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Bruxelles, le 27 septembre 2000

Invitation à la presse

Paludisme, tuberculose, sida : l’Europe veut se placer à la pointe de la recherche sur les maladies liées à la pauvreté

Mots-clés: Paludisme, tuberculose, sida

Près de 10.000 personnes meurent chaque jour en Afrique du paludisme, de tuberculose ou du sida. Le paludisme est l’une des principales causes de mortalité en Afrique subsaharienne ; la tuberculose est l’infection la plus fréquente dans le monde et se développe rapidement dans de nombreux pays ; le sida frappe chaque jour 16.000 personnes de plus, dont 3.800 en Afrique. Si ces problèmes de santé trouvent souvent leur origine dans les situations créées par la pauvreté, ils sont aussi la cause du maintien de ces situations de pauvreté.

Une grande conférence sera consacrée à Bruxelles le 28 septembre prochain à la lutte contre les maladies transmissibles. Pour Philippe Busquin, Commissaire à la recherche, qui interviendra lors de cette conférence : « Le poids de ces maladies est désormais tel que celles-ci paralysent non seulement le secteur de la santé mais également l’économie des pays concernés. La recherche sur les maladies transmissibles est un enjeu majeur pour le développement des pays en situation de pauvreté et doit être menée d’une façon cohérente à l’échelle européenne. »

Organisée par la Commission européenne en coopération avec la présidence française de l’Union, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA), cette conférence sera l’occasion de consulter les principaux partenaires des pays en développement et acteurs concernés sur la stratégie communautaire de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le sida proposée tout récemment par la Commission. Ces trois maladies sont responsables de la plus grande part de la mortalité précoce dans les pays en développement (voir annexe I). Dans une communication publiée le 22 septembre , la Commission a proposé une série de mesures autour des trois axes suivants :

Le rôle majeur de la recherche scientifique dans la lutte contre les maladies liées à la pauvreté avait déjà été souligné le 31 mai dernier au cours d’un sommet réunissant les Présidents des Etats-Unis, de l’Union et de la Commission.

A ce jour, l’Union a déjà considérablement investi dans la recherche concernant ces maladies et elle est désormais en situation de leadership scientifique sur de nombreux aspects, grâce notamment à l’implication active des chercheurs des pays en développement dans ses programmes. En Europe, des partenariats entre l’industrie et les chercheurs du secteur public ont été développés grâce aux programmes-cadres de l’Union. Sur les trois maladies identifiées, l’essentiel des laboratoires et de l’industrie européenne du vaccin travaillent en commun. Cet effort est unique à l’échelle internationale : pour le sida par exemple, plus de 20 millions d’euros ont été mobilisés par le projet de recherche EUROVAC portant sur la mise au point d’un vaccin, pour lequel 8,6 millions d’euros supplémentaires ont été mis à la disposition par la Commission.

Ces initiatives n’empêchent pas que, pour atteindre des progrès substantiels dans la lutte contre ces maladies, un véritable changement d’échelle devra s’opérer, à la fois en termes de financement et de partenariats, ce qui suppose une meilleure coordination des efforts, notamment au niveau européen. La conférence a précisément pour but de réaliser un rapprochement des politiques et des acteurs concernés au niveau mondial. Pour ce qui concerne les activités de recherche, la récente initiative de la Commission de créer un « Espace européen de recherche » offre une occasion unique pour mieux coordonner les programmes et travaux entrepris par l’Union et les Etats membres.

C’est dans ce contexte que la Direction générale Recherche de la Commission va élaborer au cours des prochains mois des plans de travail stratégiques, basés sur une analyse détaillée de l’état de la recherche publique et privée en Europe, autour de six problématiques majeures: vaccin paludisme ; médicaments paludisme ; vaccin tuberculose ; médicaments tuberculose ; vaccin sida et microbicides-préservatifs chimiques ; soins sida.

La conférence du 28 septembre s’ouvrira par des présentations de Romano Prodi, Président de la Commission européenne, de Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS et de Peter Piot, Directeur général d’ONUSIDA. Un déjeuner de presse aura lieu à 12h45 avec la participation de M. Busquin. Il présentera l’après-midi des propositions afin de mieux coordonner en Europe les efforts de recherche sur les trois maladies.

Pour des informations complémentaires, veuillez contacter :

Stéphane Hogan, Programme Qualité de la vie, DG Recherche
tél: +32.2.296.29.65, Fax: +32.2.299.1860
E-mail : Research Contact

Michel Claessens, Unité de communication, DG Recherche
tél : +32-2-295.99.71;Fax: +32-2-295.82.20
E-mail: michel.claessens@ec.europa.eu


Annexe 1

Urgence globale due au VIH/sida, au paludisme et à la tuberculose

VIH/sida(1)

  • Le VIH/sida tue chaque année plus de 2 millions de personnes sur le seul continent africain, faisant plus de dix fois plus de victimes que les guerres et les conflits armés.
  • En 1999, on estimait à 33,6 millions le nombre de personnes ayant contracté le sida. La maladie a provoqué la mort de plus de 16 millions de personnes depuis le déclenchement de l'épidémie.
  • 95% des contaminations sont enregistrées dans les pays en développement, dont les deux tiers en Afrique sub-saharienne, où la prévalence du VIH a atteint 30% de la population adulte dans 7 pays.
  • 5,6 millions de nouveaux cas de contamination ont été signalés en 1999, dont 570 000 enfants nés de mères porteuses du virus VIH.
  • Les femmes sont particulièrement exposées à l'infection par le VIH en raison de facteurs tant sociaux que biologiques.
  • Les enfants orphelins de parents morts du sida sont au nombre de 11,2 millions.
  • C'est dans des conditions de pauvreté, d'instabilité sociale et de désarroi que le VIH/sida se propage le plus rapidement. Ces conditions sont à leur comble lors de situations d'urgence.
  • Le VIH/sida annule d'importantes conquêtes en termes de développement: dans certaines régions de l'Afrique australe, la mortalité infantile a augmenté de 25% et l'espérance de vie a chuté, en trois ans seulement, de 64 à 47 ans.
  • Le VIH/sida touche les adultes à l'âge où ils sont économiquement productifs, si bien que la baisse du revenu national peut atteindre jusqu'à 30% si plus de 10% de la population adulte est contaminée.
  • La prévention qui consiste à réduire la vulnérabilité et à enrayer la transmission du virus reste la stratégie la plus efficace pour maîtriser la propagation de l'épidémie.
  • La disponibilité de soins et de médicaments contre le VIH/sida a sensiblement diminué la contamination et la mortalité dues au VIH/sida dans les pays industrialisés; les populations des pays en développement sont dans leur grande majorité dépourvues de tout médicament, et notamment de traitements contre les infections opportunistes courantes.
  • Paludisme

  • Le paludisme fait au moins un million de victimes chaque année et atteint 500 millions de personnes.
  • 90% des cas déclarés de paludisme sont recensés en Afrique, alors que 40% de la population mondiale est exposée au risque de contracter la maladie.
  • La maladie atteint surtout les femmes et les enfants - 700 000 enfants mourront de paludisme cette année, soit un décès toutes les 30 secondes. La grossesse multiplie par quatre le risque de crises de paludisme.
  • En 1997, la maîtrise et le traitement du paludisme ont coûté aux pays africains 1,5% de leur PNB, soit 2 milliards d'euros.
  • Une famille touchée par le paludisme dépense plus d'un quart de son revenu en traitement. Les ménages supportent le coût des moyens de prévention et perdent leurs revenus à la suite de crises répétées.
  • Les situations d'urgence complexes et les catastrophes naturelles accroissent le risque de contracter la maladie.
  • Le paludisme est une maladie curable s'il est rapidement diagnostiqué et correctement traité.
  • Tuberculose

  • La tuberculose provoque chaque année la mort de 2 millions de personnes, dont 95% dans les pays en développement. Cette maladie est la principale cause de mortalité des porteurs du virus VIH.
  • Le nombre de cas de tuberculose augmente dans le monde entier. Il a quadruplé dans plusieurs pays d'Afrique au cours des 10 dernières années et de nouvelles épidémies se sont déclenchées en Europe de l'Est après 40 ans de recul constant.
  • Dans les 20 années à venir, environ un milliard de nouveaux cas de contamination seront recensés, 200 millions de personnes contracteront la tuberculose et 35 millions en mourront.
  • Une personne atteinte de tuberculose en contamine 10 à 15 autres chaque année.
  • La tuberculose frappe les plus faibles, qui se trouvent ainsi pris au piège de la pauvreté et de la maladie. La majorité des personnes atteintes font partie de la population active. Les probabilités de déceler et de traiter les cas de contamination qui concernent les femmes sont moins élevées.
  • Il existe des thérapies très efficaces et la totalité du traitement ne coûte pas plus de 11 euros.
  • L'apparition et la propagation d'une tuberculose multirésistante à la suite d'un traitement inadapté ou mal suivi constituent une menace mondiale.
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    COMMUNIQUES DE PRESSE | 27.09.2000