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La mémoire collective est transcrite, de manière à la fois symbolique
et visible, dans les témoignages - révérés ou modestes - des civilisations
qui ont forgé l'Europe. Cette mémoire fragile consolide l'identité européenne.
Pour préserver ces oeuvres diverses, les restaurer et les conserver,
les faire partager au public dans les conditions les plus favorables,
il ne suffit pas de les confier à des gestionnaires avisés. Il faut
également que des scientifiques entrent en action et que des équipes
pluridisciplinaires se forment pour apporter, dans ces domaines très
particuliers, leurs compétences de climatologues, de biologistes, de
chimistes, de physiciens... Il faut que des technologies soient mises
au point pour adapter leur efficacité à ces microcosmes fragiles. Il
faut que les responsables du patrimoine savent comment le valoriser
sans lui faire subir de dommage.
Cette démarche, encore relativement nouvelle, n'est pas seulement importante
au plan culturel. Elle entraîne des bénéfices socio-économiques non
négligeables. Elle permet à nombre de PME européennes d'exporter un
savoir-faire technologique particulièrement ciblé dans le monde entier.
Elle ouvre de nouveaux débouchés aux industries qui développent des
technologies de pointe. Elle favorise les métiers de la restauration
et renforce les perspectives du tourisme culturel et de l'emploi. Soutenue
par l'Union, la protection du patrimoine européen répond à une exigence
sociétale majeure. La sauvegarde de cet autre visage de l'environnement
n'est pas seulement gage de qualité de vie. Elle participe au dynamisme
de la diversité culturelle européenne - diversité parfois menacée par
une certaine "culture globale", marchande s'il en est.
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