Statistiques sur le logement

Données extraites en novembre 2015. Données plus récentes: Informations supplémentaires Eurostat, Principaux tableaux et Base de données. Mise à jour prévue de l’article: juin 2017
Graphique 1: Répartition de la population par type de logement, 2014
(en % de la population)
Source: Eurostat (ilc_lvho01)
Graphique 2: Répartition de la population en fonction des modalités de jouissance du logement, 2014
(en % de la population)
Source: Eurostat (ilc_lvho02)
Graphique 3: Taux de surpeuplement, 2014
(en % de la population spécifiée)
Source: Eurostat (ilc_lvho05a)
Graphique 4: Privation grave de logement, 2013 et 2014 (1)
(en % de la population)
Source: Eurostat (ilc_mdho06a)
Tableau 1: Taux de surcharge des coûts du logement, par modalité de jouissance, 2014
(en % de la population)
Source: Eurostat (ilc_lvho07c) et (ilc_lvho07a)


Le présent article fournit une vue d’ensemble des statistiques récentes concernant le logement dans l’Union européenne (UE) et les pays de l’AELE, en particulier les types de logement, les modalités de jouissance (propriétaire ou locataire), la qualité et l’accessibilité économique du logement.

Un logement décent, à un prix abordable et dans un environnement sûr, est un besoin essentiel et un droit fondamental. Répondre à ce besoin est de nature à atténuer la pauvreté et l’exclusion sociale, mais représente toujours un défi majeur dans un certain nombre de pays européens.

Principaux résultats statistiques

Type de logement

En 2014, dans l’UE-28, 4 personnes sur 10 vivaient dans des appartements, un peu plus d’un quart (25,6 %) dans des maisons mitoyennes et un peu plus d'un tiers (33,7 %) dans des maisons indépendantes (voir graphique 1). Parmi les États membres de l’UE, c’est en Espagne (66,5 %), en Lettonie (65,1 %) et en Estonie (63,8 %; données de 2013) que la proportion de personnes vivant en appartement était la plus élevée, tandis que les proportions les plus élevées de personnes vivant dans des maisons mitoyennes ont été enregistrées aux Pays-Bas (61,2 %), au Royaume-Uni (60,0 %) et en Irlande (58,3 %; données de 2013). Le pourcentage de personnes vivant dans des maisons indépendantes était le plus élevé en Croatie (72,6 %), en Slovénie (65,4 %) et en Hongrie (63,0 %); la Norvège (62,4 %) et la Serbie (60,5 %; données de 2013) ont également fait état de pourcentages élevés en la matière.

Modalités de jouissance du logement

En 2014, plus d’un quart (27,1 %) des habitants de l’UE-28 occupaient un logement dont ils étaient propriétaires et pour lequel un emprunt ou une hypothèque était en cours, tandis que plus des deux cinquièmes (43,0 %) occupaient un logement dont ils étaient propriétaires et pour lequel il n’existait aucun emprunt ni hypothèque. Ainsi, dans l’UE-28, sept personnes sur dix (70,1 %) vivaient dans un logement dont elles étaient propriétaires, tandis que 19,1 % étaient locataires et payaient un loyer au prix du marché, et 10,8 % occupaient un logement à loyer réduit ou mis à disposition gratuitement.

En 2014, plus de la moitié des habitants dans chacun des États membres de l’UE (voir le graphique 2) occupaient un logement dont ils étaient propriétaires, le pourcentage allant de 52,4 % en Allemagne à 96,1 % en Roumanie. Ainsi, aucun des États membres de l’UE n’a fait état d’un pourcentage de locataires plus élevé que celui des personnes occupant un logement dont elles étaient propriétaires. À l’inverse, en Suisse (données de 2013), les personnes vivant en location étaient plus nombreuses que celles occupant un logement dont elles étaient propriétaires dans la mesure où quelque 56,0 % étaient locataires. En Suède (61,3 %) et aux Pays-Bas (59,2 %), plus de la moitié des habitants vivaient dans un logement leur appartenant et pour lequel un emprunt ou une hypothèque était en cours; c’était également le cas en Norvège (65,6 %) et en Islande (62,9 %; données de 2013).

En 2014, le pourcentage de personnes vivant dans des logements loués au prix du marché était inférieur à 10,0 % dans onze États membres de l’UE (les données relatives à l’Estonie concernent l’année 2013). En revanche, cette proportion s’élevait à près de deux cinquièmes en Allemagne (39,6 %), à près d’un tiers au Danemark (36,6 %), aux Pays-Bas (32,6 %) et en Suède (30,4 %), à plus d’un quart en Autriche (27,2 %), et à un cinquième ou plus au Luxembourg (22,0 %) et en Grèce (20,0 %). La proportion de la population vivant dans des logements loués au prix du marché était encore plus élevée en Suisse, où elle atteignait 51,8 % (données de 2013). Le pourcentage des habitants occupant un logement à loyer réduit ou mis à disposition gratuitement était inférieur à 20,0 % dans tous les États membres de l’UE.

Qualité du logement

La disponibilité d’espace suffisant dans une habitation est l’une des dimensions essentielles dans l’évaluation de la qualité d’un logement. Le taux de surpeuplement décrit la proportion de personnes vivant dans une habitation considérée comme surpeuplée. Cet indicateur dépend du nombre de pièces à la disposition du ménage, de la taille du ménage, ainsi que de l’âge et de la situation familiale de ses membres.

En 2014, 17,1 % de la population de l’UE-28 vivaient dans des logements surpeuplés (voir le graphique 3); les taux de surpeuplement les plus élevés parmi les États membres de l’UE ont été enregistrés en Roumanie (52,3 %), en Hongrie (44,6 %), en Pologne (44,2 %), en Bulgarie (43,3 %) et en Croatie (42,1 %), tandis que des taux supérieurs à 50 % ont été également observés en Serbie et dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine (données de 2013). À l’inverse, la Belgique (2,0 %), Chypre (2,2 %), l’Irlande (2,8 %, données de 2013), les Pays-Bas (3,5 %) et Malte (4,0 %) affichaient les taux de surpeuplement les plus bas tandis que dans sept autres États membres de l’UE ainsi qu’en Norvège, en Suisse et en Islande (données de 2013 pour ces deux derniers pays) ces taux étaient tous inférieurs à 10,0 %.

Les hausses les plus sensibles enregistrées entre 2013 et 2014 dans la proportion de la population vivant dans des logements surpeuplés ont été observées en Lettonie, aux Pays-Bas, en Autriche et au Luxembourg, avec un accroissement d’au moins 0,5 point de pourcentage. En revanche, le taux de surpeuplement a diminué dans 15 des 26 États membres de l’Union pour lesquels des données sont disponibles (aucune donnée disponible pour l’Estonie ou l’Irlande). Les baisses entre 2013 et 2014 étaient supérieures à 1,0 point de pourcentage pour le Portugal, la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et le Danemark.

Parmi la population menacée de pauvreté (en d’autres termes, les personnes vivant dans un ménage dont le revenu disponible équivalent par personne était inférieur à 60 % du revenu disponible équivalent médian national), le taux de surpeuplement dans l’UE-28 était de 30,3 % en 2014, soit 13,2 points de pourcentage au-dessus du taux enregistré pour l’ensemble de la population. Les taux de surpeuplement les plus élevés parmi la population menacée de pauvreté ont été enregistrés en Hongrie (67,4 %), en Roumanie (66,6 %) et en Pologne (62,4 %); par ailleurs, plus de la moitié des personnes menacées de pauvreté en Slovaquie et en Bulgarie vivaient aussi dans des logements surpeuplés. En 2013, l’ancienne République yougoslave de Macédoine (63,1 %) ainsi que la Serbie (62,3 %) ont également fait état de taux de surpeuplement élevés au sein de leur population menacée de pauvreté. À l’autre extrémité, c’est à Chypre (4,6 %), en Irlande (4,9 %, données de 2013), à Malte (8,7 %) et en Belgique (8,9 %) que les taux de surpeuplement parmi les personnes menacées de pauvreté étaient les plus faibles. Ces États membres de l’UE ont été les seuls à déclarer que moins d’une personne menacée de pauvreté sur dix vivait dans un logement surpeuplé (voir le graphique 3), bien que ce soit également le cas pour la Suisse (9,5 %, données de 2013)..

Outre le surpeuplement, d’autres aspects de la privation de logement, comme un logement sans baignoire ni toilette ou dont le toit fuit, ou un logement considéré comme trop sombre, sont pris en considération pour élaborer un indicateur plus complet de la qualité du logement. Le taux de privation grave de logement est défini comme le pourcentage de personnes vivant dans un logement considéré comme étant surpeuplé et présentant également au moins un des aspects susmentionnés caractéristiques de la privation de logement.

Dans l’ensemble de l’UE-28, 5,1 % de la population étaient concernés par une privation grave de logement en 2014 (voir le graphique %4). Dans cinq États membres de l’UE, plus d’une personne sur dix a souffert d’une privation grave de logement en 2014; cette proportion s’est élevée à 16,6 % en Lettonie, 18,1 % en Hongrie et a dépassé un cinquième de la population (21,4 %) en Roumanie. En revanche, moins de 1,0 % de la population en Belgique, en Finlande et aux Pays-Bas a connu une privation grave de logement en 2014. La proportion globale de personnes connaissant une privation grave de logement dans l’UE-28 a diminué de 0,1 point de pourcentage entre 2013 et 2014. La plus forte hausse a été enregistrée en Lituanie (+ 1,0 point de pourcentage entre 2013 et 2014). Les plus fortes baisses ont été enregistrées en Roumanie, en Croatie, en Pologne et en Grèce, où le taux de privation grave de logement a diminué d’au moins 1,0 point de pourcentage.

Accessibilité économique du logement

En 2014, 11,4 % de la population de l’UE-28 vivaient dans un ménage dépensant 40 % ou plus de son revenu disponible équivalent pour le logement (voir le tableau 1). Le pourcentage de la population dont les dépenses consacrées au logement dépassaient 40 % du revenu disponible équivalent était le plus élevé chez les locataires occupant un logement loué au prix du marché (27,1 %) et le plus faible chez les personnes vivant dans un logement dont elles étaient propriétaires et pour lequel il n’existait ni emprunt ni hypothèque (6,8 %).

La moyenne de l’UE-28 dissimule des différences considérables entre les États membres. À une extrémité, on retrouve un certain nombre de pays où une proportion relativement faible des habitants vivant dans un ménage a consacré plus de 40 % de son revenu disponible aux coûts du logement, en l’occurrence Malte (1,6 %), Chypre (4,0 %), l’Irlande (4,9 , données de 2013) ainsi que la Finlande et la France (5,1 % chacune). À l’autre extrémité, un peu plus d’environ deux personnes sur cinq en Grèce (40,7 %) et un peu moins d’un sixième des habitants en Allemagne (15,9 %), au Danemark (15,6 %) et aux Pays-Bas (15,4 %) ont dépensé plus de 40 % de leur revenu disponible équivalent pour le logement.

Sources et disponibilité des données

Les données utilisées dans cet article sont essentiellement tirées des microdonnées des statistiques européennes sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC). La population de référence est constituée de l’ensemble des ménages privés et de leurs membres actuels résidant sur le territoire d’un État membre de l’UE au moment de la collecte des données. Les personnes qui vivent dans des ménages collectifs et dans des institutions sont généralement exclues de la population cible. L’agrégat de l’UE-28 est une moyenne des différentes données nationales pondérée en fonction de la population.

Remarque: au moment de l’extraction des données (novembre 2015), aucune information pour l'année de référence 2014 n’était disponible pour l’Estonie et l’Irlande. Par conséquent, les agrégats de l’UE et de la zone euro présentés pour l’année 2014 sont des estimations.

Contexte

L’UE n’a pas de compétence particulière en matière de logement, la formulation des politiques de logement relevant des prérogatives des gouvernements nationaux. Néanmoins, de nombreux États membres de l’UE sont confrontés à des difficultés similaires: notamment, comment rénover les logements existants, comment planifier et combattre la dispersion urbaine et promouvoir le développement durable, comment aider les jeunes et les groupes défavorisés à pénétrer sur le marché du logement ou comment promouvoir l’efficacité énergétique auprès des propriétaires de logements.

Ainsi, les questions de logement social, de «sans-abrisme» ou d’intégration jouent un rôle important dans l’agenda pour la politique sociale de l’UE. L’article 34, paragraphe 3, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit qu’«afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté, l’Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, selon les règles établies par le droit de l’Union et les législations et pratiques nationales». Dans ce contexte, le Conseil européen de Nice en 2000 est parvenu à un accord sur un ensemble d’objectifs communs dans le cadre de la stratégie de l’UE de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Deux de ces objectifs portaient sur le logement et visaient notamment «à mettre en œuvre des politiques en faveur de l’accès de chacun à un logement décent et salubre ainsi qu’aux services essentiels (électricité, eau, chauffage, etc.) nécessaires, compte tenu du contexte local, à une existence normale dans ce logement» et «à mettre en œuvre des politiques visant à éviter les ruptures dans les conditions d’existence pouvant conduire à des situations d’exclusion, notamment pour ce qui concerne les cas de surendettement, l’exclusion scolaire ou la perte du logement». Cette mission a été étendue en 2010 par la communication intitulée Plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale [COM(2010) 758 final], dans laquelle la Commission a énoncé une série d’actions visant à réduire le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale d’au moins 20 millions d’ici 2020 (par rapport à 2008) - voir également l’article consacré aux statistiques sur l’inclusion sociale.

Voir aussi

Informations supplémentaires Eurostat

Publications

Principaux tableaux

Revenu et conditions de vie (t_ilc), voir
Conditions de vie (t_ilc_lv)
Conditions de logement (t_ilc_lvho)
Taux de surpeuplement (t_ilc_lvho_or)
Charge des coûts du logement (t_ilc_lvho_hc)
Privation matérielle (t_ilc_md)
Privation liée au logement (t_ilc_mdho)

Base de données

Revenu et conditions de vie (ilc), voir:
Conditions de vie (ilc_lv)
Conditions de logement (ilc_lvho)
Taux de surpeuplement (t_ilc_lvho_or)
Personnes vivant dans des logements sous-occupés (ilc_lvho_uo)
Charge des coûts du logement (t_ilc_lvho_hc)
Privation matérielle (ilc_md)
Privation liée au logement (ilc_mdho)

Section dédiée

Méthodologie / Métadonnées

Sources des données pour les tableaux et graphiques (MS Excel)

Excel.jpg Statistiques sur le logement: tableaux et graphiques

Autres informations

  • Règlement (CE) nº 1177/2003 du 16 juin 2003 relatif aux statistiques communautaires sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC)
  • Règlement (CE) nº 1553/2005 du 7  septembre 2005 modifiant le règlement (CE) nº 1177/2003 relatif aux statistiques communautaires sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC)
  • Règlement (CE) nº 1791/2006 du 20 novembre 2006 portant adaptation de certains règlements et décisions adoptés dans les domaines … des statistiques, …, en raison de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie
  • Règlement (CE) nº 1157/2010 du 9 décembre 2010 mettant en œuvre le règlement (CE) nº 1177/2003 relatif aux statistiques communautaires sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC) en ce qui concerne la liste de 2012 des variables cibles secondaires relatives aux conditions de logement.

Liens externes