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image Recherche européenne - L'info > Recherche et Société> La relève des cerveaux
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image image image Parution : 08/06/2001
  image La relève des cerveaux
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  Qui seront les scientifiques, les chercheurs, les enseignants, les découvreurs de demain ? La relève des générations, sur le plan de la connaissance et de la transmission du savoir, représente un problème peu débattu. Pour l'Europe, il se pose cependant en termes bien réels. Etat des lieux et réponses stratégiques.
   
     
   

A première vue, l'avenir démographique pourrait paraître rose aux générations montantes. L'activité des jeunes, moins nombreux, devrait sembler de plus en plus précieuse. Fini le temps d'un chômage structurel qui transformait en galère leur intégration sur le marché du travail. Mais cette prévision ne serait-elle pas simpliste ? Lors du brainstorming des ministres européens à Uppsala (SE), en mars dernier, Lena Sommestad, directrice de l'Institute for Futures Studies (IFS) de Stockholm, a mis en garde contre un optimisme naïf. "L'évolution démographique risque de cumuler un déficit de ressources à la fois humaines et financières. D'une part, la société, confrontée à l'accroissement des besoins des effectifs âgés, devra faire des arbitrages difficiles dans les dépenses publiques d'éducation. La dynamique même de l'innovation au sein de l'économie européenne, entraînée vers un développement des services personnels pour les plus âgés, risque par ailleurs de se ralentir. Et l'on pourrait craindre que les jeunes, placés dans un contexte moins stimulant et compétitif sur le marché du travail, hésitent à poursuivre leur formation. Cette situation poserait des problèmes de recrutement dans les filières scientifiques et technologiques."

Le vieillissement de la population bouleverse, en effet, nombre de données socio-économiques et culturelles. Qu'en sera-t-il, par exemple, de la "relève" des ressources humaines qualifiées - dont celle des chercheurs ? A la question de la réduction naturelle de ces effectifs vient s'ajouter l'attrait, encore tangible, de l'exil (voir encadré Filières et carrières).

Eduquer et accueillir

Quelles stratégies l'Europe pourrait-elle concevoir pour contrecarrer, à long terme, le "déficit" de ses jeunes cerveaux ? Les chercheurs de l'IFS préconisent de miser parallèlement sur trois pistes principales.

Educative, une première action viserait à renforcer la qualité des programmes pédagogiques dès la petite enfance. Mieux préparés, les (futurs) étudiants opteront plus volontiers pour des cursus réputés exigeants. "Miser sur l'éducation des enfants et des jeunes constitue une base indispensable pour une économie compétitive et diminue le besoin de programmes de base dans la formation des adultes. Une introduction dès le jeune âge à la science et la technologie contribue, en outre, au développement d'une économie, mais également d'une culture, fondée sur la connaissance." (1) Les priorités données à l'éducation pourraient cependant constituer un choix politique difficile dans une société à majorité âgée, qui peut préférer voir les crédits publics s'acheminer vers les soins de santé ou la politique sociale dont elle a besoin.

La seconde réponse consiste en une politique familiale prenant mieux en compte la vie des jeunes couples (logement, aide familiale, etc.). Cette recommandation ne s'inspire pas d'une attitude néo-nataliste. Elle doit notamment permettre à de jeunes femmes, souvent très bien formées, de mener une vie professionnelle intéressante et de concrétiser leur carrière. Réciproquement, elle permet à des centres de recherche et des industries de bénéficier d'un potentiel professionnel trop souvent mis "hors jeu".

Enfin, une autre piste consiste à ouvrir plus largement l'Europe aux étudiants des pays jeunes. Cette qualité d'accueil, traditionnellement attribuée aux Etats-Unis, existe plus qu'on ne le pense sur le Vieux Continent. 3,7% des étudiants de l'Union sont étrangers (2) (contre 3,2% aux USA), le trio de tête étant l'Autriche (11,5%), le Royaume-Uni (10,8%) et la Belgique (9,8%). Elle pourrait être renforcée en prenant la question à la racine. Un exemple ? "Si l'on ajoute la population de l'Afrique du Nord à celle de l'Europe, cet espace rajeunit considérablement et présente une population équilibrée. Pour ouvrir plus efficacement nos universités à ces jeunes, il pourrait être intéressant que l'Europe investisse dans ces pays, au niveau de l'enseignement de base, primaire et secondaire."

 

(1) Toutes les citations sont de Lena Sommestad.
(retour au texte)

(2) C'est-à-dire provenant d'un pays non membre de l'Union.
(retour au texte)

 

Sur le web

http://ec.europa.eu/research/pdf/keyfiguresihp.pdf

www.framtidsstudier.se



Encadrés
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Filières et carrières

Quoi qu'on pense généralement, la fréquentation des filières scientifiques, par rapport au nombre total d'étudiants, est plus importante en Europe qu'aux Etats-Unis et au Japon. La proportion des diplômés suit le même rythme : 38% dans les Pays de l'Union contre 30% au Japon et 29% aux USA (chiffres de 1996-1997). Ces pourcentages varient selon les pays et les qualifications.

Le personnel qualifié disponible en Europe est néanmoins insuffisant pour satisfaire aux postes proposés, tout simplement parce que l'exode des cerveaux demeure une réalité. Entre 1993 et 1997, les Européens professant aux Etats-Unis dans le domaine scientifique et technique sont passés de 76 000 à 84 000, dont 54,8% étaient recrutés par le secteur privé. 23,2% d'entre eux avaient moins de 34 ans, 35,1% de 35 à 44 ans et 23,6% possédaient un doctorat.

Les observateurs pessimistes soulignent l'ampleur et la perte engendrée par ce phénomène. Les optimistes font remarquer que, souvent, ces "cerveaux" réintègrent leur continent d'origine qu'ils viennent alors renforcer d'un savoir enrichi par leur expérience sous d'autres cieux. Encore faut-il qu'ils y soient incités. C'est ce qu'a bien compris, par exemple, le gouvernement taïwanais. Grâce à une politique très concrète, encourageant notamment l'installation de start-ups, ce pays compte 60% de "retours".

 

 
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Filières et carrières

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