En bref

L' air du temps

Sur le front des glaces

Partout dans le monde, les glaciers reculent, mais le Mont-Blanc fait de la résistance. Selon une étude du CNRS (Centre national de la recherche scientifique – FR), les petites calottes glaciaires du sommet de l'Europe et d'un de ses contreforts, le Dôme du Goûter, dans les Alpes françaises, ne subissent pas (encore?) l'impact de toutes les observations de réchauffement de la dernière décennie. A plus de 4200 mètres, les températures y sont toujours négatives – sauf canicule exceptionnelle, comme celle de 2003. Les données recueillies depuis 1993 montrent l'absence de variation de la masse des deux glaciers, mesurée par la vitesse de la déformation à la base du glacier (sous son propre poids) et le taux d'accumulation de neige à sa partie supérieure. Les données météorologiques enregistrées depuis 1923 par la station de Chamonix permettent, en outre de calculer le taux d'accumulation de neige au cours du 20ème siècle, qui s'avère quasi constant. L'analyse d'anciennes cartes topographiques confirme, par ailleurs, cette hypothèse.

Ce diagnostic "à contre-courant" n'est cependant qu'une note égarée au sein d'un flot désormais incessant de recherches confirmant la fonte des glaciers partout dans le monde. En particulier, dans la grande forteresse himalayenne, située à une latitude tropicale (de 25° à 35°N) ou encore dans l'immense stock de glace arctique formé par la calotte continentale du Groenland. Il existe aujourd'hui un large faisceau de preuves admises que l'accélération de la fonte superficielle de cette dernière, au cours des 25 dernières années, est deux fois plus importante que ne l'estimaient les études antérieures. Parmi les constats les plus récents, des chercheurs du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble (FR) et de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve (BE) viennent ainsi de montrer que, entre 1979 et 2005, la surface superficielle du Groenland touchée par la fonte due à au moins un jour par an s'est accrue de 42 %, tandis que la température moyenne d'été augmentait de 2,4°C. Le phénomène est surtout plus marqué au nord de l'île, et cela à plus de 1500 mètres d'altitude.


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Moins d'expérimentation animale?

Cinq nouveaux tests in vitro destinés à remplacer l'expérimentation animale pour vérifier la toxicité des cosmétiques et des substances chimiques ont été validés début avril par le CEVMA (Centre européen pour la validation de méthodes alternatives) qu'abrite la Commission européenne (Centre commun de recherche).

EpiDerm® et EPISKIN® sont conçus pour tester l'irritabilité cutanée de certains produits. Ils reproduisent les propriétés de la peau à partir de cellules humaines cultivées in vitro. BCOP (Bovine Cornal Opacity & Permeability) et ICE (Isolated Chicken Eye) concernent le dépistage d'irritants oculaires à partir de tissus récupérés dans les abattoirs. Ces quatre méthodes pourraient remplacer les techniques traditionnelles nécessitant l'utilisation de lapins vivants.

Enfin, rLLNA (reduced Local Lymph Node Assay) permettrait d'épargner 50% des souris utilisées lors des tests relatifs aux allergies cutanées.

Ces nouvelles techniques, développées par des chercheurs européens et américains, doivent encore être passées au crible par les autorités de réglementation européennes. Une directive de l'Union préconise l'interdiction totale des tests de cosmétiques sur les animaux d'ici 2009.

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Topo-Iberia, la géologie en réseau

Une centaine de chercheurs espagnols viennent de former le réseau Topo-Iberia. Géologues, géophysiciens, spécialisés dans la géodésie et la géothechnologie, ils veulent allier leurs différentes spécialités pour étudier le sous-sol profond. L'étude des processus géologiques leur semble trop souvent négligée, alors que ceux-ci ont des effets très divers "en surface" – de la transformation des reliefs au changement climatique, en passant bien évidemment par le déclenchement de catastrophes naturelles.

80 stations sismiques vont être établies, distantes d'une cinquantaine de km, afin de couvrir l'ensemble du pays de manière homogène et synchronisée. "Nous fournirons de meilleurs modèles pour la structure de la lithosphère à partir de la séismicité naturelle, de la localisation des tremblements de terre et de la mesure des mouvements de la péninsule ibérique", explique Gonzalez Lodeiro, de l'université de Grenade, coordinateur du projet. Cela nous permettra d'obtenir une importante base de données fiables sur ce micro-continent." Topo Iberia entrera ainsi dans le cour des grands de sa spécialité, et devrait collaborer avec d'autres regroupements similaires, comme TopoEurope, EuroArray et le programme américain Earthscope.


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Des zygomycètes pour l'environnement

En travaillant sur la faculté des champignons à produire de l'éthanol, des chercheurs de l'université de Boras (SE), emmenés par Mohammad Taherzadeh, ont fait deux découvertes écologiques notables. Etudiant les zygomycètes, ils se sont aperçus que ceux-ci produisent de l'alcool éthylique en quantité, à partir de déchets, et sont capables de recycler la lessive de sulfite – élément chimique et polluant servant au blanchiment du papier – en éthanol. En plus, une nouvelle matière antibactérienne et particulièrement absorbante peut être extraite des résidus de la transformation et servir à la fabrication de produits hygiéniques, couches et bandages. Ce matériau a des caractéristiques intéressantes car il peut être composté, et donc générer du biogaz, au lieu du dioxyde de carbone dégagé actuellement par l'incinération des bandages et couches.

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L'océan et le fer

Les océans sont le principal puits de carbone de la planète grâce à deux mécanismes: la pompe physique – les courants et la circulation océaniques –, et la pompe biologique – les déchets et cadavres des organismes marins, dans lesquels du carbone est fixé, et qui descendent naturellement vers les fonds. Or, cette pompe biologique ne fonctionne pas à son potentiel maximal, tournant au ralenti dans certaines régions, notamment dans l'océan austral dont les eaux sont cependant extrêmement riches en sels nutritifs. Diverses campagnes scientifiques ont mis en évidence que les algues souffraient d'une carence de fer. La réponse donnée par des sociétés de géo-ingénierie climatique est de pouvoir remédier à l'augmentation du CO2 atmosphérique par un ajout artificiel de ce minéral.

Que vaut cette hypothèse? Elle est mise à mal par les partenaires de Keops (KErguelen Ocean and Plateau compared Study), qui rassemble 16 laboratoires de recherche européens (FR, BE, NL) et australiens. Ceux-ci ont étudié les eaux du plateau entourant les îles Kerguelen qui connaissent chaque année (les images satellites en font preuve) une floraison estivale très localisée du phytoplancton. Les chercheurs ont mis en évidence que ce phénomène est bien alimenté par un apport continu et naturel de fer, provenant des profondeurs vers les eaux de surface. Comparée aux fertilisations artificielles, il apparaît que l'exportation de carbone vers les profondeurs est au moins deux fois plus importante et qu'elle est obtenue avec des quantités de fer moindres. D'autre part, l'efficacité de la fertilisation (rapport entre la quantité de carbone exportée et la quantité de fer ajoutée) est au moins dix fois plus élevée lorsqu'elle est naturelle. La voie biologique de capture du carbone atmosphérique par l'océan est donc bien plus sensible à l'apport naturel de fer dans l'eau qu'à une addition artificielle.

Par ailleurs, les travaux de Keops ouvrent également des perspectives dans les études du paléoclimat, du changement climatique.


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Vers un blocage des métastases?

Des chercheurs allemands et portugais ont ouvert une voie potentielle pour enrayer la "motilité cellulaire" (appellation désignant la faculté de mouvement spontané et indépendant des cellules) qui est à la base de la propagation des métastases cancéreuses. Ils ont montré que celle-ci pourrait être liée à l'activation aberrante d'une molécule identifiée en tant que récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR en anglais). Ils explorent aussi comment l'inhibition d'une telle activation peut permettre aux cellules à motilité chaotique, spécifique des cancers, de revenir un comportement normal. Ces travaux récents sont publiés dans la revue de l'université d'Oxford Human Molecular Genetics.


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Quand les solides respirent

Jusqu'à présent, la respiration était toujours associée à la matière organique, à la matière vivante. Elle est caractérisée par une variation réversible du volume des espèces. Lors de l'inspiration, le poumon humain augmente de 40% de volume. Quant à la matière inorganique, elle est souvent associée à l'idée de rigidité: elle ne se déforme pas, elle ne bouge pas. Des chercheurs de l'Institut Lavoisier (Yvelines - France) ont découvert que la matière hybride (associant des matières organiques aux matières inorganiques) pouvait se déformer de manière réversible. En particulier, ils ont découvert une nouvelle famille de dicarboxylates métalliques trivalents, qui présentent des capacités de respiration impressionnantes, puisque, lorsqu'on les plonge dans un liquide, leur volume peut augmenter jusqu'à 300% ! Déjà, l'on se prend à rêver aux applications futures de ce phénomène, pour le captage de CO2 ou le stockage d'hydrogène, par exemple.


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Actualités de l' EER

Feu vert pour l'IET

Depuis près de deux ans, les discussions sur l'opportunité et les modalités d'établissement d'un nouvel Institut européen de la Technologie (IET) ont donné lieu à un vaste débat qui vient d'aboutir dans la foulée du Sommet européen de juin, sous présidence allemande. En décidant de créer cette nouvelle structure, l'Union entend relever le défi de ce qui est défini comme la réussite du "triangle vertueux de la connaissance", dont les trois côtés sont la qualité avancée de l'enseignement universitaire, l'excellence du monde de la recherche et le dynamisme des entreprises innovantes. La réunion de ces trois composantes au sein d'une institution européenne commune, dotée d'une masse critique imposante, doit combler un vide qui handicape l'Europe sur le terrain des grandes avancées technologiques interdisciplinaires en mouvement partout dans le monde – que ce soit au niveau des technologies de l'information, des bio- et des nanotechnologies, de l'énergie, etc.

Formule entièrement nouvelle, l'IET ne se traduira pas, sur le plan concret, par la création d'un quelconque supercampus unique ou de quelques "vallées" géographiquement concentrées. Il s'appuiera sur la constitution opérationnelle et financière de diverses Communautés de connaissance et d'innovation (CCI) dans lesquelles des universités, des organismes de recherche, des entreprises publiques ou privées, des institutions financières, des collectivités régionales et locales, etc., rassembleront le meilleur des ressources humaines et matérielles européennes en vue de la réalisation conjointe de programmes d'innovation de pointe à forte visibilité. Le concept est désormais sur les rails. Les premières CCI pilotes pourraient être lancées vers 2010-2011.


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Nouveau guichet "risque" à la BEI

Les chercheurs et les financiers partagent le goût du risque, mais pas avec les mêmes angles d'attaque. Leur point de vue s'est rapproché grâce à la création des sociétés de capital-risque, en vogue depuis les années '80. Cette forme de financement des entreprises pointues et spécifiques a permis la percée de nombreuses innovations nées de la recherche. Ceci ne signifie pas pour autant que les dites sociétés sont à même de financer toutes les risques intrinsèques à "l'échelle de Richter" de la R&D. Certains domaines à haute incertitude restent donc hors circuits des normes financières admises dans cette bulle particulière.

En juin dernier, la Commission et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont souhaité tenter de combler ce chaînon manquant en signant un accord de coopération créant un nouveau mécanisme de financement du partage des risques (MFPR). Grâce à cet instrument, inscrit au septième programme-cadre, la Commission apportera sa caution partielle aux financements supportés par la BEI lorsque celle-ci soutiendra des projets liés à des activités de recherche aux résultats "non garantis". L'enveloppe commune ouverte par l'Union et la Banque européenne s'élève à un milliard d'euros. Un chiffre qui devrait entraîner un effet boule de neige pour débloquer des crédits supplémentaires.

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Initiatives technologiques, avanti…

Elles s'appellent Artemis, IMI, Clean Sky, et Eniac. La Commission a adopté les quatre premières propositions d'Initiatives Technologiques Conjointes (ITC), ces nouvelles formes de partenariats destinées à renforcer la synchronisation des efforts de l'industrie, des Etats membres et de la Commission dans de vastes domaines de recherche déterminants pour la compétitivité et la qualité de vie en Europe. Lancées en mai, Artemis concerne le développement des systèmes "embarqués" tandis qu'IMI (Initiative sur les médicaments innovants) vise à relancer la recherche pharmaceutique européenne – un secteur qui subit de nombreuses délocalisations. Au sommet européen de juin, à Bruxelles, se sont ajoutées les annonces de l'ITC Clean Sky, un programme présenté par le secteur de l'aéronautique, et de l'Eniac (European Nanoelectronics Initiative Advisory Council), dans le domaine de la nanopuces.

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Premier succès pour le CER

La communauté scientifique a massivement répondu au premier appel à propositions du Conseil Européen de la Recherche (CER). Pas moins de 9 167 projets seront décortiqués par les groupes d'évaluation du Conseil. Les critères de sélection portent uniquement sur la qualité scientifique, indépendamment de la nationalité ou de l'orientation de travail du chercheur. Afin d'accroître la compétitivité des infrastructures européennes, les recherches financées par le CER seront impérativement effectuées en collaboration avec une institution hôte située en Europe ou dans un des pays associés.

Pour rappel, le Conseil a été implanté en décembre 2006. Il dispose de plus de 7 milliards € alloués, dans le cadre du FP7, pour promouvoir la recherche fondamentale en Europe. Ce premier appel d'offre, clôturé fin avril, visait les jeunes doctorants indépendants récemment diplômés. Au cours de l'automne 2007, un autre appel s'adressera aux chercheurs confirmés.


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En savoir plus sur les protéines

Fin avril 2007, la Novo Nordisk Foundation, une fondation danoise privée, faisait don d'un chèque de 80 millions € à l'université de Copenhague. Objectif: créer un centre de pointe dans la recherche sur les protéines. Cet investissement, historique dans ce pays, devrait bénéficier à tous les chercheurs en sciences biomédicales – pas seulement nationaux.

A partir de 2008, une centaine de scientifiques approfondiront, grâce à cet apport, leurs travaux sur les protéines du corps humain et leur implication dans le développement d'une série de maladies (notamment le cancer, la maladie d'Alzheimer, le diabète ou l'obésité). La doyenne de la faculté des Sciences de la santé de l'université de Copenhague voit dans ces possibilités de recherche "un rêve qui devient réalité", offrant "l'occasion de découvrir et de développer une médecine nouvelle". Inutile d'ajouter que ces travaux devraient également bénéficier à l'industrie pharmaceutique pour la production de médicaments innovants.


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Robotique et médecine

Altacro est un robot qui marche. Ce n'est sans doute pas le seul de ce type, mais il imite particulièrement bien les mouvements humains. Il a été conçu dans le but spécifique de pouvoir aider les patients handicapés à réapprendre à se déplacer. Cette innovation est signée par l'équipe du Multibody Mechanics Group du departement d'ingénierie mécanique de la Vrije Universiteit Brussel (VUB - BE). Ces chercheurs étudient, depuis les années 90, le développement d'une robotique au service de la médecine. Leurs travaux embrassent des créneaux divers puisqu'un de leurs derniers projets, Anty, est un "robot chien" amical et intelligent qui pourra communiquer avec les enfants subissant une longue hospitalisation (lancement prévu: 2010).

Un article sur ce domaine, parlant notamment du programme MAIA (Mental Augmentation through Determination of Intended Action - www.maia-project.org/) a été publié dans le n° 51 de RDT info (décembre 2006).


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Le soleil, purificateur d'eau

Depuis une dizaine d'années, des populations africaines puisent dans les rivières de l'eau non potable, polluée par les bactéries. Avant de la boire, elles la purifient… au soleil. La technique est simple: l'eau est versée dans des bouteilles en plastique qui sont exposées à ces rayons durant quatre à six heures. Ni chlore, ni filtre, ni ébouillantage. Au final: une sérieuse diminution de maladies, comme le choléra, la dysenterie ou la gastro-entérite.

Pour le docteur Kevin McGuigan, coordinateur du projet Sodiswater, ceci s'explique du fait que les ultraviolets désactivent bon nombre de bactéries et virus dans les cellules, mais cet effet ne dure qu'un ou deux jours.

Pour appliquer ce processus inventif à de très grandes quantités d'eau, les chercheurs ont développé, dans le Sud de l'Espagne, un système capable d'assainir 50 litres d'eau à la fois, sur une période de 90 minutes. Ils veulent démontrer que cette technique de purification est une alternative originale et très peu coûteuse, utilisable notamment dans les populations vulnérables, les camps de réfugiés, ou pour faire face aux besoins urgents en cas de catastrophes naturelles.

Soutenu par l'Union à hauteur de 1,9 million €, ce projet est multidisciplinaire et intercontinental. Neuf centres de recherche y travaillent dans sept pays. Les chercheurs européens appartiennent à des laboratoires irlandais, espagnols, suisses et britanniques. Des études d'évaluation sur la santé sont projetées en Afrique du Sud, au Kenya et au Zimbabwe. Par ailleurs, le gouvernement irlandais mène une étude comparable au Cambodge.

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Quelles biotechnologies pour quelle Europe?

En avril 2007, l'Institut d'études prospectives (IPTS) du Centre commun de recherche de la Commission présentait The Biotechnology for Europe Study, plus simplement dénommée Bio4EU. Cette analyse avait été commandée par l'Union, à la demande du Parlement européen, pour établir un état des lieux des biotechnologies les plus pointues et de l'ingénierie génétique (OGM inclus) dans le contexte des politiques européennes actuelles (stratégie de Lisbonne, Agenda 21, objectifs de développement durable).

En 150 pages, Bio4EU brosse un tableau de l'impact socio-économique et environnemental de ces nouvelles techniques et s'attache à analyser leur rôle dans la médecine et la santé ainsi que dans l'industrie (notamment agro-alimentaire). Ces grands chapitres permettent de passer en revue une foule d'aspects dépendant des biotechnologies "modernes": productivité, croissance, consommation d'énergie, part du secteur privé et des brevets, impact sur la santé animale, contribution au développement durable, etc. "Tout", semble-t-il, est touché par ces nouvelles "fées" qui font aujourd'hui partie intégrante (et apparemment essentielle) de notre économie. Les performances de l'Europe y sont comparées à celles des autres parties du monde. Le rapport est téléchargeable sur le site.


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L'informatique des baby-boomers

Les retraités du baby-boom débarquent… La proportion des seniors de plus de 65 ans dans la pyramide des âges européenne augmentera de 40% entre 2010 et 2030. Dans quelle société? Celle de l'apprentissage tout au long de la vie, pour lequel Internet est l'un des moyens quasi incontournable. Ce public devra donc se sentir up to date par rapport aux multiples services sur mesure proposés par la Toile. Or, si cette offre senior existe déjà bel et bien, ses fonctionnalités restent souvent hermétiques aux non habitués et pourraient gagner en convivialité.

Mais l'Union veille… Les soutiens à l'amélioration des technologies dans ce créneau sont loin d'être négligeables dans ses programmes-cadres. Pour les amplifier, la Commission européenne vient d'adopter le plan d'action Bien vieillir dans société de l'information qui apportera son appui financier à des recherches et applications pratiques menées en coopération entre des Etats membres "volontaires" dans ce domaine. Ce plan recourt, en effet, à une modalité institutionnelle de partage des financements – inscrite dans les traités (article 169), mais étrangement sous utilisée – permettant à la Commission de soutenir des initiatives de recherche mises en place par au moins deux pays. Outre le bénéfice pour les seniors, ce plan troisième âge serait-il aussi l'amorce d'un déploiement attendu de cet instrument financier "dormant" dans l'Espace européen de la recherche ?


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Restez branchés…

GSM, ordinateur portable, Palm, GPS, iPod… Nous sommes rejoints jour après jour par l'évolution fulgurante des technologies mobiles, et nous avons appris à les apprivoiser. Ceci ne nous empêche pas de nous sentir souvent perdus dans la diversité des appareils mobiles et leur rapide évolution. Pour régler ce problème, la plate-forme open source MUSIC (Self-adapting applications for Mobile Users In ubiquitous Computing environments développe des applications mobiles destinées à nous rendre la vie plus simple (notamment par l'adaptation automatique du matériel aux évolutions constantes) tout en restant à la pointe de la technologie. Cette recherche européenne, qui entre dans le cadre du programme IST (Information Society Technologies), regroupe des universités et divers industriels.


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Energie solaire à la carte

Quel est le potentiel européen d'énergie solaire photovoltaïque? Ce système, où les cellules photovoltaïques convertissent directement la lumière en électricité, concerne en priorité les régions du Sud en priorité. Mais l'intérêt de cette carte réside aussi dans les données additionnelles qu'elle comporte, en particulier la quantité d'énergie potentielle fournie dans l'ensemble des régions avoisinantes. Ce travail est mené par les chercheurs utilisant le PVGIS (Photovoltaic Geographical Information System), qui fait partie de l'action Solarec de l'unité des énergies renouvelables du Centre commun de recherche de la Commission.


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Toutes les espèces en un seul click

Répertorier toutes les espèces existantes, savoir où et comment elles vivent, comment elles croissent et interagissent. Voici l'objectif de SpeciesBase, une plateforme open source internationale qui combine de multiples bases de données relatives à la biodiversité existant au niveau international (voir RDT info n°47). Fin avril, lors de la réunion du G8 sur la biodiversité, les experts se sont accordés sur le mode gestion de cette mine d'informations, constituée pour répondre tant aux besoins des scientifiques qu'à ceux des profanes.

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Transport durable, deux études de cas

La Commission a lancé en mars dernier deux projets de recherche sur les transports durables. Le premier porte sur le corridor transeuropéen Lisbonne-Kiev. Il s'agira d'évaluer l'importance de tous les moyens de transports de surface (mer, route, rail), et leurs interactions avec les régions qu'ils traversent (douanes, embouteillages, etc.). Il s'agit ainsi d'évaluer leurs incidences sur les régions traversées, au niveau socio-économique et environnemental. Les sept pays concernés sont le Portugal, l'Espagne, la France, l'Italie, la Slovénie, la Hongrie et l'Ukraine.

Le deuxième projet s'attache à la Lombardie, région italienne d'intense activité, où le niveau d'ozone est particulièrement critique. Les chercheurs s'attacheront, dans ce cas, à imaginer des stratégies d'amélioration de la qualité de l'air.

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Lancement de Net-Biome

Les régions ultrapériphériques (RUP) et les territoires d'outre-mer européens ont décidé de lancer Net-Biome afin de coordonner leurs recherches dans le domaine de la sauvegarde de la biodiversité. Les sept îles des RUP – Madère, Açores, Canaries, Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion – collaborent avec d'autres régions insulaires et tropicales – territoires d'outre-mer britannique, Antilles néerlandaises, Polynésie et Nouvelle-Calédonie.

L'harmonisation des activités et la mise en commun des ressources, connaissances et moyens devraient permettre de concrétiser de premiers résultats d'ici quatre ans. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à des activités de recherche sur la biodiversité de ces régions "lointaines".

Net-Biome est une application d'Era-Net, instrument de coordination de la recherche apparu avec le sixième programme-cadre.

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"Visas" pour l'Allemagne

La mobilité des chercheurs ne cesse d'être à l'ordre du jour. Après l'Autriche, la Slovaquie et la Slovénie, l'Allemagne a transposé la législation européenne des visas scientifiques au droit national. Désormais, les chercheurs, étudiants et conférenciers étrangers pourront accéder plus facilement aux universités et instituts reconnus du pays. Les procédures d'obtention d'un permis de séjour ou de travail seront allégées et ceux qui viennent d'y terminer leurs études pourront accepter un job en attendant de trouver une véritable embauche dans leur spécialité. Cette nouvelle politique ne peut qu'accroître le potentiel d'attraction de ce pays en matière de recherche scientifique.

La date limite pour la transposition par les Etats membres de cette règle dans leur droit national est proche : octobre 2007. La Grèce et la France sont en cours de procédure.


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Particules franco-chinoises

La France et la Chine viennent de créer le France-China Particle Physics Laboratory (FCPPL) spécialisé dans la physique des particules. Signé entre l'Académie des Sciences de Chine (CAS) d'une part, le Centre national de la recherche français et le Centre de l'énergie atomique d'autre part, cet accord est l'aboutissement d'une longue collaboration réunissant plus de 250 chercheurs, ingénieurs et étudiants des deux pays. Dès 1988, c'est un physicien des particules réputé, Michel Davier, qui contribuait à la mise au point du collisionneur BEPC de Pékin. Des chercheurs français et chinois travaillent actuellement ensemble au Cern sur le célèbre LHC (Large hadron collider) dont tous les spécialistes de l'astrophysique attendent impatiemment l'entrée en scène, en principe en mai 2008. Les sursauts gamma sont également dans l'objectif des spécialistes sino-français avec l'expérience spatiale SVOM. La convention définit, entre les deux pays, un cadre permettant la constitution d'une co-direction et d'un comité de pilotage conjoint. Ce nouveau laboratoire international facilitera bien évidemment les échanges de chercheurs entre centres de recherche de ces deux pays.

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Les "must" des TIC

C'est au CeBIT, le premier salon des technologies de l'information et de la communication au monde, qui se tient à Hanovre (DE), qu'ont été décernés les prix européens des TIC 2007.Les trois lauréats ont chacun reçu un prix d'une valeur de 200 000 €. Grâce à l'un des gagnants, Telepo (SE), les entreprises pourront accéder aux services de téléphonie fixe n'importe quand, n'importe où et en toute sécurité. Pour les bibliothèques numériques, c'est Teventus (AT) qui innove grâce au scanner automatique Scan Robot, capable de numériser 40 pages par minute, avec tournage de page automatique dans les deux sens. Et Transitive (UK) a lancé le système de traduction de logiciels Quick Transit qui supprime le besoin d'une reprogrammation des codes source et binaire. Les 17 autres prix (5000 €) ont récompensé des innovations aussi diverses que des systèmes d'alerte au tsunami automatisé, perçu par un téléphone portable, ou un interface cerveau-ordinateur "traduisant" les pensées en signaux de commande électroniques.

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La science à portée de main

Furnace, le magicien

Un logiciel inventif, jonglant avec des algorithmes efficaces, a été réalisé par la firme britannique The Foundry, en partenariat avec le laboratoire Sigmedia du Trinity College de Dublin. Son champ d'intervention est celui de l'image (films et vidéos). Traquant chaque pixel, cet outil de trucage gomme les câbles utilisés pour permettre aux acteurs et cascadeurs de s'envoler, atténue le grain, ajoute ou supprime des objets dans les images, les dépoussière et préserve leur qualité au cours du temps… Casino Royal, Da Vinci Code, Le Seigneur des Anneaux, et les inévitables retours de Batman, King Kong ou Superman ont fait appel à Furnace. Cette innovation made in Europe vient d'être récompensée par un Scientific and Engineering Award® décerné par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences®.

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Embarquer sur Hubble

Depuis les années ‘90, le télescope spatial Hubble réussit à envoyer quotidiennement des images du cosmos impossibles à percevoir par les meilleures lunettes terrestres. Ses données ont permis aux scientifiques de préciser l'âge et la taille de l'Univers, d'affiner la théorie de son expansion, de lancer de nouvelles hypothèses sur la formation des galaxies. Mais les exploits de Hubble méritent d'être connus par un public beaucoup plus large que celui des chercheurs. Il possède aujourd'hui un site d'accueil, tenu au jour le jour. Son épopée est racontée en cinq épisodes vidéo, téléchargeables par chacun (Hubblecast, produit par l'équipe Hubble de l'ESA). Le site possède un animateur souriant, le Dr J., alias Joe Liske, astronome allemand qui commente les rencontres de Hubble avec les galaxies et les étoiles, les énigmes des trous noirs et les explosions d'étoiles, tous ces événements captés 600 km au-dessus de la Terre. A côté des podcasts, le site très convivial d'Hubble offre de nombreux documents pédagogiques tournées vers les enseignants et/ou les enfants.


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Nemo: contenant et contenu

Nemo fête ses dix ans. Le nom du Centre de sciences d'Amsterdam est la contraction de New Metropolis, mais il évoque également Jules Vernes (le capitaine des 20 000 lieues sous la mer), le petit garçon magique de Winsor McCay (Little Nemo qui, chaque nuit, voyage dans ses rêves au pays de Slumberland), et même le prête-nom emprunté par Ulysse lorsqu'il a piégé le cyclope Polyphène. Tout cela donne bien des sens à un mot qui, finalement, en latin, signifie personne.

Plus concrètement, quelque 325 000 visiteurs parcourent chaque année les cinq étages du vaste bâtiment qui abrite ce centre scientifique réputé: parcours de découvertes, expériences, expositions, films, ateliers, démonstrations, espaces d'interactivité et de manipulation, mises en scène adaptées à différents âges… Ainsi, dans le Wonder Lab, on peut transformer de l'eau polluée en eau potable, voir le visage que l'on aura dans trente ans, comprendre comment les gratte-ciel absorbent les chocs pour ne pas s'écrouler. Dans un décor de magazine, les adolescents sont invités à "tester" les sensations sur lesquelles ils se posent des questions (les effets de l'alcool, les zones érogènes, le travail souterrain des hormones…).

Par beau temps, une gigantesque terrasse en pente (la piazza) accueille les visiteurs. Et c'est là qu'on découvre que Nemo ne vaut pas que son contenu. Le contenant, créé par Renzo Piano, mérite à lui seul le détour. Au cœur du port, entouré de bateaux, amarré à la ville, le musée a la forme d'un étrange paquebot, aux proportions inattendues, qui intègre aussi le tunnel IJ qui régule le trafic. Nemo est bien l'œuvre d'un des maestro de l'architecture. Ce génial Génois (70 ans cette année) a semé son talent à travers le monde, et principalement en Europe, signant notamment Beaubourg (Paris), la rénovation de la Postdamer Platz (Berlin) ou le musée Paul Klee (Berne). Amsterdam et la science méritaient bien sa griffe.

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Munich – la photo et l'atome

Le Deutsches Museum de Munich a l'art de présenter les techniques en décryptant les mécanismes et en les situant dans leur contexte. La plus jeune de ses expositions permanentes, Photo + Film, retrace l'évolution de la captation de l'image, du daguerréotype au DVD. Une panoplie d'objets en témoigne, à travers près de 600 m2, notamment cet étonnant pigeon-photographe qui fut quelque temps lancé dans les airs, au début du 20ème siècle, pour en rapporter des images panoramiques. L'exposition analyse également des concepts comme le temps, l'espace et la couleur, la signification de la photographie et du film (souvenir, témoignage, œuvre d'art, etc.), jusqu'aux techniques numériques qui en font aujourd'hui des produits de grande consommation.

Une autre exposition (temporaire, celle-là – jusqu'au 7 octobre) dévoile les différentes manières de montrer l'invisible. Les images de l'atome en présentent l'histoire et les avancées: découverte par Becquerel en 1896, aventure des Curie, armes atomiques, applications médicales, nanotechnologies, etc. La présentation ne pouvait faire l'impasse sur les questions de société que l'atome soulève depuis plusieurs décennies. Elle retrace l'évolution de sa perception et de son image, pointant parfois d'étonnantes réactions. Ainsi, malgré Hiroshima et Nagasaki, entre 1951 et 1963, un essai nucléaire était effectué chaque mois à quelques encablures de Las Vegas. De nombreux touristes y assistaient de loin, scrutant les champignons, séduits par les "Miss Atomic Bomb" qui faisaient la publicité de la ville. L'inconscience des dangers des retombées était alors quasi totale…

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Astronomie sans frontière

Soutenu par le Particle Physics and Astronomy Research Council et l'ESA, le SOS (Space Observatories in School) a été créé pour sensibiliser les jeunes à l'étude des sciences fondamentales, particulièrement celles de l'Univers. L'une de ses armes est le télescope. "Peu de gens savent que de nombreuses recherches spatiales sont menées en grande partie par l'Europe. Il existe des opportunités merveilleuses pour les jeunes de s'intéresser à ces domaines sur Internet, mais la manipulation réelle d'instruments est très importante", souligne Michael Cripps, responsable du département des sciences à la Neatherd High School de Dereham (UK), membre de SOS. C'est pourquoi cette organisation prête du matériel aux écoles, y fait des présentations scientifiques, et débarque parfois sur d'autres continents. Une action de coopération vient ainsi d'être menée avec des écoles d'Afrique du Sud, en partenariat avec le South African Astronomical Observatory et l'université de Western Cape. "Nos jeunes ont visité les écoles africaines pendant l'été 2005. Ils ont travaillé avec leurs étudiants et leurs professeurs et ont conçu des programmes de grande qualité qui peuvent être diffusés dans le réseau des établissements scolaires. Une retombée positive de cette action a été, par exemple, l'utilisation d'images et d'autres ressources venant du site web du projet par d'autres organisations à travers le monde. Cela montre bien que des gens d'origines et de cultures différentes peuvent réussir à partager un langage commun pour comprendre les étonnants ressorts de l'Univers."

Le site de SOS est, il est vrai, une mine pour tous ceux qui s'intéressent aux sciences du cosmos, voudraient y faire carrière, ou ont envie d'en savoir plus par l'intermédiaire de jeunes chercheurs passionnés, qui ne demandent qu'à dialoguer…


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La recherche européenne sur le terrain

Vous êtes professeur de sciences ou animateur d'une organisation et vous souhaitez sensibiliser les jeunes aux enjeux de la recherche européenne? De nombreux projets soutenus par l'Union concernent des thèmes d'actualité cruciaux (environnement, santé, éthique, alimentation, nouvelles technologies, espace, rôle de la science dans la société, etc.). N'hésitez pas à prendre contact avec l'Unité Communication de la DG Recherche pour organiser une action (visite des coulisses de la Commission à Bruxelles, rencontre-débat, dans votre classe ou votre organisation, avec un représentant de la Commission, participation à des événements sur la science, visite d'un centre d'excellence) ou demander l'envoi de matériel pédagogique multimédia les sujets qui peuvent vous intéresser.

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Coin pédagogique

La montée des eaux, par A plus B

Elévation du niveau des mers et changement climatique évoquent en premier lieu la fonte des glaces. Pourtant, la dilatation des eaux provoquée par le réchauffement des océans constitue la première cause de l'élévation du niveau des mers. Pour illustrer simplement ce phénomène, munissez-vous d'un tube de verre, plongez-le dans un récipient d'eau froide et faites chauffer le tout: le niveau de l'eau dans le tube augmente.

Quant à la fonte des glaces, on pourrait se demander pourquoi faire toute une histoire d'un phénomène qui se produit à la saison d'été depuis des siècles. Ici, il faut d'abord bien distinguer la différence entre banquise et calotte glaciaire. La banquise, c'est de l'eau de mer gelée, tandis que la calotte glaciaire est une couche de glace formée sur un continent. La fonte de la banquise n'a pas d'impact direct sur la montée des eaux. La preuve : prenez une assiette profonde et construisez un petit monticule d'argile au milieu. Remplissez le tout d'eau en veillant à laisser une partie de l'argile émergée. Ajoutez-y quelques glaçons avant de marquer le niveau sur l'argile. Résultat? Les glaçons fondent, le niveau ne varie pas. Selon le principe d'Archimède, les glaces qui flottent déplacent déjà un volume d'eau équivalent à celui de l'eau liquide qu'elles fournissent en fondant. Cependant, le réchauffement actuel provoque une diminution des surfaces occupées par la banquise et c'est cet effet qui inquiète. Car les eaux sombres de l'océan qui les remplacent absorbent davantage la chaleur induite par le rayonnement solaire, et l'on revient alors à un phénomène de dilatation de l'eau agissant sur le niveau des océans. C'est ce qu'on appelle la modification de l'albédo.

Dernière expérience: placez un glaçon sur le monticule d'argile et attendez qu'il fonde. Cette fois, le niveau augmente. Ce glaçon réagit comme une calotte glaciaire. L'eau libérée par la fonte se mélange aux océans dont le volume augmente. Dans l'écosystème climatique naturel, les calottes glaciaires connaissent toujours une relative fonte estivale, mais le cycle normal des eaux et des températures s'autorégule autour d'un point d'équilibre assurant une relative constance de la masse d'eau. Le nœud du problème induit par le réchauffement climatique global découle de l'accélération marquée de ce phénomène et de la perturbation de tout le cycle qui en résulte.


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Jeunes chercheurs

Stéphane, 34 ans, cosmologiste

J'avoue que ma fascination pour Starwars est pour une grande part à l'origine de ma vocation de cosmologiste. Voyager à travers les galaxies et maîtriser le côté obscur de la force… Tout un programme qui m'a poussé à vouloir étudier l'Univers et m'a conduit de Liège où j'ai passé mon master à Londres où je suis actuellement en postdoc avec une bourse Marie Curie de la commission européenne. J'aurais bien voulu étudier les trous de vers, ces chemins à travers l'espace et le temps qui peuvent relier une galaxie à l'autre, mais la nécessité de choisir un sujet à la mode pour obtenir une bourse m'a poussé à étudier l'énergie sombre. Je n'en suis pas mécontent même si parfois je trouve que le sujet manque un peu d'originalité. Heureusement, depuis trois ans, je me suis mis au journalisme scientifique. C'est un vrai bol d'air que de pouvoir écrire au lieu de calculer, une véritable ouverture d'esprit aussi car les sujets sont variés. Enfin rien de tel que d'écrire pour un non spécialiste afin de comprendre un sujet.

Mon postdoc se termine dans quelques semaines. Cette expérience à Londres aura été merveilleuse. Tant de liberté et de rencontres… j'ai appris tant de choses. J'aurais aimé continuer dans la recherche mais malheureusement, il est très difficile de trouver un poste académique permanent en cosmologie et de manière générale en astrophysique. En Angleterre, il y a peu de postes académiques mais un physicien théoricien peut espérer trouver du travail dans le privé où un doctorat et un postdoc sont considérés comme des preuves de votre capacité à apprendre et à vous adapter à de nouveaux sujets, de nouveaux environnements. En France, les postes académiques sont rares aussi et la corruption du système de recrutement fait que vos chances d'en obtenir un sont soit une soit zéro selon que vous êtes ou non pistonné. Quant au privé, la plupart des entreprises françaises considèrent le fait d'avoir un doctorat ou d'avoir fait un postdoc comme un manque de volonté de s'insérer dans le monde du travail. Tout l'opposé de l'Angleterre et les mentalités ne sont pas prêtes de changer.

Je ne suis pas si mécontent de quitter la recherche. J'ai 34 ans, j'aurais pu chercher un autre postdoc mais j'ai croisé trop de gens usés par ce système, englués dans la solitude fille de l'instabilité. Je m'arrête donc ici avant d'avoir froid à mon tour. Si un jour j'ai des enfants et qu'ils veulent faire de la recherche, je serais heureux qu'ils aillent étudier en Angleterre et inquiet s'ils décidaient de rester en France.

Stéphane Fay


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