Statistiques sur les années de vie en bonne santé

Données extraites en mai 2015. Données plus récentes: Informations supplémentaires Eurostat, Principaux tableaux et Base de données. Mise à jour prévue de l’article: septembre 2016. La version anglaise est plus récente.
Graphique 1: Années de vie en bonne santé à la naissance, femmes, 2010 et 2013
(en années)
Source: Eurostat (hlth_hlye)
Graphique 2: Années de vie en bonne santé à la naissance, hommes, 2010 et 2013
(en années)
Source: Eurostat (hlth_hlye)
Graphique 3: Années de vie en bonne santé à 65 ans, femmes, 2010 et 2013
(en années)
Source: Eurostat (hlth_hlye)
Graphique 4: Années de vie en bonne santé à 65 ans, hommes, 2010 et 2013
(en années)
Source: Eurostat (hlth_hlye)
Tableau 1: Années de vie en bonne santé, 2013
(en années)
Source: Eurostat (hlth_hlye)

La question de savoir si les années supplémentaires gagnées grâce à l’allongement de la durée de vie sont vécues en bonne ou en mauvaise santé revêt une importance cruciale. Étant donné que l’espérance de vie à la naissance ne peut entièrement répondre à cette question, des indicateurs sur l’espérance de santé, tels que les années de vie en bonne santé (indicateur aussi appelé «espérance de vie sans incapacité»), ont été mis au point. Ces indicateurs portent sur la qualité de vie (vie en bonne santé), plutôt que sur la longévité telle qu’elle est mesurée par l’espérance de vie. Les années de vie en bonne santé sont un indicateur important de la santé relative des populations de l’Union européenne (UE).

Cet article fait partie d’un ensemble d’articles statistiques consacré à l’état de santé dans l’UE qui fait partie d’une publication en ligne sur les statistiques de santé (en anglais).

Principaux résultats statistiques

En 2013, le nombre d’années de vie en bonne santé à la naissance dans l’UE-28 était estimé à 61,4 ans pour les hommes et 61,5 ans pour les femmes, ce qui représentait respectivement environ 79 % et 74 % de l’espérance de vie totale.

L’écart entre les hommes et les femmes était considérablement plus réduit en termes d’années de vie en bonne santé qu’il ne l’était pour l’espérance de vie globale

En 2013, l’espérance de vie des femmes dans l’UE-28 était, en moyenne, supérieure de 5,5 ans à celle des hommes. Toutefois, la majeure partie de ces années supplémentaires est généralement marquée par des limitations d’activité. L’écart hommes-femmes était en effet nettement plus réduit pour les années de vie en bonne santé que pour l’espérance de vie totale, avec une différence en faveur des femmes d’à peine 0,1 an en 2013. Les hommes passent donc généralement une plus grande partie de leur vie, qui est un peu plus courte, sans connaître de limitation d’activité. Le nombre espéré d’années de vie en bonne santé à la naissance était plus élevé pour les femmes que pour les hommes dans 16 États membres de l’UE, la différence étant supérieure à 3,0 ans en Estonie, en Pologne et en Bulgarie, et l’écart maximal étant de 4,8 ans en Lituanie.

En 2013, l’espérance de vie à la naissance dans les États membres de l’UE était comprise entre 68,5 ans en Lituanie et 80,3 ans en Italie pour les hommes (11,8 ans d’écart) et entre 78,6 ans en Bulgarie et 86,1 ans en Espagne pour les femmes (7,5 ans d’écart). Les chiffres correspondants relatifs aux années de vie en bonne santé à la naissance allaient, quant à eux, de 51,7 ans en Lettonie à 71,6 ans à Malte pour les hommes (19,9 ans d’écart), et de 54,2 ans en Lettonie à 72,7 ans à Malte pour les femmes (18,5 ans d’écart).

Il est donc manifeste qu’il existe des différences nettement plus marquées entre les États membres de l’UE pour ce qui est de la qualité de vie (du point de vue de la santé) que leur population peut espérer qu’en ce qui concerne la durée de vie totale. Les hommes nés en Allemagne en 2013 pouvaient espérer vivre 74 % de leur vie sans aucune limitation d’activité, un pourcentage qui atteignait 90 % à Malte. Une femme née en 2013 en Slovaquie pouvait espérer vivre les deux tiers, ou 68 %, de sa vie sans aucune limitation d’activité, contre 87 % à Malte.

Une analyse comparant les années de vie en bonne santé des hommes et des femmes âgés de 65 ans indique qu’il y avait en 2013 12 États membres de l’UE dans lesquels les hommes pouvaient espérer vivre en bonne santé plus longtemps que les femmes. Tel était notamment le cas de la Grèce, où les hommes âgés de 65 ans pouvaient espérer vivre au moins un an de plus que les femmes sans incapacité. À l’inverse, au Danemark, en Irlande et en Bulgarie, les femmes pouvaient espérer vivre au moins un an de plus que les hommes sans incapacité.

Sources et disponibilité des données

Eurostat calcule le nombre d’années de vie en bonne santé à la naissance, à 50 ans et à 65 ans, en faisant une distinction entre les hommes et les femmes. Cet indicateur est calculé à l’aide des statistiques relatives à la mortalité et aux données sur les limitations d’activité perçues. Les chiffres sur la mortalité proviennent de la base de données démographique d’Eurostat, tandis que ceux sur les limitations d’activité perçues sont extraits d’un module européen sur la santé intégré à la collecte des données statistiques de l’UE sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC).

Limitation de longue durée perçue dans les activités usuelles du fait d’un problème de santé

L’EU-SILC est abordé de manière plus approfondie dans cet article de fond (en anglais) qui fournit des informations sur la portée des données, leur base juridique, la méthodologie utilisée, ainsi que les concepts et définitions connexes.

L’EU-SILC couvre, d’une manière générale, tous les ménages privés et leurs membres (qui y résidaient au moment de la collecte des données), ce qui exclut par conséquent les personnes vivant dans des ménages collectifs.

La question pertinente de l’EU-SILC est la suivante: «Êtes-vous limité(e) depuis au moins six mois à cause d’un problème de santé dans les activités que les gens font habituellement?

  • Oui, sévèrement limité(e)
  • Oui, limité(e)
  • Non, pas du tout»

Limitations des données

L’indicateur présenté dans cet article découle de données auto-déclarées et est donc, dans une certaine mesure, affecté par la perception subjective des répondants, ainsi que par leur origine sociale et culturelle.

L’EU-SILC ne couvre pas les personnes placées dans des institutions, par exemple, les personnes résidant dans des établissements de soins de santé et de services sociaux qui sont plus susceptibles d’être limitées dans leur activité par rapport à des personnes vivant dans des ménages privés. Il est donc probable que, dans une certaine mesure, cette source de données sous-estime le pourcentage de la population limitée dans ses activités. En outre, la mise en place de l’EU-SILC a été organisée au niveau national, ce qui peut avoir une incidence sur les résultats présentés en raison des différences dans la formulation des questions par exemple.

Contexte

Mesurer l’état de santé d’une population est une tâche ardue en raison de la difficulté qu’il y a à le définir en fonction des personnes, des populations, des cultures ou même des périodes. Par conséquent, l’indicateur démographique de l’espérance de vie est souvent utilisé comme une mesure de l’état de santé d’une nation, car il est fondé sur une caractéristique simple et facile à comprendre: la mort. C’est pourquoi l’espérance de vie à la naissance reste l’un des indicateurs de l’état de santé et du développement économique les plus fréquemment cités. Elle a rapidement augmenté au siècle dernier grâce à plusieurs facteurs, notamment la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration du niveau et de l’hygiène de vie, l’amélioration de l’éducation, ainsi que le progrès des soins de santé et de la médecine.

S’il est de notoriété publique que la durée de vie s’allonge d’une génération à l’autre, l’état de santé de la population vieillissante de l’UE, en revanche, est moins connu. L’indicateur «années de vie en bonne santé» introduit la notion de qualité de vie, en se fondant sur le nombre d’années qu’une personne peut vivre sans limitation résultant d’une maladie ou d’une incapacité. Les maladies chroniques, les états fragiles, les troubles mentaux et les incapacités physiques tendent à avoir une plus grande prévalence chez les personnes âgées et peuvent détériorer la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes, tandis que le poids de ces problèmes de santé peut aussi avoir une incidence sur le financement des soins médicaux et des retraites.

L’indicateur «années de vie en bonne santé» mesure également la santé en tant que facteur productif ou économique. L’accroissement du nombre d’années de vie en bonne santé est l’un des principaux buts de la politique de l’UE en matière de santé, car il se traduirait non seulement par une amélioration du sort des individus (vivre longtemps et en bonne santé étant un objectif primordial de l’activité humaine), mais permettrait également une réduction des dépenses de santé publique. Il pourrait en outre avoir pour effet de permettre aux travailleurs de rester en activité jusqu’à un âge plus avancé. Si le nombre d’années de vie en bonne santé augmente plus rapidement que l’espérance de vie, les gens vivront plus longtemps, mais ils passeront aussi une plus grande partie de leur vie sans problèmes de santé.

En novembre 2010, la Commission européenne a adopté une stratégie en faveur des personnes handicapées pour la période 2010-2020. Celle-ci vise à améliorer l’inclusion sociale des personnes handicapées, leur bien-être et le plein exercice de leurs droits. La stratégie est fondée sur la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. De plus amples informations sont disponibles dans un article consacré aux limitations fonctionnelles et limitations d’activité (en anglais).

Le European innovation partnership on active and healthy ageing (en anglais) est un projet pilote qui vise à prolonger de deux ans la durée moyenne de vie en bonne santé des citoyens de l’UE d’ici à 2020, par l’amélioration de l’état de santé et de la qualité de vie, le renforcement de la viabilité et de l’efficacité des systèmes de soins de santé et de protection sociale, et la création de croissance et de débouchés commerciaux pour les entreprises. Ce partenariat suppose une coopération entre la Commission européenne, les États membres de l’UE, les régions, le secteur privé, les professionnels de la santé, les travailleurs sociaux et les organisations représentant les personnes âgées et les patients. Il vise à améliorer les conditions de vie des personnes âgées en leur offrant les moyens de participer à la société, tout en réduisant la pression sur les systèmes de soins de santé afin de soutenir les objectifs de croissance durable.

En février 2012, la Commission européenne a adopté une communication intitulée «Concrétiser le plan de mise en œuvre stratégique du partenariat européen d’innovation pour un vieillissement actif et en bonne santé» [COM(2012) 83 final], qui doit accélérer le rythme de l’innovation en ce qui concerne le vieillissement actif et en bonne santé.

Voir aussi

Publications en ligne

État de santé

Méthodologie

Articles généraux sur les statistiques sur la santé

Informations supplémentaires Eurostat

Principaux tableaux

Nombre d’années de vie en bonne santé et espérance de vie à 65 ans, par sexe (tsdph220)
Nombre d’années de vie en bonne santé et espérance de vie à la naissance, par sexe (tsdph100)

Base de données

Années de vie en bonne santé (hlth_hly)

Section dédiée

Méthodologie / Métadonnées

Source des données pour les tableaux et graphiques (MS Excel)

Liens externes