Préserver le «Danube bleu»

Une grande ville portuaire du Danube, dont les infrastructures avaient été négligées pendant des dizaines d’années, s’est retrouvée confrontée à de graves problèmes environnementaux et de santé publique. Mais d’ici la fin 2010, après l’achèvement du plus vaste projet d’assainissement de l'eau mené en Bulgarie, Ruse sera enfin dotée d’un système d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées de niveau international.

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«Vous voulez savoir ce que je ressens devant tous ces changements et ces grands investissements? Pour la première fois, je me sens réellement européen.»
Sava Savov, directeur de ViK

Ce projet d’une durée de cinq ans est axé sur la modernisation et la construction de nouvelles infrastructures, l’objectif étant de se conformer à deux directives européennes essentielles dans le domaine de l’eau, l’une sur le traitement des eaux urbaines résiduaires et l’autre sur l’eau potable. La ville de Ruse procède donc actuellement au remplacement d’environ 20 km de canalisations. Sa nouvelle station d’épuration doit par ailleurs lui permettre de faire face à l’explosion démographique attendue d’ici 2030. Quant aux boues résiduaires, elles seront transformées en source d’énergie alternative.

Lutter contre la pollution tout en garantissant l'approvisionnement en eau

En raison de la dégradation des infrastructures d’approvisionnement en eau, des milliers de litres d’eaux usées non traitées provenant de Ruse étaient déversés chaque jour dans le Danube. À ce problème s’ajoutait l’écoulement d’environ 45 % de l’eau propre de la ville à cause des fuites que présentaient les tuyaux obsolètes. Une eau qui venait se mélanger aux eaux d’égouts non traitées. L’approvisionnement en eau était donc peu fiable, onéreux et dangereux.

Lancé en 2005, le projet intégré dans le domaine de l’eau associe le ministère bulgare du développement régional, trois organismes de conseil qui aident la municipalité à gérer le projet et ViK, la compagnie des eaux. Ce projet a pour principal objectif de protéger l’environnement en diminuant les niveaux de pollution du Danube et d’améliorer la fiabilité du réseau urbain d’approvisionnement en eau et l’utilisation efficace des ressources en eau.

Le coût total du projet devrait atteindre les 57,8 millions d’euros, dont 35,1 millions financés par l’UE au titre de l’Instrument structurel de préadhésion (ISPA). Près de 75 % du financement est destiné à la modernisation du système d’égouts et à la construction de la station d’épuration. Le restant sera réservé à l’amélioration de l’approvisionnement en eau propre.

Transformer les rejets en biogaz

Grâce au projet, les 160 000 habitants de la ville de Ruse disposent désormais d’un tout nouveau système d’égouts et d’une station d’épuration des eaux usées d’origine domestique et industrielle, qui n’étaient pas traitées jusqu’ici. La nouvelle station d’épuration est conforme aux normes communautaires. Elle occupe plus de 42 000 m² et 100 000 m² supplémentaires sont réservés pour une exploitation ultérieure. Les boues résiduaires seront recueillies dans un bassin de digestion. Le méthane ainsi produit alimentera une centrale électrique et thermique au biogaz.

La ville bénéficie à présent d’un approvisionnement ininterrompu en eau propre et d’un réseau de distribution étendu. Environ 20,5 km de canalisations sont remplacés par des conduites qui ont un diamètre deux fois supérieur à celui des anciennes. Quant à la nouvelle station de pompage, à la source d’eau de la ville, elle affiche une efficacité énergétique améliorée de 25 %.

L’environnement local et la santé des habitants ont tout à gagner de l’arrêt du déversement d’eaux usées dans le Danube. Le projet a également préservé les ressources en eau potable, créé de nombreux emplois et il minimise les risques d’inondations.


Date de rédaction

06/01/2010