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Le 16 avril, l’UE a réaffirmé son engagement en faveur de l’énergie durable pour tous

À l’occasion du sommet européen de l’énergie durable pour tous qui s’est tenu à Bruxelles le 16 avril, le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, le commissaire au développement Andris Piebalgs et la présidence danoise du Conseil de l’UE, aux côtés du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, se sont fermement engagés à assurer la transition mondiale vers l’énergie durable d’ici 2030.


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Sommet européen de l’énergie durable pour tous - 16 avril 2012

Sommet

L’énergie joue un rôle fondamental dans la société moderne. Ainsi que l’ont expliqué les conférenciers lors du sommet européen de l’énergie durable pour tous qui a eu lieu le 16 avril, il est tenu pour acquis dans les pays développés que l’énergie doit être accessible à tout moment (pour alimenter l’éclairage ainsi que le chauffage de nos maisons et bureaux, recharger nos téléphones et ordinateurs portables, pomper de l’eau propre au moment et à l’endroit opportuns, etc.).

Cependant, 1,3 milliard de personnes (soit un habitant de la planète sur cinq) n’ont pas accès à l’électricité. Par ailleurs, 2,7 milliards de personnes n’ont pas accès aux combustibles et technologies de cuisson modernes. La pollution intérieure générée par l’utilisation de combustibles traditionnels est à l’origine de près de 2 millions de décès par an, dont 85 % de femmes et d'enfants.

Cette tragédie humaine entraîne également de graves conséquences économiques. On estime que les pays d’Afrique enregistreraient un taux de croissance annuel du PIB 2 à 3 % supérieur s’ils disposaient d’un accès universel à l’énergie moderne. Les usines pourraient rester ouvertes plus tard, les enfants pourraient étudier après la tombée de la nuit et les liaisons de transport seraient améliorées. Les femmes, dont la majorité consacrent 16 à 18 heures par jour aux tâches domestiques, notamment à la collecte de combustibles traditionnel, pourraient effectuer d’autres tâches et procurer un revenu à leur famille.
Bien consciente des conséquences humaines et économiques du manque d’accès à l’énergie, la Commission européenne a organisé le sommet européen de l’énergie durable pour tous à Bruxelles, réunissant entre autres le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, le commissaire européen au développement Andris Piebalgs, la directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet, le président d’UN-Energy et directeur général de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel Dr Kandeh K. Yumkellah, ainsi que les ministres du développement des États membres de l’UE et de la Norvège et des ministres du développement et de l’énergie venus du monde entier.

De l’énergie pour doper le développement

Au cours du sommet, le président de la Commission, M. Barroso, a lancé l’initiative «De l’énergie pour doper le développement». «Elle fournira l’accès à l’énergie à 500 millions de personnes supplémentaires dans les pays en développement», a déclaré le président Barroso. «L’objectif ambitieux de l’initiative est clair: d’ici 2030, nous voulons fournir à 500 millions de personnes l’accès à des services énergétiques durables. Il s’agit d’un objectif de grande ampleur, mais nous pouvons y parvenir en collaborant.»

La Commission et les ministres du développement de l’UE ont également souligné leur détermination à mettre en œuvre l’initiative «Énergie durable pour tous» de l'ONU, qui vise, d’ici 2030, à:

  • garantir un accès universel à des services énergétiques modernes;
  • doubler le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique;
  • doubler la part des énergies renouvelables dans la palette énergétique mondiale.

Des témoignages qui soulignent l’importance de l’accès à l’énergie

«L’accès à l’énergie moderne m’a aidé à transformer mon monde et mon pays», a affirmé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon dans son allocution principale. «L’accès à l’électricité peut sembler si simple qu’il peut être perçu comme allant de soi. À moins que vous n’en disposiez pas. Je faisais moi-même partie de ces gens jusqu’à mon entrée à l’université. C’était en 1963 et j’étudiais sous une lampe au kérosène émettant une très faible lumière. Difficile alors d’imaginer que je me tiendrais un jour face à vous, en tant que secrétaire général des Nations unies.»

D’autres intervenants ont fait écho à ce témoignage personnel. Le ministre danois de la coopération au développement, Christian Friis Bach, s’est rappelé que son grand-père fut l’un des premiers à ériger une éolienne dans sa propriété. Il a expliqué comment quelques pionniers entreprenants de son pays ont donné naissance à une industrie offrant des avantages économiques et environnementaux majeurs au Danemark. Le ministre norvégien du développement Heikki Holmås a débuté son intervention lors du premier débat d’experts en déclarant «J’adore l’électricité», avant de raconter comment les efforts de son arrière-grand-père en vue d’exploiter l’énergie hydroélectrique s’inscrivaient dans une révolution énergétique plus large qui a révolutionné l’économie norvégienne, faisant de ce pays l’un des plus riches du monde.

Tel est le message que ce sommet visait à transmettre. Quelque part dans le monde en développement, un futur secrétaire général des Nations unies attend peut-être de pouvoir lire ses manuels scolaires après le coucher du soleil ou un brillant entrepreneur rêve de monter une microentreprise énergétique. Il suffirait de leur en donner l'occasion.

Une troisième révolution industrielle

«L’UE mène ce que certains appellent une troisième révolution industrielle», a déclaré le président Barroso. Cette révolution reçoit le plein soutien des citoyens de l’UE. «95 % des européens considèrent que l’accès à l’énergie joue un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté au sein des pays en développement», a affirmé le commissaire Piebalgs. «9 personnes sur 10 pensent que l’UE devrait aider les pays en développement à bénéficier de l’accès à l’énergie».

«Grâce à ce soutien dans cette tâche, j’espère que nous aurons le courage de faire de ce sommet un moment déterminant dans notre quête d’un monde où la pauvreté énergétique ne serait plus qu’un lointain souvenir», a poursuivi le commissaire. 

Les ONG, fonctionnaires d’État et experts en développement réunis à l’occasion du sommet ont confirmé l’importance de l’accès à l’énergie dans leurs efforts. «Nous sommes ravis que cette conférence ait eu lieu», a déclaré Ben Good, PDG de l’ONG Global Village Energy Partnership (GVEP), qui travaille depuis dix ans sur des projets d’accès à l’énergie. «J’ai apprécié le fait que des représentants des gouvernements du Nord et du Sud mettent en évidence les progrès réalisés. Il est très facile pour une ONG d’affirmer que «les gouvernements devraient en faire davantage», mais si vous examinez ce qui se passe sur le terrain, vous constaterez qu’un grand nombre d’entreprises et d’entrepreneurs proposent diverses solutions, qu’il s’agisse d’énergie solaire, éolienne ou hydraulique, de cuisinières plus propres ou de meilleures infrastructures énergétiques. En ce qui concerne les formules de financement, la contribution du secteur privé est essentielle, mais les gouvernements peuvent jouer un rôle fondamental en fournissant le capital initial et en limitant les risques.»

D'autres participants ont exprimé leurs points de vue sur la façon dont l'initiative "Énergie durable pour tous" pourrait se traduire en action concrète sur le terrain, tout en mettant l'accent sur des efforts de leurs organisations pour faire face à la pauvreté en matière d'énergie.

La session principale de l'après-midi de l'énergie du sommet de l'UE sur "Énergie durable pour tous"  a été consacrée aux questions relatives au genre. Les participants étaient unanimes sur le fait que permettre aux femmes un accès à une énergie durable et propre ouvrirait un monde de possibilités bénéficiant à la population toute entière.

Partage de vues des participatiants

Autonomisation des femmes via l’accès à l’énergie

«Aujourd’hui, nous constatons que les femmes pauvres, en particulier dans les zones rurales, sont spécialement affectées par la raréfaction continue des ressources naturelles. Elles sont en première ligne, car elles assument en premier ressort la responsabilité de répondre de façon durable aux besoins en énergie, en nourriture et en eau de leur ménage», a affirmé la directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet lors du sommet. Le manque permanent de possibilités pour les femmes dans les pays en développement est étroitement lié à un manque d’accès à l’énergie.

Le 16 avril, l’UE a réaffirmé son engagement de longue date en faveur de l’égalité des sexes dans toutes ses politiques en adoptant le protocole d’accord sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, conclu entre l’UE et ONU Femmes et signé par le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, la directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères Catherine Ashton ainsi que le commissaire européen au développement Andris Piebalgs.

Participation du secteur privé: tout le monde y gagne

Le sommet a également réitéré l’importance d’impliquer le secteur privé dans l’accès à l’énergie. Si de nombreuses sociétés entrevoient le rendement considérable que peuvent apporter les investissements dans les infrastructures énergétiques des pays en développement, elles en sont dissuadées par les risques perçus. De nombreux habitants des pays en développement souhaiteraient monter leur propre entreprise énergétique, mais en sont incapables car ils n'ont pas accès au financement.

Par le biais de projets financiers innovants ainsi que du microfinancement, l’UE fait figure de chef de file en ce qui concerne l’orientation des investissements du secteur privé vers le domaine de l’énergie dans les pays en développement. On estime que 48 milliards de dollars par an sont nécessaires pour fournir à tous l’accès à l’énergie. L’aide gouvernementale dans ce domaine s’élevant à 9 milliards de dollars, le secteur privé peut jouer un rôle moteur afin de combler cet écart. Les acteurs du secteur privé devront cependant bénéficier de conditions adéquates pour investir dans l’énergie au sein de pays en développement. À cette fin, des acteurs tels que la Banque européenne d’investissement ainsi que la Commission européenne et les agences de développement des États membres de l’UE joueront un rôle fondamental.

Préparation du sommet de Rio 

Le sommet européen de l’énergie durable pour tous revêt une importance particulière pour la préparation du sommet de la Terre de Rio qui se tiendra en juin de cette année. 20 ans après le tournant décisif de la conférence de Rio, en 1992, et 10 ans après le lancement de l’initiative de l’Union européenne relative à l’énergie pour l’éradication de la pauvreté et le développement durable de Johannesburg en 2002, l’UE se distinguera une fois de plus à l’échelle mondiale en matière de développement durable, et notamment d’accès à l’énergie.

Comme le souligne le sommet du 16 avril, l’énergie a le pouvoir de stimuler le développement à plusieurs niveaux. Elle contribue à la lutte pour l’égalité des sexes, élargit les possibilités d’éducation et dynamise l’économie. L’électricité et l’énergie propre peuvent être tenues pour acquises pour la plupart des habitants de la planète, mais pour la personne sur trois dans le monde n’ayant pas accès à l’électricité ou à des combustibles de cuisson modernes, les efforts de l’UE et des NU visant à étendre l’accès à l’énergie constituent un stimulant économique et social majeur incomparable.

Dernière mise à jour : 21/05/2012 | Haut de la page