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image image image Parution : 19/07/02
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Vert comme fer

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  S'il est bien un domaine où le rail offre un indiscutable bonus c'est celui de l'environnement. A tel point qu'on imagine mal une politique des transports durable sans rééquilibrage en faveur du rail. Pourtant, de nouvelles recherches doivent être envisagées pour maintenir cet avantage compétitif. Notamment en matière de pollution sonore, qui sont l'un des points faibles.
   
     
   

La facture environnementale des transports (coûts de la congestion inclus) est généralement estimée à quelque 10% du PIB, dont 90% pour le seul transport routier. Celui-ci est également responsable de 84% des émissions de CO2 dans ce domaine,, étant entendu que si la traction électrique n'émet aucun rejet sur la ligne où le train circule, elle est redevable de sa participation à la source à l'ensemble des émissions polluantes du système de production d'électricité. Le train tire brillamment son épingle du jeu en s'avérant l'un des modes de déplacement les moins polluants.

Petit bémol cependant. Ainsi que le note l'Agence européenne de l'environnement, "l'efficacité énergétique du transport par rail a peu évolué au cours des deux dernières décennies, suggérant que, même dans le secteur ferroviaire, des mesures supplémentaires d'économie d'énergie doivent être envisagées". La Commission va dès lors entamer un tour de table avec les industries ferroviaires pour déterminer la meilleure façon de réduire la pollution atmosphérique liée au rail - dans le même esprit de concertation avec l'industrie automobile via le programme Auto-Oil.

Economies d'énergie

Les chemins de fer allemands (Deutsche Bahn) annoncent une réduction de leur consommation d'énergie primaire de 1% en 2000, pour la traction électrique et diesel, dans le cadre d'un programme d'économie d'énergie visant l'horizon 2005. En dix ans, les économies d'énergie auraient déjà atteint 19% dans le secteur du fret et 15% dans le transport régional.

En France, les avancées en matière de gestion du trafic et des voies ferroviaires, la résorption des goulets d'étranglement et des nœuds ferroviaires, devraient également contribuer aux économies d'énergies, évaluées à 6 à 8% d'ici à 2020.

Des recherches sont menées pour adapter de nouveaux carburants au secteur ferroviaire - certains types de traction électrique, le gaz, voire la pile à combustible. Le train à hydrogène n'est cependant pas pour demain. Les piles à combustible sur lesquelles les chercheurs travaillent actuellement sont dans des gammes de puissance adaptées à l'automobile, aux autobus, voire au ferroviaire léger (transport urbain ou péri-urbain). Alstom planche ainsi sur un projet de bus à pile à combustible pour la RATP dont les résultats pourraient être transposés au ferroviaire d'ici 2007. Mais, comme pour tout moyen de transport, la pile à combustible pose des problèmes de stockage de l'hydrogène, de gestion de l'énergie à bord, de sécurité et de coût (actuellement estimé à 2.300 € le kW).

Silence, on roule...

Peu agressif pour l'environnement, le chemin de fer n'en reste pas moins bruyant et la création de trains plus silencieux est indispensable si l'on veut, par exemple, développer le trafic de marchandises, notamment de nuit. Cette nuisance sonore vient principalement du bruit de roulement, lié au contact de la roue sur le rail et c'est pourquoi certaines recherches visent à modifier le profil de la roue, qui ne serait plus plat mais en forme de S, susceptible de "casser" les vibrations. Bien d'autres pistes sont explorées. La SNCF a obtenu un gain de 7dB(A) sur un prototype de locotracteur doté de semelles composites, d'une nouvelle ligne d'échappement et d'un carénage. Les chemins de fer italiens ont quant à eux expérimenté le carénage des roues et des matériaux absorbants sur le train pendulaire à grande vitesse ETR500, avec un gain de 4dB(A). Reste à conformer ces matériaux aux normes de sécurité et de circulation...

Au niveau européen, de nombreux projets, coordonnés par l'institut de recherche européen sur le rail ERRI (http://www.erri.nl/), basé aux Pays-Bas, étudient ce problème de mesure et de contrôle du bruit, en agissant tant sur le rail que sur le matériel roulant. Ainsi le projet Silent Freight est parvenu, par différentes solutions techniques (roues plus petites ou perforées, sourdines, carénages) à réduire le bruit des wagons de marchandise, tout en maintenant les coûts de fabrication à un niveau acceptable. Il a permis de mettre au point de nouveaux produits qui limitent les nuisances sonores de 10 décibels (soit une diminution de moitié) lorsqu'on les couple avec les solutions définies par le projet Silent Track, son pendant au niveau de l'infrastructure.

Etudiant pour sa part les bruits imputables aux freins, le projet Eurosabot a permis de mieux comprendre comment leur action créait des irrégularités à la surface du rail, notamment par échauffement. Les chercheurs n'ont cependant pu identifier des matériaux susceptibles de se substituer aux semelles en fonte tout en assurant la même qualité de freinage. Aujourd'hui, le projet Stairrs (http://www.stairrs.org ) tente de faire la synthèse de ces différents travaux et de cibler les solutions les plus appropriées tant du point de vue environnemental que de la faisabilité technique et des coûts. Les résultats sont attendus pour la fin de l'année.


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Valence : trois jours pour le transport durable

Une importante conférence intitulée Surface Transport Technologies for Sustainable Development, organisée par la Commission, s'est tenue à Valence du 4 au 6 juin. Elle a réuni les acteurs principaux du transport routier, maritime et ferroviaire pour analyser ensemble les perspectives d'un développement durable dans le domaine de la mobilité. Le respect de l'environnement, la sécurité et la compétitivité européenne étaient au centre des débats.

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Des différences qui comptent

Le transport de 1000 tonnes de marchandise sur un kilomètre revient, en terme de pollution, à 3,8 € par chemin de fer contre 7,85 € par route.

La consommation moyenne d'un train est de 8,9 grammes de fuel par tonne au kilomètre, contre 31,3 g pour la route.

Un train à grande vitesse consomme 2,5l d'essence pour 100 voyageurs-kilomètre contre 5,9l pour l'automobile.

Pour transporter 100 voyageurs sur 1 km, un TGV émet 4,2 kg de CO2, contre 14,1 pour l'automobile et 17,1 pour l'avion.

Un train fret de 30 wagons permet d'éviter la circulation (et la pollution) de 60 camions.

En 1999, le rail était responsable de l'émission de 7,7 millions de tonnes de CO² dans l'atmosphère (sans compter les émissions dues à la production d'électricité) contre 743,3 millions T pour le transport routier.

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