Editorial
Communiquer…
En mai 2008, s’inspirant d’expériences canadiennes, 254 élèves d’une école primaire des environs de Strasbourg (FR) ont relevé un défi étonnant: se priver, dix jours durant, de tout écran de télévision, d’ordinateur ou de console de jeu. D’apparence anodine, l’initiative a pourtant laissé des traces. Elle a non seulement réactivé les liens familiaux, mais aussi vivifié le tissu social des familles entre elles. Et les commentaires des participants vont tous dans le même sens: un bien-être accru par une meilleure communication. Que nous rappelle cette anecdote? Que communiquer est de toute évidence une fonction vitale de l’être humain.
On pourra, avec Sartre et d’autres philosophes, digresser à l’infini sur l’angoisse existentielle de l’incommunicabilité de l’être. Ou encore commenter le paradoxe du monde moderne qui voit l’explosion des moyens de communication se corréler dangereusement avec le repli sur soi. Il reste que la communication est un sujet extrêmement grave et préoccupant pour ceux qui en sont tout simplement dépossédés. En inaugurant la première journée mondiale de l’autisme, le 2 avril 2008, l’ONU a voulu sortir du silence ce trouble très répandu qui nous met souvent mal à l’aise.
Lors de la confection du dossier de ce numéro, nous avons pu mesurer à quel point cette affection reste un mystère. Mais les récents efforts de recherche européens, en particulier en génétique, pourraient bientôt aider à le percer.
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