Intervenir dans des domaines d'activité pointus où la mise
en uvre des leviers traditionnels des Fonds structurels est trop risquée;
compléter le gros uvre de la politique régionale en
aidant les régions les moins compétitives à développer
leurs capacités d'innovation et d'adaptation aux mutations technologiques
et économiques
tels sont les objectifs des Actions innovatrices
du Fonds européen de développement régional (FEDER).
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Mal préparées aux mutations et aux évolutions
technologiques, les régions les moins prospères de l'Union
peinent à évoluer vers la société de l'information,
de la connaissance et de l'innovation. Or, à condition d'être
maîtrisées par les acteurs économiques, les nouvelles
technologies sont justement susceptibles de leur offrir les moyens
de rattraper leur retard. |
Les actions innovatrices du FEDER ont été spécialement
conçues pour les régions peu familiarisées avec les
nouvelles technologies de l'information et de la communication. Elles
sont un espace d'expérimentation indispensable, qui permettra progressivement
d'influencer et d'améliorer la qualité des programmes des
Objectifs prioritaires 1, 2 et 3 des Fonds structurels en y renforçant
le rôle des aspects immatériels et conceptuels de la compétitivité
régionale: la mise en réseaux, les partenariats public/privé,
les transferts de technologie, l'entrepreneuriat, etc.
Les Orientations
de ces actions pour la période 2000-2006 ont été
adoptées formellement le 31 janvier dernier par la Commission européenne.
Elles fixent trois priorités pour les régions en retard
de développement ou en reconversion:
- la connaissance et l'innovation technologique;
- la société de l'information;
- l'identité régionale et le développement durable
Concrètement, les régions visées peuvent solliciter
le soutien du FEDER en proposant à la Commission des projets de programmes
dans un ou plusieurs des trois secteurs clés; ces programmes doivent
se présenter sous la forme d'un plan d'action ou d'une stratégie
définis dans le cadre d'un large partenariat régional incluant
les acteurs publics et privés. Une fois approuvés, les programmes
constituent, durant deux ans au maximum, la base de mise en uvre de
projets pilotes individuels. Les résultats positifs de ces projets
pilotes pourront ensuite être repris par les programmes principaux
de développement économique et social.
Dans le passé, les initiatives de ce type, appelées RIS
(Stratégie d'innovation régionale) ou RISI (Initiative régionale
pour la société de l'information), ont par exemple permis
à des zones rurales pionnières de vendre du fromage via
Internet, à de petites entreprises du Limbourg néerlandais
de profiter des laboratoires de R&D de sociétés plus
grandes, à des entreprises du Pays-de-Galles (Royaume-Uni) d'obtenir
des financements et du savoir-faire supplémentaires grâce
à un réseau d'investisseurs privés, aux citoyens
de Galice (Espagne) et du Norte (Portugal) de consulter des systèmes
d'information en ligne contenant des données complètes dans
les domaines économique, social et culturel, etc.
Côté ressources, les Actions innovatrices sont dotées
d'un budget de 400 millions d'euros pour la période 2000-2006. Les
programmes régionaux retenus se verront allouer chacun entre 300
000 et 3 millions d'euros. Dix critères seront essentiels à
l'heure de la sélection par les services de la Direction générale
en charge de la Politique régionale: la qualité intrinsèque
des propositions (clarté de l'approche stratégique, nature
innovante des objectifs, etc.), leurs effets d'entraînement potentiels
(sur les programmes cofinancés par le FEDER et les autres politiques
communautaires), le partenariat établi entre les secteurs public,
privé et le monde associatif ainsi que la cohérence entre
les objectifs fixés et les ressources mobilisées.
Pour accompagner l'élaboration et la mise en uvre des nouvelles
stratégies innovatrices de développement, la Commission
soutiendra également des programmes de réseaux de coopération
et d'échanges d'expériences entre régions, et organisera
deux concours visant à identifier et développer les meilleures
pratiques.
Pour en savoir plus :
E-europe
La journée d'information sur les Actions innovatrices
fait salle comble
La venue de plus de 500 acteurs régionaux à Bruxelles,
le 19 février 2001, a prouvé, si besoin en était, l'intérêt
pour l'innovation à travers l'Europe. Ces responsables nationaux,
régionaux et locaux ont répondu en masse à l'invitation
lancée par la Commission européenne à l'occasion de
la journée d'information
consacrée aux Actions innovatrices.
| Durant huit heures, débats, idées
et questions ont été au cur de la journée
d'information sur les Actions innovatrices. Une certitude partageait
intervenants et invités: l'innovation est un facteur clé
de la compétitivité européenne et de la capacité
du continent à créer de l'emploi. Les nouvelles technologies
permettent, certes, d'améliorer les moyens de production, l'offre
de services, l'organisation du management et du marketing mais elles
vont plus loin encore. |
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| Elles sont aujourd'hui au centre du dispositif indispensable
à l'échange de connaissances, d'expériences et
de bonnes pratiques. |
Communiquer plus largement grâce à des programmes spécifiques
La journée d'information a été rythmée par de
nombreux ateliers. Après une présentation générale
des Orientations de la Commission, les participants ont eu l'occasion d'approfondir
plus particulièrement les questions liées à la soumission
des programmes régionaux d'Actions innovatrices, à l'appréciation
de ceux-ci par les services de la Commission, au rôle particulier
que les Actions innovatrices peuvent jouer dans la politique régionale
ainsi qu'à la mise en uvre et à la gestion des programmes.
Une session était également dédiée aux réseaux
et aux mesures d'accompagnement.
Les quatre priorités de Michel Barnier
En guise de clôture aux débats de la journée, Michel
Barnier, Commissaire chargé de la politique régionale, a fait
part des attentes de la Commission concernant le contenu des programmes
que devront préparer les régions.
1. Des projets réellement innovants
"Je souhaite recevoir des programmes qui contiennent des stratégies
basées sur les besoins identifiés par les acteurs du développement
sur le terrain. J'attends des propositions tout à fait novatrices,
qui peuvent comporter une part de risque. En effet, dans le domaine de l'innovation,
nous apprenons parfois plus des échecs que des réussites.
Bref, je ne veux pas voir resurgir ici et là des projets qui étaient
déjà dans les tiroirs et qui peuvent être financés
notamment au titre du mainstream1."
2. L'implication de tous les acteurs
"Tirant les leçons du passé, je souhaite la participation
active et l'implication de tous les acteurs régionaux et locaux,
tant publics que privés et associatifs, dans une approche partant
de la base, de type "bottom-up", aussi bien dans la conception
que dans la mise en place des programmes régionaux d'actions innovatrices.
D'où l'importance du choix du président du Comité de
pilotage qui doit être un véritable animateur et un fédérateur."
3. Un suivi et une gestion efficaces
"De notre part, nous avons fait un effort afin de simplifier les procédures
et assurer un maximum de transparence et de sécurité financière
pour cette nouvelle génération d'Actions innovatrices. Je
vous demande, de votre côté, de faire un effort pour assurer
un suivi et une gestion efficaces de ces programmes."
4. Les retombées sur les grands projets
"Je souhaite que, dès à présent, les responsables
des interventions du "mainstream" dans les régions Objectifs
1 et 2 qui vont participer aux Comités de pilotage des programmes
régionaux d'Actions innovatrices réfléchissent à
la manière dont les bons projets innovants seront transférés
et trouveront leur prolongement dans les grands programmes des zones Objectifs
1 et 2."
1. Mainstream: interventions du FEDER qui donnent lieu au cofinancement
des programmes opérationnels et des documents uniques de programmation.

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