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European Market Observatory for Fisheries and Aquaculture Products
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Two new reports on the economic performance of the EU aquaculture sector are now available on the website of  the Scientific, Technical and Economic Committee for Fisheries (STECF)

On 15 November 2013, the Directorate-General for Maritime Affairs and Fisheries (DG MARE) organised a workshop on Maritime Spatial Planning (MSP) and fisheries and aquaculture in Vilnius, Lithuania.
A new consultation is on-line. Deadline: 21.02.2014

Techniques d’aquaculture

D'origine récente, l'aquaculture est un secteur extrêmement diversifié. Pratiquée de manière extensive, semi-extensive ou intensive, elle sert à la production alimentaire et non alimentaire, ainsi qu'au repeuplement des milieux aquatiques. Petit tour d'horizon de l'aquaculture en Europe.

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L'aquaculture extensive

À ses débuts, l'aquaculture consistait à capturer des espèces sauvages pour les stocker dans des lagunes, des étangs ou des lacs peu profonds.
Repêchage de carpes en République tchèque © Zbynek Mejta

Cette forme d'élevage rudimentaire remonte au néolithique, à l'époque où l'homme a commencé à agir sur les ressources naturelles, c'est-à-dire 4 000 ans avant notre ère. Elle n'implique aucune interaction technique avec l'environnement ou l'animal, à la différence des techniques d'élevage modernes, qui produisent des organismes aquatiques dans des conditions contrôlées ou semi-contrôlées.

L'étape suivante a consisté à aménager un environnement favorisant le développement des populations de poissons, mollusques ou crustacés. L'élevage de carpes en Chine est une tradition millénaire attestée par un traité de pisciculture datant du Ve siècle avant J.-C.

En Europe, les Romains stockaient les huîtres et engraissaient les poissons dans des viviers. Mais c'est au Moyen-Âge que les techniques de pisciculture en étang se sont développées, notamment dans les monastères, qui avaient besoin d'une nourriture maigre pour les nombreux jours de jeûne imposés par la religion chrétienne. En Europe méridionale, l'élevage de poissons en eau saumâtre (ou «valliculture») date également de cette époque. Des lagunes et des étangs littoraux ont commencé à être aménagés afin d'y conserver des poissons comme le bar, la daurade et le mulet.

Ces formes d'aquaculture ancestrales sont toujours présentes en Europe. De la Laponie à la Sicile ou de l'Irlande à la Grèce, la pisciculture extensive traditionnelle est loin d'avoir disparu. Lagunes et étangs naturels et artificiels sont entretenus afin de développer la faune aquatique. Chaque hiver, les plans d'eau sont curés puis fertilisés afin de stimuler la production de micro-organismes, petits mollusques, crustacés, larves et vers, qui forment la base de la pyramide alimentaire. Cette technique favorise le développement d'espèces commerciales, avec un taux de rendement supérieur à celui de l'écosystème naturel.

En eau douce, on obtient les espèces suivantes: truite fario, corégone, omble-chevalier, anguille, sandre, brochet, carpe, poisson-chat, esturgeon, écrevisse et grenouille. En eau saumâtre, les lagunes et les étangs côtiers fournissent du bar, de l'anguille, de la daurade, du mulet, de l'esturgeon, des crevettes et des coquillages.





Repêchage de carpes en République tchèque © Zbynek Mejta

Cette forme d'élevage rudimentaire remonte au néolithique, à l'époque où l'homme a commencé à agir sur les ressources naturelles, c'est-à-dire 4 000 ans avant notre ère. Elle n'implique aucune interaction technique avec l'environnement ou l'animal, à la différence des techniques d'élevage modernes, qui produisent des organismes aquatiques dans des conditions contrôlées ou semi-contrôlées.

L'étape suivante a consisté à aménager un environnement favorisant le développement des populations de poissons, mollusques ou crustacés. L'élevage de carpes en Chine est une tradition millénaire attestée par un traité de pisciculture datant du Ve siècle avant J.-C.

En Europe, les Romains stockaient les huîtres et engraissaient les poissons dans des viviers. Mais c'est au Moyen-Âge que les techniques de pisciculture en étang se sont développées, notamment dans les monastères, qui avaient besoin d'une nourriture maigre pour les nombreux jours de jeûne imposés par la religion chrétienne. En Europe méridionale, l'élevage de poissons en eau saumâtre (ou «valliculture») date également de cette époque. Des lagunes et des étangs littoraux ont commencé à être aménagés afin d'y conserver des poissons comme le bar, la daurade et le mulet.

Ces formes d'aquaculture ancestrales sont toujours présentes en Europe. De la Laponie à la Sicile ou de l'Irlande à la Grèce, la pisciculture extensive traditionnelle est loin d'avoir disparu. Lagunes et étangs naturels et artificiels sont entretenus afin de développer la faune aquatique. Chaque hiver, les plans d'eau sont curés puis fertilisés afin de stimuler la production de micro-organismes, petits mollusques, crustacés, larves et vers, qui forment la base de la pyramide alimentaire. Cette technique favorise le développement d'espèces commerciales, avec un taux de rendement supérieur à celui de l'écosystème naturel.

En eau douce, on obtient les espèces suivantes: truite fario, corégone, omble-chevalier, anguille, sandre, brochet, carpe, poisson-chat, esturgeon, écrevisse et grenouille. En eau saumâtre, les lagunes et les étangs côtiers fournissent du bar, de l'anguille, de la daurade, du mulet, de l'esturgeon, des crevettes et des coquillages.





La conchyliculture

La conchyliculture, c'est-à-dire l'élevage de coquillages, reste une activité aquacole extensive. Elle repose essentiellement sur des spécimens nés en milieu naturel et sur les nutriments présents dans l'environnement.
Mytiliculture en Irlande © Lionel Flageul

La conchyliculture a atteint un très haut niveau technologique. L'élevage des huîtres (ostréiculture) et des moules (mytiliculture) représente 90 % de la production conchylicole européenne. Ce sont des élevages très anciens qui remontent à l'Antiquité.

L'ostréiculture constitue une activité traditionnelle dans certains pays européens, comme la France (90 % de la production de l'UE) et les Pays-Bas. Elle est plus récente dans d’autres pays, notamment l'Irlande. Deux espèces sont cultivées en Europe: l'huître plate (Ostrea edulis) et l'huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas), la plus courante. Il leur faut trois à quatre ans avant d'atteindre une taille commercialisable.

La mytiliculture est également axée sur deux espèces: la moule commune (Mytilus edulis), que l'on trouve dans le Nord, et la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis), plus grosse, que l'on trouve dans le Sud. Les méthodes d’élevage varient selon les espèces et les régions.

D’autres espèces de coquillages sont élevées en Europe, comme la palourde, les coques, la coquille Saint-Jacques et l'ormeau.

L’élevage de la palourde (européenne ou japonaise) est plus récent. Il remonte aux années 1980, à l'époque où la pêche à pied ou à la drague a été strictement réglementée, afin de protéger les ressources. La reproduction s’effectue naturellement sur les sites de production ou de manière contrôlée dans les écloseries. Le naissain est placé au fond de bassins remplis d’eau de mer, ou directement en parcs d’élevage. Au bout de trois mois, les jeunes palourdes sont ensemencées sur l'estran (Normandie, Bretagne, Cantabrie, Galice) ou dans des lagunes (Poitou-Charentes, Émilie-Romagne, Vénétie), et récoltées deux ans plus tard. L’essentiel de la production européenne vient d'Italie.





Mytiliculture en Irlande © Lionel Flageul

La conchyliculture a atteint un très haut niveau technologique. L'élevage des huîtres (ostréiculture) et des moules (mytiliculture) représente 90 % de la production conchylicole européenne. Ce sont des élevages très anciens qui remontent à l'Antiquité.

L'ostréiculture constitue une activité traditionnelle dans certains pays européens, comme la France (90 % de la production de l'UE) et les Pays-Bas. Elle est plus récente dans d’autres pays, notamment l'Irlande. Deux espèces sont cultivées en Europe: l'huître plate (Ostrea edulis) et l'huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas), la plus courante. Il leur faut trois à quatre ans avant d'atteindre une taille commercialisable.

La mytiliculture est également axée sur deux espèces: la moule commune (Mytilus edulis), que l'on trouve dans le Nord, et la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis), plus grosse, que l'on trouve dans le Sud. Les méthodes d’élevage varient selon les espèces et les régions.

D’autres espèces de coquillages sont élevées en Europe, comme la palourde, les coques, la coquille Saint-Jacques et l'ormeau.

L’élevage de la palourde (européenne ou japonaise) est plus récent. Il remonte aux années 1980, à l'époque où la pêche à pied ou à la drague a été strictement réglementée, afin de protéger les ressources. La reproduction s’effectue naturellement sur les sites de production ou de manière contrôlée dans les écloseries. Le naissain est placé au fond de bassins remplis d’eau de mer, ou directement en parcs d’élevage. Au bout de trois mois, les jeunes palourdes sont ensemencées sur l'estran (Normandie, Bretagne, Cantabrie, Galice) ou dans des lagunes (Poitou-Charentes, Émilie-Romagne, Vénétie), et récoltées deux ans plus tard. L’essentiel de la production européenne vient d'Italie.





L'aquaculture semi-extensive

La polyculture traditionnelle en étang et en lagune évolue vers une production plus encadrée relevant de l'aquaculture semi-extensive.

Cages flottantes à Chypre © Lionel Flageul

Les producteurs ne se contentent plus de stimuler le développement naturel de l'étang ou de la lagune, mais aident la nature en introduisant des alevins nés en écloserie et en apportant un complément de nourriture. L'exemple le plus représentatif est l'élevage de carpes, très répandu dans les pays d'Europe centrale. L'aquaculture en eau saumâtre (ou «valliculture»), qui est pratiquée dans le sud de l'Europe, recourt également de plus en plus aux écloseries et aux aliments industriels, ce qui permet de compenser la baisse du recrutement naturel. Dans les deltas du Pô et de l'Adige, on ensemence les lagunes avec des alevins de bar et de daurade, pour remédier à la raréfaction de ces espèces dans le milieu naturel et compenser la disparition de l'anguille. Dans les esteros espagnols et au Portugal, cette pratique a permis d'élever de nouvelles espèces, comme le turbot, la sole commune et la sole du Sénégal.

Pour être complet, il convient d'évoquer également la conservation dans des viviers flottants ou dans des bassins de terre. Cette pratique permet de conserver et d'engraisser des animaux préalablement capturés pour les commercialiser plus tard. Elle concerne surtout les espèces qui perdent leur qualité gustative lorsqu'elles sont soumises à des procédés de conservation classiques, comme la stérilisation ou la congélation. L'exemple le plus courant est celui des grands crustacés, comme le homard, la langouste et le tourteau, qui sont pêchés au printemps mais consommés l'hiver, pendant les fêtes de fin d'année. L'engraissement du thon rouge en cages flottantes, qui est apparu en Méditerranée dans les années 1990, est un autre exemple. Il s'agit dans ce cas d'exporter en hiver, et à un meilleur prix, les spécimens capturés pendant la saison de pêche, au printemps.





Cages flottantes à Chypre © Lionel Flageul

Les producteurs ne se contentent plus de stimuler le développement naturel de l'étang ou de la lagune, mais aident la nature en introduisant des alevins nés en écloserie et en apportant un complément de nourriture. L'exemple le plus représentatif est l'élevage de carpes, très répandu dans les pays d'Europe centrale. L'aquaculture en eau saumâtre (ou «valliculture»), qui est pratiquée dans le sud de l'Europe, recourt également de plus en plus aux écloseries et aux aliments industriels, ce qui permet de compenser la baisse du recrutement naturel. Dans les deltas du Pô et de l'Adige, on ensemence les lagunes avec des alevins de bar et de daurade, pour remédier à la raréfaction de ces espèces dans le milieu naturel et compenser la disparition de l'anguille. Dans les esteros espagnols et au Portugal, cette pratique a permis d'élever de nouvelles espèces, comme le turbot, la sole commune et la sole du Sénégal.

Pour être complet, il convient d'évoquer également la conservation dans des viviers flottants ou dans des bassins de terre. Cette pratique permet de conserver et d'engraisser des animaux préalablement capturés pour les commercialiser plus tard. Elle concerne surtout les espèces qui perdent leur qualité gustative lorsqu'elles sont soumises à des procédés de conservation classiques, comme la stérilisation ou la congélation. L'exemple le plus courant est celui des grands crustacés, comme le homard, la langouste et le tourteau, qui sont pêchés au printemps mais consommés l'hiver, pendant les fêtes de fin d'année. L'engraissement du thon rouge en cages flottantes, qui est apparu en Méditerranée dans les années 1990, est un autre exemple. Il s'agit dans ce cas d'exporter en hiver, et à un meilleur prix, les spécimens capturés pendant la saison de pêche, au printemps.





L'aquaculture de repeuplement

À partir du XVIIe siècle, les réserves de poissons d'eau douce ont commencé à décliner, probablement en raison de l'augmentation de la population humaine. Les autorités envisagent alors de repeupler les rivières avec des alevins nés en captivité.

Alevinage en couvoirs © Lionel Flageul

Dans la nature, les poissons libèrent une très grande quantité d'œufs. Seuls quelques individus deviennent adultes après avoir échappé à de multiples dangers: prédateurs, maladies, manque de nourriture, pollution, chocs thermiques et autres. Les écloseries ont pour but d'obtenir des œufs fécondés et de contrôler tous les paramètres, afin de permettre à un maximum d'individus d'accéder au stade juvénile avant d'être relâchés dans le milieu naturel.

La première écloserie de truites a été créée en 1741 par un scientifique allemand, Stephen Ludwig Jacobi. Il faudra encore attendre cent ans avant que sa découverte soit mise en œuvre à grande échelle pour repeupler les cours d'eau appauvris par les débuts de la révolution industrielle en Europe, aux États-Unis et au Japon.

La production s'étend à l'omble, au corégone, au saumon atlantique et à la truite arc-en-ciel, introduite en Europe dès 1874. Mais ces progrès restent limités aux salmonidés, qui se reproduisent assez facilement en captivité.

Dans les années trente, l'induction de la ponte par injection hormonale est découverte au Brésil. Dès 1934, les scientifiques russes utilisent cette technique pour produire de jeunes esturgeons et repeupler les grands fleuves.
Elle est appliquée depuis à un grand nombre d'espèces (brochet, carpe, poisson-chat, etc.) qui n'ont pas de ponte spontanée en captivité.
L'aquaculture de repeuplement est encore largement pratiquée de nos jours, en eau douce et en mer. Les écloseries sont généralement financées par des programmes publics de recherche et travaillent essentiellement avec des espèces locales. Il existe en Europe plusieurs écloseries dont l'activité est axée sur le repeuplement des rivières en saumons et esturgeons.

Certaines participent à des projets de «pacage marin». Cette pratique, qui remonte au XIXe siècle, consiste à renforcer un stock naturel avec des juvéniles d'écloserie afin de maintenir l'activité de pêche. C'est le cas du saumon en mer Baltique et de la sole commune en mer du Nord.





Alevinage en couvoirs © Lionel Flageul

Dans la nature, les poissons libèrent une très grande quantité d'œufs. Seuls quelques individus deviennent adultes après avoir échappé à de multiples dangers: prédateurs, maladies, manque de nourriture, pollution, chocs thermiques et autres. Les écloseries ont pour but d'obtenir des œufs fécondés et de contrôler tous les paramètres, afin de permettre à un maximum d'individus d'accéder au stade juvénile avant d'être relâchés dans le milieu naturel.

La première écloserie de truites a été créée en 1741 par un scientifique allemand, Stephen Ludwig Jacobi. Il faudra encore attendre cent ans avant que sa découverte soit mise en œuvre à grande échelle pour repeupler les cours d'eau appauvris par les débuts de la révolution industrielle en Europe, aux États-Unis et au Japon.

La production s'étend à l'omble, au corégone, au saumon atlantique et à la truite arc-en-ciel, introduite en Europe dès 1874. Mais ces progrès restent limités aux salmonidés, qui se reproduisent assez facilement en captivité.

Dans les années trente, l'induction de la ponte par injection hormonale est découverte au Brésil. Dès 1934, les scientifiques russes utilisent cette technique pour produire de jeunes esturgeons et repeupler les grands fleuves.
Elle est appliquée depuis à un grand nombre d'espèces (brochet, carpe, poisson-chat, etc.) qui n'ont pas de ponte spontanée en captivité.
L'aquaculture de repeuplement est encore largement pratiquée de nos jours, en eau douce et en mer. Les écloseries sont généralement financées par des programmes publics de recherche et travaillent essentiellement avec des espèces locales. Il existe en Europe plusieurs écloseries dont l'activité est axée sur le repeuplement des rivières en saumons et esturgeons.

Certaines participent à des projets de «pacage marin». Cette pratique, qui remonte au XIXe siècle, consiste à renforcer un stock naturel avec des juvéniles d'écloserie afin de maintenir l'activité de pêche. C'est le cas du saumon en mer Baltique et de la sole commune en mer du Nord.





La pisciculture intensive en eau douce

Un site de pisciculture intensive en eau douce comprend généralement plusieurs bassins rectangulaires en béton, de tailles et de profondeurs adaptées aux différents stades de croissance des poissons. Ils sont alimentés par un bief qui capte l'eau de la rivière en amont et la restitue en aval. C'est ce que l'on appelle le système d'écoulement continu.

Élevage de truites en Irlande © Lionel Flageul

Venue d'Amérique du Nord, la truite «arc-en-ciel» est plus adaptée à l'aquaculture que sa cousine européenne. Elle est plus robuste, croît plus rapidement et supporte des densités d'élevage plus élevées. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les performances de l'aquaculture restent limitées du fait de l'alimentation peu adaptée, essentiellement composée de déchets de poissons non transformés, et de la vulnérabilité aux épizooties. Les avancées du XXe siècle vont changer le cours des choses.

Les chercheurs découvrent que chaque espèce a besoin d'une alimentation spécifique, qui évolue avec la croissance. Les larves doivent se nourrir de plancton vivant, qu'il faut produire en captivité. L'introduction des granulés secs pour les juvéniles et les adultes a constitué un tournant important. Les découvertes réalisées en matière de médicaments, de vaccination et de prévention ont permis de faire reculer les maladies.

Dans les années 1960, les élevages intensifs de truites arc-en-ciel ont commencé à se développer au Danemark, puis dans le reste de l'Europe. Aujourd'hui, la pisciculture européenne s'est fortement diversifiée. Outre la truite arc-en-ciel, qui reste l'espèce dominante, d'autres espèces font l'objet d'un élevage intensif, comme la truite fario, l'omble de fontaine, l'omble-chevalier, le corégone, le tilapia, le sandre et l'esturgeon sibérien.

L'écoulement continu cède peu à peu du terrain face à la recirculation de l'eau. Avec ce système, l'eau reste en circuit fermé et elle est recyclée avant d'être remise en circulation dans les bassins. Cette technique permet de contrôler tous les paramètres de l'eau: température, acidité, salinité, désinfection, etc., et de traiter les déchets organiques avant de les rejeter. Mais c'est une technologie complexe et coûteuse en investissement et en énergie.

La technique de recirculation n'est pas récente. Elle est utilisée depuis longtemps dans les aquariums et les écloseries. Elle s'est répandue dans les unités d'engraissement à partir des années 1980 et rencontre aujourd'hui un certain succès, notamment dans les pays où règnent des conditions climatiques extrêmes, car elle permet de contrôler la température de l'eau, quelle que soit la saison. En eau douce, ce système est principalement utilisé pour la truite arc-en-ciel, le poisson-chat et l'anguille, mais il convient à toutes les espèces, y compris les espèces marines comme le turbot.





Élevage de truites en Irlande © Lionel Flageul

Venue d'Amérique du Nord, la truite «arc-en-ciel» est plus adaptée à l'aquaculture que sa cousine européenne. Elle est plus robuste, croît plus rapidement et supporte des densités d'élevage plus élevées. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les performances de l'aquaculture restent limitées du fait de l'alimentation peu adaptée, essentiellement composée de déchets de poissons non transformés, et de la vulnérabilité aux épizooties. Les avancées du XXe siècle vont changer le cours des choses.

Les chercheurs découvrent que chaque espèce a besoin d'une alimentation spécifique, qui évolue avec la croissance. Les larves doivent se nourrir de plancton vivant, qu'il faut produire en captivité. L'introduction des granulés secs pour les juvéniles et les adultes a constitué un tournant important. Les découvertes réalisées en matière de médicaments, de vaccination et de prévention ont permis de faire reculer les maladies.

Dans les années 1960, les élevages intensifs de truites arc-en-ciel ont commencé à se développer au Danemark, puis dans le reste de l'Europe. Aujourd'hui, la pisciculture européenne s'est fortement diversifiée. Outre la truite arc-en-ciel, qui reste l'espèce dominante, d'autres espèces font l'objet d'un élevage intensif, comme la truite fario, l'omble de fontaine, l'omble-chevalier, le corégone, le tilapia, le sandre et l'esturgeon sibérien.

L'écoulement continu cède peu à peu du terrain face à la recirculation de l'eau. Avec ce système, l'eau reste en circuit fermé et elle est recyclée avant d'être remise en circulation dans les bassins. Cette technique permet de contrôler tous les paramètres de l'eau: température, acidité, salinité, désinfection, etc., et de traiter les déchets organiques avant de les rejeter. Mais c'est une technologie complexe et coûteuse en investissement et en énergie.

La technique de recirculation n'est pas récente. Elle est utilisée depuis longtemps dans les aquariums et les écloseries. Elle s'est répandue dans les unités d'engraissement à partir des années 1980 et rencontre aujourd'hui un certain succès, notamment dans les pays où règnent des conditions climatiques extrêmes, car elle permet de contrôler la température de l'eau, quelle que soit la saison. En eau douce, ce système est principalement utilisé pour la truite arc-en-ciel, le poisson-chat et l'anguille, mais il convient à toutes les espèces, y compris les espèces marines comme le turbot.





La mariculture intensive

Venue du Japon dans les années 1960, la mariculture en cage flottante constitue une innovation très importante en pisciculture.

Récolte de saumons en Irlande © Lionel Flageul

Les poissons sont maintenus captifs dans un grand filet en forme de poche ancré sur le fond et maintenu en surface par un cadre flottant rectangulaire ou circulaire. Les Japonais y engraissent des sérioles et des daurades. L'idée est exportée en Europe, où les cages flottantes sont tout d'abord utilisées pour élever des truites arc-en-ciel dans les eaux abritées des fjords norvégiens.

En cette fin des années 1960, les cages arrivent à point nommé pour expérimenter le système avec une nouvelle espèce: le saumon atlantique. Les écloseries de saumon produisent depuis de nombreuses années des saumoneaux ou «smolts», c'est-à-dire des juvéniles capables de vivre en milieu marin. L'idée d'engraisser les saumoneaux en mer, dans des cages flottantes, jusqu'à ce qu'ils atteignent la taille adulte, fait rapidement son chemin. L'élevage européen du saumon est une des grandes réussites des années 1970 et 1980. Le saumon, devenu rare à l'état sauvage, était devenu un produit de luxe. Sa vente à un prix raisonnable est un succès commercial sans précédent, qui fait de la mariculture européenne un secteur d'avenir. Les fjords et les baies situés en mer du Nord et à l'ouest des îles britanniques voient apparaître de nombreuses fermes aquacoles, notamment en Norvège et en Écosse.

Ce succès fait des adeptes. Les pays méditerranéens étudient et mettent au point l'alevinage du bar commun et de la daurade royale. Au cours des années 1990, l'élevage se répand dans toute la Méditerranée et dans les Îles Canaries. Le saumon, le bar et la daurade restent les produits vedettes de la mariculture européenne. D'autres espèces apparaissent progressivement, comme le maigre commun au sud et le cabillaud au nord.

Dans les années 1990 et 2000, la mariculture intensive s'étend aux poissons plats. Les cages flottantes ne leur conviennent pas, car ils doivent reposer sur un sol sableux. C'est donc dans des bassins à terre, alimentés en eau de mer, que se développe l'élevage du turbot en Galice. Les progrès de la technologie de recirculation ouvrent de nouvelles perspectives à la mariculture à terre. D'autres espèces sont exploitées, comme la sole commune, qui est élevée dans des bacs plats superposés. La possibilité de contrôler les paramètres de l'eau, et notamment la température, permet de se dégager des impératifs climatiques. C'est ainsi que l'élevage du turbot, du bar et de la daurade gagne peu à peu le nord de l'Europe.

Au début du XXIe siècle, l'aquaculture est confrontée à de nouveaux enjeux. La zone côtière européenne est suroccupée et n'offre plus de terrain d'expansion. La mariculture doit s'éloigner des côtes et s'implanter, soit à l'intérieur des terres, en reconstituant artificiellement l'eau de mer grâce à la technique de recirculation, soit au large, en s'éloignant des zones côtières abritées. La mariculture au large est le nouveau champ d'investigation de l'aquaculture européenne. Les difficultés technologiques sont énormes. La Méditerranée est une des mers les plus profondes au monde et l'Atlantique Nord-est une des zones les plus venteuses et houleuses du globe. Il faut donc concevoir de nouveaux systèmes pour contenir les poissons, comme les cages submersibles, mais aussi les nourrir et assurer la surveillance à distance.





Récolte de saumons en Irlande © Lionel Flageul

Les poissons sont maintenus captifs dans un grand filet en forme de poche ancré sur le fond et maintenu en surface par un cadre flottant rectangulaire ou circulaire. Les Japonais y engraissent des sérioles et des daurades. L'idée est exportée en Europe, où les cages flottantes sont tout d'abord utilisées pour élever des truites arc-en-ciel dans les eaux abritées des fjords norvégiens.

En cette fin des années 1960, les cages arrivent à point nommé pour expérimenter le système avec une nouvelle espèce: le saumon atlantique. Les écloseries de saumon produisent depuis de nombreuses années des saumoneaux ou «smolts», c'est-à-dire des juvéniles capables de vivre en milieu marin. L'idée d'engraisser les saumoneaux en mer, dans des cages flottantes, jusqu'à ce qu'ils atteignent la taille adulte, fait rapidement son chemin. L'élevage européen du saumon est une des grandes réussites des années 1970 et 1980. Le saumon, devenu rare à l'état sauvage, était devenu un produit de luxe. Sa vente à un prix raisonnable est un succès commercial sans précédent, qui fait de la mariculture européenne un secteur d'avenir. Les fjords et les baies situés en mer du Nord et à l'ouest des îles britanniques voient apparaître de nombreuses fermes aquacoles, notamment en Norvège et en Écosse.

Ce succès fait des adeptes. Les pays méditerranéens étudient et mettent au point l'alevinage du bar commun et de la daurade royale. Au cours des années 1990, l'élevage se répand dans toute la Méditerranée et dans les Îles Canaries. Le saumon, le bar et la daurade restent les produits vedettes de la mariculture européenne. D'autres espèces apparaissent progressivement, comme le maigre commun au sud et le cabillaud au nord.

Dans les années 1990 et 2000, la mariculture intensive s'étend aux poissons plats. Les cages flottantes ne leur conviennent pas, car ils doivent reposer sur un sol sableux. C'est donc dans des bassins à terre, alimentés en eau de mer, que se développe l'élevage du turbot en Galice. Les progrès de la technologie de recirculation ouvrent de nouvelles perspectives à la mariculture à terre. D'autres espèces sont exploitées, comme la sole commune, qui est élevée dans des bacs plats superposés. La possibilité de contrôler les paramètres de l'eau, et notamment la température, permet de se dégager des impératifs climatiques. C'est ainsi que l'élevage du turbot, du bar et de la daurade gagne peu à peu le nord de l'Europe.

Au début du XXIe siècle, l'aquaculture est confrontée à de nouveaux enjeux. La zone côtière européenne est suroccupée et n'offre plus de terrain d'expansion. La mariculture doit s'éloigner des côtes et s'implanter, soit à l'intérieur des terres, en reconstituant artificiellement l'eau de mer grâce à la technique de recirculation, soit au large, en s'éloignant des zones côtières abritées. La mariculture au large est le nouveau champ d'investigation de l'aquaculture européenne. Les difficultés technologiques sont énormes. La Méditerranée est une des mers les plus profondes au monde et l'Atlantique Nord-est une des zones les plus venteuses et houleuses du globe. Il faut donc concevoir de nouveaux systèmes pour contenir les poissons, comme les cages submersibles, mais aussi les nourrir et assurer la surveillance à distance.