Océan Arctique
Résumé
L'océan glacial Arctique est un vaste espace maritime qui entoure le pôle Nord. Avec ses mers adjacentes, il borde les côtes nord de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. Il présente la particularité d’être en grande partie recouvert par les glaces, mais cette couverture glaciaire diminue progressivement sous l'effet du changement climatique.
Le recul de la banquise et le réchauffement des eaux bouleversent l'écosystème et perturbent l'ensemble de la chaîne alimentaire marine. Le plancton, mais aussi les grands carnivores et les ressources halieutiques sont touchés par cette évolution. Les défenseurs de l'environnement et les populations locales s'inquiètent de cette situation. Par ailleurs, la fonte des glaces rend certaines activités économiques possibles, comme l'extraction de pétrole et de gaz, ce qui constitue une menace supplémentaire pour cet environnement déjà fragilisé.

Population
En raison des conditions climatiques, les rivages arctiques sont faiblement peuplés. On compte environ 4 millions d'habitants. Parmi eux, on trouve environ 600 000 autochtones, principalement des Inuits (Groenland, Canada et Alaska), mais également d'autres peuples comme les Saamis (environ 55 000 personnes) qui occupent le nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande et la péninsule russe de Kola.
Peu de grandes villes se sont développées dans la région. Les seules existantes se trouvent en Russie - Arkhangelsk (350 000 habitants), Mourmansk (plus de 300 000), Norilsk (130 000), Vorkouta (75 000) - et en Norvège - Trondheim (165 000), Tromso (60 000). Dans le reste de la Sibérie, comme au Canada, au Groenland et en Alaska, on ne trouve que de petites agglomérations de moins de 5 000 habitants.
Peu de grandes villes se sont développées dans la région. Les seules existantes se trouvent en Russie - Arkhangelsk (350 000 habitants), Mourmansk (plus de 300 000), Norilsk (130 000), Vorkouta (75 000) - et en Norvège - Trondheim (165 000), Tromso (60 000). Dans le reste de la Sibérie, comme au Canada, au Groenland et en Alaska, on ne trouve que de petites agglomérations de moins de 5 000 habitants.
Exploitation des ressources
Jusqu'à ces dernières années, le secteur dominant de l'économie maritime était la pêche.
Les pays européens pratiquent une pêche hauturière dans les mers de Norvège, du Groenland et de Barents et un peu dans le détroit de Davis et la baie de Baffin. Cette activité est particulièrement importante pour l'Islande, la Norvège et le Danemark. Les capturent représentent annuellement 2,3 millions de tonnes pour les pays européens et la Russie (2007). Les espèces principales sont le cabillaud, l'églefin, le flétan noir et le hareng. Pour les peuples autochtones, il s'agit avant tout d'une pêche côtière artisanale. Pour les autres ressources naturelles, des ressources minières côtières (entre autres le nickel et le cuivre) sont exploitées par la Russie et des hydrocarbures off-shore (gaz naturel et pétrole) sont extraits par la Russie en mers de Barents et de Kara, par les Etats-Unis en Alaska, par le Canada dans l'estuaire du Mackenzie et dans le détroit de Davis, et par la Norvège au large de sa côte nord et en mer de Barents.
Les pays européens pratiquent une pêche hauturière dans les mers de Norvège, du Groenland et de Barents et un peu dans le détroit de Davis et la baie de Baffin. Cette activité est particulièrement importante pour l'Islande, la Norvège et le Danemark. Les capturent représentent annuellement 2,3 millions de tonnes pour les pays européens et la Russie (2007). Les espèces principales sont le cabillaud, l'églefin, le flétan noir et le hareng. Pour les peuples autochtones, il s'agit avant tout d'une pêche côtière artisanale. Pour les autres ressources naturelles, des ressources minières côtières (entre autres le nickel et le cuivre) sont exploitées par la Russie et des hydrocarbures off-shore (gaz naturel et pétrole) sont extraits par la Russie en mers de Barents et de Kara, par les Etats-Unis en Alaska, par le Canada dans l'estuaire du Mackenzie et dans le détroit de Davis, et par la Norvège au large de sa côte nord et en mer de Barents.
Transport de marchandises
Tableau: Ports arctiques (Europe et Russie)
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Trafic général (millions de tonnes) |
Composante majeure |
|---|---|---|---|
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Ports majeurs |
Narvik (Norvège) (1) Mourmansk (Russie) (2) |
16.5 14.4 | Minerai de fer Charbon |
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Ports secondaires |
Rana (Norvège) (1) Doudinka (Russie) Reykjavik (Islande) (3) Bronoy (Norvège) (1) Trondheim (Norvège) (1) Arkhangelsk (Russie) (4) Grundartangi (Islande) (3) Tromsø (Norvège) (1) |
3.7 3.5 2.3 1.9 1.9 1.5 1.1
1 |
Nickel (+ cuivre et cobalt) Polyvalent
Polyvalent Bois et dérivés, Métaux Aluminium |
(1) 2007 – Source: Statistik Sentralbyra (Statistiques Norvège)
(2) ISEMAR (Institut Supérieur d’Economie Maritime)
(3) 2006 – Source: Statistics Iceland
(4) Site port d'Arkhangelsk
Tableau: Ports arctiques (Europe et Russie)
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Trafic général (millions de tonnes) |
Composante majeure |
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Ports majeurs |
Narvik (Norvège) (1) Mourmansk (Russie) (2) |
16.5 14.4 | Minerai de fer Charbon |
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Ports secondaires |
Rana (Norvège) (1) Doudinka (Russie) Reykjavik (Islande) (3) Bronoy (Norvège) (1) Trondheim (Norvège) (1) Arkhangelsk (Russie) (4) Grundartangi (Islande) (3) Tromsø (Norvège) (1) |
3.7 3.5 2.3 1.9 1.9 1.5 1.1
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Nickel (+ cuivre et cobalt) Polyvalent
Polyvalent Bois et dérivés, Métaux Aluminium |
(1) 2007 – Source: Statistik Sentralbyra (Statistiques Norvège)
(2) ISEMAR (Institut Supérieur d’Economie Maritime)
(3) 2006 – Source: Statistics Iceland
(4) Site port d'Arkhangelsk
Tourisme
Le tourisme connaît un important développement depuis quelques années; environ 1,5 million de touristes visitent annuellement la région dans le cadre de croisières.
Défense
Il existe de nombreuses bases militaires en Russie, en Alaska, au Groenland et depuis peu au Canada. Les plus importantes sont la base navale russe de Mourmansk et les bases aériennes américaine de Thulé au Groenland et de Fairbanks en Alaska. Les réseaux de surveillance installés sur les rivages (notamment, pour ce qui concerne l'Europe, en Norvège, en Ecosse, en Islande, aux îles Féroé et au Groenland) sont toujours actifs.
Environnement
Le principal sujet d'inquiétude est le changement climatique, cause d'une fonte spectaculaire de la calotte glaciaire.
De 6,3 millions de km² en 2000, celle-ci est passée à 4,7 millions de km² en 2008 (surface au mois de septembre). Le réchauffement des eaux et la fonte des glaces risquent d'avoir de fortes répercussions sur la chaîne alimentaire marine et menacent la biodiversité polaire ainsi que l'avenir des activités de pêche. Il existe également d'autres problèmes environnementaux, comme les diverses pollutions amenées du reste du monde par les courants marins et atmosphériques (métaux lourds, produits chimiques) ou liées aux activités extractives et de transport. On doit aussi citer les pollutions nucléaires provoquées par l'enfouissement des déchets (mers de Barents et de Kara) et par les essais nucléaires du passé.
De 6,3 millions de km² en 2000, celle-ci est passée à 4,7 millions de km² en 2008 (surface au mois de septembre). Le réchauffement des eaux et la fonte des glaces risquent d'avoir de fortes répercussions sur la chaîne alimentaire marine et menacent la biodiversité polaire ainsi que l'avenir des activités de pêche. Il existe également d'autres problèmes environnementaux, comme les diverses pollutions amenées du reste du monde par les courants marins et atmosphériques (métaux lourds, produits chimiques) ou liées aux activités extractives et de transport. On doit aussi citer les pollutions nucléaires provoquées par l'enfouissement des déchets (mers de Barents et de Kara) et par les essais nucléaires du passé.
Recherche
La recherche internationale est très active, notamment en géologie et géomorphologie sous-marine ainsi qu'en climatologie et glaciologie. En Europe, de nombreux centres de recherches travaillent sur la zone: norvégiens (Svalbard), islandais, danois, finlandais et suédois, mais également allemands (Bremerhaven, Kiel) et britanniques.
Gouvernance
Les zones économiques exclusives de la Russie, du Canada, des Etats-Unis, de la Norvège, de l'Islande et du Danemark (pour le Groenland) s'étendent à 200 milles des côtes. Il reste une vaste zone de haute mer dont certaines parties font l'objet de réclamation d'extension de plateau continental.
La seule institution internationale relative à l'Arctique est le Conseil de l'Arctique. Créé en 1996, cet organisme consultatif est composé de représentants des huit Etats régionaux et des peuples de la région arctique. Il vise à établir un dialogue entre ses membres concernant les questions stratégiques, environnementales et d'exploitation des ressources naturelles.
L'océan Arctique est partiellement concerné par la Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est (OSPAR), qui couvre les eaux comprises entre le Pôle, les mers du Groenland et de Norvège, les eaux entourant les Svalbard et Jean Mayen et les eaux au large de l'Islande et des îles Féroé.
En matière de gestion de la pêche, les eaux internationales de l'océan Arctique sont partiellement couvertes par les organisations de l'Atlantique Nord:
La seule institution internationale relative à l'Arctique est le Conseil de l'Arctique. Créé en 1996, cet organisme consultatif est composé de représentants des huit Etats régionaux et des peuples de la région arctique. Il vise à établir un dialogue entre ses membres concernant les questions stratégiques, environnementales et d'exploitation des ressources naturelles.
L'océan Arctique est partiellement concerné par la Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est (OSPAR), qui couvre les eaux comprises entre le Pôle, les mers du Groenland et de Norvège, les eaux entourant les Svalbard et Jean Mayen et les eaux au large de l'Islande et des îles Féroé.
En matière de gestion de la pêche, les eaux internationales de l'océan Arctique sont partiellement couvertes par les organisations de l'Atlantique Nord:
Données physiques
L'Océan Arctique est un espace semi-fermé centré sur le Pôle Nord. Sa surface occupe de 9,5 à 14,1 millions de km² selon les estimations. Il dispose de larges ouvertures vers l'Atlantique nord-est (mer de Norvège, détroits du Danemark et de Davis) et d'un passage plus étroit vers le Pacifique nord (détroit de Béring).
Subissant un climat polaire extrême, il est recouvert d'une calotte glaciaire sur 47% de sa superficie (2008), une proportion actuellement en voie de diminution en raison du changement climatique. La température moyenne de l'eau oscille de 0 à 10° C, tandis que sa température de surface est d'environ -1,7° C. Le plateau continental arctique s'étend sur à peu près la moitié du fond marin, mais il est plus étendu au large des côtes russes, où il couvre la quasi-totalité des mers côtières, qu'au large du Canada et de l'Alaska, où les fonds dépassent rapidement 3 000 m. La salinité des eaux de surface varie de 30 à 34 °/°°.
Subissant un climat polaire extrême, il est recouvert d'une calotte glaciaire sur 47% de sa superficie (2008), une proportion actuellement en voie de diminution en raison du changement climatique. La température moyenne de l'eau oscille de 0 à 10° C, tandis que sa température de surface est d'environ -1,7° C. Le plateau continental arctique s'étend sur à peu près la moitié du fond marin, mais il est plus étendu au large des côtes russes, où il couvre la quasi-totalité des mers côtières, qu'au large du Canada et de l'Alaska, où les fonds dépassent rapidement 3 000 m. La salinité des eaux de surface varie de 30 à 34 °/°°.
Histoire
Les premières installations des Inuits dans la région arctique datent de 12 000 avant notre ère. Les Européens n'arrivent qu'au XIe siècle, lorsque les Vikings découvrent le Groenland et que les marchands et les trappeurs russes de Novgorod gagnent les rivages arctiques.
Au XIXe siècle, la mécanisation navale donne une nouvelle impulsion à l'exploration polaire. Le Suédois Adolf Nordenskjöld découvre le Passage du Nord-Est en 1879. Le Norvégien Roald Amundsen force le Passage du Nord-Ouest en 1906, inaugurant la stratégie arctique de la Norvège nouvellement indépendante (1905). Celle-ci annexe l'archipel de Svalbard en 1920 et l'île Jan Mayen en 1921. Amundsen atteint le pôle Nord en 1926. En 1935, l'URSS inaugure la Route maritime du Nord, mais c'est surtout la Guerre froide qui est à l'origine de l'intérêt stratégique et économique pour l'Arctique. C'est l'époque du développement de bases militaires le long des côtes sibériennes, groenlandaises, islandaises et d'Alaska. C'est également l'époque des stratégies de peuplement: l'URSS développe les centres de déportation en vue de l'exploitation des ressources minières et le Canada encourage les Inuits à s'installer plus au Nord.
Au XIXe siècle, la mécanisation navale donne une nouvelle impulsion à l'exploration polaire. Le Suédois Adolf Nordenskjöld découvre le Passage du Nord-Est en 1879. Le Norvégien Roald Amundsen force le Passage du Nord-Ouest en 1906, inaugurant la stratégie arctique de la Norvège nouvellement indépendante (1905). Celle-ci annexe l'archipel de Svalbard en 1920 et l'île Jan Mayen en 1921. Amundsen atteint le pôle Nord en 1926. En 1935, l'URSS inaugure la Route maritime du Nord, mais c'est surtout la Guerre froide qui est à l'origine de l'intérêt stratégique et économique pour l'Arctique. C'est l'époque du développement de bases militaires le long des côtes sibériennes, groenlandaises, islandaises et d'Alaska. C'est également l'époque des stratégies de peuplement: l'URSS développe les centres de déportation en vue de l'exploitation des ressources minières et le Canada encourage les Inuits à s'installer plus au Nord.
Bibliographie
E. CANOBBIO, Atlas des Pôles - Régions polaires: questions sur un avenir incertain, Ed. Autrement, Paris, 2007.
C.COMTOIS & C.DENIS, Le potentiel de trafic maritime dans l'Arctique canadien in Séminaire Université de Laval - Changements climatiques et ouverture de l'Arctique: quels impacts stratégiques pour le Canada?, 17 novembre 2006.
I. FROLOV, Z. GUDKOVICH, V. RADIONOV, A. SHIROCHKOV & L. TIMOKHOV, The Arctic Basin: results from the Russian drifting stations, Springer & Praxis, Berlin, Heidelberg, New York, Chichester, 2005.
R. HOWARD, The Arctic gold rush, the new race for tomorrow's natural resources, Continuum, London, New York, 2009
R. LABEVIERE & F. THUAL, La Bataille du Grand Nord a commencé..., Ed. Perrin, Paris, 2008.
F. LASSERE, Vers l'ouverture d'un "Passage du Nord-Ouest" stratégique ? in Le Monde Maritime, mars-avril 2008, pp 27-32.
People and politics of the Arctic, in Journal of Nordregio, December 2007, Vol. 7, Stockholm, 2007.
P. THOREZ, Sevmorput, la Route Maritime du Nord in Les transports maritimes dans la mondialisation, L'Harmattan, Paris, 2008.
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