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Prévention des conflits et consolidation de la paix

Le rapport direct qui existe entre la gravité des violences armées et les macro- et micro-indicateurs de pauvreté est bien connu. Cette relation se trouve encore renforcée par la complexification croissante des causes de la pauvreté et de l'insécurité.

Aujourd'hui, le développement, la sécurité et la stabilité sont menacés par des facteurs aussi variés que la dépendance énergétique, les changements climatiques - sécheresse, pénuries alimentaires et manque d'eau, désertification, inondations - l'absence de gouvernance des technologies de l'information et des communications au niveau mondial, la radicalisation des idéologies ou des religions, le mésusage et l'utilisation abusive de l'espace aérien et maritime, du cyberespace et des marchés financiers, l'exploitation illégale et incontrôlée des ressources naturelles, la faiblesse des structures et infrastructures des États, etc.

Aucun de ces problèmes graves ne peut être réglé par la voie militaire, mais tous peuvent provoquer des réactions armées violentes.

De façon similaire, des défis nouveaux et complexes se posent une fois les conflits résolus, lorsque s'engage la phase transitoire post-conflit et que la paix et la réconciliation dépendent de processus fragiles et délicats.

L'accord de Cotonou représente le cadre financier fondé sur une démarche stratégique le plus complet à ce jour. Il a la capacité de contribuer, par une multitude de moyens politiques et socio-économiques, à la sécurité des populations et à la sécurité stratégique des États et ses effets sur la prévention des conflits et la consolidation de la paix se trouvent encore renforcés par ses interconnexions avec l'instrument de stabilité, les missions PESD ou les actions conjointes PESC.

La Commission européenne œuvre de plus en plus en faveur d'une prise en compte intégrée des causes profondes des conflits et des aspects relatifs à la consolidation de la société et de l'État une fois la paix rétablie. C'est dans cette optique qu'elle soutient des trains de mesures relevant à la fois des politiques économique, sociale et environnementale et des politiques en matière de consolidation de l'État, de gouvernance, de démocratie et de droits de homme, comme le recommande le Consensus européen pour le développement.

L'aide massive actuellement apportée à la prévention et au règlement des conflits peut prendre la forme d'opérations de soutien de la paix (dirigées par l'Afrique), d'une aide au renforcement des capacités, avec, notamment, la mise en place de systèmes d'alerte rapide, ou encore d'actions de planification et de formation en rapport avec les opérations de soutien de la paix. Elle couvre également des opérations de désarmement, notamment de déminage, la lutte contre les armes à feu illicites; des actions de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR); la lutte contre la criminalité organisée, l'ensemble du secteur de la gouvernance, avec des actions s'adressant plus particulièrement à l'appareil judiciaire et aux administrations civiles et militaires, la promotion des droits de l'homme et de la démocratie, la gestion des frontières et la surveillance policière, pénitentiaire et parlementaire. D'autres activités spécifiques ont été entreprises dans ce cadre, notamment :

- le suivi des conclusions du Conseil européen concernant les situations de fragilité, lequel englobe notamment l'analyse des causes et des effets des situations de fragilité ainsi que des interconnexions qui peuvent engendrer des situations d'instabilité ou de crise ou les aggraver. Ces travaux devraient permettre à l'UE de concevoir une réponse plus globale et plus complexe, en cas de rupture du cycle de conflit et de faire en sorte que les conditions d'une paix et d'une stabilité à long terme soient réunies;

- la prise en compte du lien entre sécurité et développement

- l'utilisation plus efficace des fonds alloués aux politiques de développement, conformément aux meilleures pratiques énoncées dans la Déclaration de Paris et dans le respect absolu des principes d'appropriation, constitue un pas important dans le sens d'une politique de développement contribuant davantage au programme de sécurité, étroitement liée à sa stratégie à long terme et à sa logique de partenariat et mettant l'accent sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, notamment d'origine ethnique, ainsi que sur tous les objectifs du millénaire pour le développement.

Dernière mise à jour : 17/02/2012 | Haut de la page