«Working Chance»: aider les anciens délinquants à prendre un nouveau départ

Les anciens délinquants peinent à trouver un emploi lorsqu'ils sortent de prison, une situation qui exacerbe leur isolement social et accroît leur risque de sombrer à nouveau dans la criminalité. Pour résoudre ces problèmes, un projet né en République tchèque a appliqué les techniques des agences pour l'emploi afin d'aider ce groupe marginalisé à obtenir des emplois adéquats et à prendre un nouveau départ.

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Les entretiens pratiques ont réuni les candidats et les entreprises dans un format inspiré du «speed dating». © Rubikon Centrum Les entretiens pratiques ont réuni les candidats et les entreprises dans un format inspiré du «speed dating». © Rubikon Centrum

" En prison, le temps s'arrête...lorsqu'on ne parvient pas à obtenir une seconde chance d'être utile et accompli dans la vie de tous les jours, on jette l'éponge. Pour moi, il était évident dès le début que seules des organisations telles que Rubikon pouvaient me permettre de retourner à la vie normale et de me sentir bien dans ma peau. "

Daniel Svoboda, un ancien détenu qui a rencontré son employeur à travers le projet

«Working Chance» a permis de rapprocher les anciens délinquants et les employeurs pour vaincre les préjugés et démontrer que les personnes sortant de prison pouvaient contribuer au marché de l'emploi. Des employeurs, des ONG et des administrations publiques ont collaboré à la mise en œuvre des actions conçues pour accroître l'intégration sociale des anciens délinquants.

Ouvrir les portes d'un avenir meilleur

Les efforts pour réduire les obstacles du marché du travail et trouver des emplois pour les anciens délinquants ont été déployés par le biais d'une agence pour l'emploi non commerciale appelée Rubikon. Des séances individuelles et de groupe ont permis d'étudier la situation de chaque personne, son casier judiciaire, ses compétences et ses ambitions.

Le programme a fait ses preuves puisque 58 % des participants ont ensuite obtenu un emploi et 80 % d'entre eux l'ont conservé après la période d'essai.

Créer des ponts

Les journées d'entretiens pratiques (Practical Interview Days, PID) ont offert aux participants des entretiens d'embauche avec une foule d'entreprises dans un format inspiré du «speed dating». Chaque entretien durait environ 15 minutes, et les anciens délinquants devaient passer cinq à six entretiens par séance. Ce format a contribué à développer chez les candidats leur confiance en eux-mêmes et les a encouragé à parler de leur passé. Les premières séances de PID ont produit de réels résultats. En effet, sur 52 candidats, 41 ont reçu des offres d'emploi après leur participation.

Rien qu'en 2014, le projet a coopéré avec 140 employeurs et soutenu 700 anciens criminels. En outre, après avoir obtenu un financement supplémentaire du secteur des entreprises, l'agence continuera ses activités en 2016. Les entreprises semblent particulièrement enclines à développer le format PID et ont même proposé de couvrir les coûts associés à la gestion des évènements.

Investissement total et financement de l'UE

Le projet «Working Chance» a fait l'objet d'un investissement total de 67 170 EUR. La contribution du Fonds social européen s'élève à 63 812 EUR au titre du programme opérationnel «Ressources humaines et emploi» pour la période de programmation 2007-2013.

Date de rédaction

12/10/2015