



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Au son de la Grèce antique

© Courtesy Luca Petralia
Francesco De Mattia jouant de l’épigonion lors du concert Musica@ Fisica organisé par le réseau Dante (www.dante.net), qui s’est tenu à Catane (Sicile), en juin 2009. © Courtesy Luca Petralia Francesco De Mattia jouant de l’épigonion lors du concert Musica@ Fisica organisé par le réseau Dante (www.dante.net), qui s’est tenu à Catane (Sicile), en juin 2009.
© Courtesy Luca Petralia

Pour la première fois depuis des siècles, le son de l’épigonion, un instrument de musique de la Grèce antique, s’est à nouveau fait entendre. Dans le cadre du projet ASTRA (Ancient instruments Sound/ Timbre Reconstruction Application), des experts italiens sont en effet parvenus à faire revivre cet instrument proche de la harpe moderne en combinant art et technologie. Pour recréer le son de l’épigonion, ils se sont basés sur les données récoltées à l’aide des découvertes archéologiques, des dessins historiques et de la littérature. Les données relatives à la description des matériaux qui composent l’instrument et à la manière dont celui-ci est utilisé ont ensuite été transcrites en «langage informatique» grâce à la technique de synthèse par modèle physique. Cette technique repose sur l’utilisation d’une série d’équations et d’algorithmes qui permettent de modéliser le «comportement» de l’instrument en un système mécanique.

Cette performance a pu être réalisée grâce aux réseaux de recherche GÉANT et EUMEDCONNECT et aux infrastructures Grid gérées par le projet EGEE (Enabling Grids for E-science infrastructure) qui ont permis non seulement de mettre en lien de puissants ordinateurs mais également le partage des connaissances et données sur l’épigonion. On comprend qu’ASTRA ait eu recours à de tels réseaux quand on sait que la reproduction d’un son d’une minute demande environ une demi-heure de traitement informatique…







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Baleines bleues, le retour

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Désertées par les baleines bleues depuis des décennies, les eaux du large de l’Alaska (US) et de la province canadienne de Colombie-Britannique voient timidement réapparaître le grand cétacé. Depuis 1966, année de l’interdiction de la chasse à la baleine qui a conduit l’espèce au bord de l’extinction, ces grands mammifères récupèrent lentement: alors que les scientifiques estiment que l’espèce comptait 350 000 spécimens avant l’assaut des baleiniers, entre 8 000 et 14 000 baleines bleues peupleraient aujourd’hui les océans.

C’est en 2004 que des scientifiques effectuant un recensement des baleines à bosse dans le golfe d’Alaska y ont aperçu à nouveau trois baleines bleues. Ensuite, un ou deux rorquals bleus ont été repérés, chaque année, au large de la Colombie-Britannique, jusqu’en 2007 où quinze spécimens ont été observés au large de la province canadienne et dans le golfe d’Alaska. Les chercheurs de l’Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA) américaine soulignent dans la revue Marine Mammal Science que ce phénomène pourrait signifier qu’une population de baleines bleues de l’est du Pacifique Nord est en train de rétablir un schéma migratoire traditionnel.

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Un entraînement spermique quotidien

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Une éjaculation par jour améliore la qualité du sperme et donc les chances de conception. L’étude australienne qui sous-tend cette conclusion, présentée lors du dernier congrès annuel de la Société européenne de reproduction et d’embryologie humaine qui s’est tenu à Amsterdam, porte sur 118 hommes dont le sperme était de qualité inférieure à la moyenne.

Après une «prescription» d’une éjaculation quotidienne pendant une semaine, les chercheurs ont mesuré la dégradation de l’ADN des spermatozoïdes ainsi que la mobilité de ces derniers, deux paramètres qui se sont vus nettement améliorés après le traitement. Selon les auteurs, cette bonification résulte d’un séjour raccourci des gamètes mâles dans les canaux des testicules où ils sont exposés à l’effet nocif de molécules oxydantes.



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Des cellules piquées en plein coeur

Vingt fois moins épaisse qu’un cheveu, la nano-aiguille de 50 nanomètres de diamètre mise au point par des chercheurs de l’université de l’Illinois (US) rend possible des injections à l’échelle d’une seule cellule. Cette aiguille recouverte d’une fine couche d’or et attachée à une pipette en verre pénètre facilement la membrane cellulaire et permet de déposer une ou plusieurs molécules à l’intérieur de la cellule ainsi que des boîtes quantiques utilisées pour faire de l’imagerie médicale des cellules, en remplacement des colorants habituels.

Avec ce nouvel instrument nanotechnologique décrit dans Nano Letters, les scientifiques peuvent non seulement contrôler, surveiller et enregistrer le processus de livraison de molécules actives à l’intérieur d’une cellule, mais aussi utiliser cette aiguille comme sonde électrochimique et biocapteur optique. Une avancée qui devrait permettre de suivre de façon plus fine l’interaction entre les protéines et les molécules d’ADN ou d’ARN au sein des cellules.

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Molécule antirejet et anti-âge

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Déjà précieuse pour son efficacité dans la prévention du rejet lors de greffes d’organes, la rapamycine pourrait encore prendre du galon, puisqu’elle permettrait d’allonger la durée de vie des mammifères. C’est ce que révèle une étude menée par une équipe de chercheurs américains publiée dans Nature. Les scientifiques ont donné cette molécule aux propriétés antifongiques et antibiotiques en complément alimentaire à des souris de 20 mois, soit l’équivalent de 60 ans pour un homme. En comparant leur durée de vie à celle de souris du même âge nourries normalement, il s’est avéré que le traitement à la rapamycine avait augmenté la durée de vie moyenne des mâles de 9 % et celle des femelles de 13 %.

La rapamycine inhibe la protéine kinase TOR (target of rapamycin) qui joue un rôle fondamental dans la croissance et la prolifération cellulaire. Initialement découverte chez la levure, on retrouve également cette protéine chez les mammifères (mTOR) et son inhibition avait déjà permis d’augmenter la longévité d’invertébrés. Si une seconde étude, en cours, confirme déjà l’effet de la rapamycine sur la durée de vie des souris, les auteurs invitent néanmoins à la prudence quant à l’utilisation potentielle de cette molécule pour vieillir moins vite, au vu des effets immunosuppressifs importants qu’elle engendre. Cette découverte pourrait toutefois permettre de développer des composés analogues à la rapamycine, mais ne provoquant pas d’effets secondaires.

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Actualités européennes

Renouvelable et rentable?

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S’il ne fait aucun doute que les énergies renouvelables aident à combattre le changement climatique et à réduire la dépendance envers les énergies fossiles, leur intérêt économique est loin d’être clair. Grâce à l’étude Employ-RES, réalisée conjointement par six instituts européens à la demande de la Commission, on dispose désormais de données chiffrées concernant l’impact des énergies renouvelables sur l’emploi et la croissance. Si l’Europe respecte l’objectif qu’elle s’est fixé, soit une part de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici 2020, ce secteur générerait, en brut, 2,8 millions nouveaux emplois et 1,1 % de croissance additionnelle du PIB communautaire. Mais si l’on considère les chiffres nets, compte tenu, par exemple, de l’augmentation du prix de l’énergie et de la réduction des investissements dans le secteur énergétique conventionnel, cela aboutirait finalement à la création de 410 000 emplois pour une croissance supplémentaire de 0,24 % du PIB.

Certes, ces chiffres sont plus modestes, mais il semble que ce soient les meilleurs que nous puissions atteindre. L’étude conclut en effet que les efforts seraient économiquement plus porteurs que l’inaction. Les projections montrent que sans coup d’accélérateur, les politiques actuelles – qui ne permettraient d’atteindre que 14 % d’énergies renouvelables d’ici 2020 – rapporteraient moins en termes d’emploi et de croissance, quel que soit le modèle d’analyse et le scénario envisagés.


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BIOTRACER 1 - Salmonelle 0

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La principale responsable de la gastro-entérite a perdu une bataille importante. Une équipe de chercheurs du réseau BIOTRACER a mis au point un procédé de quantification de la salmonelle dans la viande de porc. Jusqu’à présent, les méthodes butaient sur un même problème: comme la bactérie est généralement présente en faible quantité dans les aliments, les échantillons sont d’abord enrichis afin de faciliter la détection. Mais ce procédé rend la quantification difficile.

La nouvelle méthode se base toujours sur une phase d’enrichissement, suivie de l’amplification de l’ADN bactérien par PCR en temps réel (réaction en chaîne par polymérase), mais cette première étape a été rabotée. Les chercheurs ont en effet observé qu’il existait une corrélation précise entre le nombre de salmonelles contenues dans l’échantillon de base et le signal PCR, pour autant que la période d’enrichissement se limite à la phase de croissance exponentielle de la salmonelle.

En permettant l’analyse simultanée de nombreux échantillons, ce procédé ouvre la voie à la constitution d’une base de données quantitative, nécessaire dans le domaine de l’analyse des dangers et de la maîtrise des points critiques, chantier jusque-là techniquement impossible.

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Redonner du souffle au coeur

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Des cellules souches provenant de moelle osseuse et de tissus adipeux pourraient améliorer la fonction cardiaque après une attaque, d’après les travaux réalisés par des scientifiques du centre de recherche médicale appliquée et de l’hôpital universitaire de Navarre (ES). L’arrêt du myocarde est l’une des affections les plus répandues dans le monde. Quand une personne subit une attaque, le tissu musculaire endommagé meurt, et le tissu cicatriciel résiduel ne se rétracte pas. Résultat, le myocarde n’arrive pas à se régénérer, ce qui a de lourdes conséquences sur le fonctionnement du coeur, et peut in fine provoquer une insuffisance cardiaque.

Les expériences menées sur des rats ont démontré que les cellules souches de moelle osseuse étaient capables de régénérer les tissus endommagés. Quant aux cellules souches adipeuses, elles parvenaient à se transformer pour constituer des vaisseaux sanguins et des cellules cardiaques. En outre, les résultats obtenus se maintiennent sur une longue période, a souligné Manuel Mazo, qui a dirigé l’étude.






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L'autre catastrophe du Sichuan

Selon un proverbe chinois, «le chemin du Sichuan est plus difficile que de monter au ciel». Ici, l’un de ses nombreux sommets. © Shutterstock
Selon un proverbe chinois, «le chemin du Sichuan est plus difficile que de monter au ciel». Ici, l’un de ses nombreux sommets. © Shutterstock

Une énorme éruption volcanique dans le sud-ouest de la Chine aurait quasiment anéanti la vie marine il y a 260 millions d’années, selon une étude dirigée par le paléontologue Paul Wignall de l’université de Leeds (UK), et publiée dans la revue Science. Le mont Emei, situé dans l’actuelle province du Sichuan, aurait craché près d’un demi-million de mètres cubes de lave. Les coulées se seraient déversées dans la mer en eaux peu profondes, provoquant une gigantesque explosion qui propulsa d’énormes quantités de dioxyde de soufre dans la stratosphère, lesquelles entraînèrent la formation, autour de la Terre, d’épaisses couches nuageuses qui ont refroidi l’atmosphère et ont fini en torrents de pluies acides.

Les chercheurs ont pu identifier précisément le moment de l’éruption, car la lave a formé une couche de roche ignée bien distincte, coincée entre deux couches de roches sédimentaires renfermant toutes deux des fossiles marins aisément datables. Le lien entre éruption volcanique et extinction massive est souvent difficile à établir, car il se base généralement sur la production de CO2 résultant de l’éruption. Or les effets de l’accumulation de ce gaz dans l’atmosphère sont progressifs et donc plus difficiles à identifier.



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Adieu, procédé Kraft

L’industrie de la transformation du bois pourrait bien être à l’aube d’une petite révolution. Des chercheurs de la Queen’s University de Belfast (IR) et de l’université d’Alabama (US) ont en effet mis au point une technique de dissolution moins chère, plus efficace et surtout plus écologique que le procédé Kraft, utilisé depuis le 19ème siècle. La recette miracle troque les produits chimiques traditionnels contre des liquides ioniques. Il s’agit de sels organiques possédant un point de fusion relativement bas. Non seulement ces produits sont moins toxiques et biodégradables, mais ils sont capables de dissoudre les copeaux de bois à des niveaux de température et de pression moins élevés.

En ajoutant de l’eau et de l’acétone, les chercheurs ont en outre réussi à séparer partiellement les deux composants du bois dissous, la cellulose et la lignine, qui sont toutes deux à la base de nombreux dérivés. La cellulose peut servir à produire du biocarburant, des textiles et bien sûr du papier. La lignine permet de synthétiser des produits chimiques habituellement dérivés du pétrole. D’après Robin Rogers, co-directeur de recherche avec Héctor Rodríguez, la découverte de ce nouveau procédé constitue une avancée importante dans le développement du concept de bio-raffinerie. «Cela pourrait ouvrir la porte au développement d’une industrie chimique réellement durable, basée sur des ressources renouvelables» a-t-il indiqué.

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Pollution au fil de l'eau

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Une équipe du Cemagref à Lyon (FR) a identifié un indicateur pertinent du niveau de pollution des cours d’eau: le bio-film. Assemblage complexe de bactéries, d’algues et de champignons, le bio-film forme une couche visqueuse sur les supports immergés, par exemple les cailloux au fond d’une rivière. Les bio-films arrivent à dégrader les pesticides qui contaminent les milieux aquatiques, au prix d’une modification de leur structure, de leur diversité et de leur fonctionnement. Ainsi, les substances toxiques peuvent altérer de manière transitoire ou irréversible leur activité photosynthétique, respiratoire ou enzymatique. Pour ces raisons, ils peuvent constituer un signal d’alerte précoce en cas de pollution.

Reste à caractériser et distinguer les réponses des bio-films aux polluants de celles induites par les facteurs environnementaux (vitesse du courant, composition physico-chimique, etc.). Autant de recherches qui devraient aider à répondre à la nécessité énoncée par la Directive cadre sur l’eau d’améliorer la qualité écologique des cours d’eau européens d’ici 2015.





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La porteuse d'eau

Des chercheurs de l’université de Göteborg (SE) ont réussi à percer un mystère important dans la lutte contre le cancer. Ils ont pu déterminer la structure tridimensionnelle des aquaporines d’une cellule de levure. Petite protéine membranaire au coeur d’immenses espoirs, l’aquaporine est responsable de la régulation des flux d’eau à l’intérieur des cellules, indispensable pour contrôler la taille et la forme de ces dernières. Ces flux pourraient jouer un rôle crucial dans plusieurs types de cancers, les recherches sur les souris ayant montré qu’inhiber cette fonction permettait de réduire significativement la propagation et le développement des tumeurs.

Les chercheurs suédois ont révélé la structure des protéines à l’aide de la cristallographie de rayon X. La haute résolution des images a permis d’observer en détail les extrémités amino-terminales de la protéine, sortes de longues queues dont on ignorait jusqu’alors la fonction. D’après leurs travaux, elles agiraient comme une vanne qui s’ouvre et se ferme en fonction des quantités d’eau que la cellule doit absorber ou rejeter. Le canal formé par les aquaporines serait régulé de manière mécanique et par phosphorylation (addition de phosphates).

D’après la directrice de recherche Karin Lindkvist, ces découvertes vont permettre le développement d’un inhibiteur d’aquaporine humaine, qui pourrait déboucher à plus long terme sur la création de médicaments capables de ralentir la croissance d’une tumeur. Les résultats de cette étude ont été publiés en juin dans la revue PloS Biology.

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La chlamydia qui avançait masquée

La Suède a contribué à ses dépens à mieux détecter les chlamydias, parasites à l’origine de nombreuses infections sexuellement transmissibles. En 2006, une nouvelle souche de la bactérie se répand comme une traînée de poudre à travers le pays, échappant aux principaux tests de diagnostic. Les médecins suédois pensent que les infections sont en baisse, alors que c’est exactement le contraire qui est en train de se produire. Cette nouvelle souche de chlamydia, ainsi que cinq autres, ont fait l’objet d’une récente étude menée par l’institut de recherche anglais Sanger et l’université de Southampton (UK). Il est apparu que la séquence génétique du plasmide bactérien (molécule d’ADN située en dehors du chromosome) sur laquelle se basent les tests avait tout simplement disparu de la souche suédoise.

Les chercheurs se sont donc attelés à déterminer une autre séquence génétique pour identifier le parasite. Après une analyse minutieuse, ils ont porté leur choix sur la région qui variait le moins entre les souches, toujours située dans le plasmide. D’après le Helena Seth-Smith, qui a dirigé l’étude, il s’agit d’un avertissement de taille, car ce genre d’évolution pourrait concerner d’autres bactéries infectieuses.

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La mère, l'enfant...

Cardiogramme d’un foetus. © Shutterstock
Cardiogramme d’un foetus.
© Shutterstock



Un bel exemple d’interdisciplinarité a été publié récemment par la prestigieuse Académie nationale des sciences américaine. Il s’agit d’une collaboration entre l’Institut de recherche sur l’impact du climat de Potsdam (DE) et la Chaire de radiologie et micro-thérapie de l’université de Witten/Herdecke (DE). Les scientifiques ont découvert que les battements de coeur de la mère et du foetus pouvaient se synchroniser. L’impression, souvent rapportée par les mamans, de pouvoir sentir si leur bébé va bien ou non, pourrait être lié à cette interaction.

L’étude a été menée sur six femmes enceintes de 30 à 40 semaines, et les battements de coeur ont été mesurés à l’aide d’un magnétocardiographe. Il apparaît que les rythmes cardiaques sont différents mais liés par certains ratios. Il semble aussi que l’augmentation du rythme respiratoire de la mère favorise le phénomène. Ces interactions cachées ont été dévoilées grâce à un algorithme qui génère ce qu’on appelle des «twin surrogates», que l’on pourrait traduire par jumeaux fictifs. Il s’agit de copies indépendantes du système sous-jacent qui vont servir à identifier statistiquement les périodes de synchronisation. Cette approche mathématique pourrait faciliter la détection de complications plus tôt dans la grossesse. De manière générale, elle ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur les interactions entre systèmes physiologiques indépendants mais fortement liés.


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...et la Terre

Floraison du plancton en surface, après le passage d’El Niño, à travers tout le Pacifique. © NASA/Goddard Space Flight Center/SeaWiFS-Orbimage SVS
Floraison du plancton en surface, après le passage d’El Niño, à travers tout le Pacifique.
© NASA/Goddard Space Flight Center/SeaWiFS-Orbimage SVS

Qu’est-ce que tout cela à avoir avec le climat, censé être l’objet de toutes les attentions à Potsdam? En fait, l’algorithme développé par les mathématiciens permet de comprendre d’autres phénomènes de synchronisation, que l’on pourrait décrire comme la «perception» d’un système dynamique donné de l’existence d’un autre système. La synchronisation définit la façon dont ces deux systèmes réagissent à l’influence de l’autre ainsi qu’aux influences extérieures. Il pourrait ainsi être appliqué aux modèles climatiques complexes, comme la téléconnexion, soit la corrélation entre deux phénomènes climatiques simultanés séparés par de grandes distances. La téléconnexion la plus connue unit le courant El Niño au large du Pérou et la mousson indienne causée par l’oscillation australe, c’est à dire les cycles de variation de pression atmosphérique dans l’Océan Pacifique Sud.

L’algorithme pourrait aussi servir les recherches sur les pertes de biodiversité induites par l’homme. Et permettre par exemple, d’identifier pourquoi et dans quelle mesure la fragmentation d’un écosystème par des routes ou des plantations affecte la diversité des espèces.




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La science à portée de mains

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La fête à Darwin

New Darwin Centre (impression d’artiste). © Natural History Museum
New Darwin Centre (impression d’artiste)
.© Natural History Museum
© Cap Sciences/Objectif prod
© Cap Sciences/Objectif prod

«L’homme, dans son orgueil, se considère comme un chefd’oeuvre ne pouvant avoir été conçu que par une entité divine. Plus humblement, j’estime que son origine appartient au monde animal», écrivait Darwin. N’en déplaise aux créationnistes, le bicentenaire de sa naissance (1809) est fêté un peu partout, particulièrement en Europe, où de nombreux débats sont organisés à propos des questions que l’on ne finit pas de se poser et pour lesquelles les réponses sont loin d’être toujours claires: Comment apparaissent les espèces? Quels rôles jouent la culture et l’environnement dans leur transformation? L’Homme continue-t-il à évoluer? Et, finalement, qu’en est-il de Dieu…

À Londres, le Natural History Museum (NHM) a, dès 2008, ouvert la Darwin Big idea Big exposition, retraçant la démarche intellectuelle de ce scientifique pionnier pour décoder le cheminement de la théorie de l’évolution. On pouvait notamment y voir des organismes et fossiles recueillis lors du voyage de Darwin à bord du HMS Beagle qui l’emmena d’Australie en Amérique du Sud. Une autre big idea a démarré ce 15 septembre avec l’ouverture du New Darwin Center. Ce cocon incurvé, à l’architecture audacieuse, est adossé au célèbre musée historique du 19ème siècle. Quelque 17 millions de spécimens d’insectes et 3 mil lions de plantes détenus et préservés par le NHM y seront présentés dans une mise en scène étonnante, intimiste et spectaculaire à la fois… Le centre permettra à 200 scientifiques d’y travailler en même temps, tout en accueillant les visiteurs qui s’intéressent à la science et souhaitent mieux connaître le travail des chercheurs.

À Paris, le Muséum a modelé sa fameuse Galerie de l’Évolution pour faire comprendre, à travers ses collections d’anatomie et de paléontologie, comment la théorie de l’évolution est devenue une science. Tout à côté, au Jardin des Plantes, l’accent est mis sur les travaux de Darwin concernant les végétaux ainsi que son approche personnelle – et passionnée – du jardinage.

En région flamande de Belgique, le Jardin botanique de Meise met en valeur un Darwin «vert», passionné de plantes et décryptant leurs mystères, intéressé notamment par les orchidées, les espèces carnivores et la sexualité des végétaux. Quant au Muséum de Bruxelles, il a profité de ce bicentenaire pour inaugurer sa nouvelle galerie de l’évolution (600 fossiles et 400 animaux naturalisés). À cette occasion, une exposition conçue avant tout pour les enfants décortique le lien entre le passé, le présent et le futur. La visite se termine dans une salle dédiée à l’avenir, où le visiteur est entouré d’espèces qui pourraient peupler la Terre dans quelques années.

Le Muséum de Neuchâtel, en Suisse, lance, non sans humour, un événement baptisé parce Queue. Pourquoi? Peut-être parce que Darwin ne semblait guère attacher d’importance à cet appendice («la simple vue d’une queue de paon me rend malade», disait-il). Objet de parure et de séduction chez l’oiseau, la queue a bien d’autres usages. Elle est une arme pour le serpent et le crocodile, un parasol pour l’écureuil, un outil d’expression chez le chat ou le chien… Selon les organisateurs, à l’encontre de Darwin, «il s’agit d’un formidable exemple de diversification qui rend compte d’une évolution du monde des êtres vivants en parfaite adéquation avec leur environnement.»

Enfin, le site Evolution of life (français, anglais, allemand) aborde le sujet de manière très pédagogique, à travers trois rubriques: «observer» (vidéos et animations remontant le fil de l’évolution), «explorer» (simulations) et «enseigner» (kits didactiques adaptés à différents niveaux).


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Le climat en première ligne

Une exposition virtuelle et un jeu, Clim’City, ont été conçus par Cap Sciences (Bordeaux) pour sensibiliser les jeunes, à partir de 12 ans, au monde dans lequel ils seront amenés à vivre – et surtout pour réfléchir au thème brûlant du réchauffement climatique. À quel climat s’attendre en 2010? Comment réduire dès aujourd’hui les émissions de gaz à effet de serre? Comment l’homme va-t-il s’adapter aux conditions climatiques de l’avenir? L’exposition se décline au fil de paysages virtuels idylliques: gentilles habitations, paisibles centrales électriques, vaches paissant, lac au bleu parfait, station de ski enneigée… En cliquant sur ces éléments, on se rend compte que la réalité est plus complexe. En anglais et en français, plus de 300 documents (textes, vidéos, interviews, schémas, graphiques, animations) nous informent sur le futur incertain de ces biotopes.

Clim’City aborde ainsi de manière ludique une douzaine de thématiques (climatologie, politique, transports, habitat, énergie, industrie, agriculture, déchets, santé, biodiversité, alimentation, tourisme et loisirs). Un jeu interactif permet ensuite de mettre en application les informations qui se cachaient derrière les images et de tenter d’agir personnellement sur l’environnement. Autrement dit, de simuler la réduction de sa propre empreinte écologique.

Le but du jeu est de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre pour respecter les normes européennes. Un jeu qui pourrait être plus que cela, si l’on sait que les enfants se révèlent souvent d’excellents prescripteurs.

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Un artiste et des enfants

Bestiarium Construendum d’Alexander Reichstein. © Heureka’s Image Bank/Saila Puranen
Bestiarium Construendum d’Alexander Reichstein.
© Heureka’s Image Bank/Saila Puranen

«Je conçois mes expositions comme des installations, où les enfants et les adultes peuvent faire l’expérience de ce qu’est un objet d’art de différentes manières: en le regardant, en le touchant, en grimpant dessus – en résumé, en jouant avec lui. Mes projets fonctionnent le plus souvent comme un théâtre, dont les enfants sont à la fois visiteurs et acteurs», explique Alexander Reichstein. Son Bestiarium Construendum, présenté actuel lement au centre de sciences Heureka (FI), est composé d’animaux sculptés, très simples, qui se démantèlent et sont autant de puzzles en trois dimensions avec lesquels les enfants composent de nouvelles créatures. Il suffit de prendre les ailes de l’un, la tête ou la queue de l’autre, et le tour est joué. Une autre façon d’aborder le vivant…

D’origine russe, résidant en Finlande, Alexander Reichstein aime également illustrer des livres pour enfants, travaillant d’ailleurs parfois avec eux. Une autre de ses expositions itinérantes, All of Life Long Ago, sillonnera la Finlande et la Suède. Tout le parcours de la vie, de la naissance à la mort, est pré senté de façon poétique et ludique dans de petites «maisons» qui suggèrent chaque étape importante de l’existence. Ces huttes quasi transparentes sont décorées par Anna-Clara Tidholm, auteur et illustrateur de livres pour enfants.



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Le musée du vivant ou l'écolo-encyclopédie

Le Musée du vivant se veut le premier musée international sur l’écologie et le développement durable «pour comprendre le monde d’aujourd’hui». Fondé par l’école française d’agronomie AgroParisTech, il joue résolument la carte virtuelle et se caractérise par l’abondance, la diversité et le sérieux de la documentation mise en ligne. Son site permet de parcourir les archives scientifiques, thèses et articles, affiches, photographies, films traitant de l’écologie et du développement durable longuement cumulés par l’école. Ce matériel, souvent «introuvable», devrait intéresser les chercheurs, les étudiants, les associations, tous ceux qui sont concernés par l’évolution de l’écologie, prise dans ses acceptations politique, culturelle et économique. Le vaste volet «archives» se double d’une rubrique d’actualité (nouvelles en bref, agenda d’événements, nouvelles ressources pédagogiques) et l’ensemble est complété par de nombreux liens.

Depuis 2006, AgroParisTech a également créé le réseau Ecology and Sustainable Development Network, regroupant les institutions de conservation du patrimoine concernées par la thématique «écolo», notamment celles qui appartiennent au Conseil international des musées (ICOM) ou à l’Unesco. Du sérieux…


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La recherche sous le microscope

Les chercheurs travaillant pour l'industrie ont-ils une âme?

Dans son ouvrage, «The Scientific Life: a Moral History of a Late Modern Vocation», l’historien et sociologue des sciences Stephen Shapin prend le contrepied de deux idées répandues: premièrement, telle que Max Weber et Robert K. Merton l’ont présentée, la recherche scientifique moderne est une entreprise collective basée sur des normes d’interaction entre les chercheurs, exempte de toute préoccupation morale et dans laquelle les individus ne comptent pas; deuxièmement, il existe de profondes différences entre la recherche menée dans le milieu académique dans le but de faire progresser les connaissances et la recherche industrielle conduite dans des entreprises motivées par la recherche du profit.

À l’inverse, Shapin soutient: premièrement, que dans la recherche moderne autant que la science classique, les individus et leurs qualités psychologiques personnelles, à commencer par le charisme, jouent un rôle déterminant, tout comme des valeurs morales comme l’intégrité ou le désir de connaissance; deuxièmement, que ces qualités et ces valeurs ont autant d’influence sur la recherche menée en milieu industriel que celle conduite dans les universités.

Shapin appuie ces affirmations sur des considérations historiques et des réflexions théoriques, ainsi que sur l’analyse des résultats d’une enquête à laquelle il s’est livré auprès d’un certain nombre de chercheurs. Secouer les évidences est toujours utile, et Steven Shapin s’est souvent montré un observateur de la science perspicace. Mais cette fois, de l’avis général, il est allé trop loin: la volonté de penser différemment l’a conduit à troquer une forme de naïveté et de préjugé contre une autre.

À l’évidence, les déclarations des chercheurs travaillant pour l’industrie ne peuvent en effet être tenues pour totalement objectives. Et comme le savent tous ceux qui se sont intéressés à la recherche pharmaceutique, le fait, pour des activités de recherche, d’être menées dans un contexte dominé par des considérations de rentabilité a des conséquences profondes sur la façon dont elles sont exécutées. Soutenir le contraire, c’est défendre une thèse paradoxale pour le plaisir.

Michel André


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Coin pédagogique

Les fins limiers des cieux

Miroirs du Grand Télescope des Canaries. © Miguel Briganti (SMM/IAC)
Miroirs du Grand Télescope des Canaries.
© Miguel Briganti (SMM/IAC)

Récemment inauguré, le Gran Telescopio Canarias (GTC) fait miroiter d’extraordinaires découvertes à ses astrophysiciens (voir article page 32). La taille impressionnante de son miroir y est pour beaucoup, mais la clé de ses succès futurs réside surtout dans la précision des instruments sans lesquels ces experts seraient bien dépourvus: les spectromètres. Comment, depuis la Terre, ces appareils percent-ils les secrets des plus lointaines nébuleuses?

Comme Newton l’a démontré au 17ème siècle, un prisme décompose les rayons solaires en un spectre continu de couleurs, chacune correspondant à une gamme de fréquence. Chaque étoile émet en fait une lumière propre dont le décodage spectral donne accès à des paramètres aussi variés que sa composition, sa vitesse ou même sa densité.

Depuis l’avènement de la physique quantique, on sait que tout atome est constitué d’un noyau autour duquel gravitent des électrons sur des couches d’énergie bien déterminées. Si, grâce à un apport énergétique, un électron saute sur l’orbitale d’énergie supérieure, il émettra, lors de sa désexcitation, un photon (particule de lumière) dont la fréquence est dépendante de la différence d’énergie des deux niveaux concernés. Si bien que, puisque chaque élément présente des orbitales électroniques caractéristiques, l’ensemble des raies spectrales d’une étoile en donne la composition chimique, même à des milliers d’années-lumière de distance.

Ajoutez à cela l’effet Doppler: le son d’une Formule 1 paraît plus aigu à l’approche des micros et, à l’inverse plus grave lorsqu’elle s’en éloigne. De la même manière, les raies spectrales d’une étoile sont elles aussi décalées en fonction de sa vitesse relative. C’est d’ailleurs ce décalage vers le rouge (vers les plus basses fréquences) systématique des corps lointains qui atteste de l’expansion de l’Univers. Enfin, plus un gaz est dense, plus les particules qui le composent entrent en collision, entraînant ainsi un élargissement caractéristique des raies spectrales.

Avec de tels atouts, nul doute que les 4 spectromètres qui équiperont le super télescope européen offriront un regard encore plus perçant sur la voûte céleste.


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Jeunes chercheurs

Fay, biologiste moléculaire, 26 ans

Fay Christodoulou
Fay Christodoulou

En dehors du labo, dans un monde de financiers, médecins et juristes, c’est amusant de décliner que je suis «biologiste moléculaire». Les gens marquent généralement un temps d’arrêt en émettant un certain son, comme si on leur présentait un fruit exotique.

À l’EMBL(1), cela n’a rien de fantaisiste. Même si notre équipe (le groupe Arendt) paraît assez particulière car nous travaillons sur un «fossile vivant», le ver marin Platynereis dumerilii, tentant de comprendre l’évolution cérébrale au stade de cet organisme. Les formes de vie qui ont précédé l’homme (et beaucoup d’autres espèces) avaient un cerveau plus simple, et c’est ce qui m’intéresse, parce que je voudrais savoir comment tout a commencé.

Nous pensons que Platynereis est une sorte de lointain ancêtre et, en l’étudiant, j’ai identifié comment une classe de molécules découvertes récemment, les micro- RNAs, ont marqué des parties spécifiques du cerveau et d’autres organes de l’évolution animale. J’aime raconter combien «mes vers» me fascinent et à quel point ce projet est passionnant. J’ai été impliquée dans le projet SET Routes(2), une initiative européenne dont le but était d’éveiller l’intérêt des jeunes filles pour la science. J’ai parlé de mon expérience dans des lycées grecs où les élèves, très curieux pour une telle recherche, s’attendaient à rencontrer quelqu’un de ringard. Ils découvraient qu’un scientifique peut être «normal», avoir des activités extra-professionnelles, comme être disc jockey, voyager, faire du sport ou de la photo.

L’image stéréotypée du scientifique semble si «raide» aux enfants qu’elle peut les décourager de s’intéresser à ce monde. Ironie des choses, la nouvelle génération semble cependant désenchantée par beaucoup d’autres options tout en ignorant les perspectives de la science…

Enthousiasmer des enfants fut un plaisir, car le rôle d’un chercheur n’est pas seulement d’innover mais de communiquer et d’enrichir les connaissances de la communauté. C’est la raison de mon choix pour ce métier. Je le dois d’abord à un excellent communicateur, mon professeur de biologie au lycée, à Athènes. Ma passion pour l’évolution s’est précisée ensuite à l’université de Sussex. Elle peut fleurir maintenant sous les conseils de Detlev Arendt, qui supervise mon doctorat.

Fay Christodoulou

  1. European Molecular Biology Laboratory, Heidelberg (DE).
  2. www.set-routes.org

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Brèves Cordis

Reptiles et amphibiens d'Europe en danger

Près d’un quart des amphibiens et plus d’un cinquième des reptiles d’Europe sont menacés d’extinction. C’est ce que révèle une étude menée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et financée par l’Union européenne. Cette étude a été conduite dans le cadre du projet European Red Lists qui vise à déterminer le statut de conservation de quelque 6 000 espèces de mammifères, papillons, libellules, amphibiens, reptiles, poissons d’eau douce, mollusques, coléoptères et plantes vasculaires d’Europe.

Les données récoltées sur les populations de reptiles et d’amphibiens peuplant le Vieux Continent montrent que leur nombre ne cesse de décroître et que ces animaux courent un bien plus grand risque d’extinction que les mammifères et les oiseaux des mêmes régions. Parmi les espèces d’amphibiens recensées, 85 espèces ne vivent qu’en Europe. Deux espèces de cette classe de vertébrés ont été classées comme «gravement menacées », cinq autres comme «menacées» et dix espèces d’amphibiens sont jugées «vulnérables». Quant aux reptiles dont 151 espèces sont endémiques à l’Europe, les scientifiques ont inscrit sur la liste rouge six espèces «gravement menacées», onze espèces «menacées» et dix autres «vulnérables».

Les principales raisons de cette fragilisation des populations de ces deux classes de vertébrés sont la destruction de leurs habitats, le changement climatique, la pollution et la présence d’espèces invasives qui privent les espèces endémiques de leurs ressources.


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L'exoplanète la plus légère détectée

Une équipe de chercheurs européens a repéré dans la constellation de la Balance l’exoplanète la plus légère jamais identifiée, grâce au spectrographe HARPS (High Accuracy Radial Velocity Planet Searcher) qui équipe le télescope de 3,6 mètres géré par l’Observatoire européen austral (ESO) sur le site de l’Observatoire de la Silla au Chili. Cette planète extrasolaire, baptisée Gliese 581 e par les astronomes, a une masse équivalente à environ deux fois celle de la Terre et se situe à 20,5 années-lumière de celle-ci.

Si Gliese 581 e est probablement une planète rocheuse selon les auteurs de cette étude, sa proximité avec l’étoile autour de laquelle elle orbite n’en fait pas une planète de la zone habitable définie par les astronomes. Cette zone correspond à une région de l’espace où l’eau peut exister à l’état liquide. En revanche, les scientifiques ont découvert que Gliese 581 d, la planète la plus éloignée de l’étoile-hôte du système «Gliese 581», se trouve à l’intérieur de la zone habitable. Les dernières observations laissent à penser que cette exoplanète, dont la masse équivaut à sept fois celle de la Terre, pourrait être une planète-océan. Elle serait recouverte d’eau, contiendrait également de la glace et serait enrobée d’une atmosphère importante. Le but de cette chasse aux exoplanètes est de parvenir à identifier une planète aux conditions environnementales similaires à celles de notre planète bleue et ainsi susceptible d’abriter la vie.

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Les OLED, lumières du futur?

Les diodes électroluminescentes organiques (OLED) sont des semi-conducteurs constitués de couches de matériaux organiques d’une épaisseur de l’ordre du nanomètre et qui émettent de la lumière lors du passage d’un courant électrique. Destinées, à terme, à remplacer les technologies LCD et plasma, les OLED sont fines et souples, ce qui les rend adéquates à la fabrication d’écrans enroulables. Elles pourraient même être développées pour être utilisées à des fins d’éclairage conventionnel, concurrençant ainsi les ampoules incandescentes et les tubes fluorescents.

Mais jusqu’ici, les OLED les plus efficaces du point de vue énergétique atteignaient seulement 44 lumens de lumière par Watt consommé (lm/W), alors que les tubes fluorescents conventionnels ont une efficacité de 60 à 70 lm/W. Récemment, des chercheurs de l’université technique de Dresde (DE) financés par l’Union européenne dans la cadre du projet OLLA (Organic LEDs for ICT and Lighting Applications), ont réussi à créer des diodes électroluminescentes organiques aussi efficaces que les tubes fluorescents traditionnels. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature. Pour ce faire, ils ont associé un concept innovant de couche d’émission à haute efficacité énergétique avec des concepts à découplage de lumière. Selon les auteurs, cette découverte confirme l’aspect révolutionnaire des OLED et en fait des dispositifs idéaux pour les applications d’éclairage conventionnel.

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Des bactéries modèles pour les cellules solaires

Les bactéries vertes sulfureuses sont des bactéries qui se développent dans des conditions de luminosité extrêmement faible. Elles sont pourvues d’organites appelés chlorosomes qui abritent des centaines de milliers de bactériochlorophylles, des pigments photosynthétiques, et qui forment des antennes efficaces pour capter l’énergie lumineuse et synthétiser de la matière organique via le processus de photosynthèse.

Si les mécanismes des antennes captant la lumière dans certains organismes photosynthétiques sont relativement bien connus, les connaissances concernant la structure des chlorosomes restent, elles, plutôt restreintes. Dans une étude publiée dans l’édition en ligne de la revue PNAS, une équipe internationale de chercheurs coordonnée par l’université de Leiden (NL) révèle que, au sein du chlorosome, les bactériochloro phylles s’assemblent en cylindres coaxiaux pour former des structures en forme de tubes.

Les scientifiques sont parvenus à observer cet «emboîtement» des pigments photosynthétiques grâce à des manipulations génétiques et à deux techniques de bio- imagerie sophistiquées: la microscopie cryoélectronique et la résonance magnétique nucléaire. Cette structure en tubes concentriques serait à la base du captage efficace et ultrarapide de la lumière. Selon les auteurs, les chlorosomes constituent un modèle intéressant à suivre en raison de leur composition simple et de leur capacité à bien fonctionner dans des conditions de faible lumière. Cette découverte pourrait notamment permettre de développer des structures similaires pour les cellules solaires qui transforment l’éner gie du Soleil en énergie chimique.

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L'hormone du bonheur, essentielle mais pas vitale

Une étude publiée dans la revue PNAS et menée par une équipe de chercheurs du projet FUNGENES (Functional genomics in engineered ES cells) livre de nouvelles informations sur le rôle de la sérotonine, souvent qualifiée d’«hormone du bonheur ». La sérotonine est synthétisée à partir de l’enzyme tryptophane hydroxylase (TPH). Celle-ci peut prendre deux formes, TPH1, responsable de la production de sérotonine en dehors du système nerveux central (SNC), et TPH2, à l’origine de la production de sérotonine au sein du SNC.

Les chercheurs ont supprimé le gène responsable de la production de TPH2 sur un groupe de souris. Ils ont constaté que celles-ci ne produisaient quasi plus de sérotonine, confirmant que TPH2 était bel et bien la principale enzyme responsable de la production de l’hormone. D’une part, ils ont observé que les rongeurs atteignaient l’âge adulte, étaient fertiles, et que les femelles pouvaient produire du lait, mais d’autre part, ils ont remarqué qu’ils développaient plusieurs troubles: perturbation de la croissance postnatale, altération du sommeil et difficultés respiratoires et cardiaques. Les souris adoptaient également des comportements plus agressifs accompagnés d’une tendance à manger leurs petits. Des observations qui vont dans le sens de l’hypothèse selon laquelle l’agressivité est liée à une faible activité sérotoninergique.

L’étude conclut que «la sérotonine dérivée de TPH2 est impliquée dans la régulation du comportement et des voies végétatives, mais n’est pas essentielle pour la vie adulte.»

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Le grand retour de la télé éducative

L’apprentissage interactif connaît un succès croissant, mais ne touche pas encore un vaste public. C’est pour y remédier que l’Union a financé le projet ELU (Enhanced Learning Unlimited). Il vise à étendre les avantages de ce type d’apprentissage à de nombreuses personnes, notamment dans les nouveaux pays membres. Ce n’est pas sur Internet, comme on aurait pu s’y attendre, mais sur la télévision que l’équipe de recherche a jeté son dévolu. Pour remettre au goût du jour son potentiel didactique indéniable, les chercheurs ont développé des programmes de télévision numérique interactive (iDTV).

Outre six modules de «t-learning» prêts à l’emploi, ils ont conçu un professeur virtuel et des tests interactifs. Le projet ELU a également débouché sur la création d’un logiciel destiné aux éducateurs, pour leur permettre de créer des cours interactifs complexes à travers une interface visuelle. Le logiciel et les méthodes de cours ont été testés durant 30 mois sur un panel d’utilisateurs composé d’étudiants en MBA, de jeunes écoliers et d’adultes tchèques, lituaniens, lettons, hongrois et slovènes. D’après les résultats, le «t-learning» pourrait compléter efficacement l’apprentissage en ligne et les autres méthodes de diffusion de l’information. Les chercheurs ont annoncé que le logiciel iDTV sera lancé sur le marché et que les personnes chargées de développer le contenu éducatif poursuivront leurs travaux.

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La vitamine anticancer

Plusieurs études épidémiologiques et cliniques ont démontré l’action anti-tumorale de la vitamine D chez les humains, tout comme la susceptibilité plus élevée du cancer du côlon sur les modèles animaux présentant une carence en vitamine D. Toutefois les mécanismes précis de cette action demeuraient un mystère. Une étude publiée dans la revue Journal of clinical investigation et menée par des chercheurs des projets NUCSYS et MICROENVIMET, lève un coin du voile. Il apparaît que la forme D3 de la vitamine D affecte l’activité du gène CST5 des lignées cellulaires du cancer du côlon. Ce gène est responsable de la synthèse de la protéine cystatine D. Les recherches ont révélé que c’est elle qui possédait d’importantes propriétés anti-tumorales.

Les tests in vitro montrent que la cystatine D empêche la croissance des lignées cellulaires du cancer du côlon humain, et les tests in vivo sur des souris arrivent à la même conclusion. À l’inverse, les chercheurs ont constaté que la réduction artificielle de l’activité du gène CST5 inhibait la réaction des cellules à la vitamine D. Les modalités de l’action de la cystatine D sur les cellules malades demeurent toutefois incertaines.

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Deux nouvelles fenêtres sur l'Univers

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a lancé en mai dernier deux nouvelles missions depuis le Centre spatial guyanais de Kourou grâce au lanceur Ariane 5 ECA: Herschel et Planck. Ces deux observatoires équipés de télescopes fonctionnent indépendamment l’un de l’autre et doivent rejoindre leur orbite finale située à 1,5 million de kilomètres de la Terre pour une durée de vie opérationnelle de 3 à 4 ans pour Herschel et de 15 mois pour Planck, période au cours de laquelle ils permettront d’obtenir des détails sur le cosmos comme jamais auparavant.

Le télescope de l’observatoire Herschel, muni d’un miroir de 3,5 mètres de diamètre et des instruments PACS (Photoconductor Array Camera and Spectrometer), SPIRE (Spectral and Photometric Imaging Recaiver) et HIFI (Heterodyne Instrument for the Far Infrared), est le plus grand télescope conçu pour le spatial.

Il possède une sensibilité inégalée dans un domaine de longueur d’onde inaccessible depuis le sol, puisqu’il peut effectuer des observations astronomiques dans le domaine de l’infrarouge lointain et du submillimétrique, donnant ainsi des informations uniques sur les composants de l’Univers. La mission d’Herschel consiste à étudier la formation des galaxies et des étoiles, la chimie moléculaire liée aux planètes, les comètes et les atmosphères des satellites.

L’observatoire Planck, quant à lui, a été conçu pour mesurer au millième de degré près les fluctuations de température du rayonnement fossile, ou Cosmic Microwave Background (CMB), qui est présent dans tout l’Univers et qui constitue une empreinte directe du «Big Bang».

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Des recherches pour désengorger le ciel

L’Union va injecter 1,9 milliard € dans des recherches visant à éviter l’encombrement du ciel européen. Elles seront menées par l’entreprise commune SESAR (Single European sky air-traffic management research) qui constitue le bras technologique de l’initiative Ciel unique européen (CUE) et qui est financée par la Commission européenne, Eurocontrol (l’organisme européen pour la sécurité de la navigation de l’air) et le secteur aéronautique. Au cours des sept années à venir, l’entreprise financera 295 projets de recherche menés par 16 partenaires européens spécialisés dans les technologies de gestion du trafic aérien (ATM, pour Air Trafic Management), chacun responsable d’un module de travail spécifique.

SESAR débouchera sur la mise en oeuvre progressive d’une nouvelle génération de système européen d’ATM intégré dans le contexte mondial. L’Europe devant faire face au triplement des vols d’ici 2020, le nouveau système se concentrera sur les solutions à court et à long termes contre l’encombrement, ainsi que sur l’amélioration de la sécurité du trafic et la promotion d’un système de transport aérien européen plus en accord avec le développement durable.

Parmi les travaux programmés, on trouve notamment le développement de techniques de gestion de trajectoire et d’optimisation d’itinéraire, le développement d’un Intranet pour la gestion du trafic aérien qui améliorera le partage d’information, ou encore la mise en place d’un «plan évolutif d’exploitation du réseau» qui s’adaptera en temps réel à la situation.

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L'IMI sur les rails

Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Sur les 150 candidatures soumises dans le cadre de l’Initiative médicaments innovants (IMI), quinze ont décroché un financement. Les projets ont été sélectionnés par un comité d’experts indépendants. Huit d’entre eux portent sur toute une gamme d’affections: le diabète, le cancer, la douleur, les problèmes psychiatriques, les maladies neurodégénératrices, l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Trois autres se penchent sur des questions relatives à la sécurité et l’efficacité des médicaments. Enfin, quatre projets touchent à la formation.

L’IMI est l’une des cinq Initiatives technologiques conjointes (ITC) lancées via le 7ème programme- cadre (PC7) de la Commission européenne. Il s’agit d’un partenariat publicprivé qui implique tous les acteurs de la chaîne du médicament: industrie pharmaceutique, petites et moyennes entreprises (PME) innovantes, associations de malades, hôpitaux, agences gouvernementales chargées d’autoriser la mise sur le marché, etc. Ensemble, ils ont élaboré un agenda stratégique de recherche, sur base duquel l’appel à candidatures a été lancé. Chaque recherche sera menée par un consortium d’organismes de recherche et de PME innovantes. Les quinze projets se partageront 246 millions €, dont 110 proviendront du PC7 et 136 de l’industrie pharmaceutique.

Un second appel à propositions devrait être lancé cet automne. Il portera sans doute sur l’oncologie, le diagnostic de maladies infectieuses, les maladies chroniques inflammatoires et la gestion des connaissances.

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Un cadre juridique pour les infrastructures de recherche

La présidence tchèque de l’Union s’est soldée par une décision importante pour l’édification de l’Espace européen de la recherche (EER): l’adoption d’un cadre juridique commun pour la création d’infrastructures de recherche européennes. Des infrastructures qui s’accordaient difficilement avec les législations nationales.

Depuis quelques mois, les négociations, menées par les ministres au sein du Conseil Compétitivité, butaient sur les délicates questions des impôts indirects et de l’exonération de la TVA. Le nouveau cadre impose désormais aux États membres de considérer les infrastructures de recherche comme des organisations internationales. «Le cadre juridique adopté réduit considérablement les charges financières et administratives et clarifie les éléments de droit du fonctionnement des infrastructures européennes de recherche; il permet en même temps une plus grande collaboration entre les scientifiques», a expliqué Miroslava Kopicová, ministre tchèque de l’éducation, de la jeunesse et des sports. «Cet accord est une excellente nouvelle pour la recherche et l’économie de l’Union», a déclaré pour sa part Janez Potočnik, le Commissaire européen de la recherche. «En effet, l’investissement actuel dans la construction d’infrastructures de recherche contribuera considérablement à la relance économique et renforcera notre compétitivité une fois que nous serons sortis de la récession», a-t-il ajouté.


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Des recherches sur la recherche

Suite à la présentation du rapport 2008/2009 sur les statistiques-clés relatives à la science, la technologie et la compétitivité par Janez Potočnik, la Commission va lancer une série d’études qui lui permettront de mieux évaluer les progrès réalisés dans l’édification de l’Espace européen de la recherche (EER). Plus précisément, elles viseront à développer des indicateurs pertinents de la contribution de la recherche à la croissance économique, ainsi que de l’impact des politiques et programmes de recherche sur la compétitivité de l’Europe.

Six thèmes de recherches ont été retenus: les investissements dans les programmes communs de recherche; l’internationalisation des investissements privés dans la R&D; les changements structurels intervenus dans les secteurs touchés par les investissements en R&D; le coût des brevets; le transfert des connaissances, évalué sur la base de données relatives aux brevets et licences; et les indicateurs bibliométriques. Les six études seront indépendantes l’une de l’autre, mais leurs méthodologies et leurs couvertures géographiques devraient idéalement concorder de manière à pouvoir combiner les résultats pour obtenir une vision globale.


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Antibiotiques: appel à la normalisation

«La résistance aux antibiotiques constitue un problème grandissant dans le monde. En 2007, 10 % des Streptococcus pneumonia isolés étaient insensibles à la pénicilline dans 30 pays. (…) La proportion de patients européens se voyant prescrire des antibiotiques par le médecin généraliste pour une infection de la partie inférieure de la trachée varie d’environ 27 % au Pays-Bas à 75 % au Royaume-Uni. Les études montrent que la plupart de ces prescriptions n’aident pas le patient à aller mieux ou à se rétablir plus rapidement.» Elles engendrent ainsi «un gaspillage de ressources, (…) exposent inutilement les patients au risque d’effets secondaires et favorisent le développement d’organismes résistants. C’est pourquoi une meilleure standardisation des pratiques permettrait d’améliorer la qualité des soins de santé.»

Extrait de l’article collectif écrit par les chercheurs du projet GRACE (Genomics to combat resistance against antibiotics in community-acquired lower respiratory tract infections in Europe), et publié dans la revue British Medical Journal (BMJ).

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