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Fiche d'information - La Guyane
Situé près de l'Equateur, au nord-est du Brésil en Amérique du Sud, ce « petit » département français en terme de population (250.000 habitants) dispose d'un terrain d'activités halieutiques relativement étendu de 130.000 km². Côté mer, avec une côte de 350 km de long, la Guyane bénéficie d'une zone économique exclusive qui englobe un plateau continental de 50.000 km². Celui-ci descend très progressivement jusqu'à une profondeur de 200m avant de s'enfoncer en haute mer. Côté terre, la Guyane, pays équatorial au climat pluvieux, est irriguée par une dizaine de fleuves côtiers provenant de la forêt amazonienne. La part du secteur dans l'économie locale est restreinte, 0,94% du PIB1 régional et 2,2% des emplois déclarés. Il représente néanmoins 18% en valeur des exportations de biens, deuxième poste après les expéditions d'or.

Carte de la Guyane

ZEE (zone économique exclusive)
Remarque: bien que tous les efforts aient été déployés pour garantir l’exactitude des informations de la présente carte, la DG Pêche et affaires maritimes n’assume aucune responsabilité en cas d’erreurs ou d’omissions. Les frontières tracées sur cette carte sont indiquées purement à titre d’illustration. Pour obtenir de plus amples informations, veuillez consulter les autorités nationales. La présente carte ne peut être utilisée à des fins de navigation.

La pêche

Machoiran blanc, de la variété des cat fish
Machoiran blanc, de la variété des cat fish

  • Une pêche traditionnelle, généralement en pirogues, est pratiquée dans les cours d'eau et le long des côtes. Ses prises ne sont pas évaluées.
  • Les poissons dits « blancs » vivant dans les mangroves et dans les estuaires (machoiran jaune, acoupa rouge, mulet, mérou, etc.) sont la cible d'une pêche côtière artisanale. Ses déparquements annuels sont estimés à environ 2.500 tonnes, mais avec une incertitude certaine en raison de l'importance du secteur informel dans cette activité. L'état de la ressource est encore mal établi par les scientifiques.
  • Les crevettes vivant sur le plateau font l'objet d'une pêche spécialisée, ciblant principalement la crevette Brown. Suite à des variations climatiques et hydrologiques, ainsi qu'une surpêche relative le stock a fortement diminué entre 1999 et 2002, provoquant une chute de 35% des débarquements. Cette pêcherie dispose aujourd'hui d'un taux admissible de capture de 4000 tonnes, exploité à hauteur de 85%.
  • Le vivaneau rouge, espèce démersale vivant sur le plateau continental, est exploité sous licence européenne par des palangriers vénézuéliens tenus de débarquer au moins 75% de leurs prises en Guyane. Les captures annuelles sont estimées à 1.200 tonnes, mais le stock montre des signes de surexploitation.

Flotte

  • La flotte recensée, fortes de 115 navires, est constituée d'embarcations de moins de 12 mètres (81 unités) et de crevettiers. Composée du traditionnel « canot créole » mais aussi de petits navires artisanaux modernes, cette flottille pratique la petite pêche côtière aux poissons blancs.
  • La flotte crevettière est actuellement composée de 36 chalutiers-congélateurs de fond appartenant à 4 sociétés d'armement. La crise de la crevette a engendré une réduction de cette flotte de 45% entre 1998 et 2005. Deux faillites récentes ont laissés 17 navires à quai.
  • Une flotte de 36 à 41 palangriers du Venezuela sous licence communautaires et de 7 navires antillais ciblant le vivaneau.

Emploi

  • Environ 700 marins-pêcheurs recensés: 200 dans la pêche côtière et 400 dans la pêche crevettière, auxquels s'ajoutent les 430 membres des équipages des navires vénézuéliens sous licence.
  • Seuls 15% des marins-pêcheurs sont guyanais ; les autres viennent principalement du Brésil, du Surinam ou du Guyana.
  • Le secteur informel est important, mais non quantifiable.

Infrastructure

  • Le Larivot, sur l'île de Cayenne, est le seul port de pêche professionnel. Il a été récemment aménagé, grâce aux crédits européens, pour répondre aux exigences de la pêche crevettière dont il abrite la totalité de la flotte.
  • La côte compte une demi-douzaine de centres de pêche peu ou pas équipés en infrastructures de débarquement ergonomique2 et de conservation.

L'aquaculture

  • On compte deux petits pôles de production aquacole en eaux intérieures : l'élevage intensif de chevrette géante, grande crevette d'Asie du sud-est (5 tonnes/an), et l'élevage de la carpe en rizière, selon la méthode traditionnelle de la communauté Hmong du Laos, installé en Guyane depuis les années 70.
  • Selon la Chambre d'agriculture le marché potentiel local peut atteindre 80 tonnes de produits d'aquaculture par an.
  • Le centre de recherche aquacole de Soucoumou a mis au point des procédures d'élevage pour des espèces locales à fort potentiel commercial. Quatre processus sont actuellement maîtrisés: celui de la carpe commune, la carpe locale, l'atipa et le paya; et attendent des initiatives privées.

La transformation et le commerce

  • Les crevettes, débarquées surgelées, sont expédiées en France par les sociétés "mères" des armements guyanais.
  • Les vivaneaux, débarqués par les palangriers vénézuéliens, sont traités dans deux usines locales qui les découpent, les surgèlent et les conditionnent, notamment, à destination des Antilles françaises.
  • Les captures de la pêche côtière sont vendues fraîches, directement sur les lieux de débarquement, sur les marchés locaux ou via des circuits informels de distribution.
  • Le manque d'infrastructures de débarquement et de stockage réduit les possibilités de commercialisation et de transformation.
  • Les importations s'élèvent à 2000 tonnes de produits de pêche transformés (surgelés, conserves et morue salée et séchée), ce qui apparaît paradoxal au vu du potentiel halieutique local.
  • Les emplois à terre du secteur sont estimés entre 250 temps-pleins.

Le soutien communautaire

Sur la période 1994-2004 le secteur de la pêche guyanais a reçu près de 65 millions € d'aides européennes directes: 12 millions provenant de l'Instrument d'orientation de la pêche (IFOP), 10,5 millions provenant du Fonds européen de développement régional (FEDER), 0,5 du FSE et 40 millions provenant du Programme spécifique pour l'éloignement et l'insularité (POSEI). Cette aide concerne le domaine de la pêche depuis 1992 (et a été reconduite en 2003 ). A partir de 2007, le nouveau Fonds européen pour la pêche (FEP) prendra le relais de l'IFOP comme instrument au service la Politique commune de la pêche.

  • Flotte – Une des utilisations principales de l'IFOP en Guyane a été de financer le renouvellement et la modernisation de la flotte. Sur 10 ans, 3 millions € de fonds européens y ont été consacrés.
  • Infrastructures et équipements – L'équipement des ports de pêche a requis 1 million € de l'IFOP et 10,5 millions € du FEDER. Ces subsides ont principalement convergé vers la modernisation du port crevettier du Larivot avec la mise aux normes des quais, la dépollution et la sécurisation du site et la mise en place d'une infrastructure d'entretien des bateaux. La pêche artisanale a également bénéficié de ces fonds avec l'aménagement des ports de Kourou et de Sinnamary (2 millions € d'IFOP).
  • Transformation et commercialisation – Ce poste est l'autre gros consommateur de fonds IFOP (4 millions €) qui ont notamment soutenu la construction d'une plate-forme commerciale (le Marché d'intérêt régional) à Cayenne, diverses infrastructures de conservation et de transformation pour les crevettiers du Larivot, quelques points de ventes modernes pour la pêche artisanale et des équipements aux normes des principaux usiniers de Cayenne.
  • Aquaculture – L'IFOP a soutenu le centre de recherche aquacole de Soucoumou et la chambre d'agriculture dans le cadre de leur recherche de nouveaux débouchés et procédés aquacoles.
  • Compensation des surcoûts – Le programme communautaire POSEIDOM permet d'aider les départements français d'outre-mer à commercialiser certain de leurs produits en compensant les surcoûts dus à l'éloignement. Depuis 1994, 40 millions € de ce fonds ont permis aux producteurs de crevettes d'expédier leurs produits en France métropolitaine.
  • Protection de la ressource – L'IFOP et le FEDER (via le programme INTERREG) tentent d'encourager l'IFREMER à développer un système de suivi des ressources halieutiques.

1 Produit intérieur brut

2 Infrastructure portuaire qui facilite les opérations de débarquements des bateaux de la pêche

Dernière mise à jour: 22.11.2006
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