Agir ensemble contre l’imprévisible

Différents accidents graves survenus dans le sud de la Belgique et le nord de la France ont conduit à la création du projet APPORT (Aide à la Préparation des Plans Opérationnels des Risques Transfrontaliers). Résultat: une approche commune permettant de redoubler d’efficacité pour prévenir les catastrophes et intervenir en cas de danger.

Autres outils

 
Exercice réalisé à Mouscron (BE) le 20/02/2013 dans le cadre du projet APPORT. © Massimo Di Emidio Exercice réalisé à Mouscron (BE) le 20/02/2013 dans le cadre du projet APPORT. © Massimo Di Emidio

2004--L’explosion d’une conduite de gaz à Ghislenghien (BE) fait 24 morts et 132 blessés, belges et français. « Cet accident majeur a démontré la nécessité de pouvoir disposer de moyens de secours en nombre et en qualité. Dans de tels cas, il faut pouvoir prendre en charge des dizaines de blessés tout en combattant les incendies », remarque Yves Van de Vloet, coordinateur du projet APPORT. Lancé en 2009, celui-ci vise à harmoniser les plans d’urgence et les procédures d’alerte pour optimiser les conditions d’intervention dans la zone frontière franco-belge – une zone où les modes de gestion des crises, les réglementations et l’organisation des services de secours étaient loin d’être identiques selon les régions.

Etat des lieux et cartographie

Les partenaires du projet – les autorités et services de secours du Hainaut (BE) et de la Zone de défense de sécurité Nord (FR) – ont travaillé méthodiquement. Ils ont d’abord réalisé un état des lieux, à savoir un inventaire des moyens de coopération et une analyse des réglementations côté belge et côté français. Cette analyse a abouti à l’édition d’une étude, « Risques technologiques transfrontaliers: de la prévention à la gestion des accidents », diffusée auprès des services de secours et des autorités. Ce recueil passe notamment en revue les outils de prévision des risques, la gestion opérationnelle des accidents technologiques et l’examen de catastrophes antérieures pour en tirer les leçons.

Par ailleurs, l’évaluation des risques technologiques transfrontaliers et l’étude comparative des méthodes d’analyses dans les deux pays a permis de dresser une cartographie commune des risques. Cet outil vise à renforcer l’efficacité des secours.

Gestion transfrontière

Les partenaires ont ensuite défini une série de procédures à harmoniser: prévention, coordination entre les différentes autorités, mesures d’information, protection de la population. Un binôme franco-belge d’officiers sapeurs-pompiers, le détachement de liaison et d’évaluation (DLE), a été créé à cette intention. Le DLE permet des actions plus rapides et mieux ciblées grâce aux contacts directs qu’il établit avec les centres opérationnels des deux pays.

Un exercice de grande ampleur sur le terrain a permis d’évaluer l’adéquation de cette stratégie transfrontalière. Cet exercice a fait l’objet d’une évaluation diffusée sous forme de fiches opérationnelles.

Par ailleurs, la sensibilisation des autorités et de la population s’est concrétisée à travers diverses initiatives, notamment la création d’un forum d’échanges à destination des services opérationnels ou des modules de formation spécifiques.

Une expérience à exporter

Le projet APPORT visait également à élaborer des structures pouvant servir de référence à d’autres partenariats transfrontaliers. Le recueil et les fiches réalisés par le projet ont été diffusés et sont disponibles sur le site du projet. « Ce cas d’harmonisation franco-belge peut donc servir d’exemple à d’autres gestionnaires de risques transfrontaliers. Il suffit de l’adapter en fonction des paramètres légaux en vigueur dans d’autres régions ou pays », conclut Yves Van de Vloet.


Investissement total et contribution de l’UE

L’investissement total du projet APPORT s’élève à EUR 1 597 520 et la contribution du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) à EUR 800 823 pour la période 2007-2013.


Date de rédaction

24/06/2015

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