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Pour confirmer sa position avantageuse
sur l'échiquier mondial, l'industrie aéronautique européenne doit
impérativement accroître son effort de recherche, pour l'instant
bien inférieur à celui engagé par les Etats-Unis. Au niveau fédéral,
ces derniers consacrent deux fois plus de fonds à la recherche aéronautique
civile que l'Union (sans parler de la R&D liée au secteur militaire,
pour lequel les dépenses américaines sont 14 fois supérieures aux
budgets consentis en Europe).
Sous peine de revivre une domination écrasante
des Etats-Unis sur le créneau essentiel du transport aérien moyen
et long courrier, telle qu'elle régnait dans les années 70, l'Union
a donc besoin du développement d'un pôle véritablement européen
de l'aéronautique. L'ambition et l'enjeu sont de taille. Ce secteur
constitue aujourd'hui la première industrie exportatrice du Vieux
Continent (un montant net de plus de 22 milliards ? en 1999). L'industrie
aéronautique européenne a ainsi généré plus de 66 milliards ? de
recettes, en impliquant plus de 7 000 entreprises. Celles-ci employaient
directement quelque 400 000 travailleurs - en majorité hautement
qualifiés - et créaient indirectement environ 1,5 million d'emplois.
Une coordination vitale
Investissant 15% de son chiffre d'affaires en
R&D (soit quelque 9 milliards ? par an), cette industrie ne peut
se permettre de gaspiller ses ressources par duplication et manque
de coordination de ses activités, aujourd'hui dispersées entre plusieurs
programmes et centres nationaux. Gigantesques, les besoins en financements
publics et privés pour les 20 ans qui viennent sont estimés à plus
de 100 milliards ?.
À travers 300 projets, l'Union finance aujourd'hui
près de 30% de toute la recherche civile dans ce secteur. Le sixième
programme-cadre de recherche y consacrera 1,075 milliard ? contre
700 millions dans le programme précédent. Mais, autant que de fonds,
l'industrie européenne aura besoin également d'un soutien réglementaire
et stratégique permettant la création d'une véritable plate-forme
industrielle pour l'aéronautique au niveau de l'UE.
La cour des grands
Dans le secteur spatial, la coopération européenne,
notamment au sein de l'ESA, a largement démontré son potentiel.
Ariane joue dans la cour des grands sur le marché incroyablement
complexe et compétitif des lanceurs, tout en garantissant à l'Union
son indépendance dans l'accès à l'espace. En 2000, l'industrie européenne
des satellites, qui emploie plus de 33 000 personnes et réalise
un chiffre d'affaires de 5,5 milliards ? par an, est dotée d'une
solide base technologique et a décroché plus de 50% des contrats
commerciaux au niveau mondial.
L'enjeu de l'autonomie est, en outre, précisément
au centre du vaste programme Galileo, développé en collaboration
avec l'Agence Spatiale Européenne. Ce nouveau système de positionnement
et de navigation, qui reposera sur une constellation de plusieurs
dizaines de satellites (voir Un nouveau chapitre
communautaire) offrira une alternative plus avancée, plus performante
et plus fiable que le système GPS américain, actuellement en situation
de monopole. Conçu pour une gamme étendue de besoins civils - contrôle
aérien, gestion du trafic routier, ferroviaire et maritime (en particulier
au bénéfice de l'intermodalité), traçabilité des matières dangereuses,
secours aux personnes, etc. -, ce projet industriel ambitieux est
susceptible de créer 150 000 emplois hautement qualifiés et de générer
quelques 10 milliards ? de revenus par an.
En combinant les technologies spatiales, terrestres
et aériennes, il en va de même pour le système GMES pour tout ce
qui touche à la surveillance de l'environnement, la gestion des
risques naturels, la protection civile et à la politique extérieure
et de sécurité commune (PESC). Enfin, la composante spatiale devra
être pleinement intégrée dans les futurs réseaux de télécommunication,
par exemple pour l'accès à des réseaux mobiles et à large bande.
L'effort d'intégration des capacités industrielles
et des activités de développement qui a assuré les succès européens
dans le domaine des lanceurs, doit à présent se doubler d'un semblable
effort d'intégration en matière de recherche sur ce marché des services
satellitaires. Les enjeux qu'ils représentent, d'une portée à la
fois industrielle, économique et stratégique, appellent une exploitation
optimale des synergies entre les programmes et acteurs européens
et nationaux.
Encadré
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| Un
nouveau chapitre communautaire
Depuis septembre 2000, les responsables
de l'Union ont ouvert un nouveau chapitre visant à doter
l'Europe, en étroite coopération avec l'ESA, d'une véritable
stratégie commune. Cette décision se fonde sur l'importance
croissante des applications spatiales dans l'ensemble
des activités économiques, sociales et culturelles du
monde contemporain.
Pour Achilleas Mitsos, Directeur Général
de la Recherche, chargé de la coordination et de la
politique spatiale au sein des services de la Commission,
"L'objectif est d'élaborer, avec tous les acteurs concernés
- et en premier lieu l'ESA -, les grandes orientations
d'une politique européenne pour l'espace, pleinement
acceptées et soutenues par l'ensemble des Etats membres.
Le rôle de l'Union est d'abord d'assurer un soutien
aux initiatives des acteurs du secteur, tant publics
que privés. Cet appui accompagnera les deux objectifs
qui ont été jusqu'ici au centre de l'effort spatial
européen, à savoir développer l'assise technologique
et industrielle permettant une exploitation économique
autonome des applications et, parallèlement, intégrer
un volet scientifique de très haut niveau pour la compréhension
de notre système planétaire et l'exploration de l'espace.
L'Union fournira un cadre de référence commun à ces
acteurs pour garantir la disponibilité d'une infrastructure
spatiale et des services dérivés performants. Il s'agit
de mieux intégrer la science spatiale dans l'effort
européen de recherche et de créer les conditions politiques
et réglementaires appropriées pour le développement
du secteur et des marchés commerciaux."
Communication
de la Commission "L'Europe et l'Espace: Ouvrir un nouveau
chapitre" (PDF file). |
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