Le Mont-Saint-Michel vise un tourisme écologique

Le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint Michel se concrétise aujourd’hui par la revalorisation du patrimoine architectural et de l’environnement naturel de ce site. La prise en compte du retour de la biodiversité, l’attention à un tourisme de qualité et les développements économique et durable sont à mettre au crédit de ce vaste projet.

Autres outils

 

L’îlot rocheux du Mont-Saint-Michel qui  accueille chaque année 2,5 millions de visiteurs de toutes les nationalités s’est ensablé depuis le milieu du XIXe siècle à la suite d’aménagements peu réfléchis (endiguements, création de polders). Un grand projet de rétablissement de son caractère maritime, soigneusement étudié et tenant compte de tous les aspects environnementaux et économiques liés au site, a démarré en 2000 et se poursuit, en une seconde phase, soutenue par le Fonds européen de développement régional (FEDER), de 2007 à 2013.

Nouveau barrage en amont

Une première période (2000-2006) s’est concentrée sur la construction d’un barrage sur la rivière du Couesnon, afin de chasser les sédiments loin du Mont, d’augmenter le fonds marin et d’abaisser le niveau des grèves. Durant la seconde phase (2007-2013), des aménagements hydrauliques sont réalisés en amont de ce barrage (aménagement des berges de la rivière et création d’un bassin de 770 000 m3) ainsi que dans la baie et dans la zone d’accès au Mont lui-même.

Une autre approche de l’abbaye

Outre les ouvrages hydrauliques réalisés en amont, d’importants travaux sont réalisés dans la baie et au pied du Mont. La digue-route et le parking situés au pied de l’abbaye ont été détruits. L’accès se fait par une nouvelle digue-route, pour la partie maritime, et un nouveau pont-passerelle de 756 mètres de long. La digue-route est empruntée uniquement par des navettes ou des calèches à cheval. Soutenue par 134 fins poteaux métalliques, elle est posée sur un terre-plein, à environ 140 mètres du Mont, et sa partie supérieure est inondée lors des grandes marées. Les pollutions causées par la circulation et le stationnement des véhicules au pied du site seront donc terminées.

Des indicateurs optimistes

Le suivi scientifique témoigne de répercussions très positives de ce projet sur le plan de l’environnement :

  • augmentation de fonds à caractère maritime et diminution des herbus autour du Mont ;
  • économie globale des émissions de CO2 (évaluée à 1217 tonnes par an) et des différents polluants provenant des véhicules ;
  • collecte de 100% des eaux de ruissellement par un réseau d’assainissement depuis la mise en service d’un nouveau parc de stationnement.

Un comité de suivi hydro-sédimentaire, composé d’experts internationaux, contrôle régulièrement l’écosystème marin (faune, qualité de l’eau, etc.), l’un des objectifs du projet étant de rétablir la biodiversité et l’habitat initial d’espèces végétales et halieutiques.

Sur le plan économique, l’utilisation de sédiments extraits (la « tangue ») doit permettre une revalorisation de la région. Par ailleurs, il est prévu que le projet entraîne la création de 93 emplois dans sa phase de réalisation et 65 dans sa phase opérationnelle.


Investissement total et contribution de l’UE

L’investissement total du projet « Poursuite du grand projet de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint Michel » s’élève à 210 600 000 EUR. La contribution du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) s’élève à 10 031 150 EUR au titre du programme opérationnel 'Basse-Normandie' pour la période de programmation 2007-2013, sous la priorité ‘Conforter l’attractivité de la région dans une perspective de développement durable’.


Date de rédaction

24/09/2014