DOSSIER AUTISME

Les mondes intérieurs

© Courtesy of the  Henry Boxer Gallery, London  - www.outsiderart.co.uk Eric Jiani, I have lost everything, aquarelle. Eric Jiani est né à Londres en 1957. Malgré un diagnostic du syndrome d’Asperger, il a fréquenté une école «ordinaire». Il partage son temps entre le Brésil et le Royaume-Uni, donne des cours d’anglais, compose et joue de la guitare, écrit et peint. «Depuis mon enfance, dit-il, j’ai toujours aimé inventer mon propre monde imaginaire qui est à la base de mes créations.» - © Courtesy of the Henry Boxer Gallery, London - www.outsiderart.co.uk

«La bicyclette que j’ai reçue à Noël était jaune et je ne voulais pas la regarder. Du rouge avait été ajouté, ce qui donnait l’impression d’orange. Cela se troublait vers le haut et j’avais l’impression que c’était en feu. Mes couleurs favorites étaient celles que je pouvais distinguer plus facilement que les autres. Je ne pouvais pas non plus voir le bleu clairement car il semblait trop clair et ressemblait à de la glace.»
Darren White, Autism From The Inside, Medical Hypothesis (1987)

«Mon système auditif fonctionne comme un amplificateur au maximum de sa puissance. Mes oreilles se comportent comme un microphone qui ramasse et amplifie le son. J’ai deux choix: je poursuis l’écoute et me laisse envahir par un déluge de sons, ou je me coupe de la source de sons. (…) Je suis incapable de parler au téléphone dans un bureau ou un aéroport bruyant. Si j’essaie d’éliminer les bruits de fond, je détruis la voix au téléphone. (…) Les pires bruits, ce sont les sons très aigus de perceuse. Un bruissement, plus bas, n’a pas d’effet, mais l’explosion d’un pétard me blesse les oreilles.»
Temple Grandin, éthologue, professeur à l’université du Colorado à Fort Collins (US).

«Je n’ai jamais aimé qu’on me prenne et qu’on me cajole. Si on me prenait, je criais comme si j’avais été dans les montagnes russes. Je détestais aussi lorsque mon professeur, Madame Ingham, essayait de me montrer comment tenir correctement mon crayon ou lorsque mes parents essayaient de me faire lacer mes chaussures ou boutonner ma chemise. Ils n’avaient aucune idée à ce moment-là de ce qui m’arrivait. Et puisque je croyais que cela arrivait à tout le monde, je ne l’ai dit à personne. J’ai néanmoins trouvé ces traitements atroces. (…) Je n’aime pas presser mes lèvres sur les cuillères ni sur le verre. Finalement, les choses se sont améliorées mais puisque je croyais que cela arrivait à tout le monde, je n’en ai parlé à personne.»

Darren White


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