Le co-voiturage comme réponse à la problématique des déplacements transfrontaliers dans l’Arc jurassien

En rendant le co-voiturage attrayant, le projet « Co-voiturage Arc jurassien » a permis d’apporter une réponse efficace à l’enjeu de mobilité dans cette région montagneuse congestionnée par le trafic automobile, et constitue un exemple de coopération transfrontalière.

Autres outils

 
Aire de co-voiturage © Édouard Prost Aire de co-voiturage © Édouard Prost

" L’évolution de la pratique du covoiturage constatée suite à la mise en œuvre du projet démontre qu’il a atteint son public et offre une réponse adaptée à l’enjeu de mobilité en zone de montagne. Au-delà, l’ouverture à la dimension transfrontalière du programme, constitue une opportunité pour développer un véritable partenariat au sein d’une communauté d’intérêt « arc jurassien ». "

Édouard Prost, Directeur adjoint, Parc naturel régional du Haut-Jura

L’Arc jurassien connait un essor économique, avec pour conséquence, une hausse du trafic automobile transfrontalier étant donné le recrutement croissant de personnes habitant de plus en plus loin de leur lieu de travail. En effet, chaque jour, plusieurs dizaines de milliers de personnes quittent la Franche-Comté en voiture, pour aller travailler en Suisse. Dans neuf cas sur dix, il n’y a qu’une seule personne à bord du véhicule. Cette intensité du trafic automobile a plusieurs conséquences négatives pour la région : fréquents embouteillages, insécurité routière dans les villages traversés, pénurie d’emplacements de stationnement et émissions de gaz à effet de serre. En outre, ces pratiques ont un coût pécuniaire important pour les navetteurs.

Un projet peu coûteux, efficace et indirectement bénéfique pour l’emploi

Le co-voiturage est un service aux citoyens facile à mettre en place et peu onéreux, comparé à d’autres types de services publics de transport. Le projet « Co-voiturage Arc jurassien », lancé en juillet 2010, a permis, en trois ans et demi, d’augmenter de 50 % le co-voiturage dans la région. Ceci équivaut environ à 1000 nouveaux co-voitureurs qui, pour la plupart, roulaient seuls avant et qui, grâce à ce nouveau service, ont pu réduire leurs trajets, leur budget de transport et leur empreinte carbone. Dans les entreprises participantes, la part modale du covoiturage a atteint les 20 % et le taux de remplissage moyen par véhicule (plus de 2,5) a dépassé la moyenne aux frontières (2,07).

Ce projet d’incitation au co-voiturage a aussi permis de rapprocher besoins des habitants et besoins des entreprises, favorisant de la sorte indirectement l’emploi dans la région. En effet, divers outils furent développés pour offrir un service simple, flexible, gratuit et accessible en tout temps : la création d’une centrale d’appels et d’un site internet simplifiant les prises de contact entre automobilistes, l’aménagement d’aires de co-voiturage et de parkings-relais à la frontière, clairement identifiés dans une carte interactive reprise sur le site internet du projet, combinés à des mesures incitatives au sein des entreprises participantes (stationnement préférentiel, gestion des horaires, etc.), ont permis de lever les freins au développement du co-voiturage. En apportant une réponse au problème de mobilité de la région, le projet profite indirectement à l’emploi local. Le projet n’aura certes pas créé d’emplois directs mais il aura ouvert le champ des perspectives professionnelles des habitants de l’Arc jurassien tout en permettant aux entreprises locales d’améliorer leur attractivité.

Un exemple de coopération transfrontalière

Les territoires français et suisses investis dans ce projet sont parvenus à adopter une approche et des outils communs pour répondre à une problématique partagée. Dans cette région montagneuse en plein essor économique, les enjeux étaient multiples : il fallait décongestionner les axes routiers, réduire l’impact écologique du trafic routier et le coût qu’il représente pour chacun (citoyens, entreprises et autorités publiques), et conforter le potentiel de développement des territoires et des entreprises. Au travers d’une dynamique de coopération et de partenariat exemplaire, les différents partenaires au projet ont été en mesure de relever ces défis, à tel point que le projet fait désormais l’objet d’un élargissement et qu’il a servi de modèle à un projet similaire dans le Bassin lémanique.

Investissement total et financement de l’UE

Le projet « Co-voiturage Arc jurassien » a fait l’objet d’un investissement total de 585 904 EUR. La contribution du Fonds européen de développement régional s’élève à 142 882 EUR, au titre du programme opérationnel « France-Suisse INTERREG IVA » pour la période de programmation 2007-2013. Il est prévu de poursuivre le projet sous la nouvelle période de programmation, de sorte à en conforter les résultats, expérimenter de nouvelles solutions et élargir la couverture à l’ensemble des territoires frontaliers de l’arc jurassien.

Date de rédaction

15/07/2015