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Les priorités technologiques permettant
de concrétiser cette "intelligence ambiante" seront soutenues à
travers les actions du sixième programme-cadre. Elles chercheront
à mobiliser les chercheurs autour d'initiatives ciblées sur des
objectifs à moyen et long terme, tout en offrant des possibilités
de répondre aux demandes et besoins nouveaux des marchés, des politiques
publiques et des citoyens. Les moyens très importants accordés à
cette thématique de la société de l'information (20,7% des budgets
spécifiquement dévolus à la recherche) visent à privilégier une
masse critique de moyens en s'employant à intégrer, à l'échelle
européenne, les efforts publics et privés.
Atouts européens
L'industrie européenne a connu d'importants succès
en matière de téléphonie portable - notamment via la mise au point
de la norme du système global de communications mobiles (GSM). Elle
dispose d'atouts sérieux dus aux progrès technologiques réalisés
dans les domaines de la large bande et de l'accès multi-plate-forme,
notamment la télévision numérique et les systèmes de communications
mobiles de troisième génération.
D'autres innovations se concrétisent, entre autres
grâce à la technologie des fibres optiques. Ainsi, une équipe de
chercheurs britanniques en photonique vient de franchir le cap du
terabit (Tbit) par seconde et la technologie du multiplexage optique
permet d'envisager une capacité théorique de transport de 200Tbit/s.
De même, la conception de routeurs et commutateurs optoélectroniques
à grand débit permettra d'assurer le relais entre ces autoroutes
de l'information et les réseaux locaux.
En raison de leur coût, ces technologies ne peuvent
cependant se déployer partout. Il importe donc également de développer
les possibilités offertes par les réseaux fixes existants (technologies
xDSL), la boucle locale radio (accès sans fil à haut débit ou BLR)
et les satellites, irremplaçables pour couvrir les zones peu ou
pas desservies par les réseaux. Les systèmes sans fil, qu'il s'agisse
de l'UMTS (téléphone portable de troisième génération), ou des technologies
W-LAN ou Wi-Fi, sont également en lice pour des applications locales.
Interfaces et applications
Toutes ces avancées infrastructurelles, conditionnées
par la recherche, doivent cependant s'accompagner de la mise au
point de technologies d'interface - à savoir cette relation "homme-machine"
désormais entrée dans le vocabulaire. Elles nécessitent également
des applications conviviales dans tous les domaines: sécurité et
protection de la vie privée, enseignement et formation, accès aux
personnes âgées ou handicapées, télétravail, commerce et administration
électroniques, santé en ligne, transports intelligents.
Un dernier volet de recherche sera également dédié
aux recherches d'avant-garde sur les composants et microsystèmes
du futur
Encadrés
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| Défis
Le maillage informationnel et communicationnel
ne va pas sans poser un certain nombre de défis.
• Interopérabilité
- Vu la profusion de réseaux de transmissions et de
plates-formes de communication (PC, TV, assistant personnel,
téléphone portable,...) disponibles, la question de l'architecture
et de l'intégration des réseaux est centrale pour des
opérateurs de télécommunication soucieux d'assurer à
leurs clients un accès de qualité, constant et sans
rupture, quel que soit leur point d'accès au réseau,
fixe ou nomade.
• Saturation - L'augmentation
constante des volumes d'information et des utilisateurs
transitant sur les réseaux nécessite la mise au point
de nouveaux protocoles (tel l'Ipv6, protocole Internet
nouvelle génération). La recherche européenne doit également
disposer de réseaux à haute capacité, que ce soit en
terme de transmission (projet GEANT) ou de calcul (projet
GRID de calcul distribué).
• Sécurité - Très
sensibles au piratage et à la malveillance, les réseaux
informatiques et de télécommunication n'en sont pas
moins au centre de l'activité économique et véhiculent
énormément de données à caractère privé. La recherche
d'une sécurisation maximale est dès lors une clé de
leur viabilité. De nouvelles solutions sont envisageables
grâce à la cryptographie quantique.
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| eEurope,
toile de fond des ambitions de recherche
En mars 2000, le Conseil européen
de Lisbonne a placé le développement de la société de
l'information comme priorité centrale d'une stratégie
volontariste dont l'objectif est de faire de l'Europe
"l'économie basée sur la connaissance la plus compétitive
du monde". Cette orientation s'est concrétisée par l'initiative
eEurope 2002, lancée par la Commission européenne pour
promouvoir l'avènement de "la société de l'information
pour tous". Ce plan d'action opérationnel, qui définissait
trois objectifs - Internet moins cher, plus rapide,
plus sûr; stimuler son utilisation; investir dans les
hommes et les compétences - s'est traduit par un effort
important de coordination entre les États membres pour
accélérer l'adaptation de l'environnement législatif,
la baisse des prix de connexion, la croissance de l'offre
de services publics et privés et l'accès au haut débit.
A la mi-2002, 40,4% des Européens
et 93% des écoles étaient connectés à Internet, 55%
des services publics étaient accessibles en ligne, près
de 30% des entreprises vendaient et achetaient en ligne,
plus de 35% des médecins utilisent le réseau à des fins
professionnelles. Peu à peu, l'Europe comble ainsi le
retard qu'elle avait pris sur son principal concurrent,
les Etats-Unis, où les autorités publiques et le capital
à risque investissent massivement dans les technologies
de la société de l'information.
En juin de cette année, la Commission
a lancé un nouveau plan d'action eEurope
2005 visant à renforcer cette dynamique. Ses
objectifs, entérinés par le Conseil européen de Séville,
sont d'encourager l'indispensable parallélisme entre
la mise en place coûteuse des infrastructures de communication
et la génération des services avancés - e-business,
e-government, e-learning, e-health, etc. - qui vont
les utiliser et les rentabiliser.
C'est sur cette toile de fond que
le sixième programme-cadre entend développer ses priorités
dans le domaine thématique des technologies de la société
de l'information.
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