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Coup de projecteur
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Les sciences ont besoin des femmes![]() L'équilibre travail-famille est essentiel pour permettre aux femmes de poursuivre leur carrière scientifique Les métaphores ne manquent pas pour qualifier les difficultés rencontrées par les femmes dans le milieu scientifique. Il y a d'abord l'effet de ciseaux, qui fait référence à la diminution importante du nombre de femmes en cours de carrière. Ou encore le plafond de verre, c'est-à-dire le mur invisible qui empêche les femmes d'accéder aux postes à responsabilités. Mais l'image la plus préoccupante pour nombre de responsables politiques et de chefs d'entreprises reste celle du tuyau percé, qui traduit la tendance constatée chez les femmes à abandonner la recherche en cours de carrière. Cette perte continue de capital intellectuel complique la tâche des employeurs, qui ont du mal à trouver des personnes qualifiées pour occuper des postes scientifiques et techniques. Elle menace également l'objectif que s'est fixé l'Europe de devenir la première économie de la connaissance au monde. Dans un discours prononcé lors d'une récente conférence sur les femmes et les sciences, Janez Potočnik, commissaire européen chargé de la recherche, a déclaré que des progrès avaient été accomplis ces dix dernières années pour endiguer ce phénomène en Europe, mais qu'il restait encore beaucoup à faire. Les chiffres qu'il a cités sont pour le moins éloquents: les femmes occupent à peine 19 % des postes de professeurs titulaires dans l'UE et représentent seulement 18 % des chercheurs dans le secteur privé et 29 % dans le secteur public. «La situation s'est bien sûr un peu améliorée, mais les progrès sont lents», reconnaît la physicienne Claudine Herrmann - aujourd'hui à la retraite - qui a assisté à la conférence organisée à Prague les 14 et 15 mai. Elle a été en France la première femme à être nommée professeure à la prestigieuse École Polytechnique, en 1992. Porte-parole des femmes scientifiques en Europe, elle a travaillé en étroite collaboration avec la Commission sur l'égalité hommes-femmes et prône la poursuite d'objectifs concrets. «Sans objectifs, rien ne bouge», assène-t-elle. Dès 2003, l'Union européenne a créé un groupe de travail avec des entreprises et des universités pour réfléchir aux moyens d'attirer les femmes vers les professions scientifiques et de les y maintenir. Selon le dernier rapport Selon le rapport, si certaines entreprises et universités proposent des formules de travail plus souples, les employeurs continuent de considérer d'un mauvais œil celles et ceux qui y ont recours, car ils les jugent moins dévoués à leur travail.
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