Le port Est s'agrandit

Soutenue à 40% par le FEDER, la modernisation du seul port commercial de l'île de la Réunion est une nouvelle opportunité pour le développement de cette région ultra-périphérique.

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Sur les quais. Sur les quais.

Contexte

L'île de la Réunion est un département français d'outre-mer (DOM) situé dans l'Océan indien, au milieu d'une région du monde en voie de développement (Madagascar, Comores, Maurice). Les échanges de marchandises avec l'extérieur sont principalement assurés par voie maritime (3,5 millions de tonnes en 2003) et, très marginalement, par voie aérienne (20 000 tonnes). Port Réunion se trouve au nord-ouest de l'île, là où se concentrent la majeure partie des entreprises industrielles, commerciales et logistiques insulaires. C'est l'unique port commercial de l'île. Il occupe deux sites: le port Ouest, historique, situé au centre-ville de la commune Le Port; le port Est, créé en 1986, situé aux abords d'une zone industrielle, proche de la commune de La Possession. Pouvant accueillir des bateaux trois fois plus gros que le port Ouest, le port Est traite plus de 90% du trafic: conteneurs, produits raffinés, charbon, clinker, ciment, céréales, véhicules, marchandises diverses et passagers (liaison avec Maurice et croisières).

Absorber l'augmentation du trafic et des volumes

Ayant débuté en septembre 2004, la modernisation du port Est a quatre objectifs:
-    Créer de nouvelles capacités pour absorber le trafic escompté d'ici 2015 (augementation de 50 000 à 100 000 tonnes par an).
-    Réduire les temps d'attente et augmenter la qualité du service rendu.
-    Créer de nouvelles capacités de stockage de vracs.

Les travaux consistent notamment à: agrandir la zone de manœuvre des navires et à élargir le chenal d'accès; réaliser et équiper un quai de 649 m permettant l'accueil de 2 navires de 80 000 t; moderniser le parc de stockage et diverses voies d'accès; dépolluer les sols et éliminer les déchets; stocker provisoirement les matériaux issus des dragages et des terrassements (ils ne seront plus rejetés en en mer mais valorisés, cette ressource pour le secteur du bâtiment et des travaux publics se raréfiant dans l'île).

Résultats

L'extension du port permet d'accueillir des navires de dimension cohérente avec le volume des trafics actuels et à moyen terme. Il rend possible la spécialisation de l'ensemble des postes à quais (regroupés en terminaux), par type de conditionnement de marchandise et/ou de manutention, d'où un meilleur service à meilleur prix. La création d'un parc à charbon et la viabilisation de nouveaux terrains rendent par ailleurs opportune l'implantation d'une centrale thermique à proximité. Le quasi-achèvement du transfert des activités à l'est permet à la Ville du Port de réaliser ses projets d'aménagement urbain (création d'un bassin de grande plaisance, reconversion des entrepôts en pôle tertiaire).

Le projet contribue à une diminution de 5 à 7% de la dépense de transport maritime des importateurs de vracs solides et liquides. La possibilité d'affréter des navires "panamax" (entre 50 000 et 80 000 tonnes) pour le clinker contribue à pérenniser l'activité de transformation locale de ce produit en ciment (activité représentant une trentaine d'emplois).
Le transfert des produits raffinés permet aux manutentionnaires du terminal à conteneurs de se positionner plus favorablement sur le marché. L'extension des capacités de stockage de céréales et de nourriture pour animaux renforce la filière "viande" de l'île et lui permettra de continuer à prendre des parts de marché aux importations (la répartition actuelle étant de 50% pour les viandes importées et de 50% les viandes produites localement). Le transfert des huiles végétales dans une autre partie du port confortera cette industrie de conditionnement local (gain en termes de productivité). Enfin, la baisse de l'intensité d'occupation de certaines parties du port accroît les chances de création d'une base permanente pour un grand navire de croisière.


Date de rédaction

01/02/2006