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image Recherche européenne - L'info > Politique européenne de la recherche> Dossier Espace: Le fil d'Ariane
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image image image Parution : 08/06/2001
  image Le fil d'Ariane
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  Depuis plus de 25 ans, l'Agence Spatiale Européenne (ESA) a tissé la toile technologique, scientifique et commerciale de la maîtrise de l'Europe dans l'espace. Bref profil d'une institution d'excellence qui entend aujourd'hui mettre son potentiel au service des politiques de l'Union.
   
     
   

Le premier prestige de l'ESA, c'est bien évidemment la longue histoire d'Ariane, dont l'Agence a été l'ange tutélaire depuis sa naissance. Détenant 50% du marché des satellites placés sur orbite de transfert géostationnaire, Arianespace est aujourd'hui le leader mondial dans le domaine des lanceurs commerciaux. Portée par l'ESA sur les fonts baptismaux il y a 20 ans, la société a enregistré depuis lors plus de 230 commandes et effectué quelque 140 lancements. Une cinquantaine de lancements est à son calendrier. Alors qu'Ariane 4 peut se targuer d'être "la" référence en terme de fiabilité et d'adaptabilité, Ariane 5 s'affirme comme un challenger mondial sur le marché des lanceurs lourds.

Des lanceurs aux satellites

Agence réunissant 15 Etats européens(1) et chargée de définir et d'exécuter le plan spatial européen en interaction avec les Etats membres, les agences nationales et l'industrie, l'ESA travaille par ailleurs, pour ce qui concerne Ariane, au développement de deux nouveaux étages supérieurs qui permettront de faire passer sa charge commerciale de 6,5 à 11 tonnes dès 2005. Ariane accomplira alors tous les types de missions : lancement double de satellites en orbite géostationnaire, déploiement de constellations en orbite moyenne ou basse, lancement de sondes interplanétaires ou de satellites d'observation de la Terre. Le programme Vega, pour la mise au point d'un petit lanceur capable de placer sur orbite polaire à 700 km d'altitude des charges utiles de 1,5 tonne, est également en bonne voie.

Mais la réussite de l'ESA ne se limite pas aux lanceurs. La formidable autonomie qui en a résulté pour l'Europe a aussi permis à l'Agence de développer son know-how technologique dans le domaine des satellites. Depuis la mise au point de OTS (1978) et Olympus (1989), plus de 50 satellites de télécommunication ont été construits par l'industrie aérospatiale européenne pour des montants qui se chiffrent en milliards d'euros. Cette année, Artemis - qui opèrera des liaisons directes avec des usagers terrestres mobiles et recueillera par faisceaux laser des données transmises par d'autres satellites - et Envisat, satellite européen de télédétection doté d'instruments plus perfectionnés que son aîné ERS-2, seront opérationnels. L'an prochain ce devrait être le tour des Meteosat de deuxième génération MSG-1 et MSG-2 qui fourniront des renseignements météorologiques beaucoup plus précis que ceux qui opèrent depuis 1977 au-dessus de l'équateur.

Objectif science

"Les programmes scientifiques (voir Missions en cascade) sont clairement une autre priorité de l'ESA, qu'il s'agisse des planètes, du Soleil, des relations Terre-Soleil ou de l'Univers, car l'agence a aussi une vocation scientifique clairement définie", souligne Michel Praet, représentant de l'ESA à Bruxelles. Les engins spatiaux scientifiques construits par l'ESA, ou auxquels l'ESA a coopéré, ont joué un rôle majeur dans l'étude du Soleil, les recherches sur les comètes et les planètes ou l'exploration de l'Univers. L'ESA est également à l'avant-garde pour la surveillance du trou dans la couche d'ozone (via ERS-2), des calottes glaciaires, des vents et courants océaniques et d'autres facteurs affectant la santé de notre planète."

Sans compter l'apport des missions scientifiques dans d'autres domaines tels que les sciences médicales où la mise au point de nouveaux processus industriels. La participation de l'ESA à la Station spatiale internationale lui permettra de disposer, à cet effet, d'un véritable laboratoire de recherche permanent. Dénommé Columbus, ce cylindre pressurisé raccordé à la base habitée de la station permettra aux astronautes européens de réaliser chaque année plus de 500 expériences dans des conditions de microgravité, que ce soit en science des matériaux et des fluides, en médecine, en biologie ou en technologie dans des conditions de microgravité.

(1) Tous les pays de l'Union à l'exception de la Grèce et du Luxembourg, plus la Norvège et la Suisse. En 1999, l'ESA disposait d'un budget de 2,65 milliards d'euros.
(retour au texte)

www.esa.int/export/esaCP/index.html



Encadrés
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Missions en cascade

Le déploiement technologique et médiatique des Etats-Unis dans la "course aux étoiles" ne devrait pas occulter la seconde place acquise par l'Europe dans les sciences spatiales. Exemples ?

Prévu pour être lancé en 2003, le projet Mars Express permettra l'examen le plus détaillé de la planète rouge jamais tenté : la recherche d'eau ou de glace sous sa surface et le largage d'un module d'atterrissage pouvant détecter des signes de vie. En 2004, Huygens sera libéré dans l'atmosphère de Titan (une des lunes de Saturne) par la sonde américaine Cassini et effectuera l'atterrissage le plus lointain jamais tenté sur une autre planète, dévoilant de nouvelles perspectives sur l'origine de la vie sur Terre. L'ESA envisage également, avec BepiColombo, une mission vers Mercure, planète la plus proche du Soleil, quelque peu négligée par l'exploration spatiale.

D'autres missions prennent place dans son programme de recherche Horizons 2000. La chasse aux comètes, ouverte par la sonde Giotto (qui frôla le noyau de la comète de Halley en 1986), se poursuivra avec le lancement en 2003 de la sonde Rosetta qui atteindra la comète Wirtanen en 2011 et l'accompagnera pendant deux ans.

Dans le prolongement de la mission SOHO, qui nous envoie son flot d'images de l'atmosphère solaire, la mission Cluster II, lancée l'an dernier, fournira les premières images 3D des rafales de vent solaire qui secouent le champ magnétique de la Terre. Les fortes chaleurs et les scènes de violence qui se déclenchent dans l'espace sont traquées par XMM-Newton, l'observatoire spatial le plus sensible jamais construit pour l'observation astronomique dans le rayonnement X, qui sera accompagné dès l'an prochain par le satellite Integral pour l'observation des rayonnements gamma.

Et les nouveaux projets à l'étude ou en développement ne manquent pas, qu'il s'agisse de se rapprocher du Soleil (Solar Orbiter), d'explorer la formation des étoiles et des galaxies (Herschel) ou des trous noirs (Lisa), ou encore de partir à la recherche de planètes semblables à la Terre (Darwin).

 
     
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Trois questions à Michel Praet

Pourquoi l'ESA est-elle amenée, aujourd'hui, à définir une nouvelle stratégie avec l'Union européenne ?

Les choses changent et le monde évolue. Le spatial fait souvent rêver tant il semble lointain mais il ne vit pas sur une île isolée. Il est devenu un formidable instrument de gestion et la nécessité de disposer d'un outil spatial à l'échelle des politiques de l'Union (au niveau des transports, de l'agriculture, de l'environnement, etc.) est de plus en plus évidente. Non pas que le spatial soit la panacée qui va tout résoudre… Je le considère comme un élément d'une boîte à outils dans laquelle s'en trouvent aussi d'autres, comme il y a, par exemple, un outil fibres optiques. Nous sommes en cela en phase avec le concept d'Espace européen de la recherche du Commissaire Busquin. Il ne s'agit pas seulement de faire de la recherche, mais aussi de coordonner ce qui existe afin de ne pas réinventer la roue chaque fois. La question qui se pose est; dès lors, de savoir si l'on recrée une agence spatiale au sein de la Commission - ce qui n'aurait pas de sens -, ou si l'on utilise l'ESA comme une agence spatiale pour l'Europe, qui deviendra aussi une"implementing agency", mise au service des besoins des politiques de l'Union. Ces besoins doivent être définis en coordination avec la Commission. Nous les développerons évidemment aux côtés de l'industrie parce que l'ESA n'est pas une agence commerciale, nous sommes là pour aider l'industrie et l'aider à être compétitive.

Pourquoi mettre la priorité sur les programmes Galileo et GMES ?

Nous sommes très attachés à leur succès. Pourquoi ? L'Europe a fait Ariane pour vivre dans un monde multipolaire et disposer de son autonomie dans le spatial. Galileo procède de la même logique. On ne peut dépendre d'un seul système qui lui-même est très dépendant du Département américain de la défense. C'est une question de choix politique capital pour l'ensemble du continent.

De la même manière, si l'on veut que les questions sécuritaires et environnementales soient mieux appréhendées en Europe, il nous faut passer par une initiative telle que GMES. Il ne s'agit pas d'un programme dédié, comme Galileo, mais plutôt d'une plate-forme qui vise à la cohérence. En matière de gestion des risques, le spatial peut être un outil précieux pour tout ce qui a trait aux inondations, aux tempêtes, aux tremblements de terre, aux pollutions maritimes, etc. - autant d'événements dont l'Europe a été le théâtre à plusieurs reprises ces dernières années.

Mais comment appréhender le caractère dual, à savoir civil/militaire, qui est intrinsèque au domaine spatial, et particulièrement au GMES ?

Selon sa Convention, l'ESA développe une politique spatiale à des fins pacifiques. Le tout est de savoir ce que sont des fins pacifiques. Observer pour vérifier l'application d'un Traité, n'est-ce pas, par exemple, une manière de veiller au respect d'accords de paix ? A moyen terme se poseront des questions concrètes. On ne peut pas accepter le mandat de Javier Solana et en même temps laisser le Conseil démuni au niveau de systèmes d'information. Il faut, dans ce domaine-là également, se donner les moyens d'avoir sa propre politique et, dans ce but, se doter des instruments autonomes nécessaires. Mais tout le monde sait bien que, même après Saint-Malo, en matière de sécurité et de défense européenne, le chemin sera long.

 
    Sommet de la page
 
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Introduction:
L'Union fait l'espace

Interview Achilleas Mitsos:
Une nouvelle frontière européenne


Le fil d'Ariane

Garder la Terre à l'oeil

Galileo, ange gardien de la mobilité

Communications: alliance ciel et terre


Encadrés
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Missions en cascade

Trois questions à Michel Praet


Ariane, symbole du savoir-faire européen

Ariane, symbole du savoir-faire européen, a su s'imposer dans les premiers rangs des lanceurs de satellites, dont elle détient 50% du marché commercial.

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Introduction:
L'Union fait l'espace

Interview:
Une nouvelle frontière européenne


Le fil d'Ariane

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