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Améliorer l’accès à l’électricité en Afrique australe – l’interconnexion de Caprivi

Une nouvelle ligne électrique à haute tension de 950 km renforce l’interconnexion du réseau de transport d’électricité entre la Zambie, la Namibie et l’Afrique australe, améliorant ainsi la durabilité et la sécurité de l’approvisionnement énergétique.

Dans le monde actuel, une personne sur cinq vit toujours sans électricité. Le manque d’accès à des sources d’énergie fiables entraîne de graves conséquences pour les soins de santé, l’éducation, la sécurité et la croissance économique. Les projets d’infrastructures axés sur l’accès à l’électricité jouent un rôle de premier plan dans les efforts visant à remédier à cette situation.

Dans ce contexte, la construction de l’interconnexion de Caprivi représente une avancée capitale. Ce projet a été rendu possible grâce à la coopération entre la Commission européenne, la Banque européenne d’investissement (BEI) et d’autres partenaires européens, tels que la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) et l’Agence française de développement (AFD).

Zambezi Overview

Sous-station de Zambezi 

Améliorer l’accès à l’électricité dans les pays d’Afrique australe

L’interconnexion de Caprivi est le premier investissement majeur dans une infrastructure énergétique en Namibie depuis l’indépendance du pays, une réalisation dont les retombées régionales seront importantes pour l’Afrique australe dans son ensemble, dont la population s’élève à plus de 230 millions d’habitants.

Le projet prévoyait la construction d’une ligne de transport du courant continu haute tension (CCHT) de 300 MW d’une longueur totale de 950 km. Reliant les parties septentrionale et occidentale du réseau SAPP, la ligne part de Katima Mulilo, à l’extrémité nord-est de la Namibie, parcourt la Bande de Caprivi, une section étroite de 400 km de long située au nord-est de la Namibie entre la Zambie et le Botswana, et aboutit à Gerus, en Namibie centrale.
La ligne d’interconnexion de Caprivi est constituée des éléments suivants:

  • Stations de conversion
  • Ligne bipolaire de ±350 kV CC Gerus – Zambezi
  • Extension de 330/220 kV à Zambezi
  • Extension de 400/220 kV à Gerus
  • Ligne de 400 kV CA Auas – Gerus 
  • Extensions de la sous-station d’Auas
  • Lignes d’électrodes de terre à Zambezi et Gerus

Cette ligne renforcera la coopération régionale dans le domaine de l’approvisionnement en électricité, en permettant au pool énergétique d’Afrique australe (Southern African Power Pool, SAPP), un réseau de compagnies d’électricité d’Afrique australe, d’optimiser l’exploitation des ressources en énergie disponibles dans la région.

La partie septentrionale du réseau SAPP dispose de sources d’énergie hydraulique abondantes, alors que la partie australe repose principalement sur la production d’électricité à partir du charbon. Les liaisons nord-sud sont donc nécessaires pour permettre au réseau SAPP austral de réduire sa consommation de charbon.

Caprivi

Ligne d’interconnexion de Caprivi

Membres du pool énergétique d’Afrique australe (SAPP):

Nom complet de l’installation  Pays
Botswana Power Corporation  Botswana
Electricidade de Mozambique Mozambique
Electricity Supply Commission of Malawi  Malawi
Empresa Nacional de Electricidade Angola
ESKOMAfrique du Sud
Lesotho Electricity CorporationLesotho
NAMPOWER  Namibie
Société nationale d’électricitéRDC
Swaziland Electricity BoardSwaziland
Tanzania Electricity Supply CompanyTanzanie
ZESCO LimitedZambie
Zimbabwe Electricity Supply Authority   Zimbabwe

Une énergie moins coûteuse et plus fiable pour la Namibie

La liaison de Caprivi est indispensable à la sécurité de l’approvisionnement de la Namibie. Celle-ci ne possède des lignes électriques adaptées qu’avec l’Afrique du Sud, et la vulnérabilité de cette connexion unique est devenue évidente lorsque des problèmes opérationnels sont survenus à la centrale nucléaire de Koeberg, réduisant la capacité d’approvisionnement de l’Afrique du Sud dans la région du Cap. Les liaisons de transmission surchargées ont entraîné des pannes localisées et ont nécessité le recours à une production énergétique de secours à partir de l’ancienne centrale au charbon Van Eck de Windhoek.

Aujourd’hui, la connexion permet à la Namibie de bénéficier d’une énergie moins coûteuse et plus fiable grâce à un transport plus efficace de l’électricité importée de la Zambie, du Zimbabwe, du Mozambique et de la République démocratique du Congo. Elle permet également à la Namibie d’alimenter l’Angola et le Botswana en électricité.

Gerus substation in the central part of Namibia. Source: ABB group

Sous-station de Gerus 

Réalisations majeures pour la région

Les habitants des pays d’Afrique australe bénéficieront d’un approvisionnement en électricité plus vert et plus fiable qui devrait, à terme, stimuler la croissance et améliorer la santé des citoyens.
Cette nouvelle liaison apporte de nombreux avantages à la région:

  • Elle renforce l’interconnexion du réseau de transport d’électricité entre la Zambie, la Namibie et l’Afrique du Sud;
  • Elle crée une voie fiable pour les exportations et importations d’électricité, et soutient un marché énergétique régional concurrentiel;
  • Elle améliore la sécurité de l’approvisionnement en électricité;
  • Elle protège l’environnement: le tracé de la ligne de transmission évite les réserves naturelles et les zones protégées.

Historique

Le coût total du projet s’élève à 302 millions d’euros.

Le projet était le premier à bénéficier d’un financement du Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures (Infrastructure Trust Fund, ITF) sous la forme d’une subvention de 15 millions d’euros en bonifications d’intérêts.

L’ITF repose d’une part sur les subventions octroyées par la Commission européenne et les États membres de l’UE, et d’autre part sur les possibilités techniques et la capacité de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) et d’institutions européennes de financement du développement, en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAfD).

Le financement vise les infrastructures de l’énergie, de l’eau, du transport et des télécommunications en vue de stimuler le développement de l’Afrique. Il s’agit d’un instrument du partenariat UE-Afrique pour l’infrastructure. Ce partenariat est un outil essentiel permettant aux plus vulnérables d’accéder à des services énergétiques sûrs, abordables et propres, conformément aux objectifs de l’Année de l’énergie durable pour tous (Nations unies).

«Ce projet reflète bien la coopération intensive qui s’est instaurée en Europe à l’appui des infrastructures énergétiques essentielles pour la croissance économique en Afrique australe. Le Fonds fiduciaire UE-Afrique contribue, dans le cadre de la stratégie de l’UE pour l’Afrique, à la réalisation de projets d’infrastructures phares ayant des retombées régionales en Afrique sub-saharienne, dans le secteur de l’énergie en particulier. Pour les futurs investissements, l’interconnexion de Caprivi peut constituer un excellent modèle du type d’action conjointe que peuvent mettre en place les institutions européennes de financement du développement.»
Elisabeth Pape, Ambassadrice de l’Union européenne en Namibie

«Ce projet précurseur constitue un important jalon sur la voie du renforcement de la coopération des pays d’Afrique australe dans le secteur de l’énergie. Dans un monde marqué par la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis des ressources polluantes et limitées en combustibles fossiles, le projet permettra aux pays de la région à fort potentiel de développer et de vendre leurs ressources hydroélectriques durables.»
Klaus Gihr, chef de la division énergie et environnement pour l’Afrique au sein de Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW)


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Dernière mise à jour : 13/04/2012 | Haut de la page