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Un meilleur accès au financement pour les pauvres

En règle générale, les plus pauvres de la planète ne peuvent pas bénéficier des services bancaires que la plupart des Européens tiennent pour acquis. Or, leur autonomie leur impose d'avoir accès aux mécanismes de financement. Aussi, le microfinancement figure dans la politique de développement de l'Union européenne.

Le microfinancement désigne l'octroi de petits crédits et d'autres services financiers de base aux pauvres. Il est de plus en plus avéré que les pauvres, comme tout un chacun, ont besoin de ces services (services de crédits, d'épargne, d'assurance et de transfert de fonds).

Le microfinancement a démontré son efficacité dans la réduction durable de la pauvreté, dans le sens où il permet aux pauvres d'acquérir des biens, d'augmenter leurs revenus et de réduire leur vulnérabilité économique. Il peut également contribuer à lutter contre la pauvreté temporaire dans des situations de crise.

Les mécanismes de microfinancement

Plusieurs institutions de microfinancement de grande envergure, y compris des ONG, des coopératives, des sociétés de crédit, des sociétés de financement et des banques, ont imaginé des méthodes novatrices pour étendre les services de crédit, d'épargne et d'autres services aux clients pauvres. S'il y a quelques décennies, le microcrédit relevait essentiellement de la compétence des ONG, à l'heure actuelle un certain nombre de banques commerciales privées et d'autres institutions nationales et internationales qui utilisent des systèmes de diffusion nationaux commencent à s'intéresser fortement aux clients plus pauvres. Les progrès des technologies de l'information offrent la possibilité de réduire les coûts et les risques encourus dans le cadre de l'offre de microcrédits aux pauvres.

Parmi les clients du microfinancement figurent les femmes chefs de ménage, les indépendants ou les petites entreprises, les retraités, les immigrés, les travailleurs licenciés et les petits exploitants, tous ceux qui sont généralement exclus du système bancaire traditionnel et font appel à des services financiers informels. On estime que pas moins de trois millions de personnes ne bénéficient toujours pas de services financiers formels.

Le rôle de la Commission européenne

La Commission, en tant que donateur public, doit compléter les sources commerciales de microfinancement existantes. Le manque de capacités institutionnelles et techniques, en particulier des institutions financières de microfinancement, est considéré comme l'un des principaux obstacles au développement de systèmes financiers nationaux pour les pauvres. En concentrant leur aide sur la création de capacités institutionnelles, la Commission et d'autres donateurs peuvent répondre au mieux aux besoins du secteur.

La création des capacités institutionnelles nécessaires pour absorber des fonds à vocation davantage commerciale est une tâche importante que la Commission est en mesure d'effectuer. Par l'octroi de fonds, la Commission peut aider les institutions de microfinancement, en assumant un risque que d'autres donateurs (à vocation davantage commerciale) ne prendraient pas, peut leur permettre de faire reculer la pauvreté et faire bénéficier les personnes isolées de services financiers.

Cette aide implique l'optimisation des capacités des institutions financières, des fournisseurs de services techniques, des systèmes de paiement, des bureaux de crédit, des vérificateurs aux comptes, entre autres, ainsi que l'instauration d'un cadre réglementaire et juridique avisé à l'échelle macroéconomique.

En plus du financement de la création de capacités, la Commission pourrait octroyer des fonds de capital si le crédit représente une contrainte et s'il y a un manque de ressources alternatives sur un marché donné. Ce type de financement, en principe, sera accordé uniquement par des institutions financières internationales, telles que la Banque européenne d'investissement. Dans certains cas, la Commission pourrait également octroyer des fonds de microfinancement aux ONG spécialisées actives dans ce domaine dans le cadre du programme thématique pour les acteurs non étatiques, par example.

Pour en savoir plus

  • Consultative Group to Assist the Poor (CGAP) est un consortium de 33 organisations de financement publiques et privées visant à améliorer l'accès des personnes pauvres aux services financiers. C'est également un centre de ressource en matière de la microfinance qui s'engage au développement des produits et services financiers innovateurs, et à la recherche des solutions concrètes. CGAP fournit des conseils et bonnes pratiques, organise des formations et établit des normes visant à augmenter l'accès aux services financiers pour les pauvres d'une façon durable.
  • Microfinance Gateway développé par CGAP est une source complète d'information sur la microfinance : des publications, des résumés et des recommandations de lecture, des glossaires et des informations sur les événements prochains. Avec des liens aux consultants, institutions de recherchede, donnateurs, journaux et autres publications compétents.
  • Banque européenne d'investissement (BEI), l'institution de financement de l'Union européenne, met en oeuvre les composantes financières des accords conclus dans le cadre des politiques européennes d'aide au développement et de coopération, telles que la facilité d'investissement de Cotonou. La CE et la BEI jouent des rôles complémentaires : la CE fournit en grande partie des subventions pour le renforcement des capacités ; la BEI soutient la capitalisation des institutions de microfinance, principalement par les fonds spécialisés d'investissement de microfinance.

 

Dernière mise à jour : 17/02/2012 | Haut de la page