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Le frison, localement connu sous son nom néerlandais "Frysk", est une langue germanique occidentale parlée par quelque 400 000 personnes dans la province néerlandaise de Frise, qui compte une population totale de 600 000 habitants environ. Ses documents les plus anciens, les anciennes Lois frisonnes, remontent au 12ème siècle. La codification orthographique du frison standard a commencé dans les années 1830 et la dernière réforme de l'orthographe autorisée par le Gouvernement provincial de Frise a eu lieu très récemment, en 1980. Le frison s'écrit en alphabet romain. En Frise, il est en contact régulier avec le néerlandais et ses dialectes régionaux de Stellingwerf et Bilts. En dehors de la Frise, le frison est parlé par 10 000 personnes environ, dans le Westerkwartier de la Province de Groningue, ainsi que dans ses variétés orientale et septentrionale en Allemagne. En Frise, la langue est officiellement reconnue, sans toutefois qu'une politique régisse explicitement son usage. Elle est utilisée comme langue d'enseignement et dans les médias d'information. Deux quotidiens, le "Leeuwarder Courant" et le "Friesch Dagblad", publient certains de leurs rapports en frison; la télévision diffuse des émissions en frison d'une durée pouvant atteindre 2 heures par jour; des émissions de radio sont diffusées en frison à raison de 70 heures par semaine environ. Le frison est très peu utilisé dans le monde des affaires en dehors d'un service de réponse bilingue pour l'interrogation des soldes à la Banque de Frise ("Bank of Friesland).
Ces 30 dernières années, la population frisonne est passée d'environ 475 000 personnes en 1960 à 600 000 à l'heure actuelle. Avant cela, vers 1950, pas mal de gens avaient quitté la région par manque d'emplois, surtout dans le secteur agricole. Depuis lors, de nombreux "émigrés" frisons sont rentrés chez eux pour prendre leur retraite et beaucoup de non-Frisons ont acheté des maisons (de retraite) en Frise dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Ces derniers parlent surtout néerlandais.
La Frise est essentiellement rurale. Sa plus grande ville, Ljouwert (Leeuwarden), la capitale de la Frise, compte à peine plus de 50 000 habitants. La deuxième ville en importance, Drachten, en compte 40 000. Cinq autres villes comptent de 15 à 30 mille habitants chacune, ce qui donne un total d'environ 220 000 habitants. Cela signifie qu'un peu plus d'un tiers de la population peut être considérée comme urbaine (par résidence).
D'après un sondage réalisé par l'Académie frisonne ("Taal yn Fryslan", 1984), le frison est la langue maternelle d'environ 60 % de la population frisonne. Vers la fin des années 1960, presque tous les Frisons (97 %) pouvaient comprendre le frison, 83 % pouvaient le parler, 69 % le lire et 11 % pouvaient l'écrire (cf. Pietersen, 1969). Dix ans plus tard, le taux de compréhension n'avait que légèrement baissé (à 94 %), mais la compétence à le parler était tombée à 73 %, tandis que les taux relatifs à l'écriture et à la lecture n'avaient subi que de très faibles pertes (lecture 65 %, écriture 10 %, Taal yn Fryslan, 1984).
En tant que zone bilingue à la périphérie géographique et économique des Pays-Bas, l'économie frisonne se caractérise par un chômage élevé et de faibles revenus. En effet, le revenu annuel moyen néerlandais est de 41 000 hfl. contre 37 000 en Frise. 62 % de la population frisonne sont employés dans les services, 30,2 % dans le commerce, 7,7 % dans l'agriculture. Ces derniers temps, plusieurs compagnies d'assurances ont ouvert de nouveaux bureaux en Frise. C'est la dernière innovation dans le monde des affaires.
La première société pour la promotion de la langue frisonne a été fondée en 1844. Au 20ème siècle, des groupes de protestants et de catholiques romains ont créé des organisations séparées pour promouvoir le frison. Aujourd'hui, le Ried van de Fries Beweging (Conseil du Mouvement frison) est le coeur du mouvement frison et représente différentes organisations. Il est activement engagé dans des politiques en faveur du frison. Inspirés par le Parti national frison, tous les partis politiques de Frise ont une attitude favorable à l'égard du frison. Un organe spécial de l'administration provinciale est chargé de mettre au point des réglementations pour l'usage du frison dans le domaine public, notamment dans l'enseignement, et de rédiger des documents en frison.
Les protestations contre l'usage exclusif du néerlandais sont nombreuses et comprennent des objections aux signaux routiers en néerlandais, aux noms de lieux en néerlandais, dans les annuaires téléphoniques, p. ex. En outre, des affiches revendiquant le droit moral et légal d'utiliser le frison dans le culte sont collées sur les portes de toutes les églises. Les principaux acquis récents relatifs à l'usage du frison ont eu lieu dans le secteur de l'enseignement, où il est devenu obligatoire dans l'enseignement primaire en 1980, dans l'enseignement secondaire et spécial en 1993, ainsi qu'à la télévision, où les émissions en frison sont passées de rien à deux heures par jour en 1994.
Alors que le frison est à présent bien reconnu et accepté par tous les partis politiques, la mise en oeuvre de politiques pro-frisonnes ne suit que très lentement. Une conscience accrue et la considération accordée au frison incitent toutefois de plus nombreux Frisons à s'impliquer davantage en vue de protéger et de promouvoir leur langue.
La Communauté européenne encourage le frison en subventionnant des activités éducatives, telles que le développement de méthodes d'enseignement pour le frison, l'enseignement du frison aux étudiants assistants sociaux qui se destinent au travail avec les personnes âgées, l'élaboration d'un dictionnaire pour enfants, l'encouragement d'Euroskoalle (une école et un camp d'été internationaux pour enfants), et des conférences occasionnelles.
En Frise, le statut du néerlandais et celui du frison ne sont pas codifiés légalement. Le gouvernement national néerlandais exerce une politique de tolérance répressive. Le gouvernement provincial de Frise promeut activement la langue et la culture frisonnes, et renforce leur position. Certaines administrations municipales, telles que la municipalité de Tytsjerksteradiel, p. ex., ont adopté des politiques régissant l'usage du frison, en demandant p. ex. la traduction en frison de documents officiels suite à un procès.
L'enseignement préscolaire (pour les enfants âgés de 2-4 ans) ne fait pas partie du système national d'enseignement. Certaines écoles préscolaires enseignent le frison. Les jardins d'enfants et l'enseignement primaire ont été intégrés en une école en 1985. Les réglementations concernant le frison s'appliquent aux jardins d'enfants également. Depuis l'amendement de 1955 à la loi néerlandaise relative à l'enseignement, le frison pourrait être utilisé comme langue d'enseignement aux niveaux 1-3 et pourrait être enseigné en tant que matière aux niveaux 1-6. En 1974, il est devenu une matière obligatoire dans toutes les écoles primaires de Frise. La liberté éducative, qui est garantie par la loi néerlandaise de 1920 relative à l'enseignement, empêche le gouvernement d'élaborer des prescriptions strictes en ce qui concerne le contenu éducatif et le programme scolaire, et permet à l'enseignement tant public que privé d'avoir un accès égal au financement de l'Etat. Néanmoins, le droit d'enseigner toute matière en frison est généralement employé pour les matières de moindre fréquence et importance, telles que la biologie et l'histoire, p. ex.
Il existe des livres de textes en frison pour enseigner la langue et la lecture, la biologie, la géographie, l'histoire, la musique et l'éducation religieuse. Des émissions éducatives pour la radio et la télévision sont produites et diffusées par la Société frisonne de Radiodiffusion et de Télévision en coopération avec le Centre de Conseils éducatifs de Frise. Deux magazines frisons pour jeunes complètent le matériel scolaire.
Le néerlandais est la langue générale de l'enseignement secondaire. Depuis 1948, les écoles secondaires ont été autorisées à enseigner le frison. Depuis 1993, le frison est une matière obligatoire dans l'enseignement secondaire inférieur, la quantité n'étant toutefois pas spécifiée et ne pouvant pas l'être. Le frison est proposé dans 25 % de toutes les écoles secondaires. 5 % de tous les étudiants sont inscrits à au moins une heure de cours de frison par semaine pendant un an ou deux. Aucune distinction méthodologique n'est faite entre le frison en tant que première ou seconde langue.
La Frise n'a pas d'université. Il y a des programmes d'études du frison aux universités d'Etat d'Amsterdam, Groningue et Leiden (à Utrecht, la chaire de frison est actuellement vacante). Les collèges de Frise enseignent en néerlandais. Le frison est une matière obligatoire dans les écoles normales et certains instructeurs enseignent tout ou partie de leurs cours en frison. "Twataligens" est un texte populaire couvrant différents aspects du statut et de l'usage du frison, dont des questions d'enseignement bilingue. Le matériel que le Centre de Conseils éducatifs de Frise a mis au point pour le frison en tant que matière et langue d'enseignement occupe un rôle central dans le programme des étudiants. Des programmes spéciaux de formation continue sont proposés aux professeurs pour qu'ils puissent obtenir un diplôme leur permettant d'enseigner le frison dans les écoles secondaires. Ce "diplôme" a le même statut qu'un diplôme universitaire de frison.
Ce sont les inspecteurs de sa Majesté qui sont chargés de l'application de la politique (nationale) de l'enseignement. En dehors de la Frise, le frison est enseigné à l'université de Kiel, en Allemagne, et des cours occasionnels sont donnés aux enfants des émigrants frisons à Grand Rapids, Michigan (E.U.).
Aux Pays-Bas, il n'y a pas d'encouragement, ni d'aide officielle à l'enseignement du frison en dehors de la Frise.
Les cours pour adultes sont donnés en néerlandais. Le Conseil général frison de l'Enseignement propose toutefois des cours en frison, qui sont fréquentés par quelque 500 étudiants par an.
Une loi du gouvernement néerlandais datant de 1956 prévoit l'usage du frison dans les tribunaux à certaines conditions. Les dépositions sous serment peuvent être faites en frison; les demandeurs et les défendeurs sont autorisés à utiliser leur langue. Certains juges utilisent le frison oralement. Le néerlandais est toutefois la langue des documents officiels.
Le frison est souvent utilisé pour la communication orale entre les services administratifs centraux et le public. Le néerlandais est généralement utilisé pour les communications écrites. Dans les administrations locales, le frison est très souvent utilisé pour la communication. Les conversations entre le personnel des bureaux et les clients peuvent être bilingues. La communication écrite se fait très souvent en néerlandais, notamment parce que 10 % seulement de la population savent lire et écrire en frison. Si un service provincial ou municipal reçoit une lettre en frison, il y répond généralement en frison. Certaines municipalités utilisent officiellement la version frisonne de leur nom comme forme officielle. Le gouvernement national n'a pas pris de mesures significatives pour garantir l'usage du frison dans l'administration, surtout par écrit. Le frison est davantage utilisé au niveau provincial régional, tant dans les débats que dans les contacts avec le public, et davantage encore au niveau municipal local. Alors que le frison n'est encore utilisé que rarement dans les documents officiels et les communications destinées à l'extérieur, les clients ont le droit d'écrire en frison et le font. Le personnel du gouvernement national n'est pas tenu de connaître le frison. Le personnel provincial et municipal peut suivre des cours de frison.
La langue de tous les services publics (annuaires téléphoniques, factures des services publics, avis dans les bureaux de poste, commissariats de police, hôpitaux) est le néerlandais. Les clients peuvent toutefois aBORDER="0" Ces instances en frison (parlé) et seront servis dans cette langue. Dans la région, les panneaux routiers de noms de lieux sont généralement bilingues néerlandais-frison. Certains villages ont des panneaux de noms de lieux monolingues (frisons). Dans les villes, les panneaux de noms de rue sont généralement en néerlandais, de même que les panneaux de direction pour les services publics et les noms de sociétés. Quelques villages ont des panneaux de rue monolingues en frison.
L'usage du frison dans les médias n'est pas sanctionné légalement et ne bénéficie pas d'une aide financière officielle, ni d'une autre aide publique quelconque.
Deux QUOTIDIENS, le "Leeuwarder Courant" (tiré à 130 000 ex.) et le "Friesch Dagblad" (tiré à 22 000 ex.) publient environ 5 % de leurs articles en frison.
Six MAGAZINES sont publiés entièrement en frison. "Frysk en Frij", un mensuel général, a le tirage le plus important (5000 ex.); le "Stim fan Fryslan" du Mouvement frison paraît deux fois par an et a le deuxième tirage en importance des magazines purement frisons (1250); les quatre autres ont un plus faible tirage (400-850 ex.) et sont consacrés à la littérature, à l'enseignement ou à la culture en général. En outre, la revue scientifique trimestrielle "Beaken" publie plus de 80 % d'articles en frison (3000 ex.) et la revue éducative bimensuelle "Byntwurk" (2000 ex.) publie environ 50 % d'articles en frison et 50 % d'articles en néerlandais. Deux magazines pour jeunes, "De Holder" pour les écoles primaires (2000 ex.), et "Sjederrr" pour les écoles primaires et secondaires (4000 ex.), sont publiés en frison exclusivement, tous les mois pendant l'année scolaire. Le gouvernement provincial ne subventionne plus les magazines mentionnés ci-dessus, mais apporte une aide substantielle aux deux magazines pour jeunes.
La station de RADIO "Omrop Fryslan" diffuse ses émissions en frison exclusivement. Le néerlandais n'est utilisé que si la personne interviewée ne parle pas frison. Le nombre d'auditeurs dépend des émissions: beaucoup de gens écoutent les prévisions météorologiques; ils sont moins nombreux à écouter les émissions religieuses. Les émissions de radio en frison s'élèvent à un total d'environ 70 heures par semaine.
La plupart des Frisons captent la TELEVISION par câble, qui leur propose cinq chaînes en néerlandais et trois en allemand. Jusqu'à l'an passé, il y avait à peine 30 heures d'émissions en frison par an. Cette année (1994), la télévision frisonne a lancé un programme régulier de deux heures par jour.
Les films ne sont pas doublés en frison.
Les claviers d'ORDINATEUR et les imprimantes permettent de reproduire l'orthographe frisonne sans véritables problèmes. Il n'y a pas de programme DOS, ni de traitement de texte spécialement conçus pour le frison ou qui l'utilisent. Il existe un programme de correction orthographique spécial pour le frison, de même qu'un programme d'apprentissage de l'orthographe frisonne, tous deux développés par l'Académie frisonne. En outre, l'Académie a informatisé la production du dictionnaire scientifique frison et collecte des données informatiques, sur la fréquence des mots, p. ex.
En 1990, 86 LIVRES ont été publiés en frison. Après un bref déclin en 1991 (72 livres), la production littéraire a enregistré une croissance importante pour atteindre un total de 97 livres en 1992. Outre le matériel éducatif, ils comportent des livres pour enfants (22), des recueils de poèmes (19), des romans (25), des publications scientifiques et des dictionnaires (31).
Lors des festivals annuels de MUSIQUE, la musique folklorique frisonne est présentée par des groupes connus (Wiltsje fan Paesem, Doede Veeman, p. ex.). La musique pop(ulaire) est produite par des groupes tels Reboelje, Klinkhamer ou Wigels Wjukkel masine. Hanneke Douma et Douwe Heeringa sont d'autres artistes populaires. Beaucoup de ces groupes ont enregistré des CD et figurent parmi les cinq CD frisons les plus diffusés par la Société de Radiodiffusion frisonne.
La troupe de THEATRE de répertoire "Tryater" produit des pièces frisonnes depuis 1960. Elle compte environ 15 000 spectateurs par an. Tryater a une division théâtrale éducative (bilingue) pour les jeunes. Depuis 1987, une chorale de jeunes frisons se produit essentiellement en frison. Un groupe de cabaret très populaire, "Rients Gratema", dont la dernière production a attiré 40 000 personnes, travaille en partie en frison. Il y a quelque 150 autres groupes amateurs actifs dans la région.
Un FILM, "De Dream", produit dans le domaine linguistique, a attiré 150 000 spectateurs. Les films frisons qui passent à la TV sont sous-titrés en néerlandais.
Un Festival frison proposant une grande variété de programmes culturels a lieu tous les cinq ans. Il a gagné en popularité ces dix dernières années. En été, il y a des productions théâtrales en plein air; de nombreuses chorales présentent des morceaux en frison. Il y a un festival annuel de poésie pour enfants (âgés de 8-16 ans), et un concours bisannuel de chorales de musique religieuse, ainsi que des manifestations en soirée pour promouvoir l'usage des cantiques frisons.
Le gouvernement national octroie une subvention de 2 000 000 hfl. à l'Académie frisonne, de 1 500 000 hfl. au "Tryater", de 800 000 hfl. au Département frison du Centre de Conseils éducatifs de Frise et de 300 000 hfl. au Musée frison de Littérature. Le gouvernement provincial octroie une subvention de 700 000 hfl. pour promouvoir différentes activités culturelles, telles que de la musique ou du théâtre en frison, p. ex.
La connaissance du frison n'est requise que pour quelques postes dans le secteur des services publics et pour certains postes de la fonction publique. Il n'y a que quelques emplois explicitement réservés aux personnes parlant frison. Ils se trouvent essentiellement dans l'enseignement primaire, et surtout dans les écoles rurales. La connaissance du frison est un atout pour les emplois nécessitant une communication orale avec les clients des banques, des services municipaux et dans le monde des affaires.
Le frison est rarement utilisé dans la publicité. Par le passé, il n'y a eu que quelques campagnes publicitaires en frison. Il faut noter qu'à l'heure actuelle, il n'y a pas de publicités à la télévision frisonne. A la radio, les publicités sont généralement en néerlandais. Il y a eu des tentatives récentes pour accroître le nombre de publicités en frison à la radio. Les informations destinées aux consommateurs, les étiquettes, instructions, manuels, p. ex., sont généralement en néerlandais. Bien que les entreprises soient autorisées à utiliser le frison en plus du néerlandais et/ou de l'anglais, elles ne le font apparemment pas.
En dehors des villes, presque tous les parents utilisent le frison en interaction avec leurs enfants. 65 % des mariages sont conclus entre personnes parlant frison. Il n'y a pas de différences significatives entre hommes et femmes en ce qui concerne l'usage de la langue. Le frison est davantage parlé par la population de la classe ouvrière que par les classes moyennes et la haute bourgeoisie.
Une centaine de membres du clergé, membres d'une société destinée à promouvoir le frison dans le culte religieux, sont en mesure de prêcher en frison. Un millier d'offices par an, soit 2 % du total, sont en frison. Une bible en frison a été publiée pour la première fois en 1943, une nouvelle édition en 1978. Des cantiques frisons ont été publiés en 1977. Le choix de la langue des cérémonies religieuses (mariages, funérailles) dépend de la famille et de la compétence du pasteur. Le rôle du frison dans l'église catholique romaine est comparable à celui de la confession protestante.
Les personnes parlant frison croient que la vitalité de leur langue continuera à se développer si elle est encouragée publiquement et elles considèrent qu'à l'avenir, elle sera un moyen de communication très important; les personnes extérieures à la communauté ne partagent pas tellement cet avis. Les jeunes semblent bien motivés à apprendre et à utiliser la langue. Chaque année, quelque 400 adultes extérieurs à la communauté linguistique suivent les cours de frison proposés par la Commission éducative générale frisonne, et ce en tant que seconde langue. Cela leur permet d'au moins comprendre et lire le frison. Les enfants l'apprennent comme seconde langue à l'école primaire et secondaire.
Le Fryske Rie (Conseil frison) encourage activement les échanges et les contacts entre la Frise néerlandaise et la Frise orientale et septentrionale d'Allemagne. Il coordonne et organise des réunions de fermiers, de professeurs, ainsi que des conférences d'étudiants à intervalles réguliers.
Voici un bref résumé comparant certaines caractéristiques marquantes des trois langues minoritaires frisonnes en Europe, à savoir aux Pays-Pas et en Allemagne, telles qu'elles ont été rapportées dans les questionnaires distribués par les correspondants de la région et résumés dans le(s) rapport(s) précédent(s).
La caractéristique la plus manifeste est la différence de taille considérable entre les trois communautés. La communauté frisonne occidentale néerlandaise est la "géante", avec 400 000 locuteurs, les deux groupes frisons allemands sont de petits "David", avec le minuscule groupe frison oriental, qui compte 2000 locuteurs, et le groupe frison septentrional, qui en compte 9000. Leur proportion par rapport aux populations totales de leur région respective est très différente également: 2/3 de la population de Frise néerlandaise parlent frison, contre seulement 18 % en Frise orientale allemande et à peine 7 % en Frise septentrionale (il faut toutefois noter qu'il y a une concentration beaucoup plus élevée de la population parlant frison sur les Iles reculées de la Mer du Nord).
Sur le plan linguistique, il apparaît que le frison occidental est beaucoup plus unifié et standardisé que le frison oriental ou septentrional, qui sont beaucoup plus restreints et dialectisés, surtout le frison septentrional insulaire. Le frison occidental a élaboré une orthographe acceptée, officiellement autorisée par le gouvernement régional. Le frison septentrional, peut-être à cause des importantes différences dialectales internes, n'est pas aussi unifié, et les Frisons orientaux ont adopté l'orthographe de leurs voisins frisons néerlandais.
En ce qui concerne l'usage public et la visibilité, le frison néerlandais est une fois encore loin devant les deux langues frisonnes allemandes. En Frise néerlandaise, le frison est une matière obligatoire aux niveaux primaire et secondaire; dans les provinces allemandes, c'est seulement une matière facultative à l'école primaire, avec toutefois des inscriptions beaucoup plus nombreuses en Frise septentrionale qu'en Frise orientale. Les inscriptions augmentent en Frise (occidentale) et en Frise septentrionale, alors qu'elles diminuent en Frise orientale. Même au niveau universitaire, les Pays-Bas accordent une beaucoup plus grande attention au frison que l'Allemagne. Aux Pays-Bas, près d'une centaine de publications en frison paraissent chaque année, contre quelques-unes seulement en Allemagne (4:1 Frise septentrionale - orientale). Il y a beaucoup de publications en frison occidental exclusivement, très peu en frison septentrional et oriental, sans compter les dictionnaires. En Frise néerlandaise, une station de radio émet en frison uniquement, contre deux minutes d'information en frison par semaine en Allemagne.
L'organisation institutionnelle est plus forte chez les Frisons occidentaux, qui possèdent leur propre académie, un Conseil frison, ainsi qu'un important institut à Groningue, et qui organisent un Congrès frison international tous les trois ans. Les Frisons septentrionaux ont au moins un (petit) institut à Bredstedt, les Frisons orientaux n'ont que des clubs locaux.
La reconnaissance et l'encouragement administratifs et légaux officiels sont faibles dans les trois cas. Mais il y a également d'importantes différences. Le gouvernement néerlandais a autorisé l'usage du frison dans les tribunaux, le gouvernement provincial de Frise a autorisé l'orthographe, et certaines municipalités ont élaboré des politiques officielles en faveur du frison. Pour le frison septentrional, il y a au moins un conseiller spécial au niveau ministériel de l'Etat, tandis que le frison oriental est seulement reconnu (au même titre que le bas allemand) comme langue minoritaire par le gouvernement du Land, sans dispositions plus spécifiques.
Alors que l'usage et la préservation du frison occidental s'avèrent stables, sinon en augmentation, le frison septentrional semble connaître un lent déclin, et le frison oriental un déclin plus rapide encore.