Un site de patrimoine salin héberge un centre culturel et d’études

Une saline du XVIIIe siècle située dans le nord-est de la France a été transformée en un lieu important d’expositions et d’événements culturels. Ce site, avec sa conception révolutionnaire de dix bâtiments organisés sous la forme d’un grand demi-cercle, était l’œuvre de l’architecte du roi Claude-Nicolas Ledoux. Il figure depuis 1982 dans la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Autres outils

 

«Nos audioguides offrent aux visiteurs étrangers un service trilingue tout au long de l’année, guident les visiteurs pendant la saison hivernale et améliorent la qualité des visites des personnes qui ne peuvent pas suivre nos guides.»
Isabelle Sallé, responsable de la culture et du patrimoine, Saline royale d’Arc-et-Senans

Située dans la région Franche-Comté, la saline royale d’Arc-et-Senans produit annuellement jusqu’à 100 000 tonnes de sel. Elle attire aujourd’hui de nombreux chercheurs en architecture urbaine et des milliers de visiteurs.

Utopie industrielle

D’un point de vue historique, le sel était principalement utilisé pour la conservation de la viande et du poisson. Dans les villes éloignées de la mer, le moyen le plus simple de s’en procurer consistait à exploiter un gisement ou à extraire les minéraux du sol salin. Cette activité se pratiquait dans de nombreuses villes de Franche-Comté, telles que Salins-les-Bains, où la saumure était pompée dans des puits profonds, puis bouillie afin de produire du sel.

Lorsque les forêts fournissant le bois nécessaire à ces chaudières s’appauvrirent, la décision fut prise de construire une nouvelle saline à proximité sous la supervision de Claude-Nicolas Ledoux. Après six ans de planification et de construction, la nouvelle usine a commencé ses activités en 1779. Elle utilisait de l’eau amenée par conduites de Salins-les-Bains, à 20 km environ.

La vision utopique originale de Ledoux, une saline associée à des services sociaux tels qu’un hôpital et une école, ne s’est jamais complètement concrétisée. Cependant, les bâtiments néoclassiques parfaitement organisés du complexe, un bâtiment étant entouré de deux salines de 80 mètres de large, ainsi que d’une prison et d’une boulangerie, annonçait l’architecture typique des installations industrielles. Rénové dans les années 1970, le site améliore en permanence ses installations et accueille des événements annuels importants, certains étant partiellement financés par deux programmes du FEDER.

Un centre saisonnier de culture et de tourisme

Depuis 1972, guidé par l’Institut Claude-Nicolas, le site joue le rôle de centre international de réflexion sur l’avenir. L’institut, dont les membres comprennent des autorités locales, des entreprises, ainsi que des organismes publics et privés, l’a également transformé en centre culturel de rencontre européen, où se déroulent des séminaires, des expositions et des études du patrimoine.

Grâce au financement de l’UE, le site a amélioré ses installations d’accueil et met aujourd’hui à disposition des audioguides modernes. Entre 2001 et 2003, il a aussi créé quatorze potagers de style XVIIIe siècle et accueilli deux expositions importantes: l’une sur le bois et les artisans, l’autre sur l’esthétique du patrimoine architectural.

Dans le cadre du programme Interreg III France-Suisse, également financé par le FEDER, le site s’est associé en 2004 et en 2005, respectivement, à la ville de Lausanne et au canton de Neuchâtel. Leurs actions se sont focalisées sur la mise en évidence des espaces publics de la ville, ainsi que sur les techniques de jardinage et la formation dans ce domaine.

Date de rédaction

15/06/2010