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No 19 (December 99/Dcembre 99/Dezember 99)
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Participation de BSCH dans le groupe Champalimaud: Portugal renvoyé devant la Cour de justice |
L'affaire BSCH/Champalimaud est l'une des plus complexes que la
Commission ait eu à connaître ces dernières années.
Pour différentes raisons, la Commission européenne s'oppose en
effet à une décision portugaise qui s'oppose elle-même
à une opération de concentration. Le 20 octobre, il a
été décidé de renvoyer le Portugal devant la Cour
de justice parce qu'il refuse de se soumettre à la Décision de la
Commission du 20 juillet 1999. La Commission réagit ici pour entrave aux
règles de concurrence, notamment celles relatives aux concentrations. A
noter que dans cette même affaire, un avis motivé a
également été envoyé au Portugal pour infraction
aux règles communautaires sur les services financiers et aux
dispositions relatives à la liberté d'établissement et la
libre circulation des capitaux, domaines qui relèvent du Marché
intérieur.
Le groupe portugais Champalimaud a conclu un accord avec BSCH en vue
d'échanger 40% du capital social des holdings qui contrôlent
l'entreprise d'assurance Mundial Confiança contre 1,6% du capital de
BSCH. Les accords ont été notifiés aux autorités
portugaises entre le 11 et le 17 juin 1999. Le ministre portugais a
réagi en adoptant, le 18 juin, un Arrêté ordonnant le
blocage de l'opération (Despacho n.233/99-XIII). En même temps,
l'exercice de tous les droits de vote (sauf 10% attachés aux actions
détenues dans le groupe Champalimaud et par M. Champalimaud
lui-même) ont été suspendus. Les motifs invoqués par
le gouvernement portugais étaient "notification tardive et
incomplète" de l'opération et "absence de structure transparente"
du nouveau groupe, mais aussi "nécessité de préserver
l'intérêt national".
Pas de motifs d'ordre prudentiel
La Commission estime que la décision administrative de poser un
veto à l'opération, ainsi que la suspension des droits de vote,
enfreignent le droit communautaire, car ces mesures - disproportionnées
- ne sont pas justifiées par des motifis d'ordre prudentiel. Les
Directives communautaires en matière d'assurance (92/96/CEE assurance
vie et 42/49/CEE assurance non-vie) exigent que les interventions des
autorités de surveillance soient fondées sur des principes
prudentiels et non sur des intérêts nationaux et/ou économiques.
La Commission a soigneusement examiné la réponse des
autorités portugaises à sa lettre de mise en demeure
adressée en juillet 1999 (voir SMN n.18), mais elle conclut que le
Portugal a enfreint le droit communautaire. Elle a donc envoyé un avis
motivé.
Contraire aux règles de fusion
Par ailleurs, les services de la Commission chargés de la
politique de la concurrence ont également engagé une
procédure pour infraction à l'article 21 de la
Réglementation sur les concentrations, qui donne à la Commission
les pleins pouvoirs pour accepter ou refuser les fusions de dimension
communautaire. Les autorités portugaises n'ont pas notifié leurs
mesures, et les intérêts nationaux et prudentiels invoqués
ne paraissent pas légitimes aux yeux de la Commission.
En réaction, la Commission a donc adopté, le 20 juillet 1999, une
Décision enjoignant aux autorités portugaises de suspendre avec
effet immédiat les mesures découlant de la décision du 18
juin 1999. Début septembre, comme le Portugal ne s'était pas
conformé à la Décision du 20 juillet, la Commission a
décidé d'accélérer la procédure
d'infraction. Le 13 octobre, la Commission décidait l'envoi d'un avis
motivé (deuxième étape de la procédure
d'infraction) au Portugal lui donnant une semaine pour répondre. A
l'expiration du délai, le 20 octobre, aucune réponse n'avait
été reçue. Le renvoi devant la Cour de justice, assorti de
mesu res provisoires, a finalement été décidé parce
que les autorités portugaises n'ont toujours pas suspendu
l'Arrêté du 18 juin. La fusion, acceptée par la Commission
le 3 août, n'est toujours pas entrée en vigueur.
Vers une solution
Entre-temps, le nouveau Ministre des Finances por tugais a
rencontré le 15 novembre MM. Monti et Bolkestein pour les informer de
la conclusion de nouveaux accords entre BSCH et le groupe Champali maud,
notifiés aux différentes autorités compétentes en
matière de surveillance des institutions financières. Le Ministre
a signalé que ces nouveaux accords ne soulèvent pas d'objections
de principe, et que dès lors ils seraient approuvés par les
autorités compétentes. Le Ministre des Finances a
également indiqué son intention de révoquer la
décision du 18 juin dernier et de rétablir les droits de vote
suspendus, lorsque les nouveaux accords seront approuvés. En même
temps, les autorités portugaises ont l'intention de retirer le recours
contre la décision de la Commission du 20 juillet 1999.
La Commission suit de près l'évolution de cette affaire et la
suite que les autorités portugaises y donneront pour décider la
position à prendre au regard des différentes procédures en
cours.
Pour plus d'informations, vous pouvez contacter
Manuel de Frutos
MARKT C-2
TEL: (+32 2) 296 16 50
FAX: (+32 2) 299 30 75


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