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Communiqué de Presse - Bruxelles, 27 avril 2000

Questions et attentes sur les Biosciences -La Commission favorise le débat

La commission nomme 11 experts de haut niveau et publie une enquête sur les Européens et la biotechnologie


Résumé de l'EUROBAROMETRE 2000

« Les Européens et la Biotechnologie »

INTRODUCTION

Les principaux résultats du 4ème sondage Eurobaromètre montrent une baisse significative de la confiance des Européens à l'égard des sources d'information sur les biotechnologies. En particulier, la confiance envers les organisations de protection de l'environnement a baissé de 10% depuis 1996 et de 16% depuis leur plus haut score, en 1993. Les organisations de consommateurs restent les sources en lesquelles les citoyens européens ont le plus confiance - plus de la moitié des personnes interrogées estiment qu'elles sont fiables - juste avant le corps médical.

L'Eurobaromètre 52.1 est le résultat d'un sondage d'opinion mené auprès d'environ 16 000 personnes, soit en moyenne 1 000 personnes par Etat membre. Il apporte un éclairage sur l'opinion actuelle des Européens, ainsi que sur son évolution puisqu'il s'inscrit dans le prolongement de trois études précédentes datant de 1991, 1993, et 1996 sur le même sujet. Le sondage effectué en 1999 est le plus détaillé jusqu'à présent. Sont résumées ici les principales conclusions, les principales évolutions d'opinions et les principales différences entre Etats membres.

PRINCIPALES CONCLUSIONS

1. Parmi les 9 nouvelles technologies soumises à évaluation, les biotechnologies et le génie génétique sont toujours considérés comme pouvant améliorer notre mode de vie à l'avenir; (ils se situent juste au-dessus de l'énergie nucléaire). Cependant, en comparaison à 1996, le nombre de personnes répondant favorablement aux biotechnologies et au génie génétique a diminué respectivement de 5% et 6%.

2. Lorsque les Européens sont interrogés au sujet des biotechnologies, ce qui vient spontanément à l'esprit de 43% d'entre eux est « le clonage d'animaux, d'êtres humains ». C'est en Italie, en Suède et au Danemark que cette association est la plus fréquente (80%-90%), alors qu'au Portugal et au Royaume-Uni, sa fréquence n'est que de 15 à 16%. Un tiers des personnes sondées évoquent spontanément « la recherche scientifique- la santé - le développement technologique », un quart « les aliments (modifiés) génétiquement », et un douzième seulement « l'environnement ». Malheureusement pour les biotechnologies, le clonage induit une connotation négative, alors que la recherche, la santé, et l'environnement sont considérés comme positifs.

3. Lorsque l'on demande aux Européens s'ils ont déjà entendu parlé de différentes applications de la biotechnologie moderne, ils citent spontanément dans l'ordre : les applications dans le domaine alimentaire (73%), dans le domaine agricole (63%), l'utilisation de tests génétiques pour la détection de maladies héréditaires (59%), le clonage d'animaux (58 %), le clonage de cellules humaines (54%), la production de médicaments (50%), et enfin, la production de bactéries génétiquement modifiées pour la dépollution (34%).

4. L'enthousiasme pour les cultures transgéniques a diminué depuis 1996. Cependant, celui pour les applications médicales des biotechnologies modernes dans le domaine des médicaments et des tests génétiques reste élevé et ne semble pas avoir été affecté par les controverses sur les plantes et les aliments transgéniques. Même l'usage potentiel, pourtant controversé, de techniques de clonage pour les cellules et les tissus humains récolte une opinion plutôt favorable. Il apparaît donc que la baisse d'engouement pour les biotechnologies du futur résulte plus de réactions par rapport à certaines applications que par rapport à la technologie génétique en général.

5. La production d'aliments transgéniques est considérée comme l'application des biotechnologies la plus risquée alors que la détection des maladies héréditaires est le domaine d'application auquel est associé le moindre risque.

6. La majorité des personnes interrogées n'encouragent pas la production d'aliments transgéniques. Deux tiers des personnes sondées refusent d'acheter des fruits génétiquement modifiés, même s'ils avaient un meilleur goût et plus de la moitié d'entre eux est prête à payer plus cher pour des aliments non transgéniques. Seuls 22% d'entre eux seraient disposés à acheter de l'huile de cuisson contenant un peu de soja génétiquement modifié, contre 62% rejetant cette possibilité. De même, seuls 33% des personnes sondées « seraient contentes de manger du sucre issu d'une canne génétiquement modifiée si toute trace de modification génétique avait été éliminée ». Enfin, seuls 19% des Européens sondés seraient « plutôt d'accord » pour manger des œufs de poules nourries avec du maïs transgénique.

7. Une proportion importante des personnes interrogées exprime le désir et souhaite en savoir plus sur les avantages et les désavantages des biotechnologies. 19% ne le souhaitent pas, et 9% ne s'expriment pas.

8. La majorité des sondés estiment que les médias (59%), les organisations de consommateurs (70%), les organisations de protection de l'environnement (58%) informant au sujet des biotechnologies « font du bon travail pour la société ».

9. Moins de la moitié des personnes questionnées (45%) pensent que leur gouvernement qui réglemente la biotechnologie fait du bon travail pour la société, contre 29% qui pensent le contraire et 26% qui ne s'expriment pas.

10. Lorsque l'on demande aux citoyens européens en quelles sources d'information ils ont le plus confiance, 26% d'entre eux choisissent les organisations de consommateurs, 24% d'entre eux, le corps médical, 14% les organisations de protection de l'environnement. Seuls 3% d'entre eux choisissent les autorités publiques nationales. L'industrie et les partis politiques obtiennent les scores les moins élevés.

11. Malgré les nombreuses controverses et la couverture médiatique grandissante sur le sujet dans beaucoup de pays européens, seuls 47% des sondés ont répondu positivement à la question « avant aujourd'hui, avez-vous déjà discuté avec quelqu'un à propos des biotechnologies modernes ? », soit exactement le même taux qu'en 1996. Les pays où le pourcentage de personnes ayant discuté le sujet augmente le plus est la Grèce (+ 8.7%), la Grande Bretagne (+7.4%), et la France (+4.9%). Pour un grand nombre d'Européens, la biotechnologie moderne n'est pas un des sujets de conversation le plus captivant et ne l'est pas plus aujourd'hui qu'en 1996.

 

COMPARAISONS DES RESULTATS PAR RAPPORT AUX ETUDES PRECEDENTES

1. De manière générale, les Européens ne semblent pas se sentir plus concernés ni discuter plus sur le sujet des biotechnologies aujourd'hui que lors des sondages Eurobaromètre précédents. De même, leur degré de connaissance du sujet ne semble pas avoir augmenté. Plus que cela, leurs connaissances de certaines données de base du génie génétique sont étonnamment limitées. Par exemple, l'affirmation « les tomates ordinaires ne contiennent pas de gènes, alors que les tomates modifiées génétiquement en contiennent » est jugée vraie par 35% des personnes sondées et fausse par 35% également. Les meilleures réponses vis-à-vis de cette affirmation ont été obtenues aux Pays-Bas (où l'on cultive beaucoup de tomates) où 60% des interviewés ont jugé cette phrase fausse, 10% vraie et 30% n'ont pas su répondre.

2. Lorsque l'on demande aux Européens de se prononcer sur le caractère moralement acceptable et sur l'utilité des applications de la biotechnologie pour la production de nourriture, le développement de tests génétiques, la production de vaccins et l'acquisition de résistance aux insectes nuisibles, ils sont considérablement moins enthousiastes aujourd'hui qu'en 1996.

3. Depuis 96, la confiance des citoyens a diminué à l'égard de toutes les sources d'information sur les biotechnologies, et encore plus à l'égard des organisations de protection de l'environnement et les universités, qui ont perdu chacune la confiance de 10% de la population.

 

COMPARAISON ENTRE LES DIFFERENTS ETATS MEMBRES

1. Les niveaux de compréhensions, de connaissance et sensibilisation sur le sujet des biotechnologies sont varient dans les différents Etats Membres. Les personnes sondées dans les pays nordiques donnent plus fréquemment de bonnes réponses par rapport à certaines affirmations sur les biotechnologies soumises à leur jugement que celles interviewées en Grèce, Allemagne ou France.

2. Les citoyens luxembourgeois et français se sentent plus concernés par les risques des biotechnologies que les Finlandais ou les Grecs.

3. Contrairement aux Grecs, les Espagnols considèrent les applications des biotechnologies comme utiles, moralement acceptables, et à encourager.

4. Le rôle des médias et des organisations de consommateurs est perçu comme positif par les Néerlandais, les Finlandais et les Grecs, mais pas par les Anglais, ni par les Italiens et les Suédois.

Il est important de noter que des importantes différences d'opinions sont observées en fonction de l'âge, du salaire, du sexe et du degré d'éducation des personnes interrogées.

Plus de détails sur l'analyse de ce sondage sont exposés dans le rapport publié. Les données brutes seront mises à disposition du public en Europe et aux Etats-Unis.

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COMMUNIQUES DE PRESSE | 02.05.2000