Minimiser l’impact d’une pratique clinique courante, mais potentiellement néfaste

La prophylaxie antimicrobienne intrapartum (PAI) est couramment pratiquée lors des accouchements. Selon des chercheurs financés par l’UE, elle pourrait fortement impacter la santé infantile avec des risques d’obésité, de diabète et de résistance aux antibiotiques. Ce constat invite au développement de nouvelles stratégies alimentaires pour réduire les effets de cette procédure médicale courante.

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Published: 9 February 2021  
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Minimiser l’impact d’une pratique clinique courante, mais potentiellement néfaste

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© Inna, #290145624, source:stock.adobe.com 2021

Le risque d’apparition de maladies non transmissibles, telles que les allergies, les troubles du métabolisme et du développement neurologique, ainsi que l’obésité est en augmentation dans les pays occidentaux. Cette augmentation étant certainement le fruit de modifications des habitudes alimentaires, la recherche relative au traitement de ces maladies tend à se concentrer sur l’intestin.

«L’installation du microbiote intestinal, ou les millions de micro-organismes qui vivent dans notre intestin, au cours de la petite enfance est essentielle au développement de notre système immunitaire, de notre physiologie et de notre santé globale», déclare Silvia Arboleya, doctorante, chercheuse postdoctorante Marie Skłodowska-Curie à l’institut de recherches laitières de la Principauté des Asturies, en Espagne.

Selon elle, il est reconnu que l’installation d’un microbiote intestinal sain peut être affectée par des facteurs tels que l’accouchement, le régime alimentaire, l’âge gestationnel et le recours aux antibiotiques. «Ce que nous ignorons, c’est comment d’autres facteurs périnataux, comme la prophylaxie antimicrobienne intrapartum, ou PAI, influencent ce processus», ajoute-t-elle.

Pour le savoir, le projet IAPEMIDE, dirigé par Silvia Arboleya et financé par l’UE, étudie les effets de la PAI sur l’installation du microbiote intestinal chez les nouveau-nés et sur le développement de gènes de résistance aux antibiotiques chez ces derniers.

La PAI est une procédure efficace utilisée de longue date pour réduire la mortalité néonatale. Cependant, elle est également employée dans un certain nombre de situations cliniques sans pour autant présenter un avantage manifeste. Dans certains cas, son utilisation a même été associée à des effets secondaires néfastes.

Comprendre l’impact immédiat et à long terme de la PAI

L’objectif du projet était de fournir des connaissances approfondies sur l’impact immédiat et à long terme de la PAI maternelle. «Nous souhaitions comprendre comment la PAI maternelle modifie le développement du microbiote intestinal néonatal et déclenche une résistance aux antibiotiques», remarque Silvia Arboleya. «Une fois cette information entre nos mains, nous avons cherché à développer des stratégies alimentaires spécifiques afin de minimiser l’impact de cette pratique clinique courante, mais potentiellement néfaste.»

Pour ce faire, les chercheurs ont recueilli des échantillons de matières fécales provenant de bébés âgés de 2, 10, 30 et 90 jours, puis à nouveau à 6 et 12 mois. Après avoir traité ces échantillons pour isoler l’ADN et les eaux fécales, ils ont été en mesure d’affirmer que les bébés dont les mères ont subi une PAI ont connu des modifications dans la composition de leur microbiote intestinal.

«Les familles de bactéries comme les Enterobacteriaceae, qui comprennent une grande variété d’agents pathogènes, avaient augmenté dans le microbiome intestinal des bébés nés avec PAI», explique Silvia Arboleya. «Cependant, d’autres groupes de bactéries bénéfiques, tels que le Bifidobacterium et les Bacteroides, tous deux très importants au début de la vie, avaient diminué chezce groupe de bébés.»

Le projet a également analysé un potentiel effet positif du régime alimentaire dans la correction des modifications observées sur le microbiote intestinal de ces bébés. Dans ce cadre, les chercheurs ont comparé des données provenant de bébés allaités et nourris au lait maternisé, et nés avec ou sans PAI. «Bien que ces recherches soient toujours en cours, les premiers résultats suggèrent que le fait de nourrir les bébés nés avec PAI avec du lait maternel aide à maintenir des niveaux plus élevés de bactéries bénéfiques», affirme Silvia Arboleya.

Enfin, pour comprendre comment la PAI affecte la résistance aux antibiotiques, les chercheurs ont analysé les gènes de résistance aux antibiotiques des sujets. «Curieusement, nous avons découvert un plus grand nombre de nourrissons portant des gènes associés à la résistance aux antibiotiques dans le groupe dont les mères ont subi une PAI, par rapport à ceux qui n’ont pas été exposés à la PAI», observe Silvia Arboleya.

Réduire le nombre de maladies non transmissibles

Le projet IAPEMIDE démontre clairement que non seulement la PAI modifie la composition du microbiote intestinal, mais qu’elle augmente également la résistance aux antibiotiques. «IAPEMIDE a su produire de nouvelles informations concernant le rôle du microbiote intestinal, des antibiotiques et des probiotiques dans le développement et la santé néonatals», explique Silvia Arboleya. «De plus, le projet jette les bases du développement de nouvelles stratégies alimentaires permettant de minimiser les effets de l’une des pratiques les plus courantes en médecine, ce qui permettra en définitive de réduire le nombre de maladies non transmissibles et la résistance aux antibiotiques plus tard au cours de la vie.»

Silvia Arboleya a présenté les conclusions du projet lors de nombreux ateliers et conférences internationaux. «Le programme Actions Marie Skłodowska-Curie m’a permis d’améliorer et de renforcer mes compétences, mais également de me conforter en tant que chercheuse confirmée et indépendante», conclut-elle.

Détails du projet

  • Acronyme du projet: IAPEMIDE
  • Participants: Espagne (Coordinateur)
  • Numéro du projet: 749255
  • Coût total: EUR 158 121
  • Contribution de l'UE: EUR 158 121
  • Durée: Août 2017 à juillet 2019

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