De nouveaux moyens d’accroître la population ovine européenne et la rentabilité des élevages

La production ovine en Europe est en déclin, ce qui signifie que l’UE importe plus de viande ovine que jamais. Un projet financé par l’UE réunit les principaux pays producteurs de moutons d’Europe pour élaborer de nouvelles solutions et établir de bonnes pratiques. Ainsi, les éleveurs constatent déjà une augmentation de la production et de la rentabilité, qui profitera également aux consommateurs.

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Published: 21 September 2020  
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De nouveaux moyens d’accroître la population ovine européenne et la rentabilité des élevages

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© Paul Steven #316843808, source:stock.adobe.com 2020

La production de viande ovine et de lait de brebis constitue une industrie importante en Europe, en particulier dans des pays comme l’Irlande, la France, l’Italie, la Roumanie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Avec 85 millions de moutons répartis dans 830 000 exploitations dans l’UE, plus 33 millions de moutons supplémentaires en Turquie, le cheptel européen est plus important que celui de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande réunies.

Pourtant, en dépit de ce grand nombre de moutons, l’Europe n’est autosuffisante qu’à 85 % en matière de viande ovine. En conséquence, l’UE est le deuxième plus grand importateur de viande ovine au monde.

Derrière cette carence en termes d’autosuffisance se cache une industrie ovine en déclin. Depuis 2000, le nombre d’éleveurs de moutons dans l’UE a diminué de 50 %, et au cours des dix dernières années, la productivité des ovins a diminué jusqu’à 40 % (selon le pays et le système d’élevage).

«Différents facteurs peuvent expliquer ce déclin, mais le principal est la faible productivité des ovins, ou le nombre d’agneaux nés par brebis dans une exploitation», explique Jean-Marc Gautier, chef de service à l’Institut de l’élevage en France.

Toutefois, malgré cette tendance négative, Jean-Marc Gautier voit d’importantes possibilités d’améliorer la productivité des ovins. «En améliorant le taux de reproduction et la capacité de survie des agneaux, nous pouvons améliorer la rentabilité des exploitations et accroître l’autosuffisance en viande ovine en Europe», affirme-t-il.

Le projet SheepNet, financé par l’UE, est un réseau regroupant les principaux pays producteurs de moutons de l’UE et la Turquie, qui aide les éleveurs de ce secteur à tirer parti de ces possibilités. «En collaboration avec des scientifiques et des actionnaires, le projet a élaboré et partagé des solutions permettant d’augmenter la production sans avoir à exporter l’excédent de viande ovine», ajoute Jean-Marc Gautier.

Rendre la production ovine plus attrayante

Le principal objectif du projet était d’augmenter la productivité des brebis de 0,1 agneau par brebis recensée. Cela équivaudrait à 64 000 tonnes de viande ovine, ce qui permettrait d’atteindre une autosuffisance nette de 92 %. En outre, les éleveurs recevraient une augmentation d’environ 10 EUR pour chaque 0,1 agneau supplémentaire vendu par brebis recensée. «Nous sommes convaincus que ces changements rendront la production ovine plus attrayante pour les générations actuelles et futures de producteurs», explique Jean-Marc Gautier.

Pour ce faire, le projet a travaillé directement avec des éleveurs, des scientifiques et d’autres parties prenantes. Ensemble, ils ont identifié des solutions et des bonnes pratiques afin d’améliorer la productivité des brebis et la rentabilité du cheptel.

«Ces solutions ont porté sur tous les aspects, de la gestion de la nutrition en fin de gestation à la gestion du colostrum, en passant par les causes d’avortement et de mortalité des agneaux, l’élevage artificiel, l’évaluation de l’état physique des brebis et la gestion des étables», explique Jean-Marc Gautier. «Nous avons également mis en place un inventaire des agneaux et une méthode pour une meilleure gestion des béliers.»

Au total, le projet a généré 42 solutions, 88 trucs et astuces et 22 fiches d’information. Tous ces documents sont disponibles en six langues via la plateforme communautaire SheepNet. Chacun d’entre eux comprend des informations complètes sur les coûts et les bénéfices escomptés, les conditions préalables, des références et des retours d’information d’éleveurs installés.

Avoir un large impact

Une fois ces solutions en place, les chercheurs se sont tournés vers leur diffusion. «SheepNet, c’est l’innovation axée sur la pratique et le partage des connaissances pratiques», fait remarquer Jean-Marc Gautier. «Par le biais de notre réseau, nous avons encouragé la mise en œuvre et la diffusion de technologies et de pratiques innovantes destinées à améliorer la productivité ovine.»

Les différentes activités de diffusion ont notamment consisté en l’organisation de cinq ateliers par pays partenaire (35 au total), cinq autres ateliers transnationaux et un séminaire de synthèse final. Parmi les autres actions menées, l’on peut citer la production de 19 communiqués de presse, 143 articles, 120 vidéos et 33 infographies, sans oublier l’utilisation de diverses plateformes de réseaux sociaux.

Selon Jean-Marc Gautier, les solutions de SheepNet produisent déjà un impact significatif. «Nous avons reçu de nombreux retours d’information d’éleveurs nous expliquant la manière dont ils utilisent notre réseau et nos solutions pour améliorer la productivité des cheptels, l’efficacité du travail et la rentabilité de leurs exploitations», conclut Jean-Marc Gautier.

Forts du succès du projet, les chercheurs ont lancé EuroSheep, un projet Horizon 2020 dérivé, axé sur la santé et la nutrition des moutons. Ils travaillent actuellement sur une nouvelle initiative d’élevage de précision.

Détails du projet

  • Acronyme du projet: SheepNet
  • Participants: France (coordinateur), Espagne, Irlande, Italie, Roumanie, Turquie, Royaume-Uni
  • Numéro du projet: 727895
  • Coût total: EUR 1 995 289
  • Contribution de l'UE: EUR 1 991 289
  • Durée: novembre 2016 au octobre 2019

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