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Après dix années d'efforts, voici finalement
adoptée la proposition de Directive sur les activités et la
surveillance des institutions de retraite professionnelle (IRP)
(fonds de pension et caisses de retraite). Ce 13 mai 2003, le
Conseil des ministres de l'Union européenne a formellement accepté
les amendements du Parlement européen formulés le 12 mars 2003, en
seconde lecture. Un grand pas est ainsi franchi dans la voie de la
création d'un Marché intérieur des retraites professionnelles,
avec un cadre prudentiel suffisamment solide pour protéger les
droits des futurs retraités. Grâce à la Directive, les
institutions de retraite professionnelle pourront opérer avec un
maximum de sécurité et d'efficacité (voir dossier spécial du
SMN 23 et
SMN 30).
Parmi les objectifs à atteindre, la Directive devrait tout
d'abord permettre d'assurer un degré élevé de protection des
affiliés et des bénéficiaires des fonds de retraite. Les IRP
seront soumises à des conditions d'activité précises. Les affiliés
et les bénéficiaires seront adéquatement informés des règles du
régime, de la situation financière de l'institution et de leurs
droits. Les promesses de prestations seront calculées avec
prudence et représentées dans le bilan par des actifs suffisants.
Les États membres seront invités à conférer aux autorités de
contrôle les pouvoirs nécessaires pour surveiller efficacement
leurs IRP.
La Directive devrait également permettre aux institutions
d'accepter l'affiliation d'une société située dans un autre Etat
membre et de gérer un régime de retraite pour celle ci.
Actuellement, les prestataires de retraite professionnelle
n'opèrent pour l'essentiel que dans l'Etat membre où ils sont
établis. Des économies d'échelle substantielles pourraient être
réalisées si une seule IRP pouvait gérer les différents régimes
d'une même entreprise opérant dans plusieurs États membres. La
Directive autorise donc la reconnaissance mutuelle des régimes de
surveillance en vigueur dans les États membres, ce qui est un des
objectifs clés de la proposition originale de la Commission.
Il s'agit aussi de permettre aux IRP d'appliquer une stratégie
d'investissement adaptée aux caractéristiques de leurs régimes de
retraite. Les IRP investissant à très long terme, il faut qu'elles
jouissent d'une liberté suffisante pour qu'elles puissent
appliquer la politique d'investissement la plus adaptée aux
engagements qu'elles ont souscrits. La Directive proposée prévoit
une série de principes qui doivent guider les IRP dans la
définition de leur stratégie en matière d'allocation d'actifs. En
vertu de ce principe, les actifs doivent être investis de manière
à servir au mieux les intérêts des affiliés et faire l'objet en
permanence d'une large diversification, de manière à garantir la
sécurité, la qualité, la liquidité et la rentabilité du
portefeuille.
Bon à savoir
L'organisation de la protection sociale et des régimes de
retraite est une compétence des États membres, conformément
au principe de subsidiarité. Le choix entre régimes de
répartition et régimes de capitalisation, l'équilibre
éventuel entre ces régimes et l'encouragement de telle ou
telle forme d'épargne-retraite sont des décisions qui leur
appartiennent totalement. Les prérogatives des Etats membres
en la matière sont pleinement respectées.
La proposition de Directive ne change rien à cet égard.
Elle vise simplement à permettre au Marché intérieur de
donner sa pleine mesure, en faveur tout d'abord des futurs
retraités, dans le respect le plus strict des prérogatives
nationales. Pour autant, un cadre communautaire cohérent
renforçant la sécurité et l'efficacité des IRP et leur
permettant de bénéficier pleinement du Marché intérieur et
de l'euro, constitue un atout majeur pour les Etats membres
qui souhaitent développer le rôle des régimes professionnels
dans leur système de retraite. |
Information:
Jean-Yves Muylle
DG Marché
Intérieur
Unité F.3
Tél.: + 32 (0) 2 296 75 37
Fax.: + 32 (0) 2 299 30 75 |