CHEMSEA s’attaque au problème des munitions chimiques en mer Baltique

Quelque 50 000 tonnes de munitions chimiques ont été déversées dans la mer Baltique depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, et représentent une véritable menace pour l’environnement. Le projet CHEMSEA a pour but de localiser ces munitions, d’en savoir plus sur leur contenu et leur état, et d’étudier la façon dont elles réagissent aux conditions de la mer Baltique.

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Prélèvement d’échantillons de sédiments dans le cadre du projet CHEMSEA. © CHEMSEA Prélèvement d’échantillons de sédiments dans le cadre du projet CHEMSEA. © CHEMSEA

" Le projet CHEMSEA nous a permis de constater que, même si elles ne représentent pas un danger immédiat, les munitions chimiques resteront un problème en mer Baltique. Tout d’abord, elles constituent des sources de pollution éparses dont nous ne connaissons pas l’ampleur et qui sont difficiles à contrôler. Ensuite, elles sont une entrave majeure au développement économique de la région car elles font de la mer Baltique une zone d’investissement moins sûre et potentiellement plus onéreuse. "

Manuel CHEMSEA

Les partenaires de CHEMSEA ont exploré les sites de déversement officiels et non officiels en utilisant des systèmes de détection hydroacoustique et en procédant à des relevés magnétométriques. L’objectif est d’établir des liens entre les objets présents au fond de la mer et les perturbations du champ magnétique, d’examiner les courants et de prélever des échantillons de sédiments afin de déterminer les conditions naturelles caractéristiques des sites. Les travaux de levé consistaient notamment à classer les objets en différentes catégories, à sélectionner ceux nécessitant une analyse plus poussée et à inscrire les coordonnées des munitions et des sédiments contaminés sur des cartes.

Des études de toxicité ont été réalisées afin d’étudier l’assimilation biologique des agents de guerre chimiques (chemical warfare agents - CWA) dans différentes conditions. On a installé des cages aux endroits où la concentration de munitions était la plus élevée, puis mesuré l’accumulation des substances chimiques et leurs effets biologiques sur la faune.

Normalisation des procédures d’intervention

Les participants au projet ont passé en revue les législations nationales relatives aux agents de guerre chimiques et ont formulé des lignes directrices concernant la manipulation des munitions et l’élimination des déchets dangereux et des sédiments contaminés. Un plan d’urgence régional a également été élaboré. Il explique comment réagir en cas de prise accidentelle de munitions chimiques dans la mer ou de rejet de telles munitions sur le rivage. Des modèles ont été développés pour les deux scénarios, ce qui a conduit à la normalisation des procédures et plans d’intervention nationaux.

On a évalué le niveau de connaissance des groupes risquant d’entrer en contact avec des agents de guerre chimiques, par exemple les pêcheurs et les travailleurs «offshore». Des formations ont permis de sensibiliser le public au problème du déversement de munitions chimiques dans la mer et de diffuser les meilleures pratiques de réduction des risques.

Une lutte de tous les instants

Les agents de guerre chimiques représentent un risque dès lors qu’ils sont libérés, ce qui peut se produire lorsque le culot métallique est endommagé par la corrosion. Nous ne connaissons pas avec précision l’étendue et le degré de corrosion des agents de guerre chimiques présents dans la Baltique, mais cela dépend de facteurs tels que les matériaux qui ont servi à leur confection, l’épaisseur des parois et la nature du site où ils ont été abandonnés. Par ailleurs, nos connaissances sur les effets des agents de guerre chimiques sur le milieu marin sont limitées.

Il est peu probable que les munitions soient rejetées sur le rivage mais les nouvelles technologies permettent une activité dans des zones de haute mer où se trouvent des munitions, et toute perturbation mécanique à ces endroits pourrait causer des fuites. Une dizaine d’incidents impliquant la prise d’agents chimiques par des pêcheurs est signalée chaque année.


Investissement total et financement de l'UE

Le projet «CHEMSEA» a fait l'objet d'un investissement total d’EUR 4 500 000. La contribution du Fonds européen de développement régional s’élève à EUR 3 621 910 au titre du programme opérationnel «Mer Baltique» pour la période de programmation 2007-2013.


Date de rédaction

27/11/2015

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