La sécurité maritime est l’affaire de tous

Une mission d'expertise a été effectuée en 2004 pour optimiser l'efficacité de la coopération transnationale en matière de sécurité maritime. Elle a fourni une mine d'enseignements pour 2007-2013 dans un domaine essentiel pour les transports et l'environnement.

Autres outils

 
Nettoyage des côtes galiciennes après la marée noire provoquée par le naufrage du Prestige en 2002. Nettoyage des côtes galiciennes après la marée noire provoquée par le naufrage du Prestige en 2002.

Contexte

On a longtemps considéré que la sécurité maritime relevait exclusivement de la politique internationale. La marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier Erika en décembre 1999 (10 000 tonnes de fuel déversées dans l'océan au large de la Bretagne) a modifié cet état d’esprit en démontrant que seul un partenariat de tous les acteurs concernés par la sécurité maritime pouvait effectivement changer les choses. Le désastre écologique causé par le Prestige au large de la Galice, en novembre 2002, a renforcé cette conviction: on se rappelle le rôle joué par les bateaux de pêche dans le ramassage du pétrole en mer et la mobilisation des volontaires pour le nettoyage des côtes.

Coordonner les actions

Adopter cette approche partenariale implique de clarifier le rôle de chaque intervenant (organisations internationales, Etats, collectivités territoriales, marines nationales, milieux professionnels, autorités portuaires…), de se répartir les tâches et de mettre en place un dispositif de coordination. Avoir une idée exacte des compétences des uns et des autres permet également de déceler les synergies entre les intervenants et de mieux cibler les priorités de chacun. A défaut d’une telle analyse préalable, les risques de double emploi, de confusion et de dispersion des efforts empêcheraient tout progrès significatif dans la mise en place d’une sécurité maritime performante.

C’est à cet exercice que s’est livrée la mission d’expertise lancée par le Comité de suivi du programme INTERREG IIIB "Espace Atlantique" en 2004. Cette mission a réuni des experts de chaque bassin maritime de l’Union européenne (Baltique, Mer du Nord, Atlantique, Méditerranée, Mer Noire et îles) ainsi que des spécialistes de la coopération et des représentants des principales Directions générales de la Commission européenne concernées: politique régionale, environnement, recherche, transport.

Compléter les instruments existants

La finalité de la démarche étant de mieux valoriser les complémentarités des différents partenaires, on a inventorié un certain nombre de ressources: s’appuyer par exemple sur les missions de l’Agence européenne de l’Environnement; tenir compte des travaux et priorités des différentes conventions régionales (HELCOM, OSPAR1… ) lorsqu'un projet concerne la lutte contre les pollutions marines…

Une attention particulière doit être portée au montage des partenariats: on a ainsi mis en évidence que les projets de coopération en matière de sécurité maritime nécessitaient d’associer davantage les autorités portuaires et l’industrie pétrolière, et que les instituts de recherche et les laboratoires universitaires devaient davantage s’ouvrir aux professionnels de la sécurité.

Une "philosophie d’action" a pu être dégagée: les coopérations devraient privilégier les actions de prévention et de restauration plutôt que les actions de lutte contre les pollutions accidentelles. De même, priorité doit être accordée aux projets qui accompagnent et complètent les politiques existantes en servant de champs d’expérimentation et de recherche de solutions nouvelles.

Résultats

La mission a débouché sur une liste de thèmes de coopération à privilégier en matière de sécurité maritime au cours de la période de programmation 2007-2013 des Fonds structurels. Onze projets structurants ont ainsi été identifiés, parmi lesquels: des projets propres à un bassin maritime particulier (les conditions de navigation hivernale en mer Baltique, par exemple); des projets communs à tous les espaces de coopération (les techniques de nettoyage des plages et de gestion des déchets, le renforcement de l’océanographie appliquée…); et enfin des échanges d’expériences à partir de cas réels.

Le rapport final de la mission est disponible en quatre langues (français, anglais, espagnol et portugais) sur le site Internet interreg-atlantique.org.


Date de rédaction

01/03/2006