Mons a transformé une ancienne chapelle en artothèque virtuelle dédiée au patrimoine montois

Sous l’impulsion de la Ville de Mons en Wallonie (Belgique), des architectes ont créé une artothèque au sein de la chapelle de l’ancien couvent des Ursulines. Dans cet édifice du XVIIIe siècle requalifié, les visiteurs découvrent les 50.000 œuvres du patrimoine montois grâce à une immersion réelle et virtuelle. L’artothèque révèle aussi le fonctionnement des réserves et sensibilise le public aux techniques de conservation. L’attractivité du lieu bénéficie aux commerces de la zone et incite à explorer les autres sites culturels de Mons.

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A Mons, la chapelle de l’ancien couvent des Ursulines a été requalifiée en Artothèque virtuelle qui réunit 50.000 oeuvres du patrimoine montois. © Ville de Mons A Mons, la chapelle de l’ancien couvent des Ursulines a été requalifiée en Artothèque virtuelle qui réunit 50.000 oeuvres du patrimoine montois. © Ville de Mons

" Un travail de recherche et développement en matière d’accès à la culture se développe ici. On dépasse le stade du numérique. En matière de consultation d’œuvres par exemple, de nouvelles générations d’outils voient le jour. Nous voulons que les gens viennent ici pour s’inventer leur propre musée. Le visiteur devient partie prenante du musée, de ce qu’on veut lui montrer. "

Elio Di Rupo, bourgmestre de Mons

La réalisation de l’Artothèque a associé deux architectes, l’un pour la restauration de la chapelle, l’autre pour la scénographie. Inaugurée en avril 2015 dans le cadre de “Mons 2015, capitale européenne de la culture”, la chapelle abrite la totalité des collections non exposées dansles autres sites muséaux montois. 

Sur 50.000 œuvres, certaines sont exposées, les autres conservées dans les réserves. La majorité est accessible virtuellement grâce à des dispositifs numériques. Cette scénographie, en suscitant l’intérêt des visiteurs pour l’ensemble du patrimoine montois, accroît l’attractivité de la ville.

La chapelle de l’ancien couvent des Ursulines est située entre la future gare Calatrava, la Grand’Rue piétonne et la Grand’Place. Abîmée par l’ajout de planchers en béton après la 2ème guerre mondiale, elle a fait l’objet d’une restauration extérieure (couvertures, corniches, maçonneries, pierres, etc.) et d’un reconditionnement intérieur. Une faille verticale a été ouverte le long de la nef afin de donner à voir le volume de l’espace intérieur originel. Les plateaux ont été réaménagés pour accueillir les collections.

Certains espaces sont accessibles au public, d’autres sont réservés au personnel scientifique. Une partie conséquente est dédiée aux réserves. Dès le rez-de chaussée, le visiteur est confronté aux œuvres réelles et virtuelles. Il est sensibilisé aux techniques de conservation ainsi qu’aux métiers méconnus des musées. Dans les salles de la nef latérale, des dispositifs numériques d’immersion lui permettent de découvrir les œuvres numérisées. Il peut aussi réaliser sa propre exposition virtuelle ou explorer les musées de Mons en réseau avec l’Artothèque. 

Ce voyage l’aide à comprendre les quatre missions de l’Artothèque : conserver les œuvres en veillant aux conditions de luminosité, d’humidité, de pollution, etc. ; restaurer celles qui en ont besoin ; étudier les collections d’un point de vue scientifique ; communiquer pour diffuser les informations liées au patrimoine montois, par le biais d’activités pédagogiques, de publications, etc.

L’ouverture de l’Artothèque a eu des conséquences positives pour la ville. « Souvent citée comme lieu de référence en matière de mutualisation des collections, sa renommée dépasse largement les frontières. Des dizaines de professionnels des musées, tant belges qu'étrangers, sont venus visiter l'Artothèque et s'en inspirent pour le développement de leurs propres institutions. Une plus-value indéniable pour l’image de marque de la Ville de Mons. » assure Xavier Roland, responsable du Pôle muséal et directeur du BAM (Beaux-Arts Mons).

La courbe de fréquentation du lieu va montante, surtout au niveau du public scolaire. Les petits commerces situés dans le quartier bénéficient de l’attractivité du lieu. De plus, cette mise en valeur du patrimoine montois incite les visiteurs à aller plus loin dans leur découverte de Mons et de ses autres musées.

Investissement total et financement de l'UE

Le projet “Mons Artothèque” a fait l’objet d’un investissement total de 10.575.923 EUR. La contribution du Fonds européen de développement régional s’élève à 4.230.369 EUR au titre du Programme opérationnel Wallonie (Hainaut) pour la période de programmation 2007-2013.

 

Date de rédaction

11/12/2017