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Des instruments pour lutter contre la violence à l’égard des femmes RSS

L’échange de bonnes pratiques organisé à Madrid (Espagne)  les 16 et 17 avril 2013 a été l’occasion d’examiner les moyens de combattre la violence contre les femmes en recourant à la fois à une politique préventive et à un soutien permanent des personnes exposées à ce type de risque. 

L’Espagne fonde depuis 1998 sa lutte contre la violence à l’égard des femmes sur un cadre législatif étayé par une aide aux victimes. Elle a notamment mis en place plusieurs mesures qui, gratuites pour les usagers, se basent sur les technologies modernes d’information et de communication (TIC) pour assurer une couverture étendue, une réponse rapide et la discrétion voulue:

  • un site Internet dédié, qui met à disposition les coordonnées de centres d’information et de conseil – l’une de ses fonctionnalités particulières étant la possibilité de trouver des ressources locales telles que des associations de femmes, des unités familiales, des sources de conseils juridiques et des bureaux de police; 
  • une ligne d’assistance téléphonique 24 heures sur 24, qui met des conseillers spécialisés à l’écoute d’appelants en quête de conseils et d’orientations; 
  • un système de téléphonie mobile, qui assure une aide d’urgence aux victimes participant à un programme de rétablissement;
  • un système d’identification électronique, qui permet de mieux contrôler les auteurs de violences à l’encontre desquels la justice a délivré une ordonnance de non-communication.

L’Irlande a présenté ses programmes destinés aux hommes qui commettent des actes de violence domestique envers des femmes: ces programmes visent à faire cesser tout d’abord les agressions, à réduire l’incidence d’une nouvelle victimisation et à réduire le taux de récidive. Cette approche a déjà quelques succès à son actif, mais elle n’est pas encore très répandue en Europe. Les études réalisées montrent que la plupart des hommes participant à ce type de programme adoptent un comportement moins violent, et que les femmes se sentent moins menacées. Il a été souligné toutefois que ces programmes ne peuvent, en tant que mesure thérapeutique, remplacer des interventions visant à garantir la sécurité des femmes et des enfants.

Au cours du débat qui a suivi les présentations, le recours aux TIC, illustré par l’Espagne, est apparu comme offrant la possibilité de concevoir des mesures qui, tout en étant économiques, permettent à la fois d’aider davantage de victimes et de leur apporter une réponse rapide et efficace. L’attention accordée aux auteurs de violences en Irlande a été considérée elle aussi comme une pratique utile susceptible d’être appliquée dans d’autres pays, même si la limitation des ressources peut en l’occurrence affecter l’ampleur de la démarche. De l’avis général des participants, en outre, un certain nombre d’éléments doivent être en place pour que des avancées puissent être accomplies: on peut citer à cet égard l’existence d’une réelle stratégie vis-à-vis de la violence liée au sexe assortie de plans ventilés par régions et municipalités – celles-ci étant l’échelon auquel l’essentiel de l’aide est requise et prestée. 

Les discussions ont mis en évidence l’importance d’une coordination des services multipartites d’aide aux victimes. Il faudrait idéalement qu’un organe de contrôle unique assure cette coordination dans le respect de lignes directrices garantissant des normes minimales pour l’ensemble des services d’assistance. Il conviendrait également de prévoir une formation pour tous les professionnels concernés (services judiciaires, de police, sociaux et de santé), un financement viable et des systèmes judiciaires adaptés (telles les juridictions spécialisées en place en Espagne ou une bonne coordination entre juridictions civiles et pénales).

Si l’instauration de programmes de traitement destinés aux auteurs de faits de violence bénéficie d’une attention croissante, elle continue cependant de se heurter à divers obstacles et notamment à la difficulté de prouver l’efficacité de ces programmes en termes de prévention de nouvelles violences – sans compter que l’actuelle période de crise impose l’établissement de priorités pour ce qui concerne l’affectation des ressources.

Une meilleure connaissance de l’ensemble des instruments existants a également été considérée comme un facteur clé de réussite, de même que l’évaluation régulière des mesures et des politiques adoptées pour venir en aide à la fois aux victimes et aux auteurs de violences. 

Documents associés

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