En bref

L'air du temps

Cordes et désaccords.

Test effectué au LHC du CERN. ©Cern Test effectué au LHC du CERN.
©Cern

Développée depuis une trentaine d'années, la théorie des cordes tente de regrouper deux piliers de la physique restés indépendants l'un de l'autre - la relativité générale et la mécanique quantique - sous un même principe unificateur: la gravité quantique. Elle implique l'existence d'un univers à 10 ou 11 dimensions constitué de minuscules cordelettes d'énergie dont la vibration donnerait leurs propriétés aux différentes particules. Qui dit théorie, dit débat. Le 6 juin dernier, lors d’une rencontre organisée pour la parution du livre de Lee Smolin, Rien ne va plus en physique, l’échec de la théorie des Cordes,  la Cité des sciences de Paris a été le théâtre d’un affrontement astrophysique sur la question.  D’un côté, Lee Smolin, chercheur à l'Institut Perimeter d'Ontario, pour qui cette «collection de calculs approximatifs» représente un frein à d’autres théories alternatives comme la gravitation quantique à boucles. De l’autre, Thibaut Damour, professeur à l'Institut des hautes études scientifiques de Paris, qui estime que les cordes regorgent tout de même  «de phénomènes vérifiables expérimentalement». Des phénomènes à confirmer lors du lancement du futur grand accélérateur du CERN (LHC), prévu  en 2008.

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Une étoile est morte

Grâce au satellite Swift de la Nasa, une étoile morte aux propriétés inhabituelles vient d’être identifiée non loin de la Terre, dans la constellation Ursa Minor. Il s’agit d’une étoile à neutrons, un astre issu de l’effondrement d’une étoile massive en fin de combustion sous l’effet de sa propre gravité. Si la masse de tels astres, ramassée sur quelques dizaines de kilomètres de diamètre, est trop faible pour engendrer un trou noir, leur densité reste impressionnante: un dé à coudre de leur matière pèserait sur Terre près de 100 tonnes. Repérée par l’équipe de Robert Rutledge de l’Université McGill (Canada),  Calvera - surnommée ainsi en référence au chef malveillant du film Les sept mercenaires - est la huitième étoile à neutrons de type isolé, c’est-à-dire qui n’est pas accompagnée de restes d’une supernova ou de compagnon binaire. Calvera se situe à une distance de 250 à 1000 années-lumière, ce qui fait d’elle l’étoile à neutrons isolée la plus proche de la Terre, et donc un objet idéal pour l’étude des astres de ce type, d’autant que sa luminosité en rayons X est très forte.



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e-dégâts

©Shutterstock ©Shutterstock

DEEE: déchets d’équipements électriques et électroniques. Parmi eux, les produits gris, issus de la bureautique et de l’informatique (écrans, unités centrales, claviers, imprimantes, etc.). Quand on sait qu’un milliard d’ordinateurs seront en service dans le monde dès 2008, la facture globale des e-déchets (20 à 50 millions de tonnes en 2005) s’annonce salée. Rarement collectés ou recyclés, ces DEEE sont généralement incinérés, diffusant ainsi près de 36 tonnes de mercure et 16 tonnes de cadmium dans l’atmosphère (rapport de l’Union européenne). Comme si cela ne suffisait pas, Internet et ses moult serveurs représentent une consommation électrique estimée à 123 térawattheures en 2005, ce qui équivaut à la production d'une quinzaine de centrales nucléaires. Tout en révolutionnant nos modes de vie, la Toile contribue à une facture énergétique de plus de 5 milliards € par an.



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Rouler à l’aluminium

Une équipe de chercheurs de l’Université de Purdue (Indiana, États-Unis) vient de mettre au point un système de pile à combustible au sein de laquelle l’hydrogène est créé par oxydation de l’aluminium, ce qui évite un réservoir d’hydrogène embarqué. Le principe est simple: lorsque l’aluminium entre en contact avec l’eau, l’oxygène de l’eau se combine à lui (réaction d’oxydation) pour former de l’alumine (oxyde d’aluminium). Ce processus libère l’hydrogène de l’eau, lequel est immédiatement récupéré par la pile à combustible pour produire de l’énergie. Mais l’aluminium, dès lors qu’il entre en contact avec de l’oxygène, forme une sorte de peau imperméable. C’est pour pouvoir passer outre cette barrière chimique que les chercheurs préfèrent, à l’aluminium pur, un alliage aluminium-gallium (80-20). Ce dernier composant est relativement cher, mais peut être réutilisé autant de fois que souhaité, vu qu’il ressort intact de la réaction. Quant à l’alumine, elle peut être aisément recyclée en aluminium. Les chercheurs, encore loin d’un appareil commercialisable, envisagent dans un premier temps des applications telles que l’électronique personnelle, les robots ou les fauteuils pour handicapés. Verra-t-on un jour des voitures rouler à l’aluminium?

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Batterie en papier

Diluez de la cellulose (le composant principal du papier) dans une solution saline, puis ajoutez-y une décoction de nanotubes de carbone. Grâce à ce mélange original qui s’auto-organise, vous obtiendrez une feuille de papier qui, une fois imbibée dans un sel de lithium, donnera lieu à un film solide résistant et souple. D’un côté, une surface métallisée (l’électrode positive), de l’autre, une couche de nanotubes (l’électrode négative). Utilité: une batterie ou un condensateur capable de tenir dans un pacemaker ou un appareil électronique. Cette trouvaille d’une équipe de chercheurs du Rensselaer Polytechnic Institute (état de New-York) a déjà fait ses preuves en alimentant un petit ventilateur ou une diode luminescente à raison de 10 milliampères sous 2 volts par gramme de papier. Tolérante à une température oscillant entre -70 et + 150°C, cette batterie à 90% biocompatible pourrait, entre autres, intéresser la médecine car elle est dépourvue d’éléments toxiques. Prochaine étape : la mise au point d’un processus de fabrication industrielle.



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Dictionnaire du X

L’amas de galaxie Coma observé par XMM-Newton. ©ESA L’amas de galaxie Coma observé par XMM-Newton.
©ESA

191 870. C’est le nombre de sources de rayons X répertoriées à ce jour dans l’Univers par XMM-Newton. Ce satellite lancé en 1999 par l’ESA en collaboration avec la Nasa est tout entier dévolu à la recherche de ces sources de rayons X. Parmi elles, des galaxies actives, des trous noirs, des pulsars (étoiles à neutrons)… Ces 191 870 sources de rayons X sont répertoriées dans un catalogue qui vient d’être publié. Comme tout dictionnaire, il s’agit d’une littérature particulièrement indigeste, mais elle n’en demeure pas moins intéressante. En effet, les rayonnements X sont la signature d’événements particulièrement violents se produisant dans l’Univers à des températures très élevées. Connaître la source de ces rayonnements X intéresse donc particulièrement les chercheurs qui veulent en savoir plus sur l’origine des différentes composantes de l’univers.

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Sciences et médias, un couple en question

Dur, dur, pour les scientifiques, de bien se faire comprendre auprès des journalistes. Et c’est pareil pour les journalistes spécialisés vis-à-vis de leur public. Pourtant, ce couple scientifiques-journalistes doit fonctionner en harmonie afin de faire état de la recherche aux niveaux national, européen et international. Une belle occasion de resserrer les liens entre ces deux professions sera donnée au début du mois de décembre prochain à Barcelone. La Commission y organise, en effet, un forum où les uns et les autres pourront débattre en vue d’améliorer la communication du savoir scientifique. La DG Recherche de la Commission en profitera pour révéler les résultats d’études réalisées ces derniers mois sur la perception de la science et du journalisme scientifique, ainsi que de l’Eurobaromètre sur la Recherche dans les médias.



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Cancer: colorez votre assiette

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Radis, airelles, aubergines, raisins noirs, maïs bleu, myrtilles… Autant de fruits et légumes aux couleurs profondes, variant entre le bleu, le rouge et le noir. Des chercheurs de l’Université d’Ohio, aux États-Unis, ont découvert que ces pigments, appelés anthocyanes, avaient des propriétés anticancéreuses, particulièrement pour les cancers de l’intestin et du côlon. Comment? Contrairement aux autres substances, l’anthocyane est difficilement absorbé par le système sanguin lors de la digestion. En revanche, plus loin dans les méandres de la digestion, il semblerait que des échanges se produisent avec les tissus de l’intestin et du côlon. Selon les chercheurs, ce sont ces échanges, dont les mécanismes restent encore flous, qui rendraient la consommation de ces fruits et légumes si bénéfique. Le constat est, en effet, bien là: des expériences sur des cellules humaines et sur des rats ont montré que l’anthocyane pouvait freiner le développement des cellules cancéreuses, voire les détruire.

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ACTUALITÉS EUROPÉENNES

La Russie et l’Europe au chevet de la Volga

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Avec ses 3700 kilomètres, la Volga est le plus long fleuve d’Europe. Son bassin de 1,36 million km² abrite 40% de la population russe, représente 45% du capital industriel de la Russie et 50% de son agriculture. Mais ce bassin est menacé par l’activité humaine qui s’y déploie. Et les risques sont multiples: écologiques, sociaux et économiques. Les activités de pêche épuisent les stocks de poissons. Les pollutions industrielles et liées au trafic fluvial, mais aussi les rejets provenant des zones résidentielles, altèrent la qualité de l’eau. Or celle-ci est nécessaire pour la pérennité de toutes ces activités. Pour couronner le tout, les autorités compétentes éprouvent des difficultés à coordonner leurs efforts en vue d’une gestion intégrée et rationnelle de ce gigantesque bassin. C’est pour remédier à ce problème central que le projet CABRI-Volga a été mis en place, avec un budget d’1,2 million €, essentiellement financé par la Commission européenne. Acteurs de terrain et scientifiques unissent désormais leurs efforts afin d’établir les bases d’une meilleure coopération institutionnelle pour la gestion intégrée et multidisciplinaire du bassin de la Volga. Etant entendu que les résultats de CABRI-Volga pourront être étendus à tous les grands bassins fluviaux d’Europe et de Russie.

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Théâtre de l’EER: plus d’acteurs dans la pièce…

Une démarche trop institutionnelle qui ne prend pas assez en compte l’ensemble des acteurs de la recherche européenne. Voilà la principale critique sur le dernier livre vert consacré à l’EER reprise dans la réponse conjointe de la Fondation européenne de la science (ESF) et l’European Heads of Research Councils (EUROHORC), à la vaste consultation lancée en mai dernier. Bien que l’ESF et EUROHORC applaudissent l’initiative, les deux institutions phare du monde scientifique européen déplorent la trop grande attention portée au rôle de la Commission et des gouvernements nationaux, qui occulte la contribution essentielle fournie tant par les organisations nationales de financement que par les chercheurs. Parce que les modalités d’implantation de l’EER méritent d’être débattues plus en profondeur, l’ESF organise donc ces 28 et 29 novembre, à Strasbourg, une conférence à l’attention des décideurs politiques. Les sujets les plus épineux pour la réalisation de l’EER sont au programme: mise en place des infrastructures de recherche, réforme des comités de lecture, mobilité scientifique et formation des jeunes chercheurs.

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Tsunamis: le contre-la-montre

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Au mois d’août dernier, le système allemand GITEWS (German Tsunami Early Warning System) a su détecter, localiser et mesurer un important tremblement de terre à Java (M=7,6) en 4 minutes 38 secondes. Une telle performance a été possible grâce au programme SeisComP (Seismological Communication Processor), développé par le GFZ de Potsdam. Cette épine dorsale du système d’alerte aux tsunamis de l’Océan indien, permet notamment une analyse interactive des données sismiques et a été sensiblement améliorée (SeisComp3) pour identifier rapidement les séismes potentiellement «tsunamiques». D’ici 2008, le travail conjoint du GFZ Potsdam et de l’Agence géophysique et météorologique de Jakarta devrait déboucher sur le réseau sismologique d’alerte aux tsunamis le plus sophistiqué au monde.



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Générateur façon «nano»

Le laboratoire de physique de la matière condensée et nanostructures de Lyon vient de mettre au point le premier nano-générateur de courant alternatif. Ce système nano-électro-mécanique (NEMS) novateur ne serait plus dépendant d’une source extérieure de courant alternatif (passif) mais totalement autonome et capable d’émettre un signal électrique périodique. Un ingénieux système auto-oscillant composé d’un nano-fil (ou résonateur) de carbure de silicium entouré d’un fil d’entrée du signal électrique et d’un fil de sortie. Ainsi, une tension continue suffisante fait osciller le métal et permet de libérer des électrons et donc générer une charge électrique. En passant de l’échelle du millimètre (systèmes micro-électro-mécaniques ou MEMS) à celle du nanomètre, ce sont six ordres de grandeurs acquis d’un coup, ce qui réduit considérablement la quantité d’électricité consommée. Une invention qui pourrait bien devenir indispensable pour les machines de demain, notamment dans les télécommunications (téléphones portables, wifi,…) et l’automobile (capteurs pour la pression des pneus, radars de proximité) où l’on a souvent besoin de signaux variables à des fréquences de l’ordre du gigahertz.



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Avant le déluge

Incendies, sécheresses ou au contraire inondations et tempêtes, conséquences probables du changement climatique, menacent partout en Europe le patrimoine architectural. Afin d’évaluer les risques et les actions possibles pour protéger notre héritage culturel, des instituts de recherche et universités de sept pays européens ont uni leurs efforts dans le projet Arche de Noé (Noah’s Ark). Les résultats ont été présentés en mai 2007 avec un «Atlas européen de vulnérabilité», où sont répertoriés les sites historiques et les risques qu’ils encourent. Les chercheurs ont aussi élaboré un guide à l’attention des décideurs, pour les aider à identifier les mesures de protection les plus adaptées.

Noah’s Ark a identifié les facteurs jouant un grand rôle dans la dégradation du patrimoine bâti: températures, rayonnements solaires, vents charriant de la poussière, cycles gel/dégel, précipitations (dont les pluies «horizontales» dues aux bourrasques), acidité des pluies, taux d’humidité, infiltration des eaux, niveau des mers, etc. C’est en intégrant ces paramètres dans un système de modélisation informatique, en les combinant avec d’autres (différents matériaux de construction, ancienneté du bâtiment, etc.), et en utilisant les connaissances en physique, chimie et microbiologie, que les chercheurs ont pu réaliser cet Atlas et ce «guide de bonne conduite».

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La mobilité au service des animaux

Le bien-être des animaux du secteur agroalimentaire est un souci d’importance croissante pour les consommateurs de l’Union tandis que la mobilité des chercheurs représente un enjeu majeur pour la création de l’espace européen de la recherche. Le projet européen Welfare quality® a combiné ces deux impératifs lors de l’implantation de l’activité Formation et mobilité destinée aux jeunes chercheurs désireux de compléter une formation relative au bien-être animalier du secteur de l’agroalimentaire. Le programme offre son expertise, essentiellement aux doctorants et post-doctorants, en vue d’encourager l’échange de laborantins entre les instituts européens. Aucun financement n’est directement alloué via ce système, mais le support desk mis en place par l’action peut aider à la recherche d’une bourse auprès des institutions nationales ou européennes. Un coup de pouce bien utile vu la complexité des multiples financements proposés aux étudiants par la Commission européenne.

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Un espoir contre le VIH

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Financé par la Commission européenne depuis 1994, le projet de recherche Eurosida vient d’ouvrir une voie prometteuse pour les personnes atteintes du VIH. Grâce au traitement rétroviral combiné de longue durée (cART, combination antiretroviral therapy), la quantité de cellules immunitaires lymphocytes CD4, en forte baisse chez les patients VIH positifs, devrait augmenter sensiblement et atteindre un niveau similaire à celui des personnes non atteintes. Selon une étude menée durant cinq ans par le Royal Free Centre for HIV Medicine et les Royal Free and University College London Medical Schools, ce traitement permettrait une normalisation du compte de CD4 dans le sang des patients infectés en maintenant une inhibition virale pendant une durée suffisamment longue. Ces résultats sont d’autant plus favorables lorsque le compte initial de CD4 est faible (200 cellules par microlitre de sang).



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Le «cannabis du cerveau» connecte les neurones

Notre cerveau sécrète naturellement des molécules semblables au tétrahydrocannabinol (THC), la substance active du cannabis. A l’instar du THC, les molécules endocannabinoïdes se fixent au récepteur CB1 des cellules nerveuses. Selon une étude euro-américaine partiellement financée par l’Union européenne, ce «cannabis du cerveau» joue un rôle significatif lors de la formation des connexions neuronales: il régit la connexion des neurones au cours du développement fœtal, en guidant les axones vers la cellule nerveuse appropriée. Un rôle que ne peut jouer le THC, au contraire: les chercheurs pensent que la consommation de cannabis au cours de la grossesse inhibe ce processus naturel. Les conséquences possibles sur le nourrisson en sont multiples: désordres cognitifs, déficit de concentration, hyperactivité et problèmes d’interactions sociales. Décidément, le vrai cannabis, lui, déconnecte.



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Enfants-cyborgs humanisants

Le copain Kaspar. ©Adaptive Systems Research Group Le copain Kaspar
©Adaptive Systems Research Group

Le jeu, source d’apprentissage communicationnel, peut devenir un facteur d’isolement chez les enfants handicapés. Pour pallier ces difficultés, le projet Iromec (Interactive Robotic Social Mediators as Companions) financé par le 6ème programme-cadre de la Commission européenne, réunit des experts en pédagogie, psychologie, TIC et robotique pour développer des robots à l’apparence et au comportement d’enfants. Il s’agit de mieux comprendre l’effet de l’agencement et des subtilités sensorielles du corps humain sur le développement cognitif de l’individu. Initié en novembre 2006 et d’une durée de trois ans, Iromec mène en partie des recherches sur les enfants autistes, lesquels peinent à assimiler les expressions humaines, trop souvent surchargées d’informations et source de confusion. Par exemple, la famille de cyborgs Kaspar, mis au point par le projet européen RobotCub, a été étudiée par les chercheurs d’Iromec comme outil thérapeutique et éducatif pour les autistes. Doté de petites caméras et d’un visage mobile en silicone, Kaspar exprime le plus simplement possible des émotions ou gestes classiques comme la joie, la peine, un clin d’œil. Rassuré par ce compagnon, l’enfant se joint plus facilement aux autres et apprend à développer de fortes aptitudes sociales.

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La science reste macho…

Lancée le 28 mars 2006, la plateforme européenne des femmes scientifiques EPWS (European Platform of Women Scientists) cherche à créer un lien structurel entre les femmes scientifiques et les responsables politiques en insistant sur la nécessité d’inclure la dimension du genre dans les sciences et d’assurer la transparence dans les politiques d’embauche. Selon un bilan dressé en septembre dernier par Maren A. Jochimsen, secrétaire général de l’EPWS, les femmes représentent 50 % des étudiants et 43% des doctorants européens. Pourtant, seulement 15% d’entre elles trouvent leur place dans les organes de prise de décision (doyen, directeur d’instituts, etc.). Pour Maren A. Jochimsen, ce potentiel de femmes scientifiques hautement qualifiées et laissées de côté pourrait aider à recruter les quelque 700 000 chercheurs dont l’UE a besoin pour atteindre les objectifs de Lisbonne.

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…mais s’améliore

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La Fondation européenne de la science (European science foundation – ESF), qui regroupe 75 organisations scientifiques de 30 pays européens, a pour objectif de promouvoir la recherche scientifique et d'améliorer la coopération européenne et la mutualisation des moyens en ce domaine. Elle émet des avis sur des questions scientifiques stratégiques et encourage la mobilité des chercheurs. Un véritable défi, au vu des faiblesses notoires en matière de collaboration et de plate-forme commune de notre continent fragmenté. Dès le 1er janvier 2008, l’ESF placera à la tête de son organe exécutif une personnalité finlandaise au CV impressionnant: vice-recteur pour la recherche et la formation doctorale à l’université d’Helsinki, professeur de biochimie appliquée et de biologie moléculaire, membre du conseil national finlandais de la politique scientifique et technologique. Nom: Marja Makarow. Signe particulier: première femme à prendre la tête de l’ESF depuis sa création il y a 33 ans.



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L’eau douce fait le mur

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Parce que les nappes aquifères sont envahies par l’eau de mer, l'eau douce devient impropre à la consommation, et le problème de la ressource des zones côtières se pose.. Selon le professeur José Benavente, de l’Institut de l’Eau (université de Grenade), 60% des nappes aquifères sur les côtes espagnoles sont victimes de ce phénomène. En cause? Une surexploitation évidente des réserves naturelles d’eau douce. On peut prévenir ces problèmes de salinisation, en réduisant par exemple les quantités d’eau pompées, afin de limiter l'infiltration de la nappe par l'eau de mer. Mais une nouvelle technique est actuellement testée dans plusieurs régions (Espagne, Californie,…) et semble faire ses preuves: il s’agirait de réinjecter , à l’intérieur même des nappes menacées, les eaux usées issues des activités humaines, et préalablement purifiées. Celles-ci formeraient ainsi un véritable «mur hydraulique» qui empêcherait l’eau de mer de s’infiltrer.



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Nano-responsabilité

Les nanosciences et nanotechnologies (NST) sont-elles innocentes? À l‘affût de toutes les possibilités d’études, manipulations et fabrication de matériaux à l’échelle du nanomètre (nm), ces sciences émergentes du 21ème siècle soulèvent des inquiétudes en matière d’éthique et de sécurité. Les nanoparticules dépassent, en effet, nos limites biologiques naturelles et permettent d’entrevoir la connexion de créatures vivantes à des matériaux et systèmes artificiels. Ce qui soulève la question de la gestion responsable et du contrôle des nanosciences. Pour avancer dans ce débat, la Commission vient de lancer une consultation dans tous les États-membres, avec en ligne de mire un Code de conduite garantissant l’innocuité des nanotechnologies. Selon Janez Potocnik, Commissaire européen chargé de la science et de la recherche, il est fondamental de bien encadrer l’utilisation de ces nouvelles technologies dont le marché représentera 110 milliards € en 2010.

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Le parasite de la malaria désactive ses propres gènes

Plasmodium falciparum, hématozoaire responsable du paludisme. ©G.Doerig/Inserm Plasmodium falciparum, hématozoaire responsable du paludisme.
©G.Doerig/Inserm

Un nouveau mécanisme d’infection de la malaria vient d’être dévoilé par une équipe de chercheurs anglais et espagnols. L’étude, partiellement financée par le réseau d’excellence européen BioMalPal, a permis de mettre en évidence la manière dont Plasmodium falciparum, le parasite intervenant dans environ 80% des cas de paludisme, est capable d’inhiber la synthèse d’au moins 7 protéines en désactivant ses gènes correspondants. Le phénomène a été détecté lors du second stade de l’infection, au cours duquel le parasite transite du foie vers les cellules sanguines sous forme de mérozoïtes. C’est à ce moment, avant de pénétrer les globules rouges et poursuivre son cycle de vie, qu’il est le plus vulnérable, car directement exposé aux anticorps de l’hôte et à l’action potentielle des vaccins. Ceux-ci se fondant sur un seul antigène, et donc une seule protéine, il convient de ne pas cibler celles que le parasite active ou désactive à sa guise.



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Cruauté naturelle

L'étouffement d'un frelon par des abeilles. © Emmanouil Filippou/CNRS 2007 L'étouffement d'un frelon par des abeilles.
© Emmanouil Filippou/CNRS 2007

L’abeille a un prédateur particulièrement vorace: le frelon. A Chypre, celui-ci est à l’origine de véritables carnages, décimant des ruches entières, et réduisant à rien la production des apiculteurs. Que faire? Laisser la nature agir, peut-être. Des chercheurs grecs et français viennent, en effet, de découvrir une nouvelle technique que les abeilles domestiques chypriotes utilisent pour se défendre. Elles étouffent le frelon, en s’agglutinant par dizaines ─ de 150 à 300 ─ autour de lui. Elles immobilisent ainsi son abdomen et maintiennent fermées les opercules qui recouvrent les minuscules orifices respiratoires abdominaux. Les scientifiques pensaient tout d’abord au «thermo-balling», une technique observée chez des abeilles asiatiques qui s’agglutinent aussi par dizaines autour de l’agresseur et font ainsi augmenter la température au-delà de 50 degrés, ce qui le tue. Mais cette température est aussi létale pour l’Apis mellifera cypria, l’abeille chypriote. Une autre technique s’imposait donc pour celle-ci.



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Erratum

Une erreur s'est glissée dans l'édition Spécial 7ème programme-cadre de juin 2007. Veuillez nous excuser. Dans le schéma sur les JTI de la page 8, il s’agit de six domaines de recherche, et non de cinq, à savoir: (1) L’hydrogène et les piles à combustible pour les énergies du futur durables; (2) Aéronautique et transport aérien; (3) Surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité (GMES); (4) Vers une approche nanoélectronique; (5) Médecines innovantes pour les citoyens d’Europe; (6) Systèmes informatiques embarqués (ARTEMIS).



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La science à portée de mains

Vinci, unique et multiple

Codex sur le vol des oiseaux. Codex sur le vol des oiseaux.

«…une volonté opiniâtre d'expérimenter et d'effectuer des recherches, de se forger ses propres convictions indépendamment des idées reçues, quelque autorité qu'elles aient, et de se fixer des objectifs à atteindre, puis de les poursuivre avec une rigueur obstinée.» Telles sont les qualités de Leonardo que se plaît à citer Paolo Galluzzi, directeur du musée d'Histoire de la science de Florence. Des qualités exemplaires, selon lui, «pour l'Europe et sa jeunesse».

C'est à Bruxelles que Vinci est mis en scène aujourd'hui. L'exposition se déroule en quatre volets: l'homme, l'artiste, l'ingénieur, l'humaniste. Au chapitre art, on peut notamment découvrir une Marie Madeleine (58 x 45 cm), longtemps attribuée à son élève Giampietrino. Estampillée Vinci depuis peu par un de ses spécialistes, Carlo Pedretti, elle effectue ici sa seconde sortie publique. Dans un tout autre format (8 m de long), les organisateurs ont commandé une Dernière Cène, copie de celle de l'abbaye de Tongerlo (BE), qui est elle-même une réplique de l'original du couvent Santa Maria delle Grazie à Milan. Quant à Leonardo l'ingénieur, il est présent à travers une quarantaine de maquettes réalisées à partir de ses dessins (chariot automobile, hélicoptère, bicyclette, pont tournant, etc.) et via le fameux Codex sur le vol des oiseaux, témoignant des recherches qui l'ont conduit à imaginer de multiples machines volantes.

Des dessins d'autres artistes de la Renaissance, des documents audiovisuels et divers outils pédagogiques viennent éclairer le parcours de cet homme multidimensionnel, toujours en quête d'una cosa bizarra.

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Communiquer en silence

Le «bar» du silence, un des espaces de Schattensprache. © G2 Baraniak - 2007 Le «bar» du silence, un des espaces de Schattensprache.
© G2 Baraniak - 2007

Pendant plus d'une heure, les visiteurs ne disent rien. Ils sont guidés par des spécialistes du langage des signes et apprennent petit à petit à communiquer, en participant notamment à des jeux ou des scènes de la vie courante. L'exposition Scenes of silence dure jusqu'au 5 mars 2008 au centre de sciences Heureka (FI) et est installée de façon permanente à la Provianthaus de Rendsburg (DE) sous le titre Schattensprache.

En Finlande, un événement de même nature, Dialogue in the Dark, a eu lieu en 2001. Plongeant les participants dans «l'invisible», il visait à dévoiler l'univers des non voyants. «Ces concepts sont d'autant plus forts qu'ils n'impliquent pas seulement immersion et interactivité, mais entraînent aussi une charge émotionnelle», souligne Mikko Myllykoski, directeur d'Heureka. «Après cette expérience, les visiteurs considèrent l'univers des non voyants ou des malentendants d'une autre manière, en découvrant leur habileté et leurs capacités de perception et de communication. Ce qui est une façon de mieux comprendre la diversité humaine.»



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Etat mondial de la science

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En près de 300 pages de textes concis, de nombreux graphiques et de tableaux, le Rapport de l'Unesco sur la science dresse un état des lieux mondial de la R&D. La dernière étude de ce type datait de 1998 et le paysage planétaire de la recherche a considérablement évolué depuis lors. «Société du savoir», «innovation» et «secteur privé» en sont devenus les maîtres mots. Sans compter que la science change aussi d'ancrage géographique sur l'échiquier de la mondialisation.

En 2002, 1,7% des dépenses mondiales du PIB était consacré à la R&D. La DIRD (dépense intérieure brute de R&D) diminuait en Amérique du Nord (37% de la part mondiale cette année-là contre 38,2% en 1997) et en Europe (27,3% contre 28,8%), alors que l'Asie bondissait de 27,7% à 31,5%. Encore faut-il affiner la géographie: aux USA, six Etats réalisent 60% de la R&D totale – dont un tiers pour la Californie. Si l'Asie a pour leaders le Japon, la Chine et l'Inde, il lui faut également compter avec la Corée du Sud, Singapour et Taiwan. L'Amérique latine fait du surplace tandis que l'Afrique (hormis l'Afrique du Sud) demeure au plus bas de l'échelle de façon particulièrement préoccupante.

Mais les chiffres masquent d'autres réalités. Ainsi la Russie se situe au 3ème rang mondial du nombre de chercheurs per capita (3400 pour 1 million d'habitants), mais les dépenses qui leur sont consacrées sont faibles et leurs conditions de travail médiocres. Si l'UE dépasse quantitativement les États-Unis en termes d'articles scientifiques publiés, le nombre de citations et les parutions dans des publications scientifiques influentes sont toujours l'apanage des USA. Les nations en développement comptent pour 22% dans la DIRD mondiale mais ne représentent que 10% des brevets délivrés ou demandés dans le monde – un pays comme la Chine n'atteignant que 0,5%.

Le rapport analyse également la dynamique de l'innovation symbolisée par la «triple hélice»: coopération entre entreprises, institutions du savoir et organismes gouvernementaux. Le financement de la R&D par le secteur privé est de plus en plus marqué, particulièrement aux USA et au Japon. Au sein de l'UE, cette proportion représente à peine plus de la moitié de la moyenne de 1,81% du PIB dépensée pour la R&D dans les États membres – et l'Union s'est fixé pour cible de consacrer 3% du PIB à la R&D d'ici 2010.

Si l'on en croit Peter Tindemans, expert néerlandais auteur de l'introduction du rapport, l'un des problèmes les plus criants pour les pouvoirs publics, dont l'engagement financier se réduit, reste cependant l'exode des cerveaux, susceptible d'accentuer les déséquilibres. «C'est un facteur qui doit les inciter à renforcer les universités, à façonner un environnement favorable à l'entreprise privée, à supprimer les réglementations étouffantes et à édifier une société ouverte.»

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Bêtes et Hommes

Nick Brandt, Exode des éléphants II, Amboseli, 2004 Nick Brandt, Exode des éléphants II, Amboseli, 2004

Les relations homme-animal, souvent déconcertantes, sont présentées sous la verrière de La Grande Halle de la Villette (Paris), à travers un parcours dans un espace de 3500 m2. Imaginé par l'architecte Patrick Bouchain, ce trajet évoque les idées de tanières, de refuges et d'abris. Ambiance pour quatre thèmes: «les animaux transforment les humains», «l'animal est un étranger pour l'homme», «les animaux ont un métier», «les animaux imposent des choix».

Cet angle de vue original est signé Vinciane Despret, professeur à l'université de Liège (BE). Passionnée d'éthologie, celle-ci s'est proposée d'explorer «des situations dans lesquelles animaux humains et animaux non-humains se sont transformés mutuellement, se sont affectés, ont échangé des propositions et modifié leurs relations.» Ce qui pose de multiples questions: réimplantation des ours dans des montagnes habitées, conditions de vie dans les cirques et les zoos, conception de l'élevage et de la diversité des races, manière dont nous admettons le miroir que nous tendent les grands singes…

Bêtes et Hommes interpelle. On pense à Witold Gombrowicz, parlant dans son journal de sa «rencontre» avec une vache: «sa vachéité surprit à ce point mon humanité – il y eut une telle tension dans l'instant où nos regards se croisèrent – que je me sentis confus en tant qu'homme, en tant que membre de l'espèce humaine.» Ici, point de vache posant question mais quelques animaux «en résidence» (iguanes, outardes, corneilles, vautours…), blessés et soignés par l'homme. Le parcours propose également des œuvres d'une centaine d'artistes contemporains qui ont travaillé sur le concept de l'animalité.

L'exposition est complétée par des colloques et des ateliers, ainsi que par un très beau livre-catalogue signé Vinciane Despret (éd. Gallimard).

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Initiatives

University Bodleian  Library Oxford (UK). © Shutterstock University Bodleian Library Oxford (UK)
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Ricerca italiana, le site officiel de la recherche publique italienne, lance un espace Communicar la scienza sur son site. Ceux qui jonglent avec la langue de Dante peuvent «tout savoir» sur l'avancement des projets, les résultats et les programmes qui dépendent de cet organisme.

www.ricercaitaliana.it/

 

Un concours d'idées est lancé par l'université de Provence. Thème: la désaffection de la jeunesse pour les études scientifiques fondamentales. Les participants sont invités à en analyser les causes, les conséquences, et donner leur avis sur des remèdes éventuels.

www.up.univ-mrs.fr/

 

Le portail du patrimoine, multilingue, permet de naviguer à travers les musées (notamment des sciences), bibliothèques, archives, etc. pour découvrir les collections qu'ils recèlent, avec lien direct à leur site. Les données concernent actuellement l'Italie, le Royaume-Uni et la France.

www.michael-culture.org/fr/home/



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Coin pédagogique

Eternuement et soleil

©Shutterstock ©Shutterstock

Etes-vous affectés par le réflexe photo-sternutatoire? Pour le savoir, un geste suffit. Un jour de beau temps, sortez d’un endroit obscur et fixez le soleil: si vous êtes soudainement frappé par une crise d’éternuement, vous faites partie des 11 à 36% de la population mondiale atteinte par ce mystérieux réflexe. Selon la majeure partie des études entreprises sur le sujet, cette caractéristique, également désignée sous le nom plus ludique de syndrome ACHOO, rétro-acronyme de Autosomal dominant Compelling Helio-Ophthalmic Outburst, résulterait d’une mutation génétique. De nombreux experts s’accordent sur cette théorie car le réflexe photo-sternutatoire semble toucher les membres d’une même famille. Aucune certitude cependant, car le gène responsable n’a jamais pu être identifié. La caractéristique pourrait donc tout aussi bien être acquise.

Comment la lumière peut-elle induire un tel réflexe? Si la littérature scientifique avance plusieurs hypothèses, celle des câbles croisés prévaut largement. Selon cette théorie, l’anomalie résulterait du défaut de transmission d’un message au sein du ganglion du nerf trijumeau, un grand centre nerveux crânien responsable notamment des sensations faciales et de l’éternuement. Le nerf trijumeau se divise en trois parties distinctes: le nerf ophtalmique, le nerf maxillaire supérieur et le nerf mandibulaire. Une brusque variation de la luminosité provoquerait une telle stimulation de la branche ophtalmique que le ganglion trigéminal répondrait à ce message comme s’il provenait de la branche maxillaire supérieure. Et vu que cette dernière est responsable de la transmission du message ‘irritation de la muqueuse nasale’, la réaction entraîne un brusque accès d’éternuement. A vos souhaits…


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Jeunes chercheurs

Bruno, 33 ans, biologiste

Bruno Danis dans l’Antarctique. Bruno Danis dans l’Antarctique

1er avril 2004: nous nous dirigeons vers le Nord, repassant le mythique 60ème parallèle sud... Le Polarstern, brise-glace d'expédition polaire, pousse ses 118 m et 17 000 tonnes vers le Chili, après avoir parcouru 8600 miles dans l'Océan Austral.

Point sur le passé. Qu'est-ce qui m'a poussé à tout quitter à l’époque? L'Antarctique m'a toujours attiré. Quand on baigne dans les documents de Cousteau depuis le berceau, qu'on passe son adolescence à grimper dans les montagnes puis à parcourir le monde avec un sac à dos et cinq sous en poche, c'est ce qui arrive. Je suis devenu biologiste, car cette science s'intéresse à la vie. Après une thèse sur l'écotoxicologie marine, durant laquelle j'ai pu mesurer à quel point l'activité humaine affecte la vie, on m'a offert l'opportunité de me lancer dans un défi très ambitieux: SCAR-MarBIN, une structure donnant accès à tous, gratuitement, aux données sur la biodiversité marine antarctique. Ces données étaient alors éparpillées, mal structurées, incomplètes, donc inutilisables. Avant de commencer ce projet, j'embarque pour trois mois d'expédition qui me permettront de garder un pied dans la réalité de la recherche et des difficultés particulières que rencontrent les scientifiques polaires.

Point sur le présent. SCAR-MarBIN offre l'accès à 500 000 enregistrements, issus de 50 bases de données réparties dans 16 pays. 2000 internautes visitent le site chaque mois. Le projet constitue une des plus importantes initiatives mondiales sur la biodiversité, les processus de conservation et de gestion de l'environnement antarctique.

Point sur le futur. Nous traversons une période d’extinction massive des espèces et notre système économique part du postulat que la biodiversité, sur laquelle il repose largement, est inépuisable. Les organismes antarctiques, adaptés à un milieu extrême mais stable, subiront les effets du réchauffement le plus rapide de la planète. On peut soit attendre que ça arrive, soit faire quelque chose. Je ne veux pas qu'un jour mes enfants me demandent: «et toi, qu'as-tu fait?».

Bruno Danis
coordinateur scientifique du réseau SCAR-MarBIN

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