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No 23 (October 2000/Octobre 2000/Oktober 2000)
«Les Institutions de Retraite Professionnelle (IRP) jouent un rôle majeur pour la cohésion sociale de nombreux Etats membres et pour le financement de l'économie européenne. Etant donné le vieillissement de la population de l'Union, il faut s'assurer que ces institutions puissent opérer avec un maximum de sécurité et d'efficacité. La sécurité des retraites est un objectif primordial: les droits des futurs retraités doivent être protégés par des normes prudentielles rigoureuses. Mais il faut également avoir le souci du coût des retraites. Il faut éviter que les prestations soient trop onéreuses en raison de faibles rendements ou de contraintes administratives excessives. La compétitivité des entreprises en serait affectée, l'équilibre financier des systèmes de retraites serait plus difficile à réaliser et les retraités risqueraient de percevoir des prestations moins élevées. En conséquence, cette proposition de Directive vise à garantir à la fois la sécurité et l'accessibilité finan-cière des régimes de retraite professionnelle» a souligné M. Bolkestein en présentant ce texte. Le Conseil européen de Lisbonne a rappelé la nécessité d'achever et de rendre pleinement opérationnel le Marché intérieur. L'émergence de marchés financiers stables, efficaces et intégrés doit en particulier être accélérée: en protégeant au mieux les épargnants et en favorisant une meilleure allocation du capital, ces marchés sont des vecteurs essentiels pour la croissance et l'emploi. C'est pourquoi les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont appelé à la mise en uvre complète, d'ici 2005, du Plan d'Action de la Commission sur les Services Financiers (voir SMN 17). L'établissement d'un cadre communautaire spécifique pour les Institutions de Retraite Professionnelle (IRP) est un élément central de ce Plan. Par ailleurs, la Communication sur les Retraites Complémentaires publiée par la Commission le 11 mai 1999 (voir aussi SMN 17) annonçait les grandes lignes de cette proposition de Directive. Sont concernées par la proposition de Directive toutes les institutions de retraite liées à l'emploi et opérant sur une base de capitalisation: les fonds de pension, "caisses de pension", éventuellement les sociétés d'assurance vie lorsqu'elles fournissent des produits de retraite professionnelle. Ces institutions sont les dernières grandes entités financières dépourvues d'un cadre ad hoc dans l'UE. Elles détiennent des actifs qui s'élèvent à environ 2300 milliards d'euros et couvrent 25% de la population de l'UE. Elles doivent être en mesure d'exploiter les avantages du Marché intérieur et de l'euro sans souffrir de restrictions inutiles. Ces institutions sont très développées au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Irlande. Elles deviennent de plus en plus importantes en Allemagne. A noter que la proposition ne couvre pas les régimes qui fonctionnent en répartition ou qui relèvent du champ de la sécurité sociale.
Il est vital d'assurer un très haut niveau de protection pour les moyens d'existence des futurs retraités. Mais les IRP doivent aussi opérer avec efficacité, notamment en matière de placements financiers et d'opérations transfrontières. Une hausse des rendements, même minime, peut en effet sur le long terme fortement réduire le coût des prestations. Une protection insuffisante menace les prestations de retraite. Un manque d'efficacité augmente le coût de l'épargne, au détriment de la compétitivité des entreprises et de l'équilibre financier des régimes de retraite. La proposition de Directive contient ainsi trois ensembles de règles, destinées à assurer à la fois la sécurité et l'accessibilité financière.
Des règles prudentielles rigoureuses
Des règles d'investissement appropriées
Vers une gestion transfrontière
L'organisation de la protection sociale et des régimes de retraite est une compétence qui relève exclusivement des Etats membres. Il revient aux Etats membres de décider de la façon d'affronter le problème du vieillissement de la population. Le choix entre régimes en répartition et régimes en capitalisation, l'équilibre éventuel entre ces régimes et l'essor de telle ou telle forme d'épargne retraite sont des décisions qui leur appartiennent totalement. La proposition de Directive ne change rien à cet égard. Elle vise simplement à permettre au Marché intérieur de donner sa pleine mesure, en faveur d'abord des futurs retraités, dans le respect le plus strict des prérogatives nationales. Pour autant, un cadre communautaire cohérent renforçant la sécurité et l'efficacité des IRP, leur permettant de pleinement profiter du Marché intérieur et de l'euro, constituera un atout pour les Etats membres qui souhaitent développer le rôle des régimes professionnels dans leur système de retraite.
Cette proposition, en harmonisant des besoins prudentiels, est une première étape à cet égard. Une deuxième étape consistera à octroyer le droit aux sociétés et aux employés d'obtenir un abattement fiscal sur les cotisations payées aux institutions situées dans l'autre Etat membre. La Commission fera des propositions sur cette procédure au début de l'année prochaine. Dans la pratique, le fonds sera soumis à l'investissement et aux règles prudentielles de l'Etat membre où il est établi. Mais il devra respecter les besoins sociaux et de personnel (c'est-à-dire des règles de régime, des types d'indemnités proposées) qui sont en vigueur dans l'Etat membre où l'employeur et les employés sont établis, puisque les dispositions sociales et la fourniture de main-d'oeuvre ne sont pas encore harmonisées au niveau de l'UE.
La sécurité est primordiale. C'est pourquoi la Commission propose un cadre prudentiel complet, avec des règles sur l'actif, le passif, l'information à fournir aux bénéficiaires, les conditions d'activité des institutions etc. En exigeant une distinction claire entre la société de parrainage et le fonds, en imposant le contrôle prudentiel permanent et en exigeant que les fonds détiennent toujours assez d'actifs pour couvrir leurs engagements, toute la proposition est conçue pour protéger les droits des futurs retraités. Principe de séparation. Une séparation doit être mise en place entre l'institution faisant fonctionner le régime de retraite et l'entreprise qui parraine le fonds. Conditions d'activité. Les autorités compétentes doivent s'assurer que les gérants/directeurs sont des personnes compétentes et honorables, qu'il existe des règles claires quant au fonctionnement des régimes, que les promesses de prestations sont incorporées au passif du bilan selon des normes actuarielles reconnues.
Information de l'autorité de contrôle et des
bénéficiaires. La surveillance financière se fera sur
la base des comptes annuels et du rapport de gestion, qui doivent
également être mis à disposition sur demande des membres et
des bénéficiaires du régime de retraite. Pouvoirs des autorités de surveillance. Les autorités de surveillance devront enfin disposer de suffisamment d'informations et de pouvoir d'intervention pour sauvegarder les intérêts des membres et des bénéficiaires. Ceci nécessite en particulier la réalisation d'inspection sur place, dans le chef de l'institution de retraite elle-même et des autres institutions financières travaillant pour le compte de l'institution de retraite (gestionnaire d'actifs).
Néanmoins, la réglementation de ces institutions ne peut traiter
uniquement de la sécurité. Il faut également prêter
attention au coût des retraites. Si ce coût est trop
élevé, tout le monde est perdant: dans les régimes à
prestations définies, les employeurs doivent contribuer davantage pour
maintenir un niveau donné de bénéfices, avec un impact
négatif sur le coût du travail. Dans les régimes de retraite
à cotisation définies, les employés perçoivent des
prestations réduites.
Ces règles d'investissement doivent reposer sur le principe de gestion en
personne prudente. Ce dernier exige que les institutions détiennent en
permanence un portefeuille d'investissement bien diversifié qui
correspond à la nature et à la durée des engagements
(c'est-à-dire, des promesses de retraite). Mais il donne aux institutions
suffisamment de flexibilité pour décider du poids relatif des
Dans les Etats membres où ce principe est en place, au cours des 15 dernières années, les fonds sont parvenus à réaliser des rendements qui étaient en général deux fois supérieurs à ceux réalisés par les fonds appliquant des restrictions d'investissement quantitatives uniformes. Il convient néanmoins de prendre en considération les différentes traditions et méthodes de surveillance qui existent au sein de l'Union. Dans certains Etats membres, les limites quantitatives sur investissement (par exemple x % maximum du portefeuille en actions, etc.) sont considérées comme un outil important dans la surveillance des fonds. Ces Etats membres devraient par conséquent avoir la possibilité de continuer à imposer, pour les fonds établis sur leurs territoires, certaines règles quantitatives. Mais en tout état de cause, la proposition vise à assurer que les fonds opèrent dans un environnement suffisamment libéral. Ils devraient pouvoir investir suffisamment dans des actifs à long terme tels que les actions (70% des engagements ou du portefeuille d'investissement au lieu de 35% actuellement dans des Etats membres tels que l'Allemagne ou l'Autriche) et les marchés de capital-risque. Ils devraient également pouvoir développer une diversification internationale appropriée de leur portefeuille, en investissant jusqu'à 30% dans les devises autres que celles dans lesquelles des engagements sont pris. En outre, les Etats membres ne devraient pas exiger des fonds qu'ils investissent dans des catégories particulières d'actifs (des obligations d'Etat, par exemple).
Les institutions de retraite professionnelle sont des investisseurs institutionnels majeurs. Elles gèrent environ 2 300 milliards d'euros d'actifs Ce chiffre devrait augmenter pour atteindre environ 3 500 milliards d'euros en 2005. Il pourrait devenir plus important si davantage d'Etats membres décidaient de favoriser le développement des régimes de retraite professionnelle afin de faire face aux contraintes démographiques (vieillissement des populations) et budgétaires (nécessaire respect du Pacte de Stabilité et de Croissance). En outre, les institutions de retraite professionnelle investissent à très long terme (environ 40 ans). Ces capacités financières énormes doivent être investies dans l'économie réelle afin de dynamiser l'économie de l'UE, au lieu d'être utilisées pour financer les déficits publics. Les engagements à long terme doivent être liés aux actifs comme les actions qui offrent de bons rendements à long terme. Les fonds devraient investir dans les actifs à court terme et liquides tels que les obligations uniquement pour les engagements arrivant à échéance à court terme. L'essor des régimes capitalisés et un investissement croissant dans les actions donneraient lieu à une demande plus forte d'instruments financiers. Le financement de l'économie par l'appel au marché, moins coûteux et plus flexible que le financement par les prêts bancaires, s'en trouverait accéléré. La proposition de la Commission est conçue pour accompagner ces changements tout en assurant que les bénéficiaires soient adéquatement protégés.
vous pouvez contacter Martin Merlin MARKT C-2 TEL: +32 (0) 22 95 89 47 FAX: +32 (0) 22 99 30 75
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