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Des délégations de l’UE en Afrique subsaharienne marquent la journée internationale contre la peine de mort

Le 10 octobre, plusieurs délégations de l’UE en Afrique subsaharienne ont marqué la Journée mondiale et européenne contre la peine de mort, notamment dans les pays où elle est encore appliquée. Par le biais de communiqués de presse, de séminaires et d’une participation à des manifestations plus larges organisées par des groupes de défense des droits de l’homme, les appels de l’UE en faveur de l’abolition de la peine capitale ont été affirmés haut et fort.

© EC, Gambia

Un article publié dans le quotidien malawite The Nation cite un communiqué de presse de la délégation de l’UE dans le pays, affirmant la position de principe de l’UE contre la peine de mort et pour son abolition universelle. En 2007, une importante décision de la Haute Cour du Malawi avait aboli la peine capitale obligatoire. Bien qu’elle n’ait pas été appliquée depuis 1992, elle peut encore être décidée en cas de meurtre, de viol, de trahison, de vol à main armée et de cambriolage avec circonstances aggravantes.

La délégation de l’UE en Gambie a organisé une table ronde sur des thèmes liés à l’abolition: rôle et responsabilité de l’État, dissuasion, religion, sensibilisation. Agnès Guillaud, chargée d’affaires de la délégation de l’UE en Gambie, a indiqué que cette manifestation arrivait à point nommé après l’exécution, en août 2012, de neuf détenus gambiens condamnés à mort, mettant fin au moratoire de fait observé depuis trente et un ans dans le pays concernant l’application de la peine capitale. Elle a rappelé que les Protocoles n° 6 et 13 à la Convention européenne des droits de l’homme interdisaient le recours à la peine de mort en toutes circonstances, que ce soit en temps de paix ou de guerre. Cette table ronde a réuni des représentants des États membres de l’UE et de la société civile, ainsi que des étudiants de dernière année de la faculté de droit de l’université de Gambie. Un communiqué de presse relatant l’événement et réaffirmant la forte opposition de l’UE à la peine de mort a été publié par les deux derniers quotidiens nationaux indépendants.

Au Tchad, Hélène Cavé, ambassadrice de l’UE, a participé à un forum de trois jours sur les droits de l’homme, organisé par l’ONG GRET et la Ligue tchadienne des droits de l’homme dans le cadre du projet plus large «Médias et promotion des droits humains au Tchad», financé par l’UE au moyen de l’instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH).  L’ambassadeur Cavé a attiré l’attention sur l’attachement de l’UE à l’abolition universelle de la peine de mort. Tout en reconnaissant que le Tchad n’avait pas connu d’exécution depuis 2003, elle a plaidé pour que la réforme du Code pénal en cours soit l’occasion d’une abolition de jure.

En collaboration avec l’ambassade de France, la délégation de l’UE en Érythrée a organisé une projection publique du film La Veuve de Saint-Pierre, drame historique qui relate le parcours d’un homme qui attend son exécution, dans un décor planté au Canada francophone. Quelque 250 personnes ont assisté à cette projection, dont le faible coût a été financé en partie par l’IEDDH. Dans son discours de présentation, Marchel Gerrmann, ambassadeur de l’UE, a évoqué la tendance mondiale contre la peine de mort. Bien qu’elle existe encore en Érythrée, aucune exécution n’a eu lieu depuis l’indépendance du pays, en 1993. C’est la première fois que la Journée mondiale contre la peine de mort est célébrée dans ce pays.

En République centrafricaine, une manifestation d’une journée mise en place par des organisations de défense des droits de l’homme en partenariat avec l’UE, la France et les Nations unies, à laquelle a assisté Guy Samzun, ambassadeur de l’UE, a permis de présenter des vidéos et de tenir des débats autour du thème «Regard centrafricain sur la peine de mort». Le gouvernement de la République centrafricaine a constitué un comité de révision de la loi actuelle sur la peine de mort et vient de soumettre une proposition qui devrait conduire à son abolition.

Au Togo, l’abolition de la peine de mort en 2009 a été commémorée à l’occasion d’une discussion informelle sur les principaux chiffres en matière de droits de l’homme, organisée par Patrick Spirlet, ambassadeur de l’UE, dans le but d’échanger des informations.

Liens utiles

Pour plus d’informations sur l’IEDDH et l’abolition de la peine de mort [EN]http://www.eidhr.eu/highlights/death-penalty

Déclaration de Catherine Ashton, haute représentante de l’UE [EN]http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/EN/foraff/132781.pdf

Dernière mise à jour : 14/11/2012 | Haut de la page