Ouvrir ses portes aux immigrants: l'intégration, une affaire de rencontre

Au travers d'activités variées, un centre familial pour immigrants près d’Helsinki permet à ces derniers de mieux connaître la société finlandaise et, si nécessaire, de recevoir aide psychologique et conseils.

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Contexte

Le défi d’intégrer les étrangers se pose à la plupart des pays d’Europe, y compris ceux comme la Finlande qui n’étaient pas des destinations traditionnelles de l’émigration du Sud. Mais que recouvre au fond le concept large, voire flou, d’intégration? La ville de Vantaa, près d’Helsinki, a pris la question à bras le corps en créant, avec le soutien du programme européen URBAN II, un Centre familial pour immigrants. Ce dernier leur propose diverses activités pour les initier à la société dans laquelle ils sont plongés sans en connaître les coutumes, les codes ou même le langage. Autrement dit, sans en avoir les clés. Et connaître la société d’accueil, c’est d’abord en rencontrer les membres. La démarche est d'ailleurs mutuelle, les Finlandais ayant eux aussi tout à apprendre sur ces étrangers qu’ils côtoient sans les rencontrer.

L’idée de départ était aussi et surtout de disposer d’un lieu, d’une maison commune où les familles d’immigrants puissent bénéficier d’un soutien concret bien avant que les difficultés ne commencent à s’accumuler, en particulier pour l’éducation des enfants. Ces difficultés sont d’abord dues au chômage mais aussi à l’isolement, en particulier celui des femmes qui restent cloîtrées chez elles sans pratiquement d'autres contacts qu'avec leurs compatriotes immigrés.

L’exigence d’une participation suivie

Les activités sont menées sur une base volontaire mais elles exigent un engagement, une participation régulière. Les participants viennent parfois d’eux-mêmes, parfois ils sont orientés vers le Centre Hakunen par un dispensaire, une garderie ou un travailleur social. Une garde d’enfant est assurée sur place pendant les activités. L'équipe de collaborateurs du Centre est composée d’éducateurs, puéricultrices, assistantes sociales, psychologues et infirmières. Les institutions de tutelle sont la Ville de Vantaa et le Ministère des Affaires sociales et de la Santé.

Jukka-Pekka Sorjonen, responsable du programme URBAN II Vantaa - qui couvre un éventail de projets des plus variés dont celui du Centre familial - note que "comme à l’accoutumée, il y a plus de demandes pour ce genre d’action qu’il n’y a de ressources disponibles". L’une des difficultés rencontrées au départ a été la localisation du Centre. En vertu de l’"effet NIMBY" ("Not In My Back Yard", pas dans mon arrière-cour), l’ouverture d’un centre familial pour étrangers n’a pas été vue d’un œil favorable par tous.

Une fois cet obstacle surmonté, il a fallu veiller à accueillir des gens de toutes origines, souligne M. Sorjonen: "On doit trouver le bon équilibre entre différents groupes d’immigrants. Une seule nationalité ne peut monopoliser le centre familial. Les gens de toutes origines ethniques doivent sentir qu’ils sont les bienvenus".

Résultats

En 2005, quelque 1 050 immigrants et 1 200 Finlandais de souche ont pris part aux activités du Centre Hakunen. Mis sur pied en 2004 pour deux ans, le projet se poursuit en 2007 en raison de son succès qui s’explique notamment par la variété des activités proposées: éducation physique, "café familial", club pour adolescentes, cours de langue finnoise, conférences… Le Centre exerce aussi une importante fonction d’aide psychologique pour rapprocher parents et adolescents en rupture de ban, voire dépressifs. Enfin, il permet aux parents de trouver leurs repères: on les informe des services à leur disposition, de la halte-garderie à la bibliothèque en passant par les aires de jeux pour enfants. L'expérience, estime M. Sorjonen, est tout à fait transposable dans la plupart des pays européens.


Date de rédaction

01/08/2006