MémoArt ravive les liens culturels entre Savoyards et Genevois

Projet social, culturel et historique, MémoArt (Mémoire sans frontières) permet aux citoyens français et suisses d’accéder à des milliers de documents sur Genève et la Haute-Savoie à travers un portail Internet. MémoArt a aussi sensibilisé les habitants sur le thème de la frontière à travers des spectacles, des films, des collectes de mémoire, des expositions et des actions pédagogiques.

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La légende du molardier, l’un des trois spectacles vivants de la trilogie du molardier, dans le cadre de la méditation culturelle de MémoArt. © JP Héranval La légende du molardier, l’un des trois spectacles vivants de la trilogie du molardier, dans le cadre de la méditation culturelle de MémoArt. © JP Héranval

" La réaffirmation d’une Histoire et d’une Culture commune entre Genève et la Savoie est un enjeu d’actualité pour que chaque habitant – né ici ou nouvel arrivant – puisse s’approprier, se réapproprier un espace de vie qui dépasse les frontières administratives. "

Coraline Crosa, chargée de la programmation culturelle de l'écomusée Paysalp

D’un côté des français, de l’autre des suisses. Les uns habitent le département de la Haute-Savoie, les autres le canton de Genève. Comment rapprocher ces citoyens séparés par une frontière ? En mettant en valeur ce qu’ils partagent en commun : une histoire et une culture. Genève a choisi d’entrer dans la Confédération suisse en 1815, juste après la “période française” (1798-1814) au cours de laquelle la ville était annexée à la France.

Le projet MémoArt (Mémoire sans frontières) a vu le jour dans le cadre des célébrations du bicentenaire. Il vise à produire des réflexions communes sur les relations historiques entre Genève et la Haute-Savoie et plus particulièrement sur l'espace transfrontalier du “Grand Genève”. La première étape a consisté en la création d’un portail Internet: memoiresansfrontieres.com.

L’association de deux richesses documentaires

Véritable mémoire documentaire commune à l’espace transfrontalier franco-genevois, ce portail permet d’accéder à plus de 20.000 images issues de deux bases de données. Celle du Centre d'iconographie genevoise conserve les collections d'images et de photographies de la Bibliothèque de Genève. Celle de l’Ecomusée Paysalp, d’une approche plus ethnologique, documente la vie locale à travers des photographies, des cartes postales, des correspondances mais aussi des témoignages sonores, des vidéos et des reportages écrits concernant des habitants.

« Pour enrichir notre base de données et celle du centre de Genève, nous avons réalisé un gros travail de collecte autour de la frontière, auprès de personnes qui avaient des collections de cartes postales, des documents anciens, et avons enregistré les témoignages des aînés de part et d'autre de la frontière », raconte Coraline Crosa, chargée de la programmation culturelle de l'écomusée Paysalp. En plus des données déjà existantes, près de 4 000 documents ont ainsi été recueillis, traités et rendus accessibles en ligne dans le cadre du projet Mémoart. Le portail renvoie également au site cartographique www.ge200.ch/carto/ qui permet de cartographier l’évolution de Genève depuis 200 ans. 

Des spectacles, des films et des interventions scolaires

La seconde étape, celle de la médiation culturelle, s’est nourrie de ce travail documentaire. “La trilogie du molardier”, trois spectacles vivants qui éclairent les questions de frontières entre la Savoie et Genève, a accueilli plus de 5 300 spectateurs. L’objectif est de créer un lien social entre les habitants et les événements qui s’y déroulent, pour que les gens soient acteurs de leur territoire et pas seulement spectateurs, analyse Coraline Crosa.

Sept documentaristes ont réalisé dix courts-métrages sur le thème de la frontière franco-genevoise. Ils ont fait l’objet d’un DVD et d’une dizaine de projections publiques. 300 enfants âgés de 8 à 16 ans ont été sensibilisés à cette thématique grâce aux interventions pédagogiques autour de l’exposition “Mes mots sans frontières”, menées auprès de huit classes en France et six en Suisse. De jeunes lycéens professionnels français et des seniors suisses ont créé et enregistré des slams sur la mémoire des lieux sur leur territoire respectif. 

Quatre personnes ont obtenu un emploi en CDD au cours du projet. L’une d’entre elles, Coraline Crosa, a décroché un CDI suite à sa mission de médiation.


Investissement total et financement de l’UE

Le projet “MémoArt (Mémoire sans frontières)” a fait l’objet d’un investissement total de 820 461 EUR. La contribution du Fonds européen de développement régional s’élève à 300 000 EUR au titre du programme opérationnel “France-Suisse” pour la période de programmation 2007-2013.


Date de rédaction

03/06/2016