Une nouvelle route pour soulager des infrastructures asphyxiées

Réduire la congestion provoquée par une population connaissant une croissance galopante, tel était l’objectif poursuivi par la construction d’une importante voie rapide sur l’île de la Réunion. L’île, dont le nombre d’habitants a augmenté de près d’un tiers en moins de dix ans, a inauguré en juin 2009 une nouvelle route à deux fois deux voies, longue de 34 km.

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«La réalisation de la route des Tamarins n’aurait pu être possible sans de hauts niveaux d’implication humaine, de savoir-faire technique et un soutien financier sans précédent de plusieurs communes, de l’État français et de l’Europe. Cette extraordinaire infrastructure fait de la Réunion une île ancrée dans le XXIe siècle.»
Didier Robert, président de la région

Aujourd’hui considérée comme la nouvelle épine dorsale de la Réunion, cette route qui parcourt la côte ouest de l’île relie les communes de Saint-Paul, au nord, et de l’Étang-Salé, au sud.

Prendre l’itinéraire touristique

de désengorger le trafic de la RN1, principale route côtière. Celle-ci présentait une congestion telle qu’elle en était devenue dangereuse. À la suite de l’explosion démographique et touristique qu’a connue l’île entre 1980 et 1990, le nombre de véhicules sur les routes a connu une augmentation croissante. En 1990, le trafic côtier avait été multiplié par 2,5, alors que sur les routes de l’intérieur du pays, la croissance était de l’ordre de 1,5. C’est Paul Vergès, précédent président du Conseil régional (de 1998 à 2010), qui fut l’instigateur du projet.

La grande fréquentation des routes côtières est due au fait que le centre de l’île présente un relief volcanique et montagneux. Étant donné l’inégalité du terrain, qui borde également la côte, la nouvelle route représente une véritable prouesse technologique, puisque des ponts, des tunnels et des viaducs sont venus se greffer au projet de construction, pour permettre à la route de franchir ravines, gorges et falaises.

Une prouesse d’ingénierie

Pas moins de 26 infrastructures non conventionnelles ont été érigées, parmi lesquelles quatre ont reçu une reconnaissance internationale: les viaducs de Saint-Paul, de la Grande Ravine, des Trois-Bassins et de Ravine la Fontaine.

L’impressionnant viaduc sur corbeaux de Saint-Paul, dans le nord de l’île, s’étire sous la forme d’un «s» sur 756 mètres de longueur et à 35 mètres de hauteur, avec une inclinaison de quelque 6 %. Le viaduc autoportant de la Grande Ravine enjambe quant à lui une trouée de 320 mètres de long et profonde de 170 mètres, offrant une vue panoramique sur la faune et la flore abondantes d’autres ravines moins connues.

Le viaduc des Trois-Bassins est une structure remarquable en forme d’arche qui semble flotter élégamment au-dessus d’un vaste paysage. Enfin, les 110 mètres du viaduc de Ravine la Fontaine, relient deux falaises sans aucune structure de soutien au-dessous.

L’innovation au-delà de l’architecture

En termes de trafic, la nouvelle route devrait accueillir un minimum de 40 000 véhicules par jour d’ici à 2015. Mais là n’est pas son seul engagement. En effet, ses structures ont été conçues de manière à préserver le fragile écosystème des vallées et le caractère naturel du paysage en limitant le nombre des piliers pour soutenir ses ponts.

Des systèmes de traitement des eaux de pluie ont également été installés, ainsi que des panneaux antibruit afin de réduire la pollution. Des panneaux solaires sont venus compléter le projet et stimuler la production d’énergie renouvelable.

Date de rédaction

01/01/2007